‹ Recherches Anatomo-Cliniques Sur Les Rapports Entre L'Évolution Du Corps Jaune Et L'Apparition Des RèglesChapitre 7 sur 29 · OVULATION · texte numérisé non relu

OVULATION

Le follicule adulte arrivé. à maturité va se rompre, une partie en sera expulsée (cumulus proliger), l’autre partie contribuera à former le C. J.

1° PHÉNOMÈNES PRÉCÉDANT LA DÉHISCENCE DE L'OVISAC. — Quand l’ovule est arrivé au terme de sa croissance, ce qui est marqué par l'émission d’un globule polaire, l’ovisac fait saillie à la surface de l'ovaire sons forme d’une vésieule de 12 à‘13 millim. (Schikelé). Sur le pôle libre de Povisac on distingue une tache pâle « stigma » où « macula » qui est le point où l’ovisac se roMpra (nous avons vu qu'à ce niveau la thèque interne fait défaut et que Îles vaisseaux de celle-ci s’y arrêtent et forment la couronne périmaculaire. À Les cellules de la thèque interne se sont développées par mitoses et ont augmenté de volame; elles pénètrent sous forme de bourgeons jusque dans la cavité follieulaire. Les cellules de la granulosa dégénèrent et se charvent d’un pigment Jaune (la lutéine » et bientôt on les confondra avee les éléments de la thèque interne qui, eux aussi, vont se charger de Intéine.

Enfin, l’ovisac se sépare du cumulus prohger.

2° DÉHISCENCE De L'ovisac. — L’ovisac se rompt: les causes de cette rupture paraissent être multiples:

Fate

a) Augmentation du liquor folliculi (Rindfleisch, Sobotta) ;

b) Accumulation des cellules à lutéine dans la cavité de l’ovisae;

C) Congestion de vaisseaux oFariques faisant augmenter la tension de l’ovisac; :

d) Arrêt de nutrition et usure de la paroi de l’ovisac en Sa Zone maculaire par pression contre la paroi ovarique (Gley).

L’orifice de rupture est tantôt linéaire ou curviligne, tantôt étoilé (en triastre), formant une crevasse de 3 à 5 imillimètres de'long et à bords libres (Schikelé. Nous avons souvent retrouvé cette disposition dans nos observations).

Par l’orifice de rupture s’échappent le liquor folliculi, le disque proliger, l’evocyte mûr et une partie de la granulosa. Toute cette masse cellulaire ainsi expulsée s'étale à la surface de l’ovaire, elle renferme l’ovocyte en première mitose de maturation.

Le tractus épithéal, qui est un fragment en ectropion de la granulosa, se divise bientôt en deux parties: une distale qui, plus étendue, va émigrer avec l’ovule et une proximale qui fait un peu saillie à la surface de l’ovaire et ferme l’ouverture du follicule rompu.

L'ouverture felliculaire se rétrécit bientôt. Une hémorragie s'écoule dans la cavité vide du follicule, elle provient des vaisseaux de la thèque. La rétractien de la paroi de l’ovisac rétrécit l'ouverture et étrangle le tampon épithélial qui l’cccuype ; cet étranglement progresse par prolifération des éléments en bordure de l’orifice de déhis-

cence.

L'ovule, avec les débris épithéliaux grâce aux cils développés sur le revêtement ovarique et sur le péritoine

OR. À: pie {ubo-ovarique est dirigé vers l’orifice tubaire et de là, dans les cavités tubaire puis utérine.

3° Læ corps JAUNE. — A. FoRMATION. — Aussitôt après ja déhiscence du follicule, la cavité folliculaire mesure 18 à 25 millim. de diamètre, elle est remplie de sang qui bave plus ou moins à l’extérieur par l’orifice de rupture. Lovisac peut garder sa forme ronde ou ovale, mais le plus souvent il est effondré, sa surface affaissée fait plus ou moins inversion dans la cavité et prend un aspect ondulé.

