ANTIQUITÉS CONSERVÉES DANS LA VILLE DE CORFOU
Lionne archaïque. — Sur la découverte de cette lionne , voyez plus haut, p. 23. Elle a été portée, par les soins de M. Romano, à l'entrée des salles de réception du palais royal. Ce monument, qui est d'une haute importance pour l'histoire de l'art grec, et qui n'était connu jusqu'ici que par de mauvaises lithographies, a été publié récemment dans les Comptes rendus de r Académie des inscriptions et belles - lettres , 1876 , p. 271 , d'après une photographie que j'ai fait faire pendant mon séjour à Corfou. On trouvera au même endroit la lettre dont M. Dumont , directeur de l'Ecole d'Athènes, a accompagné l'envoi de cette photographie.
L'intérêt de ce monument est qu'il est très ancien et semble appartenir à l'époque de transition entre l'art oriental et l'art grec original. I^e caractère général de la sculpture, où il y a fort peu de détails anatomiques indiqués , et l'expression fixe , étrange de cette tête lourde et massive , entièrement dépourvue de vie , font penser à l'art oriental. D'autre part, cette même tête témoigne déjà d'un travail original ; elle est légèrement inclinée à droite , ce qu'on peut considérer comme un effort pour donner à la sculpture un peu de mouvement ; de plus , contrairement à la manière dont est traité le reste du corps , l'artiste s'est appliqué pour la tête à marquer la structure osseuse et les replis de la peau ; mais la raideur et la dureté grossière avec lequel ce travail a été fait dénotent un art encore très primitif.
Musée du gymnase. — C'est une espèce de magasin , où tout est pêle-mêle. Voici le catalogue des objets qui s'y trouvent :
42 RECHERCHES ARCHÉOLOGIQUES SUR LES ILES IONIENNES. § 11. — A. INSCRIPTIONS.
Elles sont toutes publiées dans Mustoxidi.
N° 1. — Must., iioCIV, avec fac-similé. Ross, Jahrbb. f. Phil. u. Pàd., t. LXIX, fasc. 5 {fac-similé). Archdol. Zeit., 1846, n" 48 {fac-similé) (1).
Grande plaque de pierre quadrangulaire , cassée en deux morceaux; celui de gauche a 0'"85, celui de droite l'"07 de long. Hauteur, 0""55. — L'inscription estéci'ite pouuTpoîpïiSov. — Au-dessus et au-dessous de chaque rangée de lettres, il y a une ligne finement tracée déterminant la hauteur dos lettres. — Sur la découverte de cette inscription , voyez plus haut, p. 23.
Ci-joint un nouveau fac-similé.
2ajjia ToSe 'ApvtàSa • j^apoTioç tovS' oXeaev (^^= wX.) 'Apec (^= -y)?) ,
Papvdtjxsvov Trapà vaualv Iti' 'ApaOOoto pHoFaTcrt ,
itoXXov (= wv) àptcxeuTOvra [sic) xaxà axovoFeaav «Furav.
A en juger par mon estampage, il n'y a pas de points au milieu des O, si ce n'est peut-être dans papvajxevov.
No 2. — Must., LXXXVI. C. I. G., 1877. Archdol. Zeit., l. l. f»ooç ITuOaToç.
Caractères archaïques ; ^ = p , Q = o ; 0 carré, avec doux diagonales.
Cette inscription se lisait sur deux colonnes trouvées en 1813, « près de la colline où était située la chapelle de la sainte Vierge in Neranzica ; comme non loin de là on déconvi-it des bases d'au-
(1) Sur l'alphabet des inscriptions l-i, v. Kirchhoff, Stud. z. Gesch. d. gricch. Àlph.. p, 92-94 de la 3« éd., et cf. plus haut, p. 31.