‹ Recherches anatomiques et physiologiques sur les hémiptèresChapitre 26 sur 65 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Des Glandes salivaires.

Quand on inquiète ou qu'on irrite un Hémiptere, avec le soin d'examiner attentivement son bec, on voit se présenter à l'extrémité de celui-ci une gouttelette d’un liquide incolore et inodore qui est une véritable salive. J’ai déjà, dans des écrits publiés à diversesépoques, signalé l'existence, jusqu'alors peu ou mal connue, d’un appareil organique propre à la sécrétion de la salive, dans un grand nombre d'insectes d'ordres différens. Ainsi on le trouve, sous une forme simplement rudimentaire, dans quelques familles des Coléoptères, notamment dans les Mélasomes, les Taxicornes , les Trachélides , les Rhincophores et les Aphidiphages. Il est bien mieux conditionné dans les Orthoptères., les Hyménoptères, les Diptères, les Lépidoptères et plusieurs Aptères. Mais c’est surtout dans la plupart des Hémiptères que l'appareil salivaire revêt les caractères propres à un organe essentiellement sécréteur, puisqu'il se compose 1° de glandes proprement dites, où s'élaborent les matériaux primitifs de la sécrétion ; 2° de conduits excréteurs destinés à verser dans la bouche, ou à l’origine de l’œsophage, le liquide sécrété; 3° enfin le plus souvent de réservoirs ou bourses pour le séjour et la conservation de celui-ci.

Ramdohr (1) a consacré, dans les généralités de son

(1) Ir cp, 9/fel'suiv:

SUR LES HÉMIPTÈRES. 247 ouvrage précité, un paragraphe à lappareil salivaire des insectes, et1l l’a décrit aussi à l’article qui concerne chaque espèce; mais Ce savant entomotomiste a, dans la plupart des cas, incomplètement vu cet organe, et mal saisi, je pense, les attributions des diverses parties qui le constituent. C’est ainsi que dans les Cimex, il désigne sous le nom de réservoir ou vésicule l'organe que je regarde comme sécréteur et que j'appelle glande, tandis que les véritables réservoirs sont simplement qualifiés par lui de vaisseaux salivaires.

Les glandes salivaires des Hémiptères ne sont point toujours, comme celles des animaux des classes supérieures , situées à la tête dans le voisinage de la bouche. Disposées de chaque côté du tube alimentaire, et suspendues par leurs canaux excréteurs, elles occupent la cavité du thorax et atteignent même quelquefois celle de l’abdomen. Ce n’est point dans la bouche qu’elles versent le produit de leur sécrétion, puisqu'il est reconnu que ces insectes n’ont pas de cavité buccale; mais bien à l’origine de l’œsophage, de manière que la salive se mêle aux alimens soit à leur passage , soit dans le jabot, lorsque celui-ci existe. La configuration et la texture de cet appareil présentent , suivant les familles et les genres, des différences ou des modifications dans l'exposition desquelles je vais entrer.

La Scutellère rayée a une paire de glandes salivaires situées , une de chaque côté, dans la cavité du thorax, où elles sont libres, en quelque sorte flottantes, et maintenues seulement par des trachées et les conduits excréteurs. Chacune de ces glandes est un corps, une espèce de sachet assez grand comparativement aux organes sécréteurs des insectes en général. Sa forme est irrégulière, mais bien circonscrite et assez élégante; sa couleur d’un blanc opaloïde ou semi diaphane, sa texture vésiculeuse en appa-

reuce, mais celluleuse à l’intérieur; sa consistance callosogélatineuse, sa surface lisse, son enveloppe formée par une membrane pellucide assez épaisse. Cet organe sécréteur, plus ou moins déprimé, est bilobaire, c’est-à-dire formé de deux lobes , lun antérieur, l’autre postérieur, adossés et sans doute communiquant ensemble par leurs bases tronquées, d’où partent les conduits excréteurs. Le lobe antérieur est simple, terminé en avant en une pointe obtuse semblable à un doigt de gant, dilaté en arrière, et plus ou moins sinueux sur un de ses bords latéraux. Le lobe postérieur, plus grand que le précédent, est dilaté en avant et divisé sur ses côlés en plusieurs digitations allongées semblables à des boyaux borgnes. De ces digitations les unes sont simples, les autres inégalement bifides. Cette glande offre à la loupe une surface élégamment brodée par des ramifications trachéennes qui partent d’un tronc commun, divisé en deux branches pour chacun des lobes de l'organe.

Les conduits excréteurs sont au nombre de deux pour chaque glande salivaire, un pour le lobe antérieur, un autre pour le postérieur. Ils ont la finesse d’un cheveu. Leur insertion a lieu à la surface inférieure de l’organe , à l'endroit où les deux lobes de celui-ci s’adossent. De cette double insertion isolée ils vont s'ouvrir à l’origine du tube digestif de l’insecte. Ils sont l’un et l’autre du même diamètre, de la même structure; mais celui qui appartient au lobe postérieur est infiniment plus longet fléchi en nombreux festons, ordinairement accolés contre la paroi inférieure du canal alimentaire. Ces conduits, dans leur marche en grande partie récurrente, accompagnent d’une fine trachée. Lorsqu'on les soumet à une forte lentille du microscope pour en étudier la structure intime, on reconnaît qu'ils sont essentiellement constitués, ainsi que la

plupart des canaux excréteurs des insectes en général, 1° par une enveloppe où tunique extérieure assez épaisse , quoique pellucide, et d’un tissu contractile; 2° par un tube inclus extrêmement délié, qui forme l'axe du conduit et qui, à la simple loupe, parait d'un blanc nacré, quoiqu'il n'appartienne certainement pas à une trachée.

De chaque côté de l’origine de l’œsophage , on trouve dans la Scutellère une bourse ou réservoir salivaire sous la forme d’un boyau borgne, grêle comme un fil, blanchôtre, flottant par un bout , plus ou moins replié, mais assez mie lorsqu' il est dér ones pour atteindre la cavité Adérnsele, Ce réservoir est placé au-dessous des glandes salivaires et du canal digestif, de manière qu’il faut enlever ces derniers organes pour le bien voir dans sa position naturelle, La petitesse de toutes ces parties ne m'a point permis de constater par l'observation directe le mode de connexion de ces bourses avec les conduits excréteurs de la salive. Indépendamment de cette paire de réservoirs salivaires Élifoémcss J'ai, dans quelques dissections, cru reconnaître l’existence d’une seconde paire, mais excessivement courte, débordant à peine le contour de la tête, et placée plus près de la ligne médiane du corps. Je n'ai point acquis sur ce point d’anatomie le degré de certitude nécessaire pour oser l’exprimer dans les dessins annexés à montravail. Mais je suis d'autant plus porté à croire à l'existence réelle de cette seconde paire de bourses salivaires, qu’elle se rencontre plus développée dans des genres très rapprochés de la Scutellère, comme on le verra bientôt.

