‹ Recherches archéologiques en Algerier /par Stéphane Gsell. Avec des planches exécutéesChapitre 212 sur 266 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Madadra (M'daourouch)

M'daourouch, l'ancienne Madaura, a été visitée déjà par plusieurs archéologues, en particulier par MM, Héron de Villefosse, Wilmanns et Masqueray-. J'ai fait dégager dans les cimetières antiques un grand nombre de pierres portant des inscriptions; quelques-unes aussi au milieu même des ruines de la ville, où elles avaient été employées comme matériaux de construction. Aucune de ces pierres n'a la forme d'un caisson. La forme la plus ordinaire est celle de la stèle allongée, mesurant im,5o à 2 mètres de hauteur (rarement moins ou plus). La partie supérieure de ces stèles se termine en général en pointe; d'autres sont arrondies. L'inscription est le plus souvent enfermée dans un cadre. Audessus, il y a très fréquemment des ornements en relief : un ou plusieurs croissants, une ou plusieurs guirlandes, des rosaces. On voit souvent aussi à cet endroit des bustes ou des personnages en pied enfermés dans des niches rectangulaires ou cintrées, quelquefois flanquées de deux colonnes. Parfois, le bas de la stèle est taillé en forme de talon pour être planté dans une inensa qua-

1. C. I. L., 4894 : L. Avianius, L. f{ilius), Quir{ina), Ma7-ceUw!, ciu[)]t{ate) Hipponiensis. Il s'agit plus probablement d'Hippo Regius que d'Hippo Diarrhytus.

2. Sur Madaura, voir C. I. L., p. 1609-1612 où l'on trouvera l'indication des travaux antérieurs; Tissot[-Reinach], Géographie de la province romaine d'Afrique, t. Il, p. 816. — Les principaux monuments de M'daourouch (fort byzantin, mausolée, thermes [?]) ont été reproduits, d'une mauière médiocre, par M. Chabassièrc, Recueil de Constant ine, t. X, 1866, pi. V, fig. 1 et pi. VII, 11 existe un plan de M'daourouch, inséré comme carton dans la feuille n" 7 de la carte qui a été dressée par le génie eu ISiiO et qui est mentionnée plus haut, p. 293-294, n. 1. — Mention de l'ethnique Madaurensis dans une inscription trouvée près d'Auraale : Ephemeris epigraphica, t. VII, n« 489.

UUATHIÈME PARTIE

drangiilaire qui oftVe, en avant de la mortaise correspondant à ce talon, des représentations en creux de plats ronds ou carrés». — A côté des stèles, on trouve aussi, mais moins IVéquommont, des autels quadrangulairos de i'",[)o environ de haut, présentant en haut et en bas d'élégantes moulures et d'ordinaire ornés d'une guirlande au-dessus de l'inscription funéraire. Stèles et autels sont en pierre calcaire. — Dans les deux principaux cimetières de la ville, celui de l'ouest (où ont été trouvés nos nos 521-626) et celui

^ au. cLi a- 1

Ouua

du sud (636-654), les tombes que surmontaient ces cippes étaient creusées dans le roc; quelques-unes se trouvent aujourd'hui à découvert : elles sont en général de forme rectangulaire et peuvent contenir plusieurs personnes. J'ai essayé d'en ouvrir d'intactes, mais ces caveaux sont fermés si hermétiquement et avec des quartiers de roche si massifs, qu'il aurait fallu un outillage

1. Cf. des mensae analogues publiées dans le Recueil de Constant ine, t. XXII!. 1884, pi. 1 et II, et dans Delamare, Exploration scientifique de l'Algérie, pi. 76 et 77.

2. N' 1. Fort byzantin. — 2. Mausolée. — 3, 3. Grande ruine (thermes?). — 4. Cimetière. — 0. Autre rimctière. — 6. Maison du caïd. — 7. Maison d.i clicikh.

INSCRIPTIONS DK KHAMISSA, DE M'DAOUROUCH, ETC. 357

spécial pour réussir dans cette opération : j'ai dû y renoncer'. Les Arabes trouvent parfois aussi à Madaure (im particulier, m'a-t-on dit, au sud-est du mausolée romain et presque en face de la maison du cheikh) des tombes où le mort est recouvert de deux rangées de briques plates, disposées en dos d'âne ; à l'intérieur on recueille quelques poteries : plats, oenochoés et lampes. J'en ai vu plusieurs : elles sont d'une technique assez fine. Je crois qu'on ne perdrait pas son temps ea faisant des fouilles dans les cimetières de Madaure avec des moyens de travail suffisants.

D'après les épilaphes, la proportion des éléments indigènes *lans la composition de la population semble avoir été plus restreinte à Madaure qu'à Thubursicum. Les noms qui ne sont pas romains apparaissent en plus petit nombre. En voici la liste :

Aris : n° 503 de ce livre.

Balsille : C. 1. L., '^m-j.

Bargeus : C. I. L., '176a.

Baric : C. I. L., /ly'îo; n"" 50'), G76. Barigbal : C. I. L., 4729.

Biricistus : n" 669.

Cronha : C. I. L., 4673, 4674.

r.ududup, Gududa : n°'6()8, fiafi.

lafic : n° fiai, lasuc : n" 61 1.

Lucitas : Maxime de Madaure, lettre insérée parmi celles de saint Augustin, 16 § a.

Massuricus : n" 640.

Miggin : Maxime de Madaure, Lettres de saint Augustin, 16 § a. Namgidde : n° («19.

Namphadora : C. /. L., 4743,

Namphamo, Namphame : n°^ 639, G67; Maxime de IHadaure, ibid. Ocar : n° 5oo.

Sala: n" 5a i.

Sanam : Maxime di; Madaure, /. c*.

Zabo, Zaba, Saba : n"' 5a8, 55a, 665, 55o.

1. Jfi no (Joute pas. pour ma part, que ces c;»vit6% dont quelques-unes sont à décou- \ert, ne soient des tombes, contrairement ù l'opinion de M. Masqueray, dont les efforts ont .Hé aussi Inutiles que les miens {Bulletin de Correspondance africaine, t. I, 1883 p. 295-296). ' '

i. Cf. C. I.L., 17297.

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