‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 20 sur 136 · I. -<• GORFOU · texte numérisé non relu

I. -<• GORFOU

» Le comte Zancarol , dans un terrain qui lemble avoir été situé à l'extrémité de la ville «ancienne , du côté de Kastradhis , a trouvé une partie de l'enceinte extérieure des murs ou peut-être une partie d'un môle.

» Continuation des fouilles de la nécropole.

» Une partie de la mosaïque mentionnée ci-dessus est brisée par un tombeau que l'on considère comme chrétien ; c'est un compartiment quadrangulaire dont le haut est juste à fleur de terre. >N<> 83 (30 juillet). — » Continuation des fouilles de la nécropole. On trouve différents vases, entre autres une belle olpé ou nasiterna avec des peintures en forme de bandes sur un fond de terre naturelle cendrée; style égyptien ou phénicien : tigres et sphinx. Couvercle triangulaire «en forme de chapeau de prêtre catholique.» On découvre aussi des fragments d'autres vases du même style, mais d'une exécution plus soignée : sur un fond grisâtre de terre natu" relie , des tigres entre des fleurs , des sphinx , des oiseaux aquatique. On remarque surtout une bande avec des cygnes , peints en rouge d'ocre sur noir, et une anse avec des grecques peintes, qui sont fort belles.

» On trouve aussi un fragment de figurine en terre cuite , qui représentait un animal, peut-être un jeune bœuf.

» Sous la portion de mur d'enceinte que le comte Zancarol avait découverte , on rencontre du sable de mer, ce qui prouve que ce terrain a été conquis sur la mer et date d'une époque relativement récente. «

Vischer, p. 23 et suiv., parle d'une nécropole différente de celle du tombeau de Ménécrate , située beaucoup plus à l'O. , à peu de distance du fond de la baie de Khalikiopoulo ; on avait trouvé à cet endroit, dit-il, beaucoup de sarcophages de pierre, dont il vit encore plusieurs sur le terrain. Mustoxidi lui apprit aussi qu'on avait trouvé du même côté de petites inscriptions funéraires, greo* ques ou romaines, ainsi que des monnaies romaines. Cette seconde nécropole aurait donc été d'une époque beaucoup plus récente que l'autre (1).

§ 8. — ÉTAT ACTUEL DB l'bMPLACEMENT DE l'aNCIENNE VILLE.

liCsjrestiges antiques qui subsistent encore sont pour la plupart insignifiants.

(l)Cf. plus loin, fin du § 11.

Tombeau de MiBécrate. — En sortant de la ville, à l'entrée du faubourg de Kastradhis (ou Garitsa) , on aperçoit le célèbre tombeau de Ménécrate, qui a été laissé en place. Ce tombeau ayant été souvent décrit, je renvoie, pour plus de détails, à Mustoxidi, GUI , p. 374 et guiv. ;.ArchàoL Zeit,, 1846, n© 48; Ross, Jahrbb. f. Philol. u. Pàdag,, t. LXIX, fasc. 5. Chacun de ces articles donne un fac-similé de Tinscription grav|© sur le tombeau.

Le tombeau de Ménécrate , dont le dessin a été plusieurs fois publié, est une assez grande masse cylindrique (1), élevée sur uni marche et composée de six assises de pierre ; l'assise supérieure est en saillie ; le tout est surmonté d'un tronc de cône. Aujourd'hui la partie inférieure du monument est de nouveau enterrée.

Les blocs dont se compose la masse cylindrique sont bien taillés; les joints sont parfaitement verticaux et très exacts; il n'y a pas de ciment. Les blocs sont de dimensions inégales ; un des plus longs forme un arc de 1™ 63 de long, la hauteur de l'assise étant de 0*23. Les joints alternent avec les pleins.

L'inclinaison du tronc de cône est très faible ; sa base supérieure est un petit espace plat; les plaques qui forment la surface du tronc du cône sont inégales de dimensions et irrégulières de forme ; il y a des endroits où elles sont unies avec de la chaux (ajoutée récemment?).

L'inscription est gravée aordessous de- l'assise qui fait saîjlie ; ]

elle forme sur le monument une seule ligne , qui se lit en allant j

de droite à gauche tout autour de la masse cylindrique. La plan- |

che 2 jointe à ce mémoire reproduit le fac-similé de Mustoxidi, I

auquel nous avons fait les corrections suivantes :

Le point au milieu de la lettre se rencontre ligne 1, lettre 13 ; ligne 2, lettres 1 et 23; ligne 5, avant-dernière lettre, et^à ce qu'il me semble , ligne 6 , lettres 24 et 28 ; ailleurs, O sans point paraît certain, par exemple ligne 3, lettre 8 ; même ligne, lettres 13 et 23, le point est douteux. A la fin de la première ligne, je n'ai pas vu les trois points que donne Mustoxidi.

Ligne 3 , lettre 9 et lettre 30 , la forme du \ et celle de W sont inexactes chez Mustoxidi.

L'inscription étant exposée à toutes les intempéries de l'air, il y a toute une partie , très lisible autrefois , qui ne l'est plus maintenant.

Ainsi ligne 2, les lettres 27, 30, 33 sont effacées en partie.

(1) Diamètre, environ 16 pieds anglais, d'après une lithographie &ite à Gorfou.

Bitt.<ies£c . Fr.<l*AtKèn e s et de Home

Bicmaim , Grf on..? l . 2

yiir^

Emi! ■t.'Du) rbifJidite ur.

£Hiiird. So.

r. — CORPOU. 31

Ligne 4, la lettre 1 ne se distingue plus; — après la lettre 17 , jusqu'à la fin de la pierre , il reste un espace de 0'"25 où Ton ne distingue plus rien.

