XVIII. OBSERVATION
Une fille, âgée de vingt-six ans, d’une constitution assez forte, di une sensibilité très-vive, enrhumée depuis cinq ans, vint à l'hôpital de la Charité Je 20 janvier 1895. be: symptômes avaient été peu incom-. modes pendant les trente premiers mois. Après cette époque, la toux et l'expectoration augmentèrent y eutun érachement de sang qui pérsista Cinq mois sans interruption , malgré l'emploi PHP de la saignée et des sañigsues, Dans les deux années qui suivirent, l’ états de la malade parut s'améliorer elle reprit presque complètement : son embonpoint et ses forces; ‘ses règles ; qui avaient été suspendues pendant dix-huit
GASTRIQUES. ? 501 mois , revinrent à léurs- époques ordinaires : enfin. juil ne lui restait qu’un peu de toux etde dyspaée, quand, au mois de novembre 4822, après un excès de danse, elle fut prise, pendant: lait, d’un frisson violent
suivi de chaleur et de-sueur, accompagné de douleurs au côté droit, avec auginéntation de la toux et de l'oppression. Lubituelles: Dès-lors les frissons ! revinrent journellement vèrs le soir , la douleur persista, et il y eut, au sixième jour de cette espèce de rechute, une. hémoptysie qui se prolongea, en diminuant, jusqu'à l'époque de l'admission .de la raide à l'hôpital. dus An EE ;
Le 9 janvier: eéphslalgie RER faiblesse con
sidérable : oppression, picotemens entre les épaules; toux fréquente la nuit : crachats verdâtres, tachés de sañgs peu nombreux; d’autres, clairs et largement aérés , plus copieux : râle muqueux en arrière du' côté droit de la poitrine , respiration nette ailleurs. Ni retentissement , ni pectoriloquie. Langue naturelle, soif vive, anorexie, nausées'par la toux , épigastre sensible à la pression, ‘selles rares. (Tis. pect. ; pot. pect. am. ; us demi or )de mizi}re:s 00 fr AE A
+ Le 22, les crachats étaient pelotonnés, uñis par un
muéus clair et dépourvu de.sang ; la malade accusait uné douleur vive au côté noëtt “ui Y appliqua des sangsuès ; et le jour. même il y eut un soulagement mequé Le léndemain, ‘douleurs: ‘à l'épigastre ; naüsées dans les item dé: latoux. Dès-lors , Jusqu'au 17 mai, Jour de la mort, voici ce qui arriva tn +
Îl y eut, le 27 janvier, une nouvelle; douleur à
l'épaule. si autour de laquelle on entendait un râle Aa. A PT de gargouillement. Lé 29 la
douleur était augmentée , la piration benuebtil plus difficile qu’à l'ordinsis , lastoux fréquente , les crachats clairs et plaqués d'in sang très-rouge ; on entendait , dans toute ladhauteur du côté droit de la poitrine , une crépitation fine. Le pouls. était très= accéléré, petit et faible? Une saignée de huit onces fit promptement cesser les accidens. Le 5: ‘février! pe nouvelle douleur , crépitation légère sous la mamelle droite : iv prompt par l'application de quel: ques sangsues. Dans la suite , les mêmes symptômes, la douleur , la dyspnée, la crépitation , quelquefois accompagnés de crachats jaunâtres et un peu visqueux, se renouvelèrent à un degré plus ou moins considérable ; et furent combattus par les mêmes moyens, proportionnés aux forces de la malade. Le D mai, la pectoriloquie était manifeste "entre les épaules et la colonne vertébrale, le son mat sous la claviculé droite où l’on PART un peu de crépitation fine, Le 11, il y eut une hémoptysie légère, les crachats étaient d’un gris sale, et ils conservérent le même aspect jusqu'à la mort. CRE:
L'anorexie et les nausées persistèrent pendant quel quesjours, puis l’appétitse rétablit, au point quedans le cours de février lamalademangeaitle quart de portion, sans en, éprouver d'autre inconvénient qu'un peu d'oppression aprèsle repas. Dansles premiers jours demars, retour de l'anorexie , douleurs vives à l'épigastre. Les -15 et16,nauséespresque -continuelles, etparfois légers vomissemens de bile ; ardeur à l’épigastre. L’anorexie persista les nausées diminuèrent un peu les jours suivans, il y eut des douleurs dé tête, un séntiment de lassitude dans les membres, et quelques vômisse-
Le sd
GASTRIQUES. 503 mensbilieux. Lesmèmes symptômes conlinuèrent à un degréplus ou moins considérable pendant tout le mois
“avril; les douleurs épigastriques furent très-vives
t les vomissemens de bile reparaissaient par inter- TR Le 2 mai, le mal-aise habituel avait augmenté, l'anxiété était continuelle ; tout le ventre sensible à la pression ; la douleur épigastrique ne laissait pas un moment de relâche ; la toux, la plus légère pression, le plus petit mo avement du corps l'auginentaient.
