Archives des Missions, série III, t. II, ISTo, p
2. lia autre fragmeat qui se trouve chez M. Trémaux a pu apparteoir aussi à ce sarcophage. On y voit le ventre et les cuisses d'un enfant légèrement tourné à droite; par derrière une draperie tlottante, peut-être le voile qui entourait Séléné.
3. Sauf les deuv piliers ettrémes de derrière, élevés de 0",3i et de 0™,li, ils dépassent à peine aujourd'hui le sol.
LA BASILIQUE DE SAINTR SALSA, A TIPASA 39
Il nest pas douteux, pour moi, qu'il no l'aille reconnaître le tombeau de sainte Salsa dans ce sarcophage, placé au centre de la nef, élevé sur un socle qui le signalait de loin aux visiteurs, entouré d'une grille qui l'isolait et le défendait des curiosités trop indiscrètes, brisé plus tard par les ennemis du christianisme avec un acharnement sauvage. Ce sarcophage est payen et le sujet n'en est pas très chaste, mais il ne faut pas s'étonner qu on s'en soit servi pour y enfermer les restes de la sainte : on a déjà constaté ailleurs cet usage des chrétiens d'employer des sarcophages payens sans s'inquiéter des sujets qui y étaient représentés*.
Nous avons observé que, dans l'histoire de la basilique, le socle appartient à une époque relativement assez basse, et qu'auparavant les restes de la sainte semblent avoir été conservés dans l'abside^. On ne peut pas dire naturellement si le sarcophage placé sur le socle est le même que celui qui renfermait antérieurement le corps de Salsa ^ : c'est assez probable.
Les chrétiens des premiers âges éprouvaient de grands scrupules à déplacer les corps de leurs martyrs*. Pourquoi la dépouille de sainte Salsa a-t-elle été déplacée, et peut-on essayer de fixer la date de cette translation?
D'après les monnaies trouvées dans la tombe de Fabia Salsa qui fut comblée avant la construction du socle, on peut dire seulement quele socle n'est pas antérieur à latin du iv° siècle*. Nous avons vu que la mosaïque, antérieure au socle, semble être du milieu du Y" siècle °. Peut-être, en nous aventurant, il est vrai, sur un terrain bien peu solide, arriverons-nous à préciser davantage.
En 455, les Vandales s'emparèrent des Maurétanies et la domination de ces ariens fut peu propice à la construction et à l'embellissement des églises catholiques'. En 484, éclata la grande per-
I. Voir par exemple de Uossi, lioiua sotterranea, t. 111, p. 433-434; Msconti Bull, délia Commi.isione arckeologica di Roma, 1873, p. 1U4. Cf. Victor de Vite I, 14. — On évitait, cependaut, en général, de choisir des sarcophages payens à sujets mythologiques.
ri. Voir p. 30.