CI. i.,8430 et 84:U
6. Poulie, Recueil de Constantine, t. XVIII, 1876-1877, p. 619.
II. — Ruines sur l'Oued-el-Ksob et sur son affluent l'Oued-R'dir.
La rivière do Ras-el-Oued est un cours d'eau important qui, prenant successivement les noms d'Oued-el-Ksob et d'Oued-Alsila, l'ail deux grands coude? vers l'ouest, puis le sud, pour aller se jeler dans le grand lac du Hodna. Près du cours supérieur de cette rivière, il y a quelques pierres, vestiges d'un hameau antique, au marabout de Sid'i-Salah (n° i44 sur le plan) et une ruine considérable', malheureusement défigurée par la construction de nombreux gourbis, à Ras-el-Oued (n° i45), où l'on construit actuellement un village européen. On y voit les restes d'un grand fort (le plan est donné fig. ç).'>), avec huit bastions quadrangulaires*, quatre aux
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Fig. 95.
1. Sur cette ruine, voir Pelletier, Revue africaine, t. Y, p. 453 ; C. 1. L., n° ST73 ; Ephemeris epigraphica, t. Vil, n° 479. 11 n'y a pas de confusion dans ce que dit Pelletier, comme le croient les auteurs du Corpus ; ses indications sont seulement insuffisantes.
2. J'ai admis que la porte se trouvait au point B oh il n'y a pas trace de mur et qui, étant donnée la position du fort, était, l'endroit le plus propre à l'établissement d'une entrée peu exposée à l'ennemi. — Je m'aperçois trop tard que ce fort byzantin de Ras-el-Oued a déjii été reproduit par Delamare, lir.ploration scientifique de l'Algérie, pi. LXVII, Cg. 1 et 2.
RUINES A i;OUEST DE SÉTIK 271
angles, quatre autres au milieu des côtés. Les murs ont 2ni,5o d'épaisseur : ils consistent, comme dans la plupart des autres forteresses byzantines, en deux rangées parallèles de pierres de taille, entre lesquelles des matériaux divers, pris à des édifices d'époque antérieure, ont été jetés confusément. A l'intérieur de ce fort, trois fûts de colonnes qui émergent semblent indiquer l'emplacement d'un édifice, d'une église peut-être '. Le reste des ruines ne présente pas d'intérêt : on rencontre çà et là des fragments de pressoirs, des fûts et des bases de colonnes d'un travail grossier. A plus d'un kilomètre au nord du fort, il y avait sur un mamelon un édifice important, semble -t-il, dont les débris sont dispersés dans des gourbis écroulés : fragments de corniches, bases de colonnes, chapiteaux corinthiens d'une bonne époque. Ces restes arcbitccturaux ne sont pas tous de même style : le monument était donc fait avec des matériaux pris à des constructions plus anciennes ^
Près de là, un fragment de stèle dédié à Saturne. Le haut de la stèle a la forme d'un fronton, dans le tympan duquel on voit la tète de Saturne barbue et voilée; au-dessous, entre deux colonnes, un homme en toge et une femme qui tient dans ses mains un oiseau. La pierre est brisée à la hauteur des poitrines de ces deux personnages. Le travail est très grossier. — A côté, une mensa de la forme de celle qui est publiée dans les Mélange>i de VÉcole de Rome, t. X, 1890, p. 441 (trouvée à ïixter). Sur la face de cette mensa (om,47 de long, 0^,37 de large), trois plats, deux grands et un petit, sont représentés en creux.
Voici deux inscriptions intéressantes que j'ai copiées à Has-el- Oued:
Au nord-ouest du fort (à 4oo mètres environ) dans des ruines de gourbis. Long, (brisée) o'",56, larg. on^/iy, épaiss, om,i9. Haut,
1. Deux (le ces colounes semblent avoir appartenu à une même file. Elles sont distantes de 2", 50, A 8™, 50 de l'une d'elles se trouve la troisième qui faisait partie d'une seconde file, parallèle à la première. Ces colonnes ont 0",45 do diamètre. Voir le plan, lettre A.
