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phalte , de la chaux ou de l'argile ; ailleurs , le couvercle ne tenait pas du tout au vase. On trouva aussi des vases en forme de mortier , contenant des os calcinés et recouverts de demi-coupes en cuivre , dont les bords avaient été recourbés à coups de marteau. Un vase à vin de capacité extraordinaire , rempli d'os calcinés, de gravier et de charbon, était brisé et rajusté au moyen do vergettes de plomb, passées dans des trous pratiqués dans les fragments contigus et unies deux à deux en dedans et en dehors par des traverses également en plomb. Ce vase avait dû servir d'abord aux usages domestiques ; puis , comme il avait été brisé , on l'avait raccommodé et utilisé comme vase funéraire. Un autre de ces vases avait pour couvercle une pierre circulaire et creuse , renversée , qui avait dû servir à l'origine pour presser des olives ou du raisin.
» A part ces vases, on rencontra peu d'objets curieux : des morceaux de verre émaillé à plusieurs couleurs; un miroir en petits morceaux, sans aucune figure ni inscription ; un bracelet de cuivre formé d'un serpent qui faisait différents tours sur lui-même , et en grande partie rongé par l'oxydation. Au bas delà pente, on trouva un grand sarcophage de marbre avec un couvercle en forme de fronton ; il n'y avait ni bas-relief, ni inscription ; au dedans étaient des os et trois vases à vernis noir , très fins et très légers , mais sans figures.
» Enfin, à peu près au niveau de la mer, sur le sol primitif, on découvrit le célèbre tombeau de Ménécrate , et non loin de là la lionne archaïque, qui est aujourd'hui au palais. Du côté opposé, on trouva une autre grande base , également quadrangulaire , destinée sans doute à supporter aussi quelque oeuvre de sculpture ; il n'y avait au-dessous aucune fosse , et l'on peut supposer qu'elle avait peut-être quelque relation avec l'épitaphe d'Arniadas, qui fut mise au jour près de là , ainsi qu'une grande jarre enterrée dans le sol et contenant une belle uSpta, à vernis noir, pleine d'os brûlés. Encore plus près de la ville ancienne , une belle amphore renversée , brisée au milieu , servait de couvercle à une ôSpta semblable à la précédente et contenant également des os. Ce qui est plus remarquable , c'est que dans le sol du môme terrain plat, à deux pieds de profondeur sous la base du monument de Ménécrate , on trouva encore des jarres immenses et d'autres vases , surtout dans quelques jarres de beaux vases peints de style phénicien ou égyptien , quelques-uns avec des figures humaines en noir ou en rouge foncé sur fond jaune et rouge. Il y avait aussi deux fûts de colonnes doriques brisés.
» On fit ensuite une tranchée profonde partant du pied de la colline et se dirigeant vers la mer; on rencontra d'abord des tombeaux de gens du peuple , puis au-dessous une rangée des vases à vin habituels , avec du sable et du gravier à l'intérieur , ainsi que des os et des crânes.
» Un bon nombre des jarres, des vases et des autres restes antiques se perdirent, jusqu'à ce qu'on prit soin d'en déposer une partie au musée du gymnase et au palais. «
Pour compléter ces renseignements , nous donnerons un résumé des articles publiés par Orioli , pendant l'année 1846 , sur la continuation des fouilles de l'ancienne nécropole et sur d'autres fouilles faites en divers endroits de la ville ancienne :
N» 68 (18 avril) (1). — » Fouilles de la nécropole ; découverte de l'inscription d'Arniadas.
N" 70. — » A un endroit qui devait être un faubourg de l'ancienne ville , près de Sainte-Euphémie , on trouve , en creusant , des restes de vases très fins de terre et de vernis, avec de très belles figures en noir, représentant des sujets bachiques (Satyres, Bacchus barbus , etc.) ; le tout était en morceaux et ne provenait pas d'un tombeau ; peut-être y avait-il là , à une époque très reculée, une fabrique de. vases.
N° 74. — j) Près de Sainte-Euphémie, on déterre un vase avec environ 150 monnaies d'argent, que celui qui les avait trouvées s'empresse de vendre. D'après ce qu'on a pu savoir , c'étaient des monnaies de différents modules , pesant en tout 23 colotmati ; elles appartenaient à l'époque de l'autonomie ; il y en avait d'Epire, de Gorcyre, de Leucade et des colonies corinthiennes d'Acarnanie ; quelques-unes présentaient des types inédits.
» En creusant la nouvelle route qui, au-dessous de Sainte-Euphémie , va droit à la mer , au pied de la coUine où devait être l'ancienne acropole, on rencontre un tombeau, profondément creusé dans le tuf sablonneux , avec des os. Tout autour, on trouve des fragments de vases d'un art plus avancé que ceux des autres tombeaux découverts précédemment : pâte très fine ; figures noires, gracieuses, sur fond rouge-jaune; vernis brillant à la façon des vases de Noie ; scènes bachiques : Satyres , Dionysos couronné de pampre, assis, avec une corne à boire; le tout en morceaux. La plupart de ces vases étaient des tasses. Il y avait aussi une pofjiêuXyi d'un très beau verre bleu , presque entière , à pâte un peu granuleuse.
(1) La gazette ionienne paraissait une fois par semaine.