ACTE II, SCÈNE II
FEDERIC
Une lettre qui m'avait semblé d'abord la plus aisée du monde à écrire, et qui me paraît maintenant beaucoup plus difficile.
REBECCA
Allons donc!... est-ce que rien est difficile pour vous?...
FÉDÉRIC , lentement et la regardant.
J'y aurai quelque mérite, je vous le jure... et peut-être s'il ne tenait qu'à moi... Mais j'ai promis, j'ai donné ma parole.
REBECCA , vivement.
Il faut la tenir , monseigneur ! (Doucement et «'approchant de lui.) Si je pouvais vous y aider... FÉDÉRIC , vivement.
Non... au contraire!
REBECCA
Je comprends ! c'est quelque secret d'étal!...
FÉDÉRIC
Oui... oui, un travail important!
REBECCA
Et vous craignez ma curiosité!... Rassurezvous?... je ne suis pas du tout curieuse?... Mais je pourrais vous gêner et je me retire ! FÉDÉRIC , la retenant.
Non pas! restez, je vous prie, (A part.) pour le peu de temps quecela doit durer .. (Haut.) Ne me privez pas de votre présence... A moins que vous n'ayez peur de vous ennuyer...
REBECCA
Je ne m'ennuie jamais!
FÉDÉRic , à part.
Une qualité de plus !..»
REBECCA , montrant la porte à gauche.
Cette nuit, j'ai vu là un rouet.
FÉDÉRIC
Celui de ma mère , qne je conserve.
REBECCA, courant le chercher.
Uu meuble de famille... tant mieux !
FÉDÉRIC, à part, la regardant.
C'est inconcevable !... elle n'a pas l'air d'être malheureuse! ou plutôt, comme elle le disait tout à l'heure, résignée à son sort, elle s'y soumet. (Avec un soupir.) Allons, achevons cette lettre ! (Il se remet à écrire ; pendant ce temps, Rebecca a
été chercher le rouet et une chaise et revient se
placer tout à côté de Fédéric. ) FÉDÉRIC , levant les yeux et regardant quelque temps
en silence Rebecca qui file avec beaucoup d'attention.
Une jolie nuit de noce !
REBECCA
AIR : Je possède un réduit obscur.