TOME SECOND
(Fascicule 1")
2 MÉTAMORPHOSE DES AM.PHIBIENS ANOURES
forme au stade amphibien proprement dit, de la forme allongée et de l'organisation particulière nécessitées par la locomotion et la respiration dans Teau à la forme ramassée qui caractérise Tadulte dont la vie est plutôt aérienne. Or, pendant une période très longue comprise dans le stade pisciforme, il y a coexistence de la respiration pulmonaire et de la respiration branchiale : cette période peut même être allongée par des conditions spéciales, artificielles ou naturelles, comme l'hibernation. D'autre part, lorsque l'animal muni de ses quatre pattes ne présente plus qu'un rudiment de queue de quelques millimètres, il offre en tout l'allure de l'adulte, et pourtant la respiration branchiale persiste encore.
La méthode de recherches que nous avons adoptée semble résoudre ces difficultés. Elle nous a permis en effet : 1" de rapporter tous les phénomènes histolytiques qui caractérisent cette transformation larvaire à des modifications dans les fonctions de nutrition ; 2^* de rattacher ces modifications elles-mêmes à des faits anatomiques qui relèvent de l'évolution normale.
De l'exposé qui va suivre, nous pourrons donc tirer une définition physiologique de la métamorphose chez les Anoures. C'est à cette définition que nous emprunterons provisoirement des limites, et nous dirons que la période en question s'étend de la phase de sortie des membres antérieurs, à la régression complète de la queue et des branchies ^
Le plan de ce travail est des plus simples. 11 comprend une partie spéciale ayant un double objet :
l"" La série des faits d'observation concernant la respiration et la circulation.
1. Le mot métamorphose^ dans le groupe qui nous occupe, a été souvent employé dans un sens plus large. U représenterait, suivant beaucoup de zoologistes, toutes les modifications morphologiques qui marquent la période larvaire : développement du repli cutané qui constitue le passage du stade des branchies libres au stade des branchies recouvertes, développement des membi*es postérieurs, développement des membres antérieurs et transformation finale. La plupart de ces modifications pouvant être considérées comme les étapes successives d'une évolution normale, il nous semblerait préférable de réserver le mot pour le changement fondamental et définitif, lié à des conditions physiologiques spéciales, qui conduit de la larve aquatique à un adulte terrestre.