2. Peut-être est-ce ce monument que décrit M. Pelletier {Revue africaine, l. c.) et qu'il aurait vu en meilleur état : >< C'était une construction de 15 mètres environ en carré, avec cour intérieure de 4"", 60, laquelle était décorée, dans ses angles, de pilastres à chapiteaux composés de volutes et larges feuilles non dentelées, marquant l'époque du Bas-Empire, »
lettres o°>,o55. Belle gravure, mais d'une basse époque. Moulure en haut, en bas, à gauche.
IN HIS • PRAED FL-AVGGGCtp.pt»
BALNEVM • CY M O R E vi P R E P
In his praed'ih... duininonim notvvruin] Fl{aviorum) Auglustorum trium)... Inscription qui semble se rapporter aux trois empereurs Valeulinien, Valens et Gratien».
A 4oo mètres environ au nord du fort byzantin, dans une enceinte arabe. Fragment d'une inscription métrique. Long. on>,83, larg. on',35, épaiss. o'n,4o. Haut, lettres on',o35. D'une lecture difficile par endroits.
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^M^IBANTE PIETATIS
[ Qualiu p \al [l]entes déclinant l(i)lia cul[mos], [Puhent]esq{ue) rosaeprimos moriuntur ad[austros\, [Aut ubij ver[na) novis expirât purpura pru[tis],
[ m]orlis erat pallenlis imago
[ ]ante pietalis [....]
[ j magnum da[ j
[ ] pare[nt. . .]
1. On pourrait aussi penser à Constantin 11, Constant et Constance. Le truisicnie G d'Auggg semblerait avoir été martelé : peut-être l'a-t-il été après la mort de Constaoït, sur l'ordre de Magnence (cf. C. I. L., VIU, 7012). Mais les mots Flavii Aur/usti désignant trois empereurs paraissent mieux s'appliquer à Valentinien, Valens et Gralien (cf. par exemple C. I. L., VIH, 9012 ; IX, o9o6, etc.).
Les trois vers Qualia.... pratis sont copiés dans une silve de Stace (III, 3, i28-i3o), non pas sans doute directement, mais d'après quelque recueil à l'usage des graveurs d'inscriptions '.
En descendant le cours de l'Oued-el-Ksob, on laisse à droite les ruines de Tassera, que je n'ai pas visitées (n° i46 sur la carte), et plus loin, à gauche, sur un mamelon entouré d'une enceinte, celles de Kherbet-Zembia ou de Bel-Imour (n" 147), où je nai rien trouvé d'intéressant. Le nom antique de cette dernière ville, qui était très étendue, est connu : c'était Lemellef. Sur la carte de Peutinger, elle est qualifiée de Lemel H praesidium, et dans saint Optât de castellum Lemellense *. Une inscription dédiée à deux Augustes nomme des coloni Lemellefens{es) ». Une autre inscription de Lemellef, copiée par M. Purgold près de la gare de Bordj-bou-Aréridj * et que j'ai retrouvée, est contemporaine de celle que j'ai copiée dans la ferme Labatut à Ain-Melloul (voir plus haut, n» 255), et elle est rédigée à peu près de même». Dans une grande inscription de l'époque des Philippes «, Lemellef est qualifié de municipe, et une autre inscription, non datée, nomme un duumvir et des flamines perpetui '.
La carte de Peutinger indique une route qui, parlant de Sétif, se rend à Lemelli praesidium en passant par Tamannuna municipium et castellum, éloigné de Leraelli de 6 milles. Elle est rejointe à droite par une autre route venant de Ad Sava municipium, qui semble être Hammam-Guergour ». Entre cette dernière localité et Tamannuna, est indiquée une distance de 25 milles. M. Poulie, qui a visité les ruines de Tassera % veut y voir Tamannuna. C'est assez
1. Voir à ce sujet Gagnât, Bevuo de philologie, t. XIII, 188'.>, p. 51 ; Le Blant, L'épigraphie chrétienne en Gaule et dan.t l'Afrique romaine, p. 58 sq.
2. Voir sur Lemellef, C. 1. L., p. 751 ; Cat, Maurétanie Césarienne, p. l'i; Bulletin du Comité, 1887, p. 139, n* 585.