DE LA VINGT ET UNIÈME A LA TRENTIÈME DYNASTIE
ETHNOGÉNIE ET ETHNOGRAPHIE
Le centre de gravité politique de Egypte, qui après la chute de Fancien Empire avait été reporté au sud, vers Thèbes, par la conquête de l'Ethiopie et le développement de la puissance des Pharaons dans le Soudan, remonta peu à peu vers le nord. Tanis, 3ubaste et Saïs se disputèrent le pouvoir avec des chances à peu près égales, et devinrent, our à tour, villes royales.
Thèbes était capitale de l'Egypte par habitude, et quand Herihor voulut substituer ’autorité des prêtres d’Ammon aux descendants de Ramsès IIT, les cités du nord protesèrent. Ce ne fut pas sans difficulté que Si-Menton parvint à se faire reconnaître par tout es pays, et ses successeurs eurent à lutter contre des résistances perpétuelles. L’Ethiopie, rop éloignée du Delta, résista et se rendit indépendante. Les Pharaons, usés par la lutte, en furent bientôt réduits à rechercher l’appui des peuples voisins, à marier leurs illes aux rois juifs, ou leurs fils à des princesses cananéennes. A l’ouest du Delta, pays voisin de la Libye, les Matsiou, les Mashouasha étaient devenus de plus en plus nombreux, et tandis que les Sémites devenaient peu à peu agriculteurs, lettrés, prêtres ou marchands, les tribus libyennes, restées guerrières, constituaient le fonds de l’armée égyptienne et sa force principale. Ces Matsiou étaient devenus des mercenaires par droit iéréditaire. Ils étaient campés en Egypte depuis plus de deux mille ans, mais ils ne s’étaient jamais installés. Les chefs libyens finirent par se rendre à peu près indépendants de leur suzerain : les uns s’appuyèrent sur leurs soldats pour arriver au trône, les autres
référèrent user de leur influence pour maintenir le pays dans une certaine anarchie
1 J.-F.-A. Perrot, Essai sur les momies, in-8, Nimes, 1844.
L'Ecypre. 12
qui devait l’amener à la ruine. Dès la fin de la XXI° dynastie, l'Egypte se trouvait en proie aux étrangers : elle n’eut plus d’autres maitres que ceux qu’il leur plut de lui infliger. Il parait certain toutefois que, durant la XXI dynastie, alors que le pouvoir était, dans le Delta, aux mains des rois Tinites, une autre dynastie, celle des grands êtres d’Ammon, régnait concurremment dans la Haute-Egypte. Ce furent eux qui construisirent la fameuse cachette de Déir el-Bahari pour soustraire au pillage les momies es plus riches et les plus célèbres des trois dynasties précédentes, qu’on ne se faisait aucun scrupule de voler. C’est toujours en s'appuyant sur les influences libyennes et surtout sémites que Hor Psioukha-Meïamou se maintint sur le trône, et que s'établit a XXIF dynastie avec Sheshonq. Celui-ci, d’origine syrienne, bien que fixé depuis long
emps à Bubaste, tout en rendant hommage à Ammon-—Ra et à Isis, n’avait jamais oublié ses propres divinités, et il faisait acheter en Palestine des esclaves pour honorer Nimroud à ance et
la mode de ses ancêtres. Malgré cela, il sut pourtant ramener les petits chefs à l’obéi
réunir l’Egypte sous un même sceptre, excepté toutefois les princes d’Ethiopie. Sa politique ut plus heureuse en Syrie, où il sut se servir des dissensions intestines auxquelles était en
proie le pays. Ilouvrit l’accès de Egypte aux mécontents du royaume de Salomon. Puis, au ’empara de Jérusalem, et enleve
isme des Dix Tribus il envahit la Judée,
moment du sc es trésors amassés par Salomon. Mais cette expédition heureuse ne suffit pas pour enrayer a décadence irrémédiable, et avec ce souverain prirent fin les expéditions lointaines. Cette dynastie et la suivante, qui fut de courte durée, s’éteignirent sans gloire. La XXIV°, d’origine saïte, eut Tafnakhet pour premier roi. À peine installé sur e trône, et à peine avait—il achevé de soumettre le pays tout entier, que quelques-uns des etits princes qui étaient devenus nominalement ses vassaux appelèrent les Ethiopiens, c’est-à-dire les Egyptiens qui étaient allés fonder un empire dans le Soudan et la Haute-Nubie. Ceux-ci accoururent, ayant à leur tête Piankhi, et conquirent rapidement oute l'Egypte; mais la mort de leur chef vint bientôt mettre un terme à leurs succès. Son successeur Kaschto, fut obligé de retourner en Ethiopie, laissant le champ libre à Tafnakhet, qui reprit sa puissance première et la conserva jusqu'à sa mort. Son fils,
Bokenranef, régna sur la Basse-Egypte: mais ses projets ambitieux excitèrent la jalousie des autres puissances et attirèrent une seconde invasion des Ethiopiens. Le vainqueur Sabaka, le Sabacon des Grecs, prit Bokenranef, le fit brûler vif et conquit tout le Delta. Sabaka, le fondateur de la XXIVe dynastie, mit tous ses soins à réorganiser l'Egypte, et fut aidé dans cette tâche par le concours de la reine Améniristis. Bientôt il conclut une alliance avec lés rois de Juda et les Philistins, puis tenta en vain de s’opposer à la conquête de la Syrie par Sargon. Sa défaite fut le signal d’un mouvement
général de toute la Basse-Egypte contre les Ethiopiens, qui durent se replier vers le sud, non sans espoir de retour. Sous le règne de son successeur, Egypte fut à plusieurs reprises envahie par les Assyriens, qu’eurent à repousser les premiers rois de la XX VIe dynastie. Psametik, le fondateur de cette dernière, eut recours aux merce— naires grecs pour chasser à la fois les Assyriens dans le nord et les Ethiopiens dans le sud.
Maitre enfin de l'Egypte tout entière, il songea à fermer les plaies causées par la guerre et les invasions, et sachant utiliser les aptitudes des Grecs auxquels il avait ouvert le , il parvint, ainsi que ses successeurs, à restaurer le commerce et le culte des arts.
PÉRIODE SAITE 91
C’est ainsi que la XXVI° dynastie a été appelée la Renaissance saïte, la dernière qu’ait tentée l’art égyptien avant de disparaitre définitivement. C’est sous le règne de lun des derniers rois de cette dynastie que Saïs devint ce qu'avait été Thèbes sous les XVIIE et XIX® dynasties. Psametik III, son successeur, disparut en face de l’invasion de Cambyse, fils de Cyrus, roi des Perses, qui vint ruiner l'Egypte encore une fois.
La XX VII* dynastie vit tout entière la domination perse. Après Cambyse, dont le règne ne fut guère marqué que par une suite de folies et de crimes, Darius tâcha, autant qu’il le put, de réparer les fautes de son prédécesseur. Les règnes de Xerxès [°, d’Artaxerxès [*, ainsi que celui de Darius IT, présentent peu d'intérêt, si ce n’est que les Egyptiens réussirent, sous ce dernier roi, à s’affranchir du joug de l'étranger. La XXVIII et la XXIX° dynastie, qui ne comptèrent que trois pharaons, furent assez obscures. La XXX° dynastie, originaire de Sebennytos, vit définitivement la chute de l'empire égyptien avec Nectanebo, le dernier anneau de cette longue chaîne qui commence à Menès. La XXXI dynastie fut persane, et ne dura que jusqu'à la défaite de Darius II par Alexandre qui établit en Orient la prépondérance de la race grecque. C’est ainsi que prit fin l'antique empire égyptien.