La glande salivaire de ia Scutellère maure, quoique iormée sur le même plan que celle de la précédente espèce, présente néanmoins dans sa configuration un trait bien tranché qui confirme ce que j'ai dit plus haut, relativement à la possibilité de séparer génériquement cet insecte des

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autres Scutellères. Le lobe antérieur de cette glande est profondément divisé jusqu à sa base en cinq ou six digitations simples et d’ inégale longueur. Le postérieur est aussi partagé en lanières, mais na nombreuses, plus grêles, et dont quelques-unes sont bifides. Les conduits excréteurs et les bourses salivaires sont comme dans la S'eutellère rayée:

Dans les diverses espèces du genre Pentatome dont j'ai fait la dissection , l'appareil salivaire offre, à peu de chose près, la même structure , la même organisation que celui des Scutellères. La diférene la plus appréciable est relative à la forme de la glande proprement dite. Le lobe postérieur le celle-ci ne présente des digitations que dans la Pentatome du grateron , placée par Fabricius dans son genre Edessa : encore ces digitations sont-elles fort courtes et disposées, ainsi que l’indiquela figure, au nombre de trois de chaque côté de la base de ce lobe. Celui-ci est très simple dans les autres espèces, mais tantôt dilaté à sa base et ierminé en une queue plus ou moins allongée, comme dans les P. grise, rufipède, du genévrier, des baies, et ornée ; tantôt cylindroïde d’un bout à l’autre, et semblable à un boyau, ainsi qu'on le voit dans les P. émeraude et dissemblable. Du reste, cette configuration présente encore quelques légères différences, suivant certaines conditions difficiles à déterminer. Quant aux conduits excréteurs ou efférens , ils sont absolument les mêmes que dans le genre précédent.

Les bourses salivaires sont évidemment au nombre de deux paires dans les P. rufipède et des baïes , et d’une seule dans les autres espèces. Les bourses les plus internes, les plus rapprochées de l’axe du corps, sont plus courtes que les autres, ordinairement droites, et prolongées jusqu’à l’origine de la cavité abdominale. Elles m'ont paru d’une même venue, cylindroïdes dans la première de ces deux espèces,

et très distinctement atténuées, vers leur insertion, en un col capillaire dans la seconde.

L'appareil salivaire des Corés a la même couleur, la même organisation intime que celui des Géocorises précédens; mais il offre dans quelques espèces des modifications de forme assez remarquables pour être mentionnées. La glande dans le C. bordé est formée de trois lobes au lieu de deux. Le plus postérieur de ces lobes est profondément divisé en cinqdigitations inégales , antérieur en deux : l’intermédiaire, simple et allongé, est légèrement renflé dans son milieu. Il n’y a cependant que deux conduits efférens ; ce qui fait présumer que le lobe intermédiaire est confluent par sa base avec l'un des autres. Le plus long de ces canaux n'est pas uniformément capillaire et fléchi en nombreux festons comme celui des Scutellères et des Pentatomes ; il est sensiblement renflé dans une assez grande étendue de sa partie moyenne et atténué à ses deux extrémités. Il a du reste la même structure intérieure, et le tube inclus ne partage point le renflement de sa gaîne ou enveloppe contractile. Les figures qui accompagnent mon texte dispensent d’autres détails. Ce Coré a deux paires de réservoirs salivaires longs, filiformes, plus ou moins accolés au canal digestif, et quelquefois ayant une teinte vert-pistache, surtout les plus rapprochés de l'axe du corps.

La glande salivaire du €. chlorotique à le globe antérieur simplement fourchu, le postérieur divisé sur un seul côté seulement en plusieurs digitations simples ou bifides, l'intermédiaire allongé, renflé vers le milieu, fusiforme. Dans le €. folätre, la forme de la glande qui sécrète immédiatement la salive se rapproche plus de celle des Pentatomes que de celle des espèces précédentes. Elle n’est composée que de deux lobes, lun et l'autre très simples ; mais elleest proportionnellement plus courte et plus grosse

que dans la plupart des autres Géocorises. Les canaux efférens ressemblent à ceux du €. bordé. Je n’y ai reconnu qu’une seule paire de réservoirs salivaires qui sont filiformes et assez longs pour pénétrer dans la cavité abdominale.

En décrivant le tube digestif du €. hirticorne, nous avons vu qu'il manquait des cordons valvuleux qui caractérisent celui des autres espèces du même genre. Cet insecte va nous offrir aussi dans son appareil salivaire des traits qui le distinguent des autres Corées. Il y a pour chaque côté deux glandes, mais accolées l’une à l’autre , et sans doute confluentes. Chacune d'elles est formée de deux lobes comme dans les Pentatomes. Le lobe antérieur , bien plus court que le postérieur, est divisé, pour l’une des glandes, en deux digitations oblongues, etsimplement échancrées en cœur pour l’autre. Le lobe postérieur est très simple. Il n’y a que deux canaux eflérens pour cette double glande; ce qui suppose leur confluence. Je n’y ai apercu qu'une seule paire de bourses salivaires filiformes, atteignant la base de l’abdomen.

Dans les 4lydes, les glandes où se prépare la salive sont plusgréles, plusallongées que dans les Gréocorises précédens, mais d’ailleurs d’une texture parfaitement analogue. Elles sont doubles pour chaque côté dans l4. du géranion, et triples dans 4. aptère. Leur contiguité, leur adhérence, me font soupconner, ainsi que dans le C. hirticorne , qu'elles confluent ensemble. Considérées isolément , elles différent peu par leur configuration de celle des Pentatomes. Le lobe antérieur est plus court quele postérieur; Pun et l’autre sont très simples et terminés en pointe. Les conduits excréteurs ressemblent à ceux des Corées, c’est-à-dire que le plus long est renflé vers le milieu. L’4. du géranion à deux paires de bourses salivaires filiformes, dont l’une, plus longue, pénètre dans l'abdomen.

