‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 19 sur 266 · Long. 0™,82, larg · texte numérisé non relu

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cippe une de ces bandes fait exception : elle dévie légèrement vers la droite pour prendre la direction de l'axe de la tombe qui, on le sait, n'est pas exactement orientée comme l'église (voir la pi. V).

— Cette ditTërencc d'orientation peut elle-même être considérée comme une forte prépomplion en faveur de l'antériorité de la tombe par rapport à l'église tout entière. D'ailleurs, si l'on admet que l'épitaphc de Fabia Salsaest payenne, la question d'antériorité se trouve résolue.

Le monument de Fabia Salsa est donc certainement plus ancien que la mosaïque, et très probablement plus ancien aussi que l'église.

— Sous la dalle qui supportait le cippe j'ai trouvé une dizaine de petites monnaies de bronze très frustes dont deux Constantin I^' ' (les autres sont trop endommagées pour être identifiées) : ce qui prouve que ce monument est eu tout cas postérieur au début du iv* siècle.

Quand on l'entoura de la mosaïque dont je viens de parler, on entailla sur les côtés les bornes, et on les réunit par des bandes plates en pierre, qui servirent de limite à la mosaïque. Par-devant le cippe, les fragments de la mosaïque qui subsistent ne présentent pas les mêmes motifs que dans le reste de la nef. Il y a à cet endroit un raccord (voir la pi. V), dû à une réparation postérieure.

Ce tombeau de Fabia Salsa fut assurément très respecté des chrétiens de Tipasa. Ils en firent, pour ainsi dire, le centre de leur église ; quand ils ornèrent la nef d'une mosaïque, ils eurent soin de le respecter et dans cette partie de l'église ce fut le seul monument qui se dresscât au-dessus de la mosaïque»; plus tard, quand ils construisirent au milieu delà nef un socle pour supporter le sarcophage de la sainte, ils recouvrirent, il est vrai, l'ensemble du tombeau de Fabia Salsa, mais ils se gardèrent de le détruire ; nous verrons que la place qu'ils choisirent pour élever le socle et les dimensions qu'ils lui donnèrent dépendirent de l'existence de ce tombeau. C'est que Fabia Salsa, riche matrone comme nous l'apprend son épitaphe, était certainement de la même famille que la jeune sainte : l'apparition en ce lieu du cognomen de Salsa, si rare qu'on ne l'a

1. L'une a deux Victoires au revers; le revers de l'autre est fruste.

2. La construction dont il reste des traces à l'ouest du tombeau de Fabia Salsa, le cancel placé à la hauteur des quatrièmes piliers, le socle et la grille qui l'entoure, la tombe n" H, les colonnes placées en avant des piliers sont postérieurs k l'établissement de la mosa'ique dont ils coupent les dessins. Voir les chapitres suivants.

rencontré nulle part ailleurs', le prouve assez. Ainsi sainte Salsa fut ensevelie dans le lieu de sépulture de sa famille.

La tombe de P'abia Salsa a été violée et elle l'a été avant la construction du socle qui la recouvrit^. Le milieu du couvercle de la cuve a été brisé (voir la cassure, pi. V). Dans la cuve ellemême, je n'ai pas trouvé d'ossements ; je dois cependant faire remarquer qu'il n'est pas nécessaire de supposer pour cela qu'ils aient été enlevés; ils ont pu se fondre parmi les débris entassés dans la tombe. Elle a été en effet comblée, peut-être immédiatement avant la construction du socle. Parmi la terre et les pierres qui la remplissaient, j'ai trouvé : i" un morceau de granit ; 2° cinq morceaux de plaques de marbre (épaisseur variantde o™,o5ào™,o3) ; 3" quelques fragments de briques et de poteries vulgaires; 4" des fragments d'une lampe de terre jaune grisâtre, décorée sur le rebord d'une suite de postes en relief; 5» le fond d'une autre lampe ; 6° deux morceaux d'un vase de verre à parois très minces : 7" cinquante-quatre petites monnaies de bronze, presque toutes frustes. J'ai seulement reconnu : trois Constance II (Cohen, Monnaies impériales, t. VI, p. Si 3, n" 224; p. 319, n" 265 et p. 32o, n" 772); un Julien (?) ; deux Valens (Cohen, p. 420, n" 72) ; un Honorius (Cohen, p. 483, n» 54) ; un Arcadius (Sabatier, Monnaies byzantines, t. I, p. io5, n° 36); un autre Arcadius. Il est probable qu'aucun de ces objets n'appartient au matériel de la tombe, mais qu'ils y ont été tous jetés pèle-mèle lorsqu'on la comblait.

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