HO-BYZANTINE
Nous avons vu, d’après l'étude des vestiges de la civilisation du premier âge du fer,
que, sous l'influence de ces vastes foyers de civilisation tels que la Susiane et la
Babylonie où, ainsi que dans le delta du Nil, s’élaborait tout ce que le génie de
l’homme avait créé ou inventé jusqu’à ce jour, le
Caucase, l'Asie antérieure et
l’Europe méridionale virent se transformer rapidement leurs industries primitives.
Les produits métallurgiques de ces dernières contrées revêtirent un cachet artistique
inconnu jusqu'alors, et une industrie nouvelle, celle «
u fer, fit son apparition, accom-
pagnée de sa fidèle escorte, c’est-à-dire de rites funéraires et religieux spéciaux,
d’usages divers, de bijoux et de substances nouvelles
tale qui vint modifier plus ou moins profondémen
. Malgré cette influence orien-
, et plus ou moins rapidement
l’industrie locale de telle ou telle population du Caucase, de l'Asie antérieure et de
l’Europe méridionale, il y eut des populations où elle fut sans effet et chez qui l’in-
dustrie locale seule persistait encore, tandis que
entrées
Cauc. III.
es régions avoisinantes étaient
depuis longtemps dans la voie du progrès. Néanmoins, aucun document
écrit ne permet de rattacher cette nouvelle civilisation, fille de l’industrie locale et
du sentiment artistique oriental
ransitoire que nous avons dé En dehors de ces régions, tr nous voyons, en effet, la Scand
longés encore dans la barbarie, i
pleine période historique, et en
cure une civilisation florissante
’est de la Méditerranée durent
s’animer au contact de cet Orier
Mais, avant d'aller plus loin,
nul autre pays que le Caucase é
lurgie, tandis que les contrées arrosées par le Nil, le Ti
, aux temps historiques. Elle est sortie cependant de
a période primitive dite préhistorique ; nous nous trouvons en présence d’une période
née sous le nom de protohistorique.
ansitoires elles-mêmes entre l'Orient et l'Occident, inavie et la plus grande partie des pays baltiques
es notions de la métal-
gnorant peut-être les premiè
e et l’Euphrate sont en
possession de tout le luxe et le bien-être que pro- . Les régions ponto-caspiennes et celles situées à bénéficier, naturellement, de ce voisinage vivifiant,
at resplendissant.
nous ne saurions trop insister sur ce fait, c’est que
tait moins disposé, et par sa configuration monta-
eneuse et par la rudesse et la rusticité de ses habitants, à subir les influences morales
et artistiques de peuples qui, dès
l'antiquité la plus reculée, s'étaient présentés à eux
sous l’aspect de redoutables conquérants. Le fier et indomptable montagnard
ne devait avoir aucun goût à imiter son pire ennemi, l'A
rien : ce n’est donc
que lentement, et de proche en proche, que l'influence orientale passant par
l'Arménie, atteignit les régions cations Cest ce qui explique trouve en compagnie d'objets or certain nombre de nécropoles hi
PR pa En résumé, on a vu dans l’é
élevées du Caucase, et non sans subir des modifia persistance de certains types primitifs que l’on ecs ou romains, dans les mobiliers funéraires d’un storiques.
ude des nécropoles protohistoriques que les Cauca-
siens avaient eu dès le xv°siècle avant notre ère des rapports incontestables avec les
peuples mésopotamiens. Ces relations, dont l’une des conséquences les plus impor-
tantes a été de modifier leurs inc
ustries locales, ont duré pendant des siècles, car les
sentiments artistiques d’origine chaldéo-assyrienne se font sentir jusqu’au vn° siècle
et même plus tard. D'ailleurs, les
arts et les industries nouvelles arrivaient au Caucase
en passant par l'Arménie, et l’on sait que de tout temps la domination assyrienne
se fit sentir dans ce pays, surtou
t à partir du xusiècle où elle s’imposa violemment
jusqu'au moment où il tomba complètement au pouvoir des vainqueurs et devint pro-
ÉPOQUE SCYTHO-BYZANTINE 7 vince assyrienne. Cet événement se produisit sous les Sargonides (second empire assyrien) et porta la domination assyrienne jusqu'au pied du Caucase (680-676).