NÉCROPOLES
On a continué durant la période saïte d’inhumer dans les hypogées, et souvent les
momies y ont été superposées à celles de la période thébaine. Aussi se trouve—t-on parfois embarrassé pour reconnaitre leur ancienneté relative, le mode d’embaumement n’ayant pas changé, au moins pendant la première partie de la période saïte. Mais bientôt des hypo— gées spéciaux furent creusés, et l’on peut constater qu’ils diffèrent quelque peu de ceux de la période précédente. Tels sont ceux, par exemple, d’EL Asasif à Thèbes où la plupartne remontent pas au delà de la XXV° dynastie. Ces hypogées, auxquels on accède générale ment par des puits ou des plans inclinés, comme à ceux de la période thébame, sont précédés d’une grande cour rectangulaire creusée dans le roc, à 2 ou 3 mètres de profondeur. Ces cours de 25 à 30 mètres de longueur sur 15 à 20 mètres de largeur, étaient
entourées d’un mur de pierre ou de brique. Mais à côté de ces hypogées ont été creusées
de simples galeries avec ou sans chambres terminales. Le plus important des grands
hypogées d'E if, et appartenant à la XXVI° dynastie, est celui de Peteamenôpe,
haut fonctionnaire thébain de cette époque. Les dimensions de ce tombeau dépassent poq
celles des tombeaux des rois de Biban el-Molouk. Cet hypogée a une longueur de 263 mètres et une superficie totale de 2.066 mètres carrés, et plus encore avec les chambres à puits. Ses murs sont couverts d’inscriptions et
de représentations en relief travaillées avec soin, malheureusement très dégradées aujour—
d’hui, et toutes ayant trait à la vie posthume. La visite de cet hypogée est rendue très difficile par la présence d’une quantité de chauves-souris telle qu’elles éteignent à chaque instant les lumières en volant, et, de plus, leur odeur est si forte que peu de personnes sont
en état de la supporter.
MORPHOLOGIE ET ANTHROPOMÉTRIE
D'APRÈS LES MOMIES
Les matériaux pouvant servir actuellement à lélude de la morphologie des Egyp— tiens de la période saïte sont fort nombreux, surtout dans les hypogées populaires de la XX VIe à la XXX° dynastie. On ne possède pas, il est vrai, de cette période, comme de la précédente, un aussi grand nombre de momies de personnages dont l'identité et, par suite, l’ancienneté soient certaines, mais les séries populaires, qui ne sont composées que d’anonymes, présentent, en revanche, un plus grand intérêt au point de vue de la con— naissance du type de la population à cette époque. On a vu précédemment que les monarques étaient souvent d’origine étrangère, ou contractaient, comme ceux de nos jours, des alliances avec les princes ou princesses de races différentes.
Anhapou, reine de la XXI dynastie. — La momie de cette princesse était fortement imbibée de bitume, et fortement recouverte de bandelettes solidement collées les
unes aux autres. Aussi, n’est-ce pas sans difficulté que j’ai pu Pétudier. Elle présente une tête courte et surbaissée. Son diamètre antéro-postérieur est de 180 millimètres, et son diamètre transverse de 141 millimètres. La hauteur auriculo-bregmatique n’est que de
118 millimètres. Son indice céphalique, longueur-largeur, est de 78,33; ceux de la
hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 65,55 et 83,68. La face est moyenne-
ment large. Son diamètre bi-zygomatique est de 134 et son diamètre ophrio-mentonnier
de 148. Son indice facial est de 90,53. Les veux sont assez rapprochés : 28 millimètres
seulement les séparent. Le diamètre bi-palpébral externe est de 104. L'indice bi-palpé-
bral est de 26,92. Le nez est moyen, sa longueur est de 50 et sa largeur de 34. L'indice
nasal est de 68. La taille est petite. Elle n’atteint que 147.
Tiouhator Hantlooui, reine de la XXF dynastie. — Ce personnage, que lon
croit être la femme du grand prêtre Pinotmou L*, est en excellent état de conservation.
Comme celle d'Anhapou, cette momie est encore complètement enveloppée de ses bande—
lettes, et sa tête est couverte d’une résille. Elle n’a pu être étudiée qu'avec une certaine ?
difficulté, d'autant plus qu’il n’était pas possible de la sorti: de son sarcophage. La tête
n’est pas plus longue que la précédente, mais elle est plus étroite. Son diamètre antéro—
postérieur est de 180 millimètres, et le tranverse de 135. Sa hauteur auriculo-bregma— tique est de 120. L'indice céphalique, longueur-largeur, est de 74,99, et les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur de 66,66 et 88,88. La face est assez courte. Son indice est de 110,29. Le diamètre ophrio-mentonnier n’est que de 150 et le diamètre bi-zygomatique de 136. Les veux sont assez rapprochés, 26 millimètres seulement les séparent. Mais le diamètre bi-palpébral externe est de 106. L'indice bi-palpébral est de 24,52 de 28 millimètres. L'indice est de 65,11. La taille atteint 1"60.
Nesitanebashrou, princesse royale de la XXIE dynastie. — Cette princesse a
. Le nez est court, il n’a que 43 millimètres de longueur, avec une largeur
été soigneusement embaumée au bitume. D’après une inscription de son sarcophage, en partie effacée, elle serait la fille de Nesi Khonsou et de Pinotmou Il. La tête est peu élevée, son diamètre antéro-postérieur est de 185 et son diamètre transverse de 138 milli—
PÉRIODE SAITE 93
mètres. La hauteur auriculo-bregmatique est de 118 millimètres. L'indice céphalique, longueur-larseur, est de 74,59; les indices de hauteur-largeur et de hauteur-longueur sont 63,78 et 85,50. La face est courte. Son indice est de 107,35. Le diamètre ophrio—
mentonnier est de 140 et le bi-zygomatique de 136 millimètres. Les yeux sont plus
écartés que chez les momies précédentes, 30 millimètres les séparent. Le diamètre bi-palpébral externe est, en revanche, plus étroit, il ne présente que 102 millimètres. L’mdice bi-palpébral est de 29,41. La longueur du nez est de 57 millimètres; la largeur de 33. L'indice nasal est de 57,85. La taille de cette princesse est élevée, car elle atteint 1"75. Toutes ces momies proviennent de Déir el-Bahari et sont conservées au musée de Gizèh.
Hori, prophète de Menton de la XXTI° dynastie. — Ce personnage serait le fils de Roui, seigneur de Thèbes. Sa momie fait partie de la collection que Mariette a envoyée autrefois au Muséum de Paris. Elle provient de Thèbes, ainsi que les deux suivantes, mais on possède peu de renseignements sur les circonstances de leur découverte. Cette momie parait avoir été préparée exclusivement au bitume, dont elle est complètement imprégnée. Elle a été entièrement dépouillée de ses bandelettes, et n’a conservé aucune trace de cheveux ni de barbe. Les bras sont allongés le long du corps et les mains reposent sur
les cuis
es. Seule, l'ouverture rituelle du flanc gauche est apparente. La tête est longue et surbaissée. Le diamètre antéro-postérieur est de 185, et le jamètre transverse de 136. La hauteur auriculo-bregmatique est de 118. Son indice de
longueur-largeur est de 73,51. Les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont
de 63,78 et 86,76. La face est peu large, avec un diamètre bi-zygomatique de 145, et un
iamètre ophrio-mentonnier de 128. Son indice est de 88,27.
