‹ Recherches anatomiques physiologiques et pathologiques sur le système veineux et spécialement sur les canaux veineux des osChapitre 2 sur 74 · DES VEINES DE LA FACE ANTÉRIEURE DU RACHIS · texte numérisé non relu

DES VEINES DE LA FACE ANTÉRIEURE DU RACHIS

Deux gros troncs veineux, situés au-devant de la colonne vertébrale, versent dans l’oreillette droite du cœur tout le sang qui a circulé dans le corps animal. Ces veines, nommées caves, sont distinguées en supérieure ou descendante, et en inférieure ou ascendante.

i. De la veine cave descendante \

Naissant de la partie postérieure et supérieure de l’oreillette droite,

(t) Venu magna, cava ascendens des auteurs anciens. — Venu descendent. — Veine cave thoracique ( Chaussier ). Vma cava superior ( Sœmmerring ).

traversant de bas en haut, en partie enveloppée parle péricarde, la moitié supérieure du thorax, placée près de l’aorte, dirigée légèrement à droite et en arrière, elle parvient jusqu’à la hauteur du cartilage de la première côte droite, où elle se divise en deux troncs principaux ( troncs innominés ), qui bientôt se subdivisent en veines jugulaire interne, sous-clavière et jugulaire externe \

La branche la plus remarquable que fournisse la veine cave supérieure pendant ce trajet est la veine azygos.

Veine azygos % connue de l’antiquité, elle a été indiquée par Érasistrate; Galien en parle dans plusieurs endroits de ses ouvrages 3 ; Sylvius 4 la désigne sous le nom dÜazygon; Yésale en a fait connaître les principales origines 5 ; Eustachi a décrit ses variétés et sa distribution normale 6 ; et Lancisi 7 , Winslow 8 , Haller 9 , Wrisberg 10 , Sandifort 11 , Loder 12 , Lauth 13 ont peu laissé à dire sur la disposition de ce vaisseau.

La veine azygos naît de la veine cave supérieure, lorsqu’elle est

(1) J’ai plusieurs fois rencontré sur des fœtus humains monstrueux deux veines caves supérieures, une à droite, l’autre à gauche , et s’ouvrant dans les oreillettes correspondantes. (Voy. Mémoire sur l’Ectopie de l’appareil de la circulation et particulièrement sur celle du cœur, par G. Breschet. — Répertoire d’Anatomie, de Physiologie , etc., t. il. )

Sur un homme adulte, j’ai aussi vu deux veines caves supérieures , l’une à droite, l’autre à gauche ; mais toutes les deux s’ouvraient dans l’oreillette droite. La veine du côté gauche , après être arrivée sur la base du cœur , cheminait transversalement dans un sillon pour arriver à l’oreillette droite.

Theune a vu, sur un même sujet, trois veines caves supérieures s’ouvrir dans l’oreillette droite, et deuxveines azygos ( Dissertatio de conjluxu trium cavarum in dextro cordisatrio. Halæ, 1763).

L’existence de deux veines caves supérieures forme une disposition normale dans beaucoup d’animaux. M. Cuvier parle de deux veines caves dans l’éléphant et le porc-épic (xxv c Leçon d’anat. comp., t. iv, p. 265). M. Lobstein a indiqué là même disposition dans les didelphes , le rat ; Ch.-G. Lauth l’a trouvée dans le lapin.

La fréquence de cette anomalie dans l’homme et la circonstance que cette disposition est normale dans beaucoup d’animaux vertébrés, porte à penser que cette prétendue va- - riété ou cette monstruosité, n’est que la persistance d’un état antérieur, ou état fœtal, comparable à la conformation régulière de certains animaux. Boehmer.Niemeyer, Murray, ont parlé de cette abnormité. Meekel en cite deux exemples ; Weesel’a également observée.

Je crois qu’on ne peut expliquer cet état qu’en admettant le prolongement des deux veines innommées jusqu’au cœur ou la continuation de la veine jugulaire interne gauche jusqu’à l’oreillette droite du cœur. La veine cave n’existerait pas

dans les premières phases de l’organisation du fœtus humain, et les deux veines qui s’élèvent de la base du cœur ne seraient que les veines innommées; mais plus tard la veine cave supérieure paraissant et se développant, ces deuxveines se trouvent à plus ou moins de distance de l’oreillette. Je suis d’accord à cet égard avec ce que nous apprend l’étude de l’embryon de l’homme et des animaux, et avec ce que disent M. Meekel et M. Kilian. [Dr. Hermann Fr. Kilian, über den Kreislauf des Blutes im Kinde welches noch nichl geathmet hat. Karlsruhe, 1826.)

(2) Vena sine pari, truncus venœ intercostalis , venu azygos, v. ^zy£w(Sœmmerring), v. Azygon (Sylvius). Veine prélombothoracique ( Chaussier ).

• (3) De locis affectis. — De dissect. Venar. et arter., c. 2. —in

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