On a vu dans la description des nécropoles caucasiennes que quelques localités présentaient plusieurs niveaux de sépultures. Au-dessus ou à côté des couches pro-
tohistoriques que nous avons étudiées précédemment se trouvaient des tombeaux
remontant à une époque plus récente, et appartenant à une période historique que j'ai appelée scytho-byzantine, désignant ainsi la période marquée, pour le Caucase,
par la prépondérance des hordes scythiques et par celle des empereurs byzantins sur
cette région, mais qu’il conviendrait peut-être aussi d'appeler gréco-romaine, les
Grecs ayant joué un rôle très marqué au Caucase. Toutefois, aucune de ces déno-
minations n’a une valeur ethnique, elles sont purement chronologiques, et embras-
sent la période qui s’est écoulée du vi siècle environ avant notre ère jusqu'au
vu siècle environ de notre ère.
Cette période scytho-byzantine, comprenant un laps de temps si considérable, a vu
se succéder dans les régions du Caucase non seulement les peuples qui lui ont valu son nom, mais encore, en procédant par ordre chronologique, les Grecs qui arrivèrent à
ance, les
peu près en même temps que les Seythes, les Romains qui s’établirent à B; Persans dont la jalousie et l'ambition s’éveillèrent à la prise de possession du Caucase par les Byzantins, enfin les Arabes dont l'influence s’étendit sur tout le Daghestan et jusqu'en Géorgie.
On peut done dire que depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'au moment où les
Grecs en possession de leur individualité répandirent à leur tour sur les rivages dela
mer Noire leur influence civilisatrice, les industries caucasiennes n’ont pu être que
locales d'abord, modifiées dans la suite par l'influence chaldéo-assyrienne, et peutêtre aussi par l'influence des Phéniciens, comme nous l'avons dit déjà. Dans le nord du Caucase, cette influence a été contre-balancée par l’arrivée de ces hordes sep-
tentrionales dites scyfhiques, dont l'importance n’est guère manifeste dans la re ï
pontique qu'à partir du vu° siècle. Les types apportés par ces peuplades sans doute ouralo-altaïques ont pu se développer, dans le principe, parallèlement à ceux qui paraissent propres anx industries protohistoriques du Caucase, et ont fini
peut-être par les supplanter sur quelques points plustôt qu'ailleurs ; 1l est facile de
constater (que ces types ne dominèrent avec leurs caractères barbares que lorsque
le fer devint prépondérant. Cette nouvelle civilisation, sans que l’on puisse la considérer comme le développement de celle à laquelle on a donné le nom de premier äge du fer, reflète la plupart des caractères de la période que l’on a appelée dans une grande partie de l’Europe deuxième âge du fer. Tout d’abord on verra ces types barbares mêlés avec ceux de l’époque de Koban, lesquels deviendront de plus en plus rares, à mesure qu'apparaîtront les éléments artistiques dont le cachet ne laisse aucun doute sur leur origine hellénique.
Mais durant cette première phase de la civilisation vraiment, historique du Caucase, les relations des montagnards avec Orient iranien n’avaient pas été interrompues, et nous trouverons dans plus d’un tombeau de nombreuses traces de ce sentiment artistique persan qui domine du reste de nos jours dans toutes ces régions. Un art spécial et nouveau devait, naturellement, résulter de la combinaison de ces éléments artistiques occidentaux et orientaux. L'artiste caucasien a exprimé le premier, je crois, sous des formes grossières et primitives, cet art qui, sous les Scythes d’abord et les empereurs de Byzance ensuite, devait prendre une si grande extension. Lorsque, au 1* siècle de notre ère, les Romains pénétrèrent au Caucase, ils y puisèrent certains procédés nouveaux, quelques ypes et quelques motifs décoratifs qu’ils répandirent ensuite en Occident où on les attribue généralement à l’époque du Bas-Empire.
Cet art, mis au service du christianisme, développé et perfectionné sous les empereurs de Byzance par des artistes grecs et orientaux habiles et de bonne école, devint l’art byzantin. Il n’est donc pas étonnant que certains tombeaux renfermant des mobiliers funéraires de style barbare, d’origine scythique, présentent quelquesuns de ces beaux bijoux d’or ou de ces émaux propres au Bas-Empire, et quimarquent les débuts de l’art byzantin. On conçoit dès lors pourquoi j'ai choisi cette
dénomination de scytho-byzantine, à laquelle on pourrait ajouter celle de persane,
pour désigner cette longue période dont les caractères sont en quelque sorte spé-
ciaux à la région caucasienne.