Les yeux sont séparés par 23 millimètres seulement. Le diamètre bi-palpébral externe est de 95. L'indice bi-palpébral est de 24,21. Les yeux sont couverts d’une plaque d’émail blanchâtre. Le nez est long, avec un indice de 57,14. Sa hauteur est de 52 millimètres et sa largeur de 32. La taille est élevée : elle atteint 1"76.
Neit Seken, prètresse de lu A XTI° dynastie. — La momie de cette femme, qui
d’après les indications de Mariette, serait la fille du prophète Hor:i, est assez bien conservée.
Elle ne parait pas avoir été préparée au bitume, mais seulement au bain de natron, puis
desséchée. Elle a été complètement dépouillée de ses bandelettes. Sa chevelure, abondante, est rougeâtre comme la plupart de celles des momies. Les bras sont étendus le long du corps. La tête est plus courte que celle du personnage précédent. Son indice de longueur—
larseur est de 76,83. Ses diamètres antéro-postérieur et transverse sont de 177 et de 136. Celui de hauteur est de 117. Ses indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont
de 66,63 et de 86,03. L’indice de la face est de 89,07. Le globe oculaire est remplacé par de l'émail grisàtre. Les yeux ne sont séparés que par 22 millimètres et le diamètre bi palpébral externe est de 96. L'indice bi-palpébral est de 22,91. Le nez présente un imdice
de 53,36. Sa longueur est de 52 et sa largeur de 28 millimètres. La taille de cette
prêtresse est également élevée, elle atteint 1°72.
Roui, seigneur de Thèbes de la XXIT° dynastie. — Cette momie a été préparée au bain de bitume ; elle est tout à fait dépouillée de ses bandelettes. Ses bras sont étendus le long du corps; la main gauche repose sur la cuisse et la main droite sur le ventre. Seule, l’ouverture du flanc gauche est apparente. Les cheveux ont en partie disparu. La tête,
moyennement longue, présente un indice de 75,55. Son diamètre antéro-postérieur est de 180 et son diamètre transverse de 137. Sa hauteur auriculo-bregmatique est de 120. Ses indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 66,66 et de 87,50. La face, un peu plus courte que chez les précédents, présente un indice de 86,89. Le diamètre ophrio-mentonnier est de 145 et le diamètre bi-zygomatique de 126. Les yeux présentent les mêmes caractères que les précédents, et ne diffèrent dans leur diamètre que par une ou deux unités. Le nez est plus court, il ne mesure que 48 millimètres de longueur et 26 de largeur. Son indice est de 54,17. Sa taille atteint 1"76.
Prêtres d’Ammon de la XX1I° dynastie. — Les momies de ces personnages ont été trouvées en 1891 à Déir el-Bahari par M. Grébaut. Cette découverte doit être
considérée comme un complément de celle que M. Maspero fit des momies royales, presque
à la même place, dix ans auparavant. Parmi les individus ensevelis dans ces deux cachettes, il en est qui sont peut-être parents au premier degré, mais cela reste à démontrer. Dans
tous les cas, ces deux dépôts sont contemporains, et ils ont été accomplis par les prêtres d’Ammon de cette époque. Le nombre de ces momies de prêtres et de prêtresses découvertes à Déir el-Bahari s'élevait à soixante-quinze, mais je n’ai pu en étudier que rant trouvé sur ces momies aucune indication précise
quatorze (neuf © et cinq ®). N°
relative à leur identité individuelle, je les grouperai ici comme des anonymes, en deux catégories suivant les sexes. Elles diffèrent peu d’aspect. La plupart paraissent avoir été
embaumées au moyen du natron, et le bitume ne semble avoir été qu’exceptionnellement employé à la surface. Tous ces individus ont encore leurs cheveux, qui passent du blanc au jaune et au rouge clair. Les corps sont restés pour la plupart emmaillotés. Leur âge varie de quarante à soixante ans. M. le D' Fouquet du Caire, qui a pu étudier cette série de momies au moment de leur découverte, a fait connaitre des détails curieux sur leur embaumement'. Voici un extrait du mémoire de ce savant :
« Une momie bien conservée des prêtres d’Ammon, quand on l’a privée de toutes ses bandelettes et des deux couches de bitume qui l’enfermaient, comme en deux caisses étanches (si opération avait été correctement conduite), apparait avec les jambes éten— dues et rapprochées parallèlement, les bras ramenés le long du corps ou légèrement croisés au-dessus du pubis. La peau est partout lisse et propre, absolument rasée, seuls
la barbe, les cheveux, les sourcils et les cils sont conservés. La bouche, les narines, les
yeux et les oreilles sont recouverts d’une couche de cire vierge hermétiquement collée, saupoudrée de résine de cèdre. Sous la cire, la bouche close, cache les dents, les lèvres sont teintes en rouge, noirei par le temps, mais encore reconnaissable.
« Les sourcils sont peints, les paupières souvent ornées de kheul, le visage fardé ainsi que les pieds et les mains et quelquefois même tout le corps, qui le plus souvent, a gardé une partie des formes replètes qu’il avait pendant la vie. Seuls les seins, chez les femmes, sont très aplatis et fortement appliqués sur le thorax.
« Le cou, relativement maigre, parait plus maigre encore à côté de la figure forte ment distendue.
« Sous les paupières mi-closes et bombées comme si l'œil existait encore avec sa forme,
1 Note pour servir à l'histoire de l'embaumement en Egypte, Institut Egyptien, mars 1896.
PÉRIODE SAITE Éa
se trouve une boulette de chiffon sur lequel le dessin de l'iris est grossièrement représenté.
« Les narines, quand on les débouche, laissent voir le chemin par lequel un crochet, traversant l’ethmoïde, a permis, grâce à un courant d’eau, d'extraire la matière cérébrale suivant l’usage, qu’à de rares exceptions près on observe à toutes les époques. Les bras, les jambes, les mains, l’abdomen ont un embonpoint moyen, celui du corps privé de son tissu adipeux. La peau est sèche, cassante, elle conserve son grain et même sa couleur d’un blanc jaunâtre.
« La plaie classique du flanc gauche, souvent recouverte par un owdja en cire, laisse entrevoir en dessous une poudre grise (voir analyse n° 1), tantôt sans mélange, tantôt
mêlée à des débris de linge et à des poudres aromatiques.
« Les bras et les jambes n’ont en général aucune souplesse et craquent sous le moindre effort. Lorsque la couche de bitume n’était pas complète, et généralement la partie postérieure du corps en était dépourvue, les insectes nécrophores, dermestes, corynetes, rufipes et autres, pénétraient les couches de bandelettes dévoraient les tissus ne laissant que le squelette entouré de sa couche de limon mêlé aux débris de larves. les tissus ont gardé
Au contraire, dans les momies irréprochablement façonnées,
leur couleur, les éléments anatomiques sont encore très reconnaissables. Quelques-uns de ces tissus et les linges qui les touchaient ont pu fournir au professeur Lacassagne, à qui je les ai envoyés à Lyon, la réaction de l’hémoglobine caractéristique des taches de sang.
« Un fragment de peau d’une autre momie a permis à l’éminent médecin légiste
d'affirmer que la mort du sujet avait été causée par l'immersion et que le cadavre avait
dù séjourner plus de quinze jours dans Peau. Ces curieuses constatations permettent de se rendre compte du degré de conservation de pareilles momies.