La glande salivaire de la Pyrrhocore est double pour chaque côté; mais les deux corps qui la constituent sont en partie superposés, et Je les crois confluens par le point de leur contact. Chacun d’eux a un lobe antérieur et un lobe postérieur; mais la grandeur relative de ceux-ci est inverse de celle des autres Géocorises. Le lobe antérieur est le plus long; il est très simple. Le postérieur est brièvement trilobé dans lun de ces corps et arrondi dans l’autre. Il y a deux couduits excréteurs uniformément capillaires, comme ceux des Pentatomes, mais moins longs, moins flexueux quedans ces derniers.On ne rencontrequ’une seule paire de bourses salivaires , et elles sont filiformes.

L’organe sécréteur de la salive ne se compose dans le Lygée lagénifère que d’une glande à deux lobes pour chaque côté. Mais ces lobes ont une figure et une disposition particulières. L’antérieur est transversal, cylindroïde, et semblable à un grand bourrelet; le postérieur est partagé en deux digitations principales, dont l’une est simple et plus grande, et l’autre bifide. Les conduits efférens ressemblent à ceux des Pentatomes. Celui du lobe postérieur est fort long, fléchi en très nombreux petits festons, et uniformément capillaire. Les réservoirs salivaires sont filiformes, et il y en a un seul de chaque côté.

La glande salivaire du Zygée de la jusquiame diffère de celle de l'espèce précédente, et ressemble plutôt à celle des Corées. Elle se compose d’un corps glandulaire, analogue pour saconfiguration à celuides Pantatomes;etd'unautreallongé, simple, accolé et parallèle au côté du premier. Celui-ci a son lobe antérieur simple, et le postérieur unilobé à sa base.

L'appareil salivaire présente dans les Capsus, les Miris , les Phymata , une disposition, une forme particulières qui

constituent un des traits anatomiques les plus distinctifs de ces genres.

Dans le Capse tricolor, il y a pour chaque côté, d’abord une glande d'une configuration et d’une texture analogues à celles des Géocorises que nous venons d'examiner, puis une seconde glande distincte de la précédente. La première se compose de deux lobes très simples, dont le postérieur est plus long. Les conduits excréteurs sont capillaires , et celui du grand lobe a plus de longueur que l’autre, sans en avoir autant que dans les Zygées. La seconde glande n'est pas toujours facile à mettre en évidence, à cause de sa petitesse, de sa diaphanéité et de sa position. C'est un corps d'apparence vésiculaire, d’une seule pièce, pellucide, ovale-oblong ou réniforme, suivant son degré de turgescence , fixé, en quelque sorte collé, au moyen de brides trachéennes, à la face inférieure et latérale de l'estomac. Un conduit eflérent capillaire s’insère près de son bout antérieur, mais un peu latéralement, et va s'ouvrir, en côioyant l’œsophage, vers l’origine de celui-ci. En étudiant au microscope la texture de ce conduit, on se convainct qu'elle a la plus grande analogie avec celle de tous les vaisseaux excréteurs des autres glandes salivaires, C’est-àdire qu'il renferme un axe tubuleux à bords parfaitement parallèles. C’est surtout ce mode d’organisation qui m'a déterminé àconsidérer ce corps vésiculiforme plutôt comme une glande que comme un réservoir. Ce Capsus est-il pourvu de bourses salivaires , et doit-on considérer comme telles deux corps oblongs et d’une teinte verdâtre, places un de chaque côté, à l’issue de la tête ? Ces corps ne sontils que de simples sachets adipeux ? J'avoue que je ne me trouve pas suffisamment éclairé pour décider la question.

Dans le Miris de Carcel on trouve, ainsi que dans le Capsus, deux glandes salivaires distinctes pour chaque côté. L'une est conformée comme celle des Pentatomes, ainsi qu'il est facile de s’en convaincre par l'inspection des fi-

pa

gures. Les lobes qui la constituent sont simples, et le postérieur, prolongé en une sorte de boyau plus ou moins boursouflé, est le plus souvent courbé en hamecon. L'autre se présente sous la forme extérieure d’un sac ou d’une utricule diaphane, ovalaire , un peu contractée vers son milieu comme certaines calebasses. Un filet trachéen , presque imperceptible, le suspend par son petit bout à l’extrémité postérieure de la glande précédente. Les connexions insolites des conduits excréteurs de ces deux glandes en forment le trait anatomique le plus caractéristique, et rendent leur dissection d’une extrême difhiculté. Celui du lobe antérieur de la glande principale est, comme d’ordinaire, plus long que l’autre; il se renfle insensiblement dans une assez grande étendue de sa partie moyenne, comme on le voit dans l’un des canaux efférens des Corées. Il se dirige d’abord vers la tête, et un œil peu attentif croirait qu'il y pénètre ; mais il se réfléchit sur lui-même, rebrousse chemin et va s’aboucher dans un sinus commun dont Je parlerai bientôt. Le conduit excréteur du lobe postérieur de cette même glande est uniformément capillaire et se porte en arrière pour s'ouvrir dans le sinus. Celui de la glande supplémentaire ou utriculiforme s’implante brusquement à son gros bout, est fort, court, capillaire, et se dégorge aussi dans le sinus en question. Celui-ci, dont je n'ai encore rencontré aucun exemple dans les autres insectes, est formé par la réunion, la confluence de cinq conduits destinés à l’excrétion du fluide salivaire, savoir : deux qui partent de la glande principale, un qui vient de l’autre glande, et deux qui naissent du sinus même et sintroduisent dans la tête pour verser la salive dans la bouche. Je n'ai point reconnu de bourses salivaires.

L'appareil salivaire de la Phymate a beaucoup d’ana-

logie avec celui du ÆMiris, et justifie, comme je l'ai déjà dit ailleurs, la place assignée à ce genre par M. Latreille. Il y a aussi deux glandes de chaque côté. La glande principale est allongée, cylindroïde, grêle comme un fil; son lobe antérieur est court et très obtus, le postérieur est fort long; leurs deux conduits excréteurs sont, contre l'ordinaire, égaux entre eux et remarquables par leur briéveté. L'autre glande , ou la supplémentaire, a l’apparence d’une vésicule conoïde ; elle est collée contre l’estomac, où elle est principalement fixée par un filet trachéen qui termine la pointe acérée de la glande. Le conduit excréteur est très simple et s’insère latéralement avant son extrémité antérieure, pour se porter ensuite directement dans la tête.

La petitesse de l’Aradus avenius ne m'a pas mis à même de constater par l’observation directe l'existence de son organe sécréteur de la salive; mais il est permis de présumer qu'il doit avoir beaucoup d’analogie avec celui du genre suivant.