L'examen microscopique de la paroi de l’ovisac rompu,

présente :

a). De demi heure à une heure et demie après la déhiscence. — À la périphérie, séparant l’ovisae du stroma,

une couche de fibres conjonctives et de vaisseaux dilatés d’où partent des prolongements conjonctivo-vasculaires s’insinuant dans les replis de la paroi que nous avons signalé plus haut et d’où partiront des ramifications conjonctives et conjonctivo-vasculaires qui s insinueront dans la basale, ainsi que nous le verrons tout à l’heure. Au-dessous de cette couche conjonctivo-vasculaire appartenant à la thèque externe, se trouve la couche basale formée de cinq à huit rangs de cellules polyédriques de : 6 à 8 a disposées radiairement. Les plus externes de ces cellules sont volumineuses et quelques-unes se chargent de graisse. H existe souvent entre la couche basale et les: cellules sous-jacentes de la granuleuse, une zone de désagrégation apparente mais qui est en réalité formée par des prolongements du protoplasme des cellules basales qui s’enfoncent dans les assises profondes de la granulosa; du reste, comme le fait remarquer Schikelé, toutes les cellules sont en parfait état de vitalité. On ne trouve ni mitoses, ni karyokinèse dans les cellules folliculeuses.

nids La cavité folliculaire tend à être limitée par des cellules fusiformes conjonctives disposées en strates. , Ba cavité contient des globules rouges et des leucocytes. b) Quatre ou cinq heures après la déhiscence. — Les lèvres de l’orifice de rupture ne se sont pas encore soudées. A ja coupe, la cavité saigne assez fortement; on constate un début d'organisation du sang en: eaïllot qui adhère à la paroi folliculaire. | LE ‘Au microscope: les cellules de la granulosa commencent à prendre l’aspect des cellules de la basale. Un certain nombre de cellules de la tlèque interne demeurent en place et deviennent des cellules à lutéine; les autres prolifèrent activement, se multiplient par mitose et traversant la vitrée envahissent la granulosa, s’y invaginant avec de fins vaisseaux. L Des formations vaseulo-conjonctives provenant de la thèque externe et situées dans les replis de la paroi folliculaire, partent des lamelles conjonctives et conjonctivo-’ vasculaires. Ces lamelles conjonctives s’insinuent entre

les cellules de la thèque interne et vont se réunir aux la-

melles conjonctives des tractus vasculo-conjonctifs voisins. Ces cellules conjonctives proviendraient aussi des travées conjonctives de la thèque interne et des leucocy-

‘tes diapédésés. Les cellules interstitielles de la thèque in-

terne se trouvent de ce fait disposées en un grand nombre de faisceaux radiés, séparés par: des espaces conjonctifs.

Les cellules de ces faisceaux sont volumineuses, atteienant 18 à 20 w , elles sont à type épithélial.

Petit à petit, avec les cellules conjonctives divisant les cellules basales, des bourgeons vaso-formatifs issus des

capillaires s’insinuent à leur tour entre les cellules de la

- thèque interne et des lamelles conjonetives plus minces

partant dé ces bourgeons et allant se réunir à d’autres

bourgéons achèveront la division de toutes les cellules de la basale en faisceaux radiaires.

B. Périong p’érar. — A cette période qui aurait lieu une dizaine de jours après la ponte ovulaire pour Villemin, le C. J. est porté par un ovaire. congestionné et aug- menté de volume. Il apparaît comme une tache rouge foncée plus où moins ulcérée, entourée d’une zone rouge vif … parsemée de points jaunâtres.

A la coupe, on constate que ce C. J. est enclavé dans le

issu ovarien; il présénte deux parties: une centrale rouge et molle, le caillot et une périphérique où « enveloppe » rougeûtre, s’écrasant facilement, mesurant 3 à 4 millimètres d’épaisseur. Le C. J. à la période d’état est aplati dans le sens de l’ovaire, il mesure de 16 à 20 mm. de long, 14 à 18 mm. de large et 8 à 12 mm. de haut.

L'examen microscopique montre: à la périphérie, une membrane d’enveloppe formée de deux à trois couches de cellules conjonctives et doublée extérieurement d’une couche conjonctivo-vasculaire envoyant des prolongements radiaires traversant la membrane d’enveloppe et allant. dans la couche des cellules à lutéine.