« L’abdomen contient, au milieu de la poudre grise, les viscères enroulés, après avoir été traités par le bain de natron, autour de statuettes en cire à tête d’homme, de chacal, d’épervier et de eynocéphale qui remplacent les vases canopes des époques anté— rieures. Le cou, les bras, les jambes sont bourrés de la même composition que le ventre, mais on n’y trouve jamais de débris végétaux. La peau, avec une faible partie du tissu cellulaire, ne contient plus, à part le squelette, que les tendons auxquels adhèrent à pee quelques faisceaux musculaires. Tout le reste a été arraché, lacéré, détruit et remplacé
par du limon desséché, dont la peau est remplie de façon à rappeler la forme du corps.
« On comprend aisément que, pour bourrer ainsi le corps d’une façon régulière après lavoir privé de ses masses masculaires, il fallait des incisions multiples.
« L'examen sommaire des pièces intactes ne permet pas de reconnaitre, sans dissec— tion, où elles étaient placées. Le taricheute les faisait habilement en tranchant la peau en biseau, ce qui permettait de fermer hermétiquement les lèvres des plaies et de les dissi—
muler dans les plis. J’en ai toujours trouvé une à chaque bras et à chaque avant-bras, une pour chaque cuisse et pour chaque jambe, total pour les membres, huit, à la partie latéro—interne. Une de chaque côté de la bouche pour diviser les commissures et permettre de rembourrer les joues, deux dans l’intérieur de la bouche, le long des bords internes du
maxillaire inférieur pour bourrer un peu le cou sans l’endommager. Si lon ajoute à ces douze incisions la perforation de l'ethmoïde, l'ablation des yeux et l'ouverture du flanc gauche pour extraire les viscères, nous arrivons à seize ouvertures. La dix-septième,
siégeant dans le dos et signalée par le papyrus Rind, m’a paru manquer le plus souvent, mais je lai trouvée deux fois, d’une manière très évidente, elle était longitudinale et siégeait à la partie inférieure du sacrum, permettant d'extraire de chaque côté les masses charnues que lon ne rembourrait pas, car tout ce qui ne devait pas être apparent était systématique ment néglioé par les embaumeurs et les saillies inopportunes eussent nécessité, pour éga— liser les formes de la momie, de volumineuses compresses de linge qu'on se dispensait volontiers d’employer.
« Le seul point de mes observations qui s’écarte du texte porte sur les ouvertures de la poitrine. Je n’en ai trouvé aucune où le papyrus en décrit quatre. Etaient-elles internes comme celles de la cavité buccale ? La chose n’est pas sans apparence de fondement, car il s'agirait alors des viscères répondant aux quatre statuettes dont j'ai parlé plus haut. Les momies des prêtres auraient alors quatre incisions supplémentaires, celles des
avant-bras et des jambes, qui devaient singulièrement faciliter la tâche de l’ouvrier chargé arracher les muscles.
« Toutes les momies des prêtres d’Ammon n'étaient pas aussi soignées que celle qui vient d’être décrite; souvent avec un bourrage sommaire de la cavité abdominale, la pou= dre était placée sur les premières couches de bandelettes, par conséquent à une petite dis— tance du corps. La couche, épaisse de 2 où 3 centimètres, était parsemée, le plus souvent, de grains d'orge et maintenue en place par un suaire relié avec des bandelettes. Que venait faire l’orge dans l’embaumement ? S'agit-il d’une pratique religieuse ? Je l’ignore et je laisse à ceux qui ont le bonheur de lire les textes le soin d’en trouver un pour expliquer
cette pratique. En attendant, je suppose que ces momies, grossièrement faites (ce sont en
général celles d'enfants), n’inspiraient pas, à la famille, une grande confiance pour leur
conservation. L’orge en germant aurait mdiqué que la momie était menacée de décom— position et qu’il fallait la réparer (analyse n° 2).
« D’autres, plus communes encore, ou peut-être parce qu’il s'agissait d’une mort par maladie contagieuse, ne portent aucune trace des pratiques indiquées plus haut ; seule léviscération aurait été faite, quoique cette règle souffre aussi des exceptions. Le corps, dans ce cas, était recouvert de quelques bandelettes, puis d’une épaisse couche saline recouverte elle-même de bandelettes maintenant un suaire ou deux.
« D’après tous les auteurs, cette troisième forme d’embaumement semble classique pour les pauvres à toutes les époques, mais le fait de l’avoir trouvée pour l’une des momies royales de Déir el-Bahari, celle de anonyme, w'’autorise à conclure que la pau vreté seule n’était pas suffisante pour expliquer Pemploi de ce procédé.
« À quelle époque le bourrage at-il commencé à être pratiqué ? Certainement pas avant la dix-huitième dynastie, il n’était déjà plus courant sous la vingt-troisième ainsi qu’en témoignent les momies de la famille Sex Notems. Il n’en était plus question sous la vingt-sixième dynastie, à l’époque saïte. Je compte revenir ailleurs sur tous ces détails, qui sortent du cadre que j'ai voulu donner à cette note. »
Analyse des produits extraits des momies des prêtres d'Ammon de la XXF dynastie, par H. Gautier, professeur de chimie à l’École de pharmacie de Paris.
N° 1. — Poudre minérale servant à bourrer les momies de la XXT dynastie : « Cette poudre, de couleur grisätre, est en grande partie insoluble dans l’eau.
PÉRIODE SAITE 97
« La partie soluble dans l’eau contient des sulfates, des chlorures, de la soude, de la chaux et du fer. Dans la partie insoluble se trouvent de la silice, de Pacide phosphorique, de l'acide carbonique, de lalumine, de la chaux, du fer.
« La présence simultanée de ces différents éléments, aussi bien que l’aspect de la matière, suffisent à montrer que l’on a affaire à une terre végétale qui n’intervenait que pour diminuer le volume de Pair laissé à intérieur de la momie.
« On s’est borné à déterminer les proportions relatives d’humidité des matières solu—
bles et insolubles : 6 er. 215 ont perdu par la dessiccation 0 gr. 580; le produit desséché traité par l’eau laisse un résidu insoluble de 4 gr, 6045.
« Ces chiffres conduisent aux résultats suivants :
NBA Lee a 5e vod LA. 0 8,07 « Matières insolubles . . . 74,08 « Matières solubles . . . . 17,85 100 »
N° 2. — Poudre minérale b'ouvée sur une momie d'enfant : « Même matière que Jernetiess N° 3, — Pülte recouvrantune momie d'enfant : «Cette pate est presque totalement
soluble dans l'eau ; elle fond sur une lame de platine en charbonnant légèrement. L'alcool bouillant enlève au produit un corps blanc organique, la solution aqueuse de ce corps blanc est précipitée par l’azotate d'argent et ce précipité noircit rapidement quand on le chauffe en présence de l’eau. Cest le sel de potassium d’un acide liquide qui n’a pu être déterminé faute de substance, mais qui provient vraisemblablement de la saponification d’un corps gras.
« La poudre soluble dans l’eau contient de la soude et de la potasse et ne renferme ni magnésie, ni fer; elle précipite par le chlorure de baryum et l’azotate d’argent.
« 19 gr. 659 de ce produit ont perdu à 100° 2 gr. 851 ; le résidu cède à l'alcool chaud 3 gr. 24 ; le nouveau résidu a été divisé en deux parties pour doser le chlore dans une et l'acide sulfurique dans l’autre: en rapportant au poids initial de 19 gr. 659, on a
trouvé 7 gr. 84 de chlorure de sodium et 3 gr. 02 de sulfate de sodium.
