‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 118 sur 136 · II. — Sur les hauteurs · texte numérisé non relu

II. — Sur les hauteurs

La montagne de Palseokastro ou Paliokastro se rattache au massif de montagnes central, mais elle est plus élevée que le niveau moyen de ce massif, et elle forme un sommet isolé, entouré par des ravins de tous côtés; des pentes rocheuses , surtout à l'E., au N. et au N.-O., le rendaient facile à défendre. Les murs de l'ancienne acropole se voient sur la pente E. de la montagne, un peu plus qu'à mi-côte, au-dessus de la vallée dont l'extrémité S.- E. s'appelle Paliopoli. Ces murs, qui ont environ 3'",70 de hauteur actuelle à l'endroit où ils sont le mieux conservés , sont faits de gros blocs de rocher (en moyenne 1 mètre de longueur, 0™,55 de hauteur) qui semblent n'avoir jamais été taillés; les vides sont comblés au moyen de petites pierres. Cette muraille , interrompue çà et là par des roches naturelles , s'étend sur une

(l) Les gens de Cérigo croient qu'à Kastri il y a des trésors cachés; mais ces trésors sont gardés par des géants , et pour faire des fouilles il faudrait le concours d'une personne qui connût « la science de Salomon {ii SoXoiiwvixi^) » et pût commander aux démons. Autrement, il est dangereux de faire des fouilles, témoin l'histoire suivante, que le maître d'école de Mitata me raconta très sérieusement : Un paysan , passant un soir par Kastri , fut arrêté par des démons qui avaient pris la figure de soldats; ils le conduisirent dans une salle souterraine brillamment éclairée, où leur chef siégeait sur un trône; le chef des démons demanda au paysan t pourquoi les hommes ruinaient leurs tombes, » et nul doute qu'on n'eût fait au malheureux un mauvais parti , si une femme , la sainte Vierge évidemment, ne fût intervenue et n'eût fait sortir le paysan, qui resta longtemps malad.e de la frayeur qu'il avait eue.

longueur d'environ cinq cents pas; on ne voit aucune trace de mur semblable ni sur les côtés N.-E., N., N.-O. de la montagne, où les rochers rendaient peut-être un mur de défense inutile, ni du côté S. et du côté O. , où tous les terrains sont cultivés et où les traces du mur d'enceinte ont dû disparaître.

Sur le haut de la montagne est l'église des "Ayioi 'Avapyupot (Saint-Cosme et Saint-Damien). Les murs de cette église sont faits de gros blocs de tuf, qui doivent être antiques (1). A l'intérieur, on voit quatre colonnes doriques, qui sont badigeonnées en partie, ce qui empêche de reconnaître certains détails. Trois de ces colonnes sont pareilles , à ce qu'il semble ; la première à droite , en entrant , a un chapiteau d'un style différent. Du reste , toutes ' les quatre paraissent être d'une mauvaise époque. Dans le bas de la seconde colonne de gauche, on distingue des restes d'un revêtement en stuc. Les colonnes ne sont pas cannelées, et l'on ne voit pas non plus de traces de cannelures sur ce fragment de revêtement. On trouve aussi dans l'église plusieurs tambours de colonnes , un chapiteau dorique , pareil à celui des trois colonnes semblables, qui sert d'autel, et deux autres morceaux de chapiteau.

Le terrain de Malakos , l'endroit appelé 'ç raTç xoXrfwatç, c'est-àdire l'emplacement présumé du temple d'Aphrodite , est au-dessous des "'Aytoi 'AvapY^poi, sur la pente S.-O. de la montagne. C'est un petit plateau , d'environ cent pas de long sur soixante de large , d'où l'on voit le mont Saint-Georges , la mer , Cérigotto et la Crète. Aujourd'hui il n'y reste plus le moindre vestigQ d'antiquité , si ce n'est les gros blocs de tuf qui ont servi à bâtir une maison qui se trouve là. On a découvert , à différentes reprises, des objets antiques dans ce terrain , entre autres deux monnaies d'or de Philippe et d'Alexandre. Un puits situé dans le terrain au-dessus passe pour être antique. C'est dans les environs qu'on avait trouvé , quelques années avant mon passage à Gérigo , une belle tête de jeune fille en bronze, dont beaucoup de personnes m'ont parlé dans l'île; cette tête aurait été vendue au Pirée pour près de deux mille drachmes. J'entendis aussi raconter que dans le terrain des xoXowatç "on avait découvert des statues de marbre, mais qu'on les avait cachées dans un puits (?). Sur toute la colline de Palseokastro , on h trouvé différents objets antiques , entre autres , selon M. Gavallini , beaucoup de vases en verre.

(1) Sur une hauteur qui est séparée de la colline de Paliokaslro par le ravin de Kalamitsi se trouvent les églises de Saint-Basile et de Saint Nicolas , qui , paraît-il , sont aussi bâties en partie avec des blocs de tuf antiques.

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