Sous cette enveloppe se trouvent les cellules propres du C. J. ou « cellules épithéliales du C. J. » où « cellules à lutéine ». Elles sont polvédriques et mesurent de 20 à 30 u de dianfre. Le noyau se trouve généialement à un rôle de la cellule, il est clair, volumineux, parsemé de filaments ou de granulations de chromatine, il possède un où plus généralement deux nuclécles. Le protoplasma entourant le noyau ou € endoplasme » est plus dense que le protoplasma périphérique où « exogtasme ». Le protoplasma’ contient des granulations qui se cclorent diversement par les réactifs et de petites boules graisseuses orientées pa-

Lot.

rallèlement aux granulations; elles sont surtout denses à la périphérie. Van der Stricht, Rabl, Paladino et Bouin ont décrit des figures de karyokinèse dans ces cellules épithéliales chez la femmé. Ce fait a été nié par Sobotta, Honoré, Cohn, Kreiss et Prenant.

Les cellules du C. J. sont disposées radiairement en Loyaux qui sont séparés soit par du tissu conjonctif, soit par des formations vaso-conjonctives, soit même par de petits lacs sanguins ayant un contact plus ou moins in-

time avec les cellules épithéliales.

Les cellules lutéiniques du C. J. à la périsde d’état

montrent tous les signes caractérisant une activité sécré-

toire. k Le C. J. à la période d'état présente cet aspect pendant einq à six Jours. | Cette histogénèse du C. J. est due aux travaux de Sobotta, confirmés par Cornil pour la renmie et par de noïmbreux auteurs pour les animaux.

Les C. J. des animaux présentent des caractères mi-

«roscopiques identiques mais ils sont moins enclavés dans

l’ovaire, sont plus arrondis et leurs dimensions sont très

variable suivant les espèces animales.

c) PéRIODE DE RÉGRESSION. — Cette période a lieu treize à seize jours après la up du follicule s’il n’y a pas

fécondation.

La congestion ovarienne ie et disparaît peu à peu; le volume du C. J. régresse considérablement: queldues jours après cette période il atteint à peine la moitié

de son volume primitif. Petit à petit, le C. J. paraît s’en-

foncer dans le tissu ovarien qui l’englobera bientôt en entier et c’est à peine si une douzaine de jours après le début de cette période, on distinguera sur l'ovaire une

petite zone rougeâtre,

À la coupe, on constate une rétraction du caillot et un amincissement de la paroi glandulaire qui devient plus ferme et plus jaune. Par la suite, le C. J. ne formera plus qu'une tache de 4 à 5 mm. située en plein tissu ovarien et dépourvue de cavité centrale. Enfin beaucoup plus tard le C. J. me sera plus qu’une petite formation blanchâtre se détachant à peine sur une coupe de l’ovaire, c’est le (« corpus albicans ».

Microscopiquement, on constaté un: épaississement des travées intercellulaires, les capillaires sont comme étouffés par le tissu conjonctif, ils s’aplatissent et s’effacent, les cellules épithéliales diminuent progressivement de volume, leur noyau n’est plus aussi régulier, les granulations et les filaments disparaissent ; le protoplasma devient uniformément elair et on n’y retrouve plus de granulations graisseuses. Des oct nombreux infiltrent tout l’organe et phagocytent les cellules en nécrobiose.

Le caiïillot sanguin se transforme en tissu fibreux ana- Jogue à un tissu de cicatrice; ce tissu fibreux du caillot se confondra bientôt avec celui qui enserre les cellules et .la paroi et une douzaine de jours après le début de la régression tout le C. J. est un bloc de tissu fibreux où de-ci, de-là, subsistent encore des cellules épithéliales en dégénérescenée hyaline. Enfin bien plus tard, tout l’o1 gane sera un bloc fibreux à coloration jaune rouge.

Quand la fécondation a lieu, le C. J. ne régresse pas; à cette période, il va constituer le & ©. J. de grossesse », ou vrai C.J.» par opposition au « C. J. périodique » ou « faux C. J. » des anciens auteurs. Beigel, Sobotta, Rabl et Kreiss ont montré que contrairement à ce que l’on croyait avant, le ©. J. périodique et le C. J. de grossesse sont identiques quant à leur mstologie, seules leurs durées d'évolution diffèrent; alors qu’elle n’est que de 25 à 30

RCE

= Jours pour le C. J. périodique, elle dure toute la durée de la gestation pour le C. J. de grossesse avec période d’état vers le quatrième mois de gestation.

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