« Le résidu insoluble dans l’eau et l’alcool pèse 0 gr. 38, il est formé de matière lieneuse et de carbonate de calcium (0 gr. 27).
« Un dosage d’anhydride carbonique effectué sur 13 gr. 0545 de matière a donné
O gr. 573 : en retranchant ce qui correspond au carbonate de calcium, il reste 0 gr. 194 qui, calculé en carbonate de potassium, donne 1 er. 549.
« Si l’on convertit en centièmes ces différents nombres, on obtient finalement pour la composition de cette pâte :
ONDES OS AR Et ri ED 14,50 « Sel de potassium soluble dans l'alcool . 16,48 CHCNIOLUrelTeR OUTRE RE 35,87 (ASUIAtCITE SOUMET 15,36 < Carbonate de CALCIUM 1797 « Carbonate de potassium . . . . . 11,86 COMENÉTNNIEMERES © 2 2 2 0 0 à 0,56
L'Ecypre. 13
€ Originairement cette pâte était sans doute constituée par un mélange de matières salines riches en chlorure de sodium, de fragments de bois aromatique et de matières
grasses. »
Ces personnages ont la tête assez longue. Leur diamètre antéro-postérieur moyen est de 182, mais leur diamètre transverse est grand, car il mesure en moyenne 140. Ces diamètres diffèrent peu dans les deux sexes. I’indice céphalique moyen longueurlargeur, est de 80,21 pour l’ensemble, et se trouve le même pour les deux sexes également (o 80,51, ? 80,7 type des membres de cette confrérie une homogénéité aussi grande qu’on pourrait se le
). La mise en série de cet indice montre qu’il n'existe pas dans le
figurer. On y voit, en effet, que les extrêmes vont de 74,59 vers la dolichocéphalie jusqu'à 86,11 vers la brachycéphalie.
Le diamètre auriculo-bregmatique, dont la moyenne est de 121 (o 122, & 120) w’atteint souvent pas ce chiffre, car il s’en trouve de 115 et de 418, mais il le dépasse en allant jusqu’à 125 et 128. Les indices moyens de hauteur-longueur et de longueur-largeur sont de 66,48 et de 82,27 (9° 67,13 et 83,56, © 65,93 et 81,63).
Si Pindice céphalique moyen de longueur-largeur diffère peu chez les deux sexes,
il n’en est pas de même pour les indices de hauteur. On voit, en effet, que les hommes ont la tête plus haute que les femmes de plus de deux unités. La face n’est pas longue dans l’ensemble, car l’imdice moyen est de 86,89. Elle est même large chez les femmes (8 , ® 88,11). Cela tient plus à la faiblesse du diamètre bi-zygomatique ( 126, ? 126) qu’à celle du diamètre ophrio-mentonnier (# 147, & 143).
Le diamètre bi-palpébral moyen interne est de 27 et le diamètre bi-palpébral externe
de 92. L'indice bi-palpébral moyen est 29,35. Le nez est long. Son indice moyen est de 60,78 (9° 58,49, © 6 (S 53, ® 48); la largeur étant à peu près la même chez les deux sexes (0° 31, 9 30).
,20). I est plus court chez les femmes que chez les hommes
La taille de ces personnages est peu élevée, car sa moyenne west que de 1"58 (o 1"61, 8 158). En résumé, les prêtres et prêtresses d’Ammon que j'ai étudiés sont mésocé— phales avec une mésofacialie réelle et une mésorhinie touchant à la platirhinie. Leur taille est au-dessous de la moyenne. Il me parait donc difficile d'établir, d’après ces résultats anthropométriques, une parenté étroite entre les prêtres d’'Ammon et les monarques dont on a précédemment exposé les caractères morphologiques. Les prêtres présentent une mésaticéphalie avec un indice moyen de 80,21, tandis que les monarques sont réellement dolichocéphales avec un indice moyen de 75. La face des prêtres est plus allongée que celle des monarques. L/indice facial des premiers est de 86,89, et celui des seconds de 90. L'indice nasal des prêtres est de 60,78, tandis que celui des rois est de 66. La taille enfin des premiers est de 1"58 ; celle des seconds de 1"70.
Pek-chou-su, prêtre d’Anvmon de la XX VF dynastie. — Cette momie est celle d'un vieillard, envoyée autrefois au Muséum de Lyon par Mariette. Elle a été préparée
avec soin au bitume, et ses traits sont bien conservés. Elle est actuellement dépouillée de ses bandelettes et de ses téguments, mais elle a été mesurée avant cette dernière opéra tion. La tête est longue : son indice de longueur-largeur est de 71.81. Son diamètre antéro-postérieur est de 188 et le diamètre transverse de 135: celui de hauteur (auriculo—
PÉRIODE SAITE 99
bregmatique) est de 120. Les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 63,83 et de 88,88. La face est large : son indice est de 107,69 avec un diamètre bizygomatique de 130 et un diamètre ophrio-mentonnier de 140. Les yeux sont séparés par 28 millimètres. Le diamètre bi-palpébral externe est de 104; l'indice bi-palpébral interne est de 26,92. Le nez est court : son indice est de 65,30, sa longueur de 49 et sa largeur de 32. La taille de Pek-chou-su atteint 170.
Hor-son, seigneur memphite de la XX VF dynastie. — La momie de ce personnage envoyée dans son sarcophage au Muséum de Lyon par Grand pacha, provient de Sakkarah. Elle a été préparée au bitume comme les précédentes, et a été dépouillée de ses ban— delettes et de ses téguments, mais mesurée avant cette opération. La tête est longue. L'indice de longueur-largeur est de 74,47 cependant. Le diamètre antéro-postérieur est de 188 et le diamètre transverse de 140. La hauteur auriculo-bregmatique est de 118.
Les indices de hauteur-longueur, et de hauteur-largeur sont de 62,76 et de 84,28. La face est plus large que chez le précédent : son indice est de 110. Le diamètre ophrio— mentonnier est de 143, et le diamètre bi-zygomatique de 130. Le diamètre bi-palpébral
interne est de 28 et le bi-palpébral externe de 103. I’indice est de 27,18. Le nez est
moins court que celui du précédent. Sa largeur est de 51 et sa longueur de 24. L'indice nasal est de 47,05. La taille atteint 1"58.
Kaï
L’identité de ce personnage est fournie par les inscriptions de son sarcophage, dans lequel sa
zart, gardien de l'étang du temple d'Ammon de la XXVT dynastie. —
momie à été envoyée au Muséum de Lyon, il y a fort longtemps. On a peu de renseignements sur son origine : on a la certitude cependant qu’elle provient de Thèbes. Cette momie a été embaumée au moyen du bitume, et d’une autre substance résineuse qui se liquéfie dès que la température s'élève au-dessus de 25 degrés. Le corps et la tête en sont remplis. La couleur de la peau est uniformément noire. Enfin le corps a été dépouillé de ses bandelettes,mais non de ses téguments. Les cheveux, enduits de bitume résineux, sont bouclés ; les sourcils sont très accentués. La bouche et les oreilles sont petites ; les bras sont placés le long du corps. Cette momie porte deux ouvertures rituelles, Pune sur le flanc gauche, qui est bouchée par un tampon de chiffons enduits de résine ; l’autre à droite, au-dessous de la dernière côte, est béante.