L'organisation de lappareil salivaire de la Punaise des lits, quoique ne démentant point par certains traits celle des genres avec lesquels elle est groupée, offre cependant une configuration qui lui est propre. J’ai distinctement reconnu, pour chaque côté, deux glandes, dont l’une ou l’autre pourrait être, non sans quelque apparence de raison, prise pour un réservoir. La glande principale, du moins celle qui, par sa position, représente l’organe que J'ai désigné sous cette dénomination, est un corps ovoïde , simple , c'est-à-dire sans distinction de lobes ou de pièces conniventes, tout-à-fait saillant à l'ouverture œsophagienne de la tête et paraissant sessile. Ses parois pellucides laissent apercevoir à la loupe une humeur intérieure avec une nuance roussâtre ou ambrée.

Son bout antérieur, légérement atténué, se termine par un col ou canal excréteur fort court qui à son entrée dans Ja tête se divise aussitôt en deux branches capillaires comme lui. Cette bifurcation qui est, à proprement parler, le vestige des deux conduits efférens qui caractérisent l'organe salivaire des Pentatomes et autres Géocorises , ne vient-elle pas confirmer la dénomination de glande principale que l’analogie m'a fait donner à ce corps? Ne nous fournit-elle pas une des nombreuses preuves de la marche graduée de la nature dans les changemens de forme et de texture des organes ? Il est nécessaire, pour mettre en évidence les deux branches en question , de briser avec précaution le crane de l’insecte et d’en enlever les fragmens. L’exiguité de toutes ces parties rend cette dissection des plus délicates. Toutefois, avec le secours d’une forte lentille du microscope, je me suis assuré que la structure du col et de ses branches ressemblait à celle des canaux excréteurs des autres Hémiptères , c’est-à-dire qu'ils sont formés d’une tunique extérieure contractile, et d’un tube inclus strié en travers et plus où moins nacré. La seconde glande salivaire de la Punaise des lits se présente sous la forme d’une capsule sphérique ou ovoïde que son extrême petitesse et sa pellucidité ne rendent sensible qu’à un œil exercé, armé d’une forte loupe. Pour la découvrir, il faut arracher avec soin la tête de la Punaise, après avoir préalablement ouvert et écartelé le corselet, car la glande est logée dans lintérieur de ce dernier. C’est sans doute à son degré de plénitude qu’il faut attribuer la différence de sa configuration, que J'ai trouvée le plus souvent globuleuse, mais quelquefois ovalaire. Dans tous les cas elle renferme un liquide absolument incolore, crystallin. Le canal déférent est un filet d'une ténuité presque imperceptible,

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qui, d’une part, s’insère brusquement à la glande, et, de l’autre, va, en longeant l’œsophage, s'enfoncer dans : la tête.

L'appareil salivaire du Réduve stridulant a plus d’analogie avec celui des Capses qu'avec celui des autres Géocorises. Îl consiste aussi en deux paires de glandes d’une forme plus ou moins allongée. Le lobe postérieur de la glande principale surpasse cinq ou six fois en longueur son lobe antérieur. Il est droit où courbé, simplement renflé à sa base ou diversement boursouflé, susceptible, en un mot, de quelques variations accidentelles dont j'ai représenté quelques-unes. Deux conduits excréteurs , courts, égaux entre eux, non flexueux et uniformément capillaires, naissent de l’entre-deux des lobes, mais à la face inférieure de l'organe. Ces conduits, le plus souvent contigus ensemble, prennent leur origine (au moins lun d'eux) à une petite dilatation arrondie qui paraît dépendre du lobe postérieur. Un ligament d’une ténuité plus que capillaire s'attache au bout du petit lobe, et s’insinuant dans l’intérieur de la tête, sert à fixer tout l'organe. Ce ligament, dont je n'ai point encore fait mention dans les Géocorises précédens , se rencontre néanmoins dans plusieurs d’entre eux. La seconde paire de glandes salivaires est plus rapprochée de l’axe du corps que la premiére. C'est un corps d'apparence utriculaire à parois pellucides et fort délicates, tantôt fusiforme, c’est-à-dire ventru dans son milieu, tantôt très allongé et presque cylindroïde, ce qui dépend de son plus ou moins de turgesceuce. De fines et nombreuses trachéoles le fixent , le collent, pour ainsi dire, contre la paroi inférieure de l’estomac; en sorte qu'il faut être très exercé dans les Imvestigations de ce genre pour le découvrir et le dégager de ses liens. Elle n'a pas de connexion avec la précédente,

et on n’y reconnaît aucune trace de lobe. Un conduit excréteur, plus long que ceux de la glande principale, mais du même diamètre et de la même texture, s’insére brusquemert, non à l’urie de ses extrémités, mais latéralement vers son tiers antérieur. Il pénètre dans la tête à côté des précédens, et J'ai été assez heureux pour le poursuivre, sans le rompre, jusqu'à son embouchure dans le pharynx.

L'organe salivaire a, dans le Pélogone, une contiguration et une structure qui n'offrent qu'une faible analogie avec celui des familles voisines. 11 consiste, pour chaque côté, en une glande proprement dite et en un réservoir.

° La glande, ou l’organe essentiellement sécréteur, est formée par une agglomération de six sachets subvésiculeux, presque diaphanes , dont quatre, groupés au centre, ressemblent à des boursouflures sphéroïdales. Le cinquième est antérieur, ovale-oblong; et le sixième, plus allongé que le précédent, forme à la glande une espèce de queue. De la partie inférieure de l'organe partent, comme dans les Cimex, deux conduits efférens dont la finesse, bien plus que capillaire, ne m'a pas empêché de constater l'existence, et qui, beaucoup plus courts que ceux de la plupart des Géocorises, se dirigent sans flexuosités vers l’oriftice de lœsophage. 2° Le réservoir salivaire est une sorte de boyau comme suspendu à la partie postérieure de la tête et qui dépasse la glande par sa longueur. Ses parois minces et pellucides lui donnent l'aspect vésiculeux; sa forme allongée varie suivant son degré de plénitude; ilest parfois renflé à son bout flottant , et plus étroit vers sa partie moyenne; il pénètre dans l’arrière-bouche par un col d’une grande ténuité.