Ligne 4-5 : sur tout le cinquième bloc , on ne distingue plus rien, si ce n'est, avec assez de peine, les lettres 10-11 et 13-17 de la ligne 5 ; — sixième bloc : les neuf lettres suivantes ne se distinguent que très difficilement; les huit lettres qui viennent après, difficilement.

Ligne 6 : les lettres 1-4 se distinguent difficilement, 5-6 (fin du sixième bloc), très difficilement; 7-11, difficilement; le reste (fin du septième bloc et commencement du huitième) est très lisible.

O Huiou ThxaioLFo MevexpdtTeoç ToSe (rafjia [ • ] Olocvô^oç (= -£(«)ç) Yfiveav • ToSe S'aôrot (= -wi) SSjiLOç ItcoUi • TEç (= ^ç) Y^p TcpiÇevFoç Safxou cp(Xoç , àïX Ivl '7c^vto[i • ] (= wi)

^TO (== J^XsTo) ' 5a(Ji^<riov $exa [!]

npaîi|iiiveç (= -7)ç) ô'aÔToi (= -wi) Y[a(a]ç àfth itaxpfôoç Ivôbv (= wv) • œI*v 8dt(jL[o]i (= -wi) ToSe (rS|Jia xadiY^^xoio (= xadiYvi^T.) «oviôe (== tcovi^ôy)) •

Cette inscription appartient à l'alphabet corcyréen primitif, ainsi que l'inscription d'Arniadas (§ 11 , n® 1) et celle de Xenvarès (§ 13) ; l'alphabet des n*»' 2 , 3 , 4 de notre § 11 est d'une époque beaucoup plus récente, v. Kirchhoff , Studien zur Gesch. d, griech. Alph, (3^ éd., 1877), p. 92-94.

Poui' le commentaire et pour • les différentes restitutions du vers 4 qu'on a proposées , voyez les articles cités plus haut.

Chapelle de Neranzica, — Plus au S., vers l'entrée de la presqu'île, du côté de la baie de Khalikiopoulo, derrière le cimetière grec, on rencontre la chapelle ruinée de Neranzica \ deux des murs de cette chapelle , faits de blocs de pierre de dimensions inégales , mais taillés régulièrement et ajustés avec soin , sans ciment , ont peut-être appartenu à une construction antique.

A gauche de l'entrée de la chapelle , dans le mur moderne , est encastrée une pierre portant une inscription mutilée et très effacée. Le haut et la gauche manquent. A la ligne 1, il y avait peutêtre [I]twv; à la ligne 2, [/}oLi{?)^iZi, Puis, après une ligné en blanc, on distingue, après d'autres lettres effacées, AE. Ce semble avoir été une inscription funéraire.

Au-dessous de la butte de terre où est la chapelle, vers la mer, on voit un fragment de mur (byzantin ou vénitien ?), fait à la chaux et d'une très bonne construction, avec des trous quadrangulaires

32 RBCHSRCHB8 ABCHÉOLMfQmES SDR LBS ILBS lORISNlIBS.

pratiqués dans son épaisseur et des traces d'autres murs qui partaient du premier à angle droit pour aller vers la mer. Suivant la tradition populaire, qui n'a pas grande Taleur, un fer, autrefois fixé dans ce mur, aurait senri anciennement à attacher les bateaux, dans un temps où la mer venait jusque-là.

Église de Palxopoli. — En allant de là vers VE., on rencontre les traces du fossé creusé par les Français pour percer l'isthme ; au delà de ce fossé, au S. du faubourg d'Anemomylos, qui prolonge à TE. celui de Kastradhis, se trouve l'église de Notre-Dame de Palaeopoli. De chaque côté de la porte moderne est encastrée dans le mur une colonne ou plutôt , à ce qu'il me semble, une demi-colonne corinthienne antique. La distance d'une colonne à l'autre est de 2"» 58. Le périmètre de la demi-colonne est de 0^2. Les deux colonnes ne sont pas cannelées entièrement, mais seulement sur une longueur de 1"62 à partir du chapiteau. Au-dessous , la concavité des cannelures est remplacée par des siufaces convexes , et les listels plats , par de petits arcs de cercle également convexes; cette partie non cannelée a, au-dessus du sol actuel , où les colonnes sont enfouies , une hauteur de 1"45. Les deux colonnes sont d'une pièce; les chapiteaux forment deux morceaux séparés ; ils n'ont pas de volutes. Au-dessus, l'entablement antique, formé de deux assises (architrave et frise; corniche), est conservé ; chacune de ces assises est composée de trois blocs. Le tout est en marbre.

Sur la frise et l'architrave il y a l'inscription suivante , qui jK)rte le nom de Fempereur Jovien (Mustoxidi, p. 406. C. L G,, 8608) :

puis au-dessous, en lettres beaucoup pins petites :

IKoTiv ijtàyf ^affiXcov épLc5v [Asvecov 9uvlpi6ov , 9ol , (xdcxap 6(j/((Ai$ov , t(^v5' tep^v ixxKTOL vv)<Sv , *£XXi{v(ov TefAivY) xal ^[iiobç èlakctizd^a^ , j^etp^ç dtir' oÔTtSavri; ïoêwcvbç ffîvov dfvaxTi.

Forme des lettres : C , £ , w , 2 (= 5) .

Le vers 1 et le vers 3 sont gravés à gauche , l'un au-dessus de l'autre ; le vers 2 et le vers 4, pareillement à droite. Le vers 1 est précédé et les vers 2 et 3 sont suivis d'une croix.

Page 1