La tête est courte: son indice de longueur-largeur est de 77,77. Le diamètre antéro— postérieur est de 185 et le transverse de 139. La hauteur auriculo-bregmatique est de 16. Les indices de hauteur—longueur et de hauteur-largeur sont de 62,60 et de 83,45. za face est courte avec un diamètre ophrio-mentonnier de 138 et une largeur bi-z
matique de 126. Son indice est de 108,66. Les yeux sont assez rapprochés : 26 millimètres seulement les séparent. Le diamètre bi-palpébral externe est de 105. L'indice
bi-palpébral est de 25,61. Le nez est court avec un indice de 63,73. Sa hauteur est de 44 et sa largeur de 28. La taille n’atteint que 1"55. T'hébaine anonyme d'un hypogée populaire de Gournah de la XX VF dynastie. —
Cette momie est une des cinq que j’ai rapportées de Gournah. C’est une femme de trente
cinq à quarante ans. Elle devait être d’une condition assez élevée, car son embaume-— ment a été fait avec le plus grand soin. Préparée au moyen du natron et de quelques substances aromatiques, cette momie se trouve dans un parfait état de conservation. Le
bitume a été à peine employé. On n’en trouve des traces que sur la première des onze couches de bandelettes qui entouraient le corps. Voici d’après M. le professeur Flo rence la morphologie et la composition de deux échantillons de matières conservatrices en poudre extraites de cette momie.
Echantillon n° 1.— « Cette poudre est légère, non homogène, mélangée de débris divers, surtout de morceaux de tissus très altérés. On peut aisément en séparer un produit blanc en fragments assez volumineux, formé de carbonate de chaux, introduit peut-être accidentellement. En examinant à la loupe ce produit, on y constate aisément la présence de grumeaux colorés très diversement, les uns presque blancs, salins, les autres très foncés, bitumineux : ces grumeaux fondent, noireissent et exhalent une odeu-
de graisse; on y observe, en outre, des grains sphériques, dépolis et blancs, formés de
silice roulée. Cette poudre est sèche, fétide, d’odeur cadavérique, et laissant, aux doig une forte odeur de vieux fromage. »
Echantillon n° 2. — « Cette poudre contient les mêmes éléments que la précédente, mais en proportions différentes. Elle perd, à 100 deerés. 4,35: traitée par Peau, elle laisse un résidu de 16,50.
« La partie soluble dans Peau contient :
« Carbonate de soude . . … . . 1,55 (évalué à l’état anhydre). « Chlorure de sodium. . . . . 34,887 « Sulfate de sodium . . . . . 32,948 (calculé comme SO‘ Na!). »
Les cheveux ont disparu, et le nez, dont les cloisons avaient été brisées pour extraction du cerveau, était bouché par un tampon résineux. La peau est d’une couleur uniformément jaunâtre. L'ouverture rituelle du flanc gauche était bouchée par un ampon de linge imbibé de cire, recouverte de bitume. Les bras sont ramenés sur la joitrinme. Les mains sont longues et étroites. La droite, entr”ouverte, avait dù tenir quelque chose, un rouleau de papyrus peut-être. Aucun objet n’accompagnait cette momie. Une fenêtre de 15 centimètres de longueur et 40 centimètres de largeur, pra—
iquée sur l’épigastre, à permis de constater la présence dans l’intérieur du corps d’une série de petits paquets contenant plusieurs organes préparés au natron, et soigneusement liés dans des linges imprégnés de cette substance. L'un d’eux, placé en haut et à gauche, contenait le cœur; plus bas et à droite, le foie ; plus bas encore et à droite, l'utérus. Au
ond du bassin, un amas de bitume empâtait les intestins et les reims.
La tête est courte avec un indice céphalique de longueur-largeur de 77,77. Le diamètre antéro-postérieur est de 180 et le diamètre transverse de 140, La hauteur auriculo-bregmatique n’est que de 112. Les indices de hauteur-longueur et de hauteurlargeur sont de 62,22 et de 80. La face large présente un indice de 99,19. Le diamètre ophrio-mentonnier est de 134 et le bi-zygomatique de 123. Les yeux ne sont séparés
indice est de
que par 22 millimètres. Le diamètre bi-palpébral externe est de 97. I
L'indice nasal est de 48. La longueur du nez n’est que de 50 et sa largeur de
24 millimètres. La bouche et les oreilles sont petites; la dentition est fort belle. La taille
de cette femme n’atteint que 1"55.
PÉRIODE SAITE 101
T'hébain anonyme n° 1, d'un hypogée populaire de Grouwrnah de la XX VF dynastie. — Cet homme, de cinquante à soixante ans, a été embaumé par le même procédé que la momie précédente, c’est-à-dire que le bitume n’a été employé qu’accessoirement. Le cadavre parait d’abord avoir été salé, puis desséché et entouré ensuite de sept épaisseurs de bandelettes. Une matière huileuse avait été répandue en abondance entre le quatrième et le cmquième tour de bandelettes. La verge, dépourvue de son prépuce, avait été entourée spécialement dans de petites bandes. Les testicules sont coupés et laissent une ouverture de
35 millimètres de longueur, bouchée par un tampon de linge.
L'ouverture rituelle du flane gauche, longue de 95 millimètres, est bouchée par un
ampon de linge imbibé de bitume. Une fenêtre de 20 centimètres carrés, pratiquée au
niveau de l’épigastre, a permis de constater qu’on n'avait laissé aucun viscère. Les cavités horacique et abdominale sont remplies d’une poussière jaunâtre saline et aromatique. Plusieurs sachets contenant cette substance étaient encore en place : un sous la clavicule gauche et trois un peu plus bas à droite. En voici, d’après M. le professeur Florence, la hysionomie et la composition étudiées sur deux échantillons :
Echantillon n° 1.— « Poudre jaune foncé, très humide, se tassant aisément, assez
étide et homogène. Entre les doigts, elle donne une sensation grasse, avec grains; ces solutions moussent comme celles des poudres précédentes.
« Cette poudre contient :
« Eau a
« Résidu insoluble . . . . . 26,20
« Carbonate de soude. . . . . 3,63 (compté à l’état de COŸ Na”).
« Chlorure de sodium . . . . 22,284
« Sulfate de soude. . = … … 7,2546 — SOf Na°).» Echantillon n° 2. — « C’est une poudre jaune, humide, non tassée, cependant
très &
granuleuse, plus homogène que les précédentes, se massant par pression des doigts, très fétide, odeur de vieux fromage, tenace et pénétrante. À la loupe, on distingue aussi des petits grains salins, des débris de bois.
« Elle contient, comme les précédentes, des substances aromatiques solubles dans
l’éther, des savons fétides, ete.
« Eau. dl 16,35
« Résidu insoluble. 27,80
« Carbonate de soude . 2,59 (évalué en COS Na°). « Chlorure de sodium. 22,288
« Sulfate de sodium 7,0768 »
Les yeux, dont les paupières ont été fermées, sont bourrés de chiffons, ainsi que le nez. Les bras, longs et bien musclés, sont ramenés sur la poitrine. La tête, dépourvue de
cheveux, est longue : elle mesure 183 millimètres; sa largeur transversale est de
138 millimètres. Son indice est de 75,40. La hauteur aurieulo-bregmatique est de 115 seulement ; les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 62,84 et
de 83,33. La face est large, son indice est de 104,73. Le diamètre ophrio-mentonnier est
de 124 et le bi-zygomatique de 130 millimètres. La bouche est grande: les oreilles
Fig. 76. — THÉBAIN ANONYME N° À DE GOURNAH.
rattachée à la troisième vertèbre cervicale ar une cheville de bois, et le tout consolidé au moyen de bandelettes imbibées de bitume.