L’organe destiné à la sécrétion salivaire va nous présenter, dans les Amphibicorises , quelques traits qui con-

courent avec ceux fournis par les autres appareils organiques, à légitimer leur établissement en une famille particuliére. Il se compose, ainsi que dans plusieurs des genres précédens, de deux paires de glandes dont l’une pourrait bien n'être qu’un réservoir. Examinons-les dans les Gerris. La glande principale ou externe, celle qui, par sa situation dans le thorax, sa couleur opaloïde, sa structure vésiculeuse et sa configuration générale , ressemble à celle de la plupart des Céoberiees que Je viens de décrire, est formée de deux pièces contiguës par leurs bases et sans doute communiquant ensemble. La pièce antérieure est simple, renflée à sa base et terminée par un prolongement grêle, capillaire. La postérieure est divisée assez profondément en deux lobes conoïdes inégaux, prolongés aussi en longs filets tubuleux, déliés comme un cheveu. Dans le Gerris des canaux le filet qui termine le plus grand de ces lobes se courbe ordinairement en sens inverse de sa première direction et se porte d’arrière en avant vers la tête. Immédiatement après sa courbure il se divise en deux. Dans quelques circonstances plus rares, car Je ne l'ai encore observé qu'une seule fois, ce filet ne se courbe point, et ses branches se portent en arrière Jusqu'à la cavité abdominale. Malgré tout le soin que Jai mis dans mes investigations, Je n'ai pu découvrir qu'un seul conduit excréteur ou efférent à cette glande, Comme ce fait est insolite, je n’ose point le donner pour incontestable. Ce conduit est capillaire, court, comparativement à celui des Pentatomes, et naît du point de contiguité des deux pièces de la glande à la région inférieure de celle-ci. La seconde glande salivaire des Gerris consiste en un groupe ou agglomération arrondie d’utricules, les unes ovales, les autres sphéroïdes , sessiles, diaphanes, remplies d’une humeur visqueuse : ces utri-

cules sont au nombre d’une vingtaine environ. Deux conduits eflérens parfaitement distincts, plus déliés qu'un cheveu, partent du milieu des utricules et appartiennent sans doute à deux grappes confondues. Ces conduits pénètrent dans la tête en passant entre l’œsophage et le canal excréteur de la glande principale.

Je n'ai que des notions anatomiques incomplètes sur l'appareil salivaire de la Yélie. Sa glande salivaire m’a paru bilobée en arrière ainsi que celle des Gerris, et elle ne m'a offert non plus qu'un seul conduit excréteur. Quant à la seconde, elle présente des différences avec celle du genre précédeut. Elle est essentiellement formée d'une grosse bourse ovalaire couronnée en avant par quelques utricules arrondies , et elle se dégorge dans le pharynx par deux canaux excréteurs.

L'organe qui préside à la préparation de la salive présente , dans les Hydrocorises , une structure plus compliquée, un degré de plus de perfection que celui des Géocorises et des Amphibicorises.

La glande salivaire des Vaucores est une grappe de granulations arrondies ou ovales, sessiles, très serrées entre elles, et d’un blanc opaloïde. Elle est oblongue dans la NN. cimicoide, plus courte, plus ramassée dans la N. aptère. Elle présente en avant un petit lobe disünct, pareillement granulé, qui rappelle celui des Géocorises ; et en arrière, un simple renflement ovale plus ou moins prononcé suivant certaines conditions. Les granulations de ce dernier sont beaucoup moins saillantes que dans le reste de la glande. Deux conduits efférens , courts et capillaires, partent d’entre les lobes de celle-ci pour se-rendre à l’origine du tube digestif. On retrouve dans les Naucores de véritables réservoirs salivaires analogues à ceux que J'ai fait connaître dans les Pentatomes

et les Corés. I n’y en a qu’une seule paire ; ils se présentent sous la forme de deux bourses allongées plus ou moins cylindroïdes , collées, à la faveur de fines trachéoles, contre les parois postérieures du canal alimentaire , et atténuées en avant en une sorte de col capillaire.

El y a dans la Vèpe et la Ranatre une glande salivaire de chaque côté. Elle consiste , ainsi que celle de la Vaucore, en une grappe formée de granulations sessiles , arrondies , semi diaphanes et fort pressées. Cette grappe, qui occupe l'intérieur du thorax, paraît simple au premier coup d'œil; mais une dissection attentive y reconnaît deux grappes d’une même texture et communiquant ensemble, dont l’une, bien plus petite et antérieure, ne semble qu’une appendice de l’autre, et se termine en avant par un ligament d'une extrême ténuité qui se fixe dans l’intérieur de la tête. Dans la Ranatre la grande et la petite grappe semblent confluentes à endroit de leur contiguité, et il part de ce point un conduit excréteur qui ne tarde point à se diviser en deux branches. Dans la /Vèpe la grappe appendiculaire est bien distincte de la principale. Son extrémité postérieure émet un tube excréteur assez court, mais bien sensible, qui débouche dans la grande grappe. Celle-ci envoie à l’origine du bec deux conduits efférens dont le plus externe part d’un renflement sphéroïdal , lisse et simple. Il y a dans ces Hydrocorises deux paires de réservoirs pour la salive. L'une, filiforme, plus ou moins adhérente aux parois du canal digestif par d’imperceptibles trachées, est beaucoup plus longue que lautre, pénètre jusque dans la cavité abdominale et se fait remarquer par une grande dilatation ellipsoïdale vers son milieu. Elle a proportionnellement plus de longueur dans la Aanatre que dans la Népe. L'autre paire de réservoirs, placée tout-à-fait au-des-

sous de lœæsophage, a la forme de deux bourses cylindroïdes-obtuses , membraneuses , blanches dans le premier de ces insectes, d’un jaune citron pâle dans le second.

La glande salivaire de la Corise ressemble bien plus à celle des Pentatomes qu'à celle des Hydrocorises. Il n'y en a qu'une pour chaque côté, et elle ne se compose point de granulations agglomérées en grappe; elle consiste, ainsi que dans la FRERE des Géocorises, en deux pièces ou lobes adossés par leurs bases et très simples. Le lobe antérieur est moins grand que le postérieur : l’un et l’autre sont assez gros et très obtus. Deux conduits efférens, courts et capillaires, naissent de la rainure transversale qui sépare les deux lobes, mais à la face inférieure de l’organe. J’ai trouvé dans cet insecte une paire de réservoirs salivaires plus rapprochés de l'axe du corps que les glandes. Chacun d'eux est une vésicule sphéroïdale remplie d’une humeur limpide, et suspendue à un col tubuleux plus délié qu’un cheveu.

