CHLORURES
L’arsenic n'a jamais été cité comme impureté dans les chlorures. Cependant, on en a trouvé dans le chlorure de sodium ou sel marin, ce qui peut amener de très graves accidents. En 1827, dans le département de la Marne, plus de 400 personnes eurent des symptômes d’empoisonnement, occasionné par la présence d’arsenic dans le sel de cuisine. Cet arsenic provenait d'une raffinerie de sels de varechs, où l’on préparait en même temps des sels arsenicaux (1).
Les échantillons de chlorure de sodium, d'ammonium, de potassium, que nous avons essayés, n'ont absolument rien donné comme réaction arsenicale.
En procédant par additions successives, les résultats n’ont pas varié d'avec les précédents.
Phosphates
Cette classe de sels très importante a été reconnue comme possédant souvent de l’arsenic comme impureté.
(1) Chevalier et Baudrimont. Dict. des altérations et falsifications, t. II, p. 208 (1897).
Wurtz, dans son dictionnaire (t. IV, p. 1527), signale l'impureté de l’arséniate de soude dans le phosphate de soude, impureté constatée par Schlagdenhauffen (1) dans douze échantillons de diverses origines : française, allemande, anglaise.
Ce dernier soumit, après cette constatation, d'autres composés oxygénés du phosphore à l'analyse et trouva des résultats identiques :
Phosphates de potasse et d'ammonium renfermant des quantités d’arsenic variant de 1/10° milligramme à 2 grammes, par 100 grammes de sel.
Phosphates de chaux avec des proportions encore plus fortes, variant de o gr. 03 à o gr. 07 par 100 grammes.
Ces résultats sont logiques, comparés aux précédents, puisque le phosphate de soude dérive du phosphate acide de chaux et du carbonate de soude par double décomposition et cristailisations succes- Sives.
Hypophosphites de soude, de provenance différente, ont fourni dans cinq cas des résultats positifs.
Il faut attribuer cette présence de l’arsenic à l'emploi d'acides impurs dans la fabrication.
L'emploi de ces composés du phosphore est tellement répandu, qu’il est de toute nécessité de s’assurer de leur pureté. Aussi, quel avantage offrira le réactif de Bougault pour rechercher l'arsenic. C'est
(1) Schlagdenhauffen. Union pharmaceutique (octob.1894). Sur la présence de l’arsenic dans les composés oxydés du phosphore.
nr pour nous assurer de son eflicacité que nous l'avons
expérimenté sur de nombreux échantillons de divers sels, et voici nos résultats :
19 Phosphate de chaux monocalcique. — Nous avons opéré comme pour le bismuth. Après avoir essayé à l'appareil de Marsh un phosphate qui a été reconnu privé d'arsenic, nous en avons fait une solu- * tion à 50 pour 100 grammes eau distillée filtrée sur du coton. Puis, nous avons ajouté à 10 cc. solution 1/2 milligramme As?03, 1/10 milligramme As?0*, 10 cc. réactif et chauffé.
Nous avons examiné cinq échantillons de phosphate monocalcique mielleux et cinq cristallisés.
Sur les dix, deux seulement nous ont donné une réaction positive qui, comparée aux tubes-types, ont accusé 1/5 milligramme et 1/10 pour 5 grammes de substance, soit 4 et 2 centigrammes au kilog.
Pour contrôle nous avons employé la méthode de Marsh et la calcination avec acétate de potasse: les deux réactions ont été positives.
Les deux échantillons impurs étaient mielleux.
N.B.— Ducher;-dans sa thèse, cite des phosphates contenant 0,0531 d’arsenic par kilogramme.
20 Phosphate tricalcique. — Nous en avons fait dissoudre 5 grammes dans 10 cc. de réactif et, sur cinq échantillons médicinaux, un seul nous a donné un louche d’abord blanchâtre, puis brun et faible dépôt au bout de deux jours, correspondant à o milligr. 1, soit o gr. 20 par kilog.
Parmi les échantillons vétérinaires, plusieurs
étaient arsenicaux; le plus riche n’en contenait pas plus de 1/2 milligramme par 5 grammes, soit o gr..10 au kilog. Ducher en avait trouvé Oo gr. 231 eto gr. 290 par kilog.
Nous avons contrôlé par la calcination avec acétate de potasse etle dégagement de cacodyle a été
p gag
positif.