La langue , qui avait conservé jusque-là sa couleur naturelle, devint trés-rouge , se ouvrit de petites plaques net membraniformes, faciles à enlever. Elles disparurent , se reproduisirent encore une fois ,-et les douleurs épigastriques , après avoir un peu diminué | reprirent beaucoup de violence quelques jours avant la inort.
ny eut de diarrhée que pendant les deux dernières semaines.
Le pouls fut constamment accéléré , la chaleur vive le soir, les sueurs nocturnes entre les frissons beaucoup plus rares. ul | wi
es. # Ve, » + , 5 | x Ouverture du Lin vingi - six heures auprès la
eat extérieur. Sera degré de nes | Rien autre chose de remarquable.
Tête. Adhérences entre l’arachnoide et je duremère, près de la scissure médiane et dans d'autres | points peu.éloignés , au moyen de graaulations blanches, opaques, assez: nombreuses, nées de l'arachnoïde plus où moins épaisse et:opaque dans les parties # é
504 . SYMPTÔMES NN ‘1 correspondantes. Infiltration sous-arachnoïdienne as sez considérable. Toute la masse encéphalique uni peu. molle, Trois cuillerées de sérosité dans le ventri=} cule latéral gauche, un peu moins dans le droit. Une demi-cuillerée du même liquide-dans le ventricüle… dela cloison, qui avait désparois fermes etrésistantes. | Cou. Glandes cervicales du côté gauche augmen+ | | iées de volume, tuberculeusés , non ramollies. Transformation pareille et au même : degré des glandes | bronchiques. Le larynx et l’épiglotte dans l'état natu- | rel. La trachée-artère d'un rose tendre sans la ioindre
ulcération. | le Poitrine. Quelques faibles adhérences tunes | | au sommet des deux poumons. L'un, et l’autre offraient à l'extérieur benoson de hosselurès blanchâtres et légèrement rostes , dues à la matière tuber: | ; culeuse. Lelobesupérieur ducôté droit présentait deux excavations qui communiquaient avec les bronches, . et un certain nombre de tubercules placés au milieu d’un tissu ferme , grenu, “hépatisé, tout-à-fait privé d' air , rouge antérieurement et d’un gris ‘jaunâtre! | en arrière. "1 n'y avait que quelques granulations tuberculeuses dans le lobe inférieur. Le supérieur, du côté gauche , offrait quelques cavités. tubercüleuses | d'un petit volume , et des granulations grises incom- L plètement opaques au RAA d'une matière grise | | demi-transparente en laquelle ce lobe était presque 1 entièrement transformé. L'inférieur ne contenait . qu'un petit nombre de granulations, était un peu en- | goué à sa base: — Il y avait quatre onceside sérosité | di le péricarde ; le cœur : était petit, mais . Sain ; | l'aorte et l'artère pulmonaire dans l’état naturel, | Ne |
GASTRIQUES: 50% Abdomen, Le foie dépassait les côtes de quatre pouces environ, avait un volume considérable, une couleur fauve piquée de rouge, une consistance médiocre, était gras. La vésicule biliaire contenait une bile noire filante, très-épaisse. — L’estomac descendait ‘au-dessous de la crête de l'os des îles, était volumineux, très-alongé, en partie recouvert par le foie : sa membrane muqueuse était enduite d’un muceus. épais visqueux, beaucoup plus abondant à sa face antérieure que dans le reste de son étendue. Dans le premier point elle était d’un rouge vif, manifestement épaissie et un peu ramollie; ailleurs., elle offrait seulement une faible nuance rose, avait une consistance “et une épaisseur convenables. — Le duodénum était sain. — La membrane muqueuse de l'intestin grêle, un peu grisâtre et cassante, présentait par intervalles des arborisations, et dans toute sa longueur sept petites ulcérations, placées à de grandes distances les unes des autres, noirâtres, de deux lignes de diamètre. — La membrane muqueuse du gros intestin était grisâtre , quélquefois noirâtre , un peu ramollie dans toute son étendue, offrait douze petites ulcérations dans le cæcum et dans. le colon ascendant , et trois dans le rectum, immédiatement au-dessus dusphyneter: de l'anus. Elle était un peu décollée à leur pourtour, et la tunique Poanquense qui en formait le fond , grisâtre et légèrement pate: — Les glandes mésentériques étaient saines, "mais autour des vais- seaux biliaires un grand Hotte de ganglions lymphatiques avait subi la transformation tuberculeuse. — La rate était peu développée et présentait au