L'appareil destiné à la sécrétion salivaire présente dans la Notonecte une configuration et une structure particulières. On éprouve ici, comme dans les Réduves et autres Géocorises voisins, un véritable embarras pour la dénomination respective de la glande et du réservoir, à cause de la ressemblance de ces deux parties. Un certain tact acquis par l’entomotomie pratique autorise seul la préférence du nom que J'impose à chacune de ces dernières. La glande salivaire, ou l’organe auquel je donne cette dénomination, fondée surtout sur la texture du conduit efférent, se trouve placée, contre l'ordinaire, plus près de l’axe du corps que le réservoir. Elle est plus grande et plus facile à mettre en évidence que ce dernier ; sa forme est conoïde, allongée, plus ou moins effilée en arrière suivant son degré de turgescence; elle se ter-

mine en avant par une sorte de tête tantôt sphéroïdale, tantôt semblable à une crosse. Celle-ci est séparée de la portion conoïde par un étranglement, un véritable col; mais il n’y a pas ici, comme dans les glandes salivaires des Géocorises, adossement , par leurs bases, de deux pièces ou lobes distincts : aussi n’y a-t-il qu'un seul conduit efférent. Les deux glandes convergent l’une vers l’autre par leurs extrémités eflilées. Celles-ci se terminent par un ligament propre d’une excessive capillarité, et les deux ligamens se réunissent en un tronc commun qui se fixe vers le milieu de l’estomac.

La tête de la glande émet, par sa partie antérieure, un conduit excréteur capillaire assez court, et celui-ci, que j'ai long-temps cru se porter directement à l’origine du bec, va s’aboucher, ainsi que des dissections récentes (juillet 1829) me l'ont très positivement démontré , dans le réservoir dont je parlerai bientôt. Ce conduit, soumis au foyer de la lentille microscopique, présente la structure propre aux canaux excréteurs des glandes salivaires en général. Ainsi il se compose d’un tube inclus dans une enveloppe contractile. Toutefois ce tube inclus pourrait échapper à des investigations peu attentives, soit à cause de la finesse et de la translucidité de l'enveloppe, soit parce qu'on ne lui observe point les stries transversales qui le caractérisent ordinairement.

Le réservoir salivaire de la ÂNotonecte a toutes les apparences d’une véritable glande. If est plus petit et surtout plus court que l’organe sécréteur dont je viens de donner la description. Il est comme enseveli au milieu du tissu adipeux qui garnit la région pharyngienne de l’insecte et ne déborde point la tête. Si, dans la figure qui accompagne mon texte, le réservoir est en entier mis en évidence, c’est qu'il a fallu pour cela violer sa

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situation naturelle et ses rapports. Ce qui lui donne une grande ressemblance avec une glande, c’est qu’il est formé de deux pièces ou de deux lobes contigus par leurs bases, mais distincts. Le lobe antérieur est petit, globuleux ; le postérieur oblong, conoïde ou parfois ventru. Deux conduits capillaires s’insèrent dans l’entre-deux des lobes; l’un est le canal excréteur de la glande qui vient apporter dans le réservoir le produit de la sécrétion pour y être élaboré; l’autre, qui ne présente point au microscope le tube inclus qui caractérise le premier, est un peu moins délié et s'enfonce dans la tête.

Dans la Cigale l'organe essentiellement sécréteur de la salive consiste, pour chaque côté, en une paire de glandes arrondies, formées par l’agglomération d’une vingtaine environ d’utricules subdiaphanes , ovoïdes, oblongues ou allongées. Ces glandes, placées en arrière l’une de l’autre, mais bien séparées, communiquent ensemble par un conduit intermédiaire d’une teinte jaune qui aboutit à leur centre. La glande antérieure à des utricules plus allongées que l’autre et uniformes. Dans sa situation naturelle elle est presque entièrement logée dans le crâne de l’insecte. Il m'a fallu violer cette situation pour la mettre en évidence dans la figure que J'en donne. Les utricules de la glande postérieure sont inégales entre elles, celles du centre étant plus courtes, plus arrondies que celles du pourtour. Malgré des recherches fréquemment réitérées avec le secours des verres amplifians, Je n'ai point été assez heureux pour confirmer l’existence du conduit par lequel la glande verse le produit de sa sécrétion dans la bouche. Dans mon premier travail sur l'anatomie de la Cigale, j'ai décrit ce conduit comme s'unissant avec celui du côté opposé pour former un col commun de dégorgement.

A + Savans étrangers. 34

Au milieu de l'appareil salivaire on rencontre de chaque côté de la tête un boyau filiforme, à parois fragiles et pellucides , ayant, lorsqu'il est déroulé dans son intégrité, la longueur de tout le corps de l’insecte. Dans mes recherches antérieures sur ce même sujet, J'avais, à tort, pris ce boyau pour le réservoir de la double glande que je viens de décrire, et J'avais mal saisi son origine et ses connexions. Mieux servi aujourd'hui par une plus grande habitude des dissections délicates , J'ai clairement reconnu que ce boyau, dont plusieurs replis sont renfermés dans le crâne, aboutissait à une très petite glande logée dans la. profondeur de la tête et composée d’une douzaine environ d’utricules arrondies. De cette glande part un conduit excréteur d’une finesse plus que capillaire et ayant la structure propre à ces sortes de canaux, c'est-à-dire offrant un tube inclus. Ce conduit, que J'ai positivement constaté, s’unit avec son congénère du côté opposé, et le col commun qui résulte de cette union va s'ouvrir à l'origine du bec. On serait tenté de comparer ce petit appareil salivaire de la Cigale aux glandes sublinguales des grands animaux.

Chacune des glandes salivaires de la Z'ulgore se présente sous la forme d’un filet tubuleux se prolongeant

usque dans la cavité abdominale, et garni, sur un de ses

côtés, d’utricules ovalaires diaphanes, peu pressées entre elles et disposées en une seule série longitudinale. Ce filet tubuleux m'a paru dégarni d’utricules un peu avant son entrée dans la tête. Je n’ai point découvert de réservoir salivaire, et je sens le besoin de nouvelles dissections pour avoir des notions positives sur cet appareil.