Cette momie n’a conservé aucune trace de cheveux ni de barbe. Sa peau est brunie par ’embaumement, et cassante, mais non cuite comme cela s’observe dansles momies ptolémaïques. Les yeux, lenez et la bouche étaient ourrés de chiffons imbibés d’une substance huileuse autre que le natron. La bouche était remplie deterre bitumeuse. Les bras étendus e long du corps étaient recouverts, comme les
jambes et le tronc, d’une grande pièce d’étoffe
assez fortes, et la dentition excellente. Les yeux sont séparés par 26 millimètres. Le diamètre bi-palpébral externe est de 100 millimètres. Le nez est court, sa lon— gueur n’est que de 47 et sa largeur de 30.
L'indice est de 33. La taille de ce Thébain est de 1"65 (fig. 76).
T'hébain anonyme n° 2, d’un hypogée populaire de Gournah de la XX VE dynastie. — Cet homme, paraissant âgé de trente à quarante ans, a été embaumé à peu près dans les mêmes conditions que les précé— dents, c’est-à-dire salé d’abord, desséché ensuite. A l’intérieur, le corps était rempli de bitume, surtout dans la région inférieure du
horax. La tête séparée du tronc au niveau de lPaxis pour l’extraction du cerveau, a été
assez fine et de nombreuses bandelettes (dix-sept tours), dont les trois premières étaient
seules imbibées de bitume. Des débris de chiffons et d’herbes fines broyés avec du bitume
et formant une sorte de pâte, remplis
aient le
Fig. 78. — THÉBAIN ANONYME N° 10 De GourNAu
vide laissé entre les jambes par la dessiccation des tissus. Le trou rituel du flane gauche, bouché par des chiffons est seul apparent. Cette momie ne renfermait aucun objet pouvant fournir des renseignements sur son identité (fig. 77). Voici d'après M. le professeur:
Florence la morphologie et la composition des matières employées pour lembaumement de ce sujet, étudiées sur quatre échantillons :
Echantillon n° 1. — « C'est une substance bitumineuse brillante, prise entre des
PERIODE SAITE 103
morceaux de tissus : elle est dure, sèche, à odeur bitumineuse, légèrement cadavérique; sa cassure est nette, conchoïdale, brillante, elle brûle, fond aisément, se ramollit assez à la chaleur de la main, pour pouvoir être pétrie entre les doigts avec une certaine force. Elle est insoluble dans l’eau, partiellement soluble dans l'alcool, l’éther, le chloroforme, la benzine. Elle ne laisse que peu de cendres à la caleimation, c’est du bitume ordinaire (asphalte). »
Echantillon n° 2. — « Cette substance est noire, friable, à odeur à la fois bitu— mineuse et cadavérique.
« Traitée par l'eau, elle se dissout partiellement en donnant un liquide jaune brun qui contient un savon de bitume précipitable par décom osition avec les acides, et qui précipite aussi les chlorures concentrés et même étendus si une double décomposition peut se produire, comme avec le chlorure de baryum.
« Par calcination, cette substance laisse des cendres fusibles, très difficiles à débaras—
ser du charbon, et équivalant à 36 pour 100.
« L'eau enlève 76,50 pour 100 et laisse un résidu de 23,50 pour 100.
« La solution contient du savon de bitume moussant abondamment, des traces de sul
fate, du chlorure de sodium (5 gr. 25 pour 100) et a une alcalinité qui équivaut à Lor. 50 de carbonate de soude cristallisé pour 100 grammes.
« En résumé, cette substance n’est pas autre chose qu'un savon imparfait de bitume, contenant du bitume resté insoluble, du bitume soluble combiné à la soude du chlorure de sodium, du sulfate de soude et enfin les impuretés habituelles du natron, sable siliceux, alumine, ete. Le bitume qui est insoluble dans l’eau se dissout en partie dans l'alcool, dans l’éther, en partie très faible dans la soude. »
Echantillon n° 3. — Cette substance est d’un aspect gras, cireux, se laissant faci-
lement rayer avec l’ongle, en donnant une surface cireuse bien rouge, homogène. Elle
est très fétide et a exactement pour densité 16 degrés; elle est msoluble dans Peau, fusible,
brûle avec une flamme fuligineuse et en dégageant une odeur de corne et de gr brülée. »
Echantillon n° 4. — « C’est un savon de bitume imparfait donnant pour 100 gr. 77
de partie soluble, et 22 grammes de résidu insoluble; celui-ci est formé de bitume non saponifié, de sable (silice), d’alumme, ete.
« La partie soluble contient du bitume uni à la soude (savon de bitume) et a une alcalinité correspondant à 2 gr. 65 de carbonate de soude net pour 100 de substance bitumineuse et 7 gr. 60 de chlorure de sodium; la partie soluble contient des quantités
notables de sulfate de soude. »
La tête de ce Thébain n’est pas très longue, bien que le diamètre antéro—postérieur soit de 183 millimètres; le transverse est de 140. Son indice delongueur-largeur est de 76,92. La hauteur auriculo=bregmatique est de 114. Les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 62,29 et de 81,42. La face est longue ; le diamètre bi-zygoma-
tique est de 120, et le diamètre ophrio-mentonnier de 133 millimètres. L’indice facial
total est de 90,22. Les veux sont séparés par 25 millimètres ; le diamètre bi-palpébral
externe est de 98. L'indice bi-palpébral est de 25,51. Le nez, court et larve, donne un indice de 61,11, avec une longueur de 54 et une largeur de 33. La bouche et les oreilles sont grandes. La dentition est superbe. La taille de ce sujet, au-dessous de la moyenne, atteint 158.
T'hébain, anonymen® 3, d'un lypogée populaire de Gournah de la XX VE dynastie. — La momie de cet individu a été également très soignée. Elle est celle d’un homme de trente à quarante ans, fort bien musclé. Le bitume ne parait pas avoir été employé pour la préparation première ; elle semble seulement avoir été salée et puis séchée. Le corps tout entier avait été recouvert d’un linceul de toile fine, puis enroulé dans vingt-trois épais— seurs de bandelettes, dont les dix dernières étaient imbibées de bitume. Les cheveux ont été conservés; ils sont bouclés et d’une nuance rougeâtre. La peau de la face montrait une barbe forte rasée depuis quelques jours. Le corps ne présentait aucune trace de poils. Le nez, dont les cloisons avaient été brisées, était, ainsi que les yeux et l'ouverture rituelle de gauche, bourré de chiffons. Les testicules énucléés enveloppaient la verge dépourvue de son prépuce ; le tout était soigneusement plié dans de la toile fine. Une seconde ouverture, pratiquée à droite et au-dessous de la dernière côte, avait permis, ainsi que l'ouverture du flanc gauche, d'extraire les viscères. Ceux-ci étaient remplacés par un amas de matière pulvérulente saline, sur laquelle M. le professeur Florence à fait les observations suivantes.
& C’est une poudre humide, se tassant par pression, jaune, fétide, sentant nettement les acides butyrique et valérianique, odeur cadavérique qui se fixe avec tenacité aux doigts, quand on a touché ce produit. Par dessiccation, cette odeur s’atténue, en même temps que la poudre devient d’un jaune plus clair. Elle perd, à l’étuve à 100 degrés, 18,57 pour 100 d’eau.