De même que pour la période que nous avons précédemment étudiée, ce n’est que dans des nécropoles, où le désordre est parfois très grand, que se rencontrent
les vestiges de ces civilisations nouvelles.
ÉPOQUE SCYTHO-BYZANTINE 9
Ces nécropoles, dont l'ancienneté et l’origine sont loin d’avoir cette homogénéité que l’on a pu constater pour celles du premier âge du fer, sont disséminées dans plusieurs vallées de la grande chaîne. Bien qu’elles ne soient pas toutes synchroniques, elles présentent un ensemble de caractères communs. On peut les diviser en plusieurs groupes :
1° En Kabarda : Ozrokovo ou Urusbieh sur la rive droite du Baksan, près de l'Elbrous ;
2° En Digorie : Komunta, Kambylte, Galiate, Lisgore, Kallakhta, Khanize;
3° En Osséthie : Koban supérieur, Latz, Tschmi, Zergisse;
4 En Géorgie : Samthavro supérieur.
En dehors de ces nécropoles généralement considérables, il existe dans la partie orientale et sur le revers nord du Caucase, à la limite du steppe, plusieurs groupes de cimetières d’un tout autre caractère et d’une époque peut-être plus récente :
ce sont les Kourganes où Tumulus.
Je n’ai opéré moi-même des fouilles dans aucune de ces localités, en dehors de Koban et de Samthavro. Ce n’est que grâce à l’obligeance de M. le colonel Olchewski, le principal explorateur de ces nécropoles, qu'il m'a été permis d’en étudier les mobiliers funéraires. Ce savant archéologue a mis à ma disposition, en effet, de belles collections et une précieuse série de notes et de photographies.
Je dois à l’amabilité de MM. Bayern et Miller la communication d'importants documents relatifs à ces nécropoles. J’ai recueilli enfin de nombreux et utiles renseignements dans les rapports que MM. Antonowitch et Samokwasoff ont publiés sur leurs fouilles. Ces travaux consistent essentiellement en un journal de fouilles tenu avec la plus grande régularité, et donnent une idée juste de l’exactitude que ces
savants ont apportée dans leurs explorations.
Mis en ordre et résumés avec quelque critique, ces matériaux me permettront de
jeter quelque lumière sur les plus anciens temps de la période historique. J I Ï
NÉCROPOLE DE KOMUNTA
— DUÉOMIUS —
Cette importante nécropole a été fouillée en 1879, par M. le professeur Antonowitch. Les recherches de ce savant archéologue ont porté sur sept tombeaux. De nouvelles investigations entreprises en 1882, par M. le colonel Olcheswki, n’ont amené la découverte que de deux sépultures, mais les observations auxquelles elles ont donné lieu présentent le plus vif mtérêt.
Komunta, aoul ossèthe, situé dans le district de Vladikavkaz et dans
la partie montagneuse de la Digorie, est traversé par la rivière Kamin-don,
affluent du Kangounta qui se jette dans l'Ourouch. L’aoul s'élève à 809 mètres d'altitude sur le versant de la montagne qui sépare Kangounta et le Kamin-don (fie. 1). Le champ des tombeaux est situé à une demi-verste du village, et les sépul-
tures explorées se trouvaient placées sur la partie nord-est. la plus escarpée de la
montaene. À partir de ce point, la colline descend brusquement sur la rivière du Kamin-don formant un angle approximatif de 45°. M. Antonowitch a reconnu trois couches de terrains ; les tombeaux sont situés au-dessous de la troisième.
Aueun amoncellement de terre, rien à l'extérieur ne décèle la présence de sépultures
sur ce point, la découverte de ce cimetière est due simplement au hazard. De même qu’à Koban c’est à la suite d’une inondation qui ravina le pied de la montagne, il y a quelques années, que des objets en or et en bronze furent mis à jour. Les habitants ent de fouiller, et finirent
voyant une source de richesses à exploiter, s’empressè
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