Les glandes de la sécrétion salivaire de l’/ssus m'ont paru avoir moins d’analogie avec celles de la Fulgore qu'avec celles des Cicadelles. Dans le petit nombre d’indi-

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vidus que J'ai pu soumettre au scalpel, je n'ai reconnu, pour chaque côté, qu’un seul petit groupe arrondi, et sans doute sessile, d’utricules sphéroïdes transparentes. Dans la £èdre, je ne vois non plus qu’une seule grappe salivaire arrondie, mais assez longuement pédicellée composée de sept à huit utricules ovalaires diaphanes. J’ai été à même de saisir avec assez d’exactitude la forme et la structure de lorgane salivaire de la Cercope sanglante, pour pouvoir en offrir et la description et la figure. Cet organe, compliqué et difficile à mettre en évidence, diffère beaucoup de celui des Cicadaires précédentes. On y distingue un corps glandulaire, deux conduits eflérens et plusieurs réservoirs. Le corps glandulaire placé au centre de l'appareil rappelle, par sa texture et sa configuration générale, celui de quelques Géocorises, notamment des Pentatomes. Il est assez grand, de forme à peu près triangulaire, légèrement déprimé, semi diaphane ou opaloiïde, divisé en deux pièces contigués, l’une antérieure, très petite, simple, ovale; l’autre postérieure, beaucoup plus grande, composée de boursouflures irégales plus ou moins arrondies. Les deux conduits efférens ou excréteurs sont d’une ténuité capillaire et s'insèrent à la face inférieure du corps glandulaire, dans la ligne de contiguité des deux pièces ou lobes qui le constituent. L'un, celui qui paraît appartenir à la pièce antérieure, est fort court ; l’autre, qui semble destiné à la pièce postérieure, se fléchit en plusieurs festons où zig-zags. Ils se dirigent tous deux vers l’origine du bec, et leur structure est analogue à celle des conduits excréteurs ordinaires des glandes salivaires ; C'est-à-dire qu'ils offrent intérieurement un axe tubuleux, d’un blanc nacré à la loupe simple, et strié en travers au microscope. Les parties de cet appareil

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salivaire que J'ai mentionnées sous le nom de réservoirs, Sont un certain nombre (peut-être huit seulement) de tubes filiformes blanchâtres, bien plus longs que Île corps glandulaire, flottans par un bout, insérés par l’autre, soit en-dessus, soit en-dessous de la glande centrale. Ces tubes pourraient tout aussi bien être regardés comme des vaisseaux sécréteurs ou destinés à transmettre au corps central les matériaux pour la fabrication de la salive.

Nous retrouvons dans l'appareil salivaire de l4phrophore le même plan d'organisation que dans la Cercope, ainsi qu'on peut s’en convaincre par un coup d’œil comparatif jeté sur les figures qui les représentent. La seule différence remarquable qui existe, c’est que les tubes, que J'ai désignés , avec quelque hésitation , sous le nom de réservoirs, sont ici bien plus courts que dans la Cercope, et comme terminés en massue. Les zootomistes seuls, ceux surtout qui se livrent avec ardeur à la dissection difhcile des petits insectes, savent apprécier la satisfaction que procure la découverte de ces analogies d'organes dans les genres d’un même groupe.

Je n'ai point mis clairement à découvert l'organe sécréteur de la salive dans la Psylle, malgré de nombreuses dissections dirigées vers ce but; mais J'ai reconnu dans la cavité thoracique des granulations arrondies assez disünctes, semi diaphanes, qui, suivant les apparences, se rattachent à cet appareil. La Dorthésie, dont l’organisation viscérale a plusieurs traits de ressemblance avec celle de la Psylle, m'a offert, de chaque côté de l’origine du bec, quatre ou cinq sphérules blanchätres qui m'ont paru atténuées en un col propre et qui vraisemblablement constituent la glande salivaire.

Je n'ai pas été plus heureux dans mes investigations re-

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latives à l'appareil salivaire des diverses espèces de Pucerons soumises à mes dissections; je n’y en ai pas reconnu la moindre trace.

ARTICLE Ill.

Du tissu adipeux splanchnique.

Les viscères renfermés dans les trois cavités splanchniques des Hémiptères, c’est-à-dire dans l'abdomen , le tronc et la tête, sont entourés, plus où moins immédiatement, par une pulpe graisseuse dont l'abondance varie et suivant les régions du corps, et suivant les conditions auxquelles se trouvent soumis ces animaux. Mais c'est surtout dans la cavité abdominale qu’elle se trouve en plus grande quantité.

J'ai déjà signalé dans d’autres ouvrages sur l’anatomie des insectes, l'existence de cette pulpe graisseuse dans tous ces invertébrés en général, et J'ai fait connaître le rôle important qu'elle joue dans l’acte nutritif. Lorsqu'on la délaie dans l’eau pour en mieux saisir la contexture, on reconnaît, avec le secours de la loupe, qu’elle se compose de grumeaux, ou mieux de sachets de figure très polymorphe, remplis d’une graisse très fine et délicate. Mais ces sachets ne sont pas simplement déposés , isolés, abandonnés en quelque sorte dans les cavités; ils sont constamment en rapport avec des ramifications trachéennes , c’està-dire avec le seul organe véritablement circulatoire des insectes. Quand on saisit et qu’on soulève le tronc aérifère qui se distribue à ces sachets, ceux-ci y demeurent suspendus sous la forme de grappes, de guirlandes ou de guenilles. Les rapports immédiats et constans de ces utricules adipeuses avec un lacis, un canevas de trachées, arinoncent une destination fonctionnelle incontestable. Je les considère donc comme de véritables réservoirs où les élé-

mens adipeux peuvent être déposés, et repris ensuite par imbibition, pour servir ainsi à la vutrition. Mais ce but vraiment organique et vital n’exclut pas un autre usage accessoire de la pulpe graisseuse, qui par son interposition entre les viscères et leur enveloppe tégumentaire entretient une lubréfaction nécessaire, ralentit les secousses brusques, et s'oppose à des tiraillemens qui pourraient nuire à l'exercice normal des fonctions. L’abondance de cette pulpe n'a paru proportionnée au degré d’é énergie vitale des insectes et à la faculté qu'ils ont de pouvoir supporter plus ou moins long-temps la privation des alimens. En appliquant celte considération aux insectes ailés , on trouve que les Coléoptères se placent en premiére ligne pour la quantité du tissu adipeux , puis viennent les Orthoptères , ensuite les Hémipières, les Névroptères, les Hyménoptères, les Diptères , les Lépidoptères (1).