« L’éther enlève alors à cette poudre une très faible quantité de substance jaunâtre, elle est sous forme d’un vernis gras dans la capsule, et correspond à 0,95 pour 100 de la substance
douée d’une odeur âcre, fétide, nauséabonde, rappelant l’odeur de chauve-sour
sèche.
« L'alcool enlève ensuite un savon impur, noirâtre, à odeur cadavérique très pronon— cée. Si on traite ce savon par de l’acide sulfurique étendu, on sépare une huile noire, mé— lange très complexe, formé certainement accidentellement par l’action du natron sur les eraisses du cadavre, 2,9 pour 400. Le peu de substance dont nous disposions ne nous a pas permis de déterminer plus exactement cette substance. Si on traite par l’eau, on obtient une solution jaune clair et un résidu sablonneux de 28,80 pour 100.
« Ce résidu est formé d'éléments divers : d’abord de grains blancs, arrondis, à sur— face un peu rugueuse quand on les examine à la loupe, insolubles dans l'acide chlorhy— drique; c’est de la silice roulée; puis de débris végétaux, très altérés, et de la terre sablonneuse. Si on traite par l'acide chlorhydrique, cette terre fait fortement effervescence : elle contient du carbonate de chaux, du fer à l’état d’oxyde jaune (limonite), de l’argïle et
un peu de magnésie.
« La partie soluble contient : 3 gr. 37 de carbonate de soude anhydre (soit 9,092
de carbonate de soude cristallisé); 26,95 de chlorure de sodium ; 7,63 de sulfate de soude
anhydre, soit 17,30 de sel cristallisé.
PÉRIODE SAITE 105
« En résumé, ce produit contient :
(MPantieiterreusensolUDIC EEE 2 60) « Carbonate de soude:cristallise. . à 1e 9,092 (HENOnUTe Te SOIU ER PRE 0 0 (SULALETeISOUTEICTIS AISÉE 17,30 « Substance impure, soluble dans l’éther. . . . . . . 0,95 CAS ATON EE ENTER ARE CRIER EEE ÉT A No EULE 2,90 aEauetperies: NE PUMA OR ME: 14,008
La tête est plus longue et plus basse chez cet individu que chez le sujet précédent.
L’indice de longueur-largeur est de 73
. Le diamètre antéro-postérieur est de 183, et le transverse de 135. La hauteur auriculo-bregmatique est de 112 seulement. Les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 61,20 et de 82,96. La face est large avec un Indice de 96,09. Son diamètre bi-zygomatique est de 123 et le diamètre ophrio— mentonnier de 128. Les yeux, peu rapprochés, sont séparés l’un de l’autre par 24 millimètres. Le diamètre bi-palpébral externe est de 95. Le nez est long avec un indice de 52,83. Sa largeur est de 28 et sa longueur de 53. La taille de ce sujet est de 1" 64.
Thébain anonyme n° 4, d'un hypogée de Gournah de la X XVI dynastie. — Parmi les momies que j’ai recueillies dans des hypogées populaires de Gournah, s’en trouvait une, admirable de forme extérieure et de conservation. L’emmaillotage était des plus soignés, et tout pouvait faire supposer qu’elle renfermait un individu de qualité, égaré
dans cette nécropole ne renfermant que des gens pauvres ou de condition modeste. A ’ouverture de cette momie, nous avons trouvé des bandelettes fortement imbibées de natron formant 54 tours en épaisseur autour du corps enduit d’une forte couche de bitume. Les yeux, le nez, la bouche et les oreilles étaient remplis de cette substance qui, employée
sans doute chaude, avait pénétré profondément les tiss les bras
is. Le thorax dég:
apparurent étendus le long du corps et les mains appuyées lune sur l’autre à la hauteur du bas-ventre. Enfin, en poursuivant notre travail, nous découvrons au lieu et place du bassin et des fémurs des amas de gros chiffons, puis des tiges de feuilles de palmier, et des morceaux de branche d’acacia recouverts eux-mêmes de chiffons. Au bout de ces fémurs artificiels se trouvaient les tibias, puis les pieds soigneusement enveloppés. Ces parties étaient complètement décharnées, ainsi que le bras gauche, qui de plus est désarticulé de l'épaule. Les muscles ont disparu et les tendons sont à jour. Tout fait présumer que l’on est en présence d’un corps qui a macéré et que cette momie est celle d’un noyé. Le corps recueilli en putréfaction a dû être traité tout de suite au bain de bitume, qui a ainsi pénétré rapidement les téguments. Cet individu est-un homme de quarante à cmquante ans, de puissante corpulence, ayant des bras très musclés et des mains assez fortes. En revanche, les pieds sont si petits qu’ils semblent ne pas lui appartenir.
La tête est moyennement longue. Son indice longueur-largeur est de 76,92. Son diamètre antéro-postérieur est de 188 et son diamètre transverse de 142. La hauteur auriculo-bregmatique est de 120. Les indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 65,93 et 80,33. La face assez longue présente un indice de 85,71. Le diamètre bi-zygomatique est de 127 et le diamètre ophrio-mentonnier de 140. Le nez est court : sa
L'EGyPTE. 14
longueur est de 46 et sa largeur de 30. L'indice nasal est de 90,71. Les yeux sont très rapprochés, 28 millimètres les séparent. Le diamètre bi-palpébral est de 96. On ne peut s’empêcher d'admirer avec quel soin un si misérable corps incomplet a été momifié. Thébains anonymes d'un lypogée populaire de Gournah de la XX VI dynastie, j'ai re
têtes. — En outre des momies entières que j’ai pu me procurer de cet hypogée, cueilli onze têtes à part. La plupart ont des cheveux et des traces plus ou moins appa— rentes de barbe. Elles appartiennent toutes à des hommes. Le plus grand nombre ne sem— ble pas avoir subi d'autre préparation que la salaison ; le bitume n’a été employé que pour
les couches moyennes des bandelettes. Les cloisons du nez, généralement brisées, ont été,
ainsi que les yeux, bouchées par des chiffons. Le globe oculaire est quelquefois remplacé
par une petite pierre plate blanche ou grise ou de la cire. Bien que n’appartenant pas à
Fig. 79, — CRANE N° 8 D'UN HYPOGÉE DE GOURNAH DE LA X XVIe DYNASTIE
des gens riches, en général, ces momies avaient eu assez souvent la face recouverte d’une mince feuille d’or dont la peau conserve encore des traces nombreuses. Beaucoup de sujets ont la bouche ouverte, laissant voir la langue et une dentition assez belle.
La tête présente un indice céphalique (longueur-largeur) moyen de 72,37. Le dia mètre antéro—postérieur moyen est de 181, et le transverse moyen de 139. La hauteur auriculo-bregmatique moyenne est de 118. Quelques sujets (trois cas) dépassent 120. Les
| indices de hauteur-longueur et de hauteur-largeur sont de 65,19 et de 84,80. Le frontal maximum a une largeur moyenne de 115, et le frontal minimum une largeur de 99. L'indice frontal est de 86,08. La face, allongée, présente un diamètre ophrio-alvéolaire moyen de 93 et un diamètre ophrio-mentonnier de 131. Le diamètre bi-zygomatique est de 133. L'indice facial B est de 70,99 et l’indice facial À de 98,49. Les yeux sont séparés en moyenne par 25 millimètres. Le diamètre bi-palpébral externe moyen est de 93.
L'indice bi-palpébral est de 26. Le nez présente une longueur moyenne de 51 et une largeur moyenne de 28. L'indice nasal moyen est de 54,90. | Le tableau ci-après donne les moyennes des diamètres et des indices des momies de
de la période saïte.
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