306 SYMPTÔMES milieu de son Lissu sain quatre tuberculés non or mollis, de a, grosseur sono noisette. |
920. Arrêtons-hous un'instant sur les circonstances principales de cette observation. L'estomac était-trèsvolumineux, très-bas, en partie récouvert par le foie; la membrane muqueuse qui tapisse sa face antérieure ,' d’un rouge vif, épaissie‘, un peu ramollie , manifeste ment enflammée ; les limites del nent étaient à-peu-près celles de la portion de l'estomac recouverte par le foie, ce qui ne permet guère de douter de l'influence fe ce viscère sur son développement. Quant aux symptômes, c'est-à-dire l'anorexie , Le douleur à l’épigastre, les nausées, les vomissémens bilieux , ils étaient en harmonie avec la lésion ,'et leur’, intensité aurait pu faire redouterune affection encore plus profonde de la membrane muqueuse de l’estomac, son ramollissement avec amincissement. Comine dans ce dernier cas leur marche avait été"chronique;' ils avaient acquis tous les jours plus d'intensité. Ainsi} bien que sous la forme chronique, la gastrite'a, pour ainsi dire, marché à découvert, et À en a été de mème chez les sept huitièmes des malades, avec cette seule différence que les. symptômes ont été moins graves, et que les vomissemens ont manqué dans la plupart des cas. j | Je 4
Ce nouvel ordre de faits confirme dbnie ce qui à été dit dans Particle précédent ; savoir ;! que T'estomac révèle ses lésions de la mêmie mänière que.
GASTRIQUES: 507 les autres organes ,:par la douleur et le dé ‘sordre plus oumoins marqué de ses fonctions.” 11 7 41
"Nous nous occuperons: bientôt , d'ié manièré Nils de l'état de:la langue ; ; Mais nous remarque-
ons dès à présent, que dans ce cas Cominé dans celui Qui précède , elle a conservéla couleur AE lui'est naturelle ; que même; elle a été pâle j Jusqu'au moment où elle s’est recouverte de plaques couenneuses, époqué de beaucoup postérieure à celle du début de la gastrite. 53owLe développement dé la matière bb AEASe dans les glandes lyimphatiques est digne de quelque attention, - La membrane muqueuse de la trachéeartère était d’un rose très-teñdre moindre que chez la pipart des sujets qui succombent aux AE. les plus variées ; elle n’était ni épaissie, ni ramollie ; on pouvait la considérer comme parfaitement saine, et. dès-lors aucun moyen de lui attribuer la RUN tion des glandes lymphatiques du cou en matière tuberculeuse. Mais on croira peut- être Pouvoir expliquer la même lésion dans les glandes qui entourent les conduits ‘biliaires , par linflammation de la membrane muqueuse de l'estomac.
À cela nous répondrons qe si quelques vaisseaux lymphatiques de ce viscère traversent lés glandes dont il s’agit, ce n 'est qu'après avoir" traversé celles de la petite courbure , et que si l’inflammation de la membrane muqueuse gastrique n’a pu opérer la transformation deces dernièresen matière tuberculeuse , on ne voilpascomment elle l'aurait fait pour des glandes plus éloignées. Ajoutons que nous n'avons observé que Lrois fois Ja Conversion des ganglions Iymphatiques qui entourent Îles conduits biliaires en tuber-
308 SYMPTÔMES | | cules, et que dans aucun cas, nous n'avons vu la, même lésion dans les glandes de la petite ou de la grande courbure de l’estomac, bien que nous ayons observé nombre de fois l’inflammation plus ou moins chronique de sa membrane muqueuse. : * 331. Nous nous arrêterons peu sur l’état nnétatirill des poumons. Nous remarquerons seulement que. les fréquentes récidives de l’inflammation de celui. du côté droit viennent à l'appui de ce que nous avons dit (286) de l'innocuité de la péripneumonie | chez les phthisiques , et qu'ici les tubercules peuvent. être considérés comme des: corps étrangers dont l’action est presque toujours moins fâcheuse que celle. des causes internes. Lu |
j Article III.