Je STARS ici, relativementaux Hémiptères, une observation que J'ai Aa consignée dans mon travail sur l’anatomie des Coléoptères; c'est que les individus que lon rencontre dans l’arrière-saison présentent beaucoup plus de pulpe graisseuse que les autres. Dans le mois de novembre J'ai souvent disséqué des Pentatomes dont la majeure partie de la cavité abdominale était remplie par deux

(1) C’est aux dépens de cette pulpe graisseuse que se nourrissent les larves qui vivent dans les cavités splanchniques de divers insectes. J'ai déjà fait connaître dans les Annales des Sciences naturelles (1. X , 1829) celles de deux Diptères du genre Ocyptera, que l’on rencontre, l’une dans la Pentatoma grisea, l'autre dans la Cassida viridis. Depuis lors j'ai trouvé aussi dans l’abdomen de la Scutellera maura une larve qui appartient au même genre de Diptères , mais j'ignore si elle est d’une espèce différente. Enfin la dissection du Reduvius stridulus m'a également fait découvrir dans ses entrailles une larve apode plus petite, plus allongée que les précédentes, mais fixée de même au stigimate pectoral : je la crois d’un Diptère , mais peut-être d’un autre genre que l’Ocypière.

énormes guirlandes de granulations adipeuses suspendues aux trachées. Les organes digestifs, réduits alors à une espèce d’inaction , étaient presque entièrement dépourvus de pulpe alimentaire. N’est-on pas autorisé à penser que quelques-uns de ces Hémiptères, éclos tardivement, franchissent l'hiver dans des réduits à l'abri de l’air, de la lumière, en un mot, de tous les agens d’excitation ; qu'ils s’alimentent aux dépens de cette graisse lententent reprise par imbibition; enfin que, semblables aux marmottes, ils. hibernent (tr)?

Le tissu adipeux splanchnique des Hémiptères n'est pas toujours exclusivement constitué par les sachets dont je viens de parler ; il se présente parfois sous la forme d’une membrane fort mince, pellucide, enveloppant l’ensemble des viscères à la manière d’un péritoine.

Dans la famille ou la tribu des Géocorises, les Scutellères et les Pentatomes ont une pulpe adipeuse assez abondante comparativement aux autres Hémiptères. Elle est formée de sachets ovalaires ou arrondis, le plus souvent blanchätres, quelquefois d’un vert ou foncé ou glauque, comme dans les Pentatoma juniperi et baccarum, rarenent presque diaphanes , ainsi qu'on le voit dans la P. ornata. Les utricules adipeuses sont en bien moindre quan-

(1) Voici un fait cbservé postérieurement à la rédaction de cet article et qui résout d’une manière affirmative la question d’hibernage. Vers la fin de novembre 1829 j'incarcérai deux individus de la Pentatoma grisea dans un verre où j'avais mis du papier chiffonné pour leur servir d’abri. Je plaçai le verre dans un lieu exposé à l'air. Pendant les froids rigoureux de cet hiver où le thermomètre de Réaumur descendit, à Saint-Sever, lieu de ma résidence, jusqu'à onze degrés et demi au-dessous de zéro, j’allai visiter mes prisonniers ; je les trouvai vivans, mais dans un état d’inaction absolue, engourdis et dans une véritable léthargie. Aux premiers jours de mars 1830, c’est-à-dire trois mois après leur incarcération dans un vase où il n’y avait aucune espèce de nourriture, leur torpeur se dissipa peu à peu, et ils reprirent leur agilité ordinaire.

tité chez les Corés et les Ælydes; blanchâtres dans les C. marginatus et quadratus , d'une teinte verdâtre dans le C. chloroticus, semi translucides dans le C. nugax, presque nulles dans le C. kirticornis. Le Lygœus lagenifer ne m'a offert pour tissu adipeux qu’une toile pellucide péritonéiforme , tandis que celui du Z. kyosciami consiste en granulations blanchätres ou jaunâtres. La Pyrrhocore présente une pulpe adipeuse blanche, grumeleuse, abondante. Remarquons en passant que cet insecte est aptère et par conséquent d'un genre de vie moins actif, moins locomobile que les genres qui lavoisinent. On trouve dans son prothorax , tout près de la tête, des sachets oblongs ou allongés , disposés symétriquement , qui peuvent en imposer à des yeux peu exercés, pour des bourses salivaires. Cette pulpe est rare dans les Miris, insectes qui voltigent beaucoup. Elle ne consiste dans la Phymate, qu'en un peüt nombre de guenilles membraniformes de couleur opaloïde. Celle de la Punaise des lits ne se rencontre guère que dans les flancs de la cavité abdominale, et en petite quantité. Enfin celle du Reduvius stridulus , insecte d’un genre de vie assez sédentaire, est blanche, abondante, se déploie tant en-dessus qu’en-dessous des viscères en une espèce de toile épiploïque qui voile ces derniers, et est enchevêtrée de trachées.

Le tissu adipeux splanchnique des Amphibicorises (Gerris, Velia )est remarquable par sa couleur jaune et sa texture épiploïforme. Il s'étale comme un tablier sur la portion abdominale du canal digestif. Dans la V’élie j'ai trouvé ce tissu Jaune dans le mâle, et blanc dans la femelle. L'intérieur du corselet offre une pulpe graisseuse assez abondante.

Les Hydrocorises ont un tissu graisseux fort peu abondant. Celui de la Æèpe et de la Ranatre consiste

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soit en une toile pellucide qui tapisse la paroi intérieure de la cavité abdominale, soit en sachets grumeleux répandus çà et là. Ces derniers sont dans la Vaucore tantôt diaphanes, tantôt d’un jaune pâle, mais toujours rares; grisâtres dans la Corise, plus nombreux à lorigine du tube alimentaire; jaunâtres dans la Votonecte, et tout aussi peu abondans.

La pulpe adipeuse splanchnique est fort rare et d’une extrême délicatesse dans les Hémiptères de la section des Homoptères , insectes qui, comme on sait, ont un genre de vie tout aérien , et usent d’une nourriture légère et peu substantielle. Dans les Cigales on trouve quelques sachets graisseux d’une teinte glauque, dans la partie postérieure de la cavité abdominale, et plusieurs rameaux trachéens de celle-ci sont aussi enveloppés d’un fourreau de graisse. Mais indépendamment de ces sachets, une dissection adroite met en évidence une toile péritonéale qui revêt les parois intérieures de l’enceinte viscérale.

Le tissu adipeux est presque nul dans la Psylle. J'ai rencontré habituellement, en partie dans le thorax et en partie dans l’abdomen, une espèce de bourbillon ou de grumeau assez grand , d’un Jaune vif, et au bout de l’abdomen quelques lobules , mais blanchätres. Une pulpe graisseuse, formée de grumeaux arrondis, s’observe aussi dans la Dorthésie : elle est à peine apparente dans les Pucerons.

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