SIR LES OI.IGOCHÈTÊS
de ces vers ', tableau dans lequel il résume tous les travaux de ses prédécesseurs. Dans l'ouvrage auquel je fais allusion, M. Grube divise les Oligocbèlesendeux familles, celle des Naïdines et celle des Lombricinées. Mais, comme je l'ai fait remarquer ailleurs2, cette division est arbitraire. Elle est basée sur l'absence de coloration du sang, la simplicité du système circulatoire, la fréquence des soies capillaires, la simplicité relative des organes générateurs, la reproduction par bourgeons, caractères qui sont supposés appartenir aux Naïdines à l'exclusion des Lombricinées. Or, une grande partie des animaux, classés par M. Grube parmi les Naïdines, ne participent, en réalité, à aucun de ces caractères. Les Clilellio et lesTubifex (Saenuris) ont le sang rouge. Ni les Enchytraeus, ni les Clilellio n'ont de soies capillaires. Le système circulatoire de plusieurs genres de Naïdines est, comme je le montrerai plus loin, beaucoup moins simple qu'on ne se le figure d'ordinaire. Il est, dans tous les cas, souvent aussi compliqué que celui desLombricules et sans doute d'autres genres encore, classés par M. Grube parmi les Lombricinées. La reproduction gemmipare fait défaut aux Clilellio, aux Tubifex, aux Enchytraeus. Enfin, il n'est point exact que les organes reproducteurs des Naïdines soient très-différents de ceux des Lombricinées, si l'on conservedu moins à ce dernier terme le sens que lui donne M. Grube. Mais si les deux groupes, établis par M. Grube sous les noms de Lombricinées et de Naïdines, doivent être nécessairement abandonnés, il est, en revancbe, utile de dislinger parmi lesOligocbèles deux familles tout autrement caractérisées et parfaitement bien délimitées. Ces familles, auxquelles je donne les noms à' Oligochètes terricolesel d'Oligochètes litnicoles, seront caractérisées plus exactement à la fin de ce mémoire. La première ne renferme jusqu'ici avec certitude que le genre Lombric, qui devra être, il est vrai, nécessairement subdivisé. Ce sont des vers qui vivent dans la terre, de manière à justifier le nom de terricoles que je leur donne. Un petit nombre seulement habitent dans les lieux bumi-
1 Adolph-Eduard Grube. Die Familier) (1er Anneliden, mit Angabe ihrer Gatturigen und Arien, in-8°. Berlin, 1851, p. 97-106 et p. 1 44-147.
2 Loc. cit. |j. 6.
des au bord des eaux douces. Les Limicoles comprennent un nombre de genres assez considérable , vivant dans la vase des étangs, des rivières et du fond de la mer. Le seul genre Enchytraeus fait exception à ce genre de vie, puisque l'une de ses espèces habite la terre humide des jardins. J'exclus complètement de l'ordre des Oligochètes le genre Capitella, qui doit former avec quelques autres vers un ordre à part parmi les Chétopodes abrancbes.
Jusqu'ici, les différents genres de l'ordre des Oligochètes ont été caractérisés d'une manière très-insuffisante. Ils ont été généralement établis sur la disposition et la conformation des soies. Or, ces caractères, fort dignes d'ailleurs d'être pris en considération, sont loin d'être les meilleurs pour l'établissement de coupes génériques. L'expérience m'a enseigné que la disposition de l'appareil générateur et du système circulatoire ont une importance bien autrement considérable. Je pense donc trouver dans cette disposition des caractères beaucoup plus décisifs, qu'on peut toutefois souvent combiner dans les diagnoses de genres avec les caractères tirés des soies.
Je fais précéder l'examen anatomique des espèces d'un tableau, dans lequel les différents genres sont mieux caractérisés qu'ils ne l'ont été jusqu'ici. Je n'ai pu taire rentrer dans ce tableau que les genres dont j'ai fait moi-même une étude approfondie, et ceux dont les ouvertures génératrices ont été exactement indiquées par d'autres auteurs. Je le restreins d'ailleurs aux Oligochètes limicoles.