‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennes (volume 2)Chapitre 11 sur 43 · I. — CORFOU · texte numérisé non relu

I. — CORFOU

dea Chersopoli, hora Paleopoli, » qui est tout entier d'imagination, et où l'on voit les rues de la ville ancienne, les maisons, les édifices publics , le palais du roi Ghersocrate , la monnaie , le tribunal , les temples des différents dieux, les statues des empereurs romains , etc. ; il représente la presqu'île comme percée par un canal, que traversent deux ponts et un aqueduc au milieu.

Goodisson, dont le livre sur les îles Ioniennes est de 1822, parle de colonnes trouvées dans la mer à Perama (le détroit par où l'on entre de la mer dans la lagune de Khalikiopoulo) , et il renvoie au rapport des ingénieurs français (1) qui avaient commencé, en 1811, à creuser un fossé pour percer l'isthme, à l'entrée de la presqu'île.

» Sur tout cet espace (dans la presqu'île), dit Goodisson (2), il y a des fragments épars de colonnes cannelées, doriques pour la plupart, quelques-unes ioniques, des débris de poterie d'un excellent travail et avec de beaux ornements, des mosaïques, de grandes masses de pierres de taille et des fondations de grandes constructions.

» Les ingénieurs français, dit-il encore, rencontrèrent en creusant leur fossé , sur trois points , un aqueduc dont la source devait être au mont Sainte-Hélène (3). M. Prossalendi croit que depuis la construction de l'aqueduc les conditions topographiques ont dû changer, car à présent il n'y a pas de source à cet endroit. La ligne suivie par l'aqueduc conduit sur une colline plantée d'oliviers, qui descend par une pente raide à la baie de Govino (4) et où il n'y a aucune source. L'aqueduc alimentait la fontaine d'un temple dédié à Apollon. Une colonne oblongue, conique, de pierre, dont la moitié inférieure est cannelée et cylindrique [sic], marquait la place, avec l'inscription ^ooç IIuôaToç, en caractères très anciens.

» Cette colonne, d'environ douze pieds de haut, se trouve au musée de M. Prossalendi, avec d'autres fragments intéressants d'architecture et de sculpture.

» On trouva deux branches de l'aqueduc ci -dessus mentionné qui conduisaient à la base de la colonne , et auprès il y a un temple dont la place est marquée par les plinthes d'une colonnade quadrangulaire (5).

(1) J'ignore oU est ce rapport ; je ne l'ai pas trouvé à Corfou.

(2) Par le signe » « j'indiquerai ici et ailleurs que je ne fais pas une citation textuelle, mais un résumé.

(3) Les personnes à qui je me suis adressé à Corfou n'ont pas pu me dire quelle était la colline qui portait ce nom.

(4) Au N.-O. de la ville actuelle.

(5) Quel est ce temple ? est-ce celui de Kardaki (v. ce qui suit) ? Les rensei-

» Beaucoup de monnaies et d'inscriptions précieuses sont entre les mains de familles vénitiennes. «

Détails sur Corfou (1826), p. 131 et suiv. :

» Sur l'emplacement de l'ancienne ville , on voit partout des murs et des restes de bâtiments. Les plus beaux dans ce genre sont un temple et des réservoirs d'eaux, dernièrement découverts

par un simple hasard On a trouvé des têtes de marbre bien

conservées, beaucoup d'images sculptées sur des urnes, beaucoup de médailles, etc. On a aussi découvert , à dix paumes sous terre, une statue d'Ilithye du plus beau style. «

Le temple auquel le baron Teotochi fait allusion est sans doute le temple dorique trouvé à Kardaki (forme italienne : Cardachio), au-dessus du rivage E. de la presqu'île , par des ingénieurs anglais, en 1822. Sur la découverte de ce temple, voyez : Railton, The newly discovered temple at Cadachio [sic] , dans le 4* volume (volume supplémentaire) des Antiquities of Athens and other places in Greece, Sicily, etc., Londres, 1830. Cf. un article de Lunzi^ traduit en allemand par Brônsted, dans le n» 73 du Tûbinger Kunstblatt de 1823 (je ne connais ce dernier article que par les citations qu'en donne l'édition allemande des Antiquities of Athens) (1). Voici comment Railton rapporte la découverte du temple :

» En 1822, les sources de Cardachio (sur la pente E. de la chaîne de collines qui forme la presqu'île) , où la flotte anglaise allait prendre de l'eau, étant beaucoup plus pauvres que de coutume, le colonel Whitmore fut chargé de faire des fouilles. Ce. fut à cette occasion qu'où découvrit les ruines d'un temple dorique orienté de l'E. à ro.; du côté de l'O. les colonnes étaient encore en place; il en restait cinq du côté S. et deux (2) du côté N., mais en très mauvais état. Des murs de la cella deux assises seulement étaient conservées. A l'intérieur du temple, il y avait des restes bizarres, peut-être d'un autel (3). Le reste du temple était tombé dans la mer avec la pente rocheuse qui le supportait (4). «

gnements que donne Goodisson sont toujours assez confus et l'on ne peut jamais s'y fier entièrement.

(1) Bursian renvoie encore, pour le temple de Cardachio, à Krell , Geschichle des dorischen Styls, Stuttgart, 1870.

(2) Trois selon Lunzi.

^3) Selon Lunzi, cette petite construction, divisée en deux. oU arrivait un canal souterrain, ne pouvait pas avoir servi seulement d'autel ; — selon Bursian , elle aurait peut-être servi à prendre des bains (?).

(4) Outre ces restes , décrits par Railton , Lunzi mentionnait , paraît-il , deux marches, un mur de la cetla, haut de 0 pieds, et d'autres débris encore.

Page 1