BRITISH MUSEUM
s.— Épingle de la nécropole de Koban
MUSÈE DE SAINT-GERMAIX
Deux types de haches assez particuliers, avec la douille transversale, doivent encore être signalés. L'un (fie. 27) provient de la nécropole de Koban, où il est fréquent, et l’autre (fig. 28) a été trouvé plusieurs fois en Géorgie; ce dernier est également représenté dans l’ornementation d’une épingle de Koban (fig. 29). Tous deux appartiennent au premier âge du fer et non à l’âge du bronze.
FavuarzLes. — Les faucilles sont toutes du même type et grossièrement travaillées ;
la plupart proviennent de la Kabarda et plusieurs sont conservées au musée de
e en bron izavetpol
MUSÉE HISTORIQUE DE MOSCOU
Moscou ; beaucoup malheureusement ont été perdues depuis leur dé
Danube.
ouverte. Elles se rapprochent de celles de la Crimée et du
Porenarps. — Les poignards de forme primitive peuvent être facilement séparés de ceux du premier âge du fer: ils sont fort rares par suite probablement du petit nombre des fouilles méhodiques opérées jusqu’à ce jour dans ces régions.
On peut signaler cependant quelques-unes de ces pièces conservées au musée de Moscou et provenant sans doute de la Ka-
jarda, où elles auraient été découvertes avec les faucilles et les
haches plates dont il a été question plus haut.
Une belle épée du musée de Moscou, découverte à Élisavetpol, et considérée comme de l'âge du bronze (fig. 30) doit être rapportée à l’époque hallstattienne.
Divers. — Pour terminer cette série de pièces isolées il faut citer des bracelets en bronze, à tige ronde, trouvés dans la vallée de Bortchalo en Somkhetie; ces objets sont conservés au musée
de Tiflis.
Si nous cherchons maintenant des rapports entre les types que nous venons de décrire et ceux des autres pays, nous aurons à constater quelques faits intéressants.
Il faut d’abord renoncer à rattacher ces Lypes à ceux qui se sont développés plus tard dans toute la région du Danube et du P6, ainsi que dans le Nord britannique et scandinave. On doit encore moins songer à les assimiler aux formes si spéciales des
groupes ouralo-altaïque e sibérien. L'origine première de celles-
ci est peut-être la même que celle des types du Caucase, mais la
civilisation à laquelle sont dus ces derniers a suivi des voies toutes différentes et
paraît antérieure.
1 Wonrsaag. Des âges de la pierre et du bronze dans l'ancien et lenouveau monde. Mémoires des Antiquaires
du Nord, 1880, p.187.
AGE DU BRONZE 98
Les vestiges de l’Age du Bronze ponto-caspien ne constituent point une industrie originale et propre à la région qui nous occupe. Ils appartiennent vraisemblablement à la primitive importation orientale dont on retrouve les traces irrécusables sur le bas Dnieper et le bas Danube; puis dans le bassin de la Méditerranée, en Asie-Mineure, en Grèce, en Italie, en France, en Espagne et en Portugal. Le prototype de cette importation semble exister dans les découvertes de lInde
centrale.
Ce n’est donc pas du Caucase qu'est partie la découverte du bronze, et si l’existence d’un certain nombre de produits métallurgiques pouvant se rapporter à l’âce du bronze a pu être constatée dans cette région, rien ne permet de penser qu’elle a pu même avoir une influence sur l’expansion de cette industrie en Europe.
Le Caucase comme l’Asie-Mineure a participé au premier flot importateur, mais on n’y trouve pas les preuves d’un développement de la métallurgie du bronze, malgré la richesse de ses mines de cuivre.
On doit remarquer cependant que certains objets et surtout les moules montrent que l’industrie locale a eu des tendances à se faire jour. Mais les vestiges de cette
industrie locale ne peuvent pas être confondus avec les produits du grand âge du
bronze qui s’est développé lentement, remplaçant peu à peu les premiers modèles importés chez les populations néolithiques.
En somme l’âge du bronze ne paraît pas avoir atteint un grand développement au
Caucase; de même que dans les contrées méditerranéennes, il a été rapidement remplacé par cette nouvelle civilisation qui a, sinon inventé, du moins répandu
timidement la connaissance du fer au Nord et à l'Ouest, en même temps qu’elle
contribuait pour une si large part à la transformation des idées artistiques des habi-
tants de ces pays encore presque sauvages.