‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 51 sur 136 · TEXTES ANCIENS RELATIFS A LA GÉO&RAPHIE DE GÉPHALONIE · texte numérisé non relu

TEXTES ANCIENS RELATIFS A LA GÉO&RAPHIE DE GÉPHALONIE

Géographie physique.

Strabon , 10 , 2 , 15 , décrit ainsi l'île de Céphalonie : ... jxaxpàt

S' dviqxouffa Tcpoç Eupov, ôpeivi^ • [x^yiotov S* opoç Iv aÙTTÎ <ATvoç>> ? ^v ^ to Atoç AivTjffiou Î6p<Jv • xaô' S Si crcevwTaTY) lorlv ^ vtjotoç , xaTceivbv îoôfxbv TcoteT, âffô' ôicepxXuÇeorôai TcoXXàxiç Ix ôaXàrniç eîç ôaXarrav • TrXyjarfov S' elarl'Twv crrevcov Iv Tcjj x(^'77(p Kpavioi Te xal IlaXeTç.

Cette dernière assertion paraît tout à fait extraordinaire : il n'y a dans l'île aucun endroit pour lequel elle puisse être vraie ; l'isthme que semble désigner Strabon serait celui de 'Ayiàt Kupiax^ qui rattache la presqu'île de Paliki à la masse principale de l'île ; mais cet isthme est à plus de 500 pieds au-dessus du niveau de la mer. M. Migliaressi a émis l'hypothèse que l'île de Vardiani (Guardiana), qui est au S. de la presqu'île de Paliki, était peut-être réunie dans l'antiquité à cette presqu'île par une langue de terre mince et basse que la mer aurait fini par emporter (3) ; mais dans

(1) Elle a 7 à 8 pas de long sur 4 à 5 de large.

(2) A ce qu'il m'a semblé, l'amplitude de l'oscillation n'est pas constante.

(3) Une objection à faire à cette hypothèse , c'est que Pline nomme déjà , comme se trouvant « ante Cephalleniam », l'île de Letoia (cf. Ptol., 3 , 14 , 13, i\ A(OT(^a vijffoç , long. 47° , lat. 36" 45 ') , qui doit être Vardiani , puisqu'à part cette île^ il n'y a près de Céphalonie que des îlots insignifiants. Il est donc plus probable que Strabon n'a pas vu lui-môme l'isthme dont il parle (celui de *AYià

10 RBGHERGHES ARGHÉOLOaiQUES SUR LES ILES IONIENNES.

ce cas Strabon aurait commis une erreur : car cette langue de terre n'eût pas été dans la situation qu'indique le texte de Strabon.

L'ATvoç avec son sanctuaire de Zebç Xhiaioç est aussi mentionné par le scholiaste d'ApoUonios de Rhodes, B, 297.

Etienne de Byzance : Bâta • ^poç KecpaXXy)v(aç (1). — Les Céphalléniotes d'aujourd'hui identifient cette montagne avec le mont ^A^tà AuvaxT^ (à l'O. de la baie de Samos) ; c'est une identification qui ne repose absolument sur rien.

Aristote, Hepl rà ÇÇa tdToptwv O', 28, 1 : xa\ Iv K6çaXXy)v(^ irorafxèç Sieipyet, o5 eicl Ta§e fxàv y^vovrai TérriYeç, lir' Ixetva S'oô Y{vovTat. — Bur-

sian pense que ce doit être le ruisseau qui se jette dans la baie de Samos ; mais je ne vois pas pourquoi ce serait celui-là plutôt qu'un autre.

Aristote, Ileplôaufxacr. àxou<Tfji., 9 : atlv KeyaXXyivC^ oHytç où tcCvou- (Tiv, to)ç lotxev, ôiTTcep xal xdfXXa TeTpdtTuoSa, xaô' %£pav Bk Tupbç t^ izSkoLyoç àv- Tia Ta TupoffWTua Tuon^aracrai j^aoxouariv eiffSej^c^fAevai ri Tcveufxara, Une ancienne traduction latine , d'un auteur inconnu (v. éd. de Berlin , t. III, p. 403), porte : « in Cephalenia non bibunt caprae diebus singulis , ut videtur, pro reliquorum quadrupedum more , sed ad flantem auram conversae hiantesque hausto vente reficiuntur. » Le traducteur latin lisait , paraît-il : wffTtep xal xaXXa TeTpdcTtoSa , xaô' ^fjiipav, Tcpoç Bk xo Tcikctyoç, etc., ce qui donne en effet un sens plus satisfaisant.

Cf. Élien, Uepl Çc^ov, 32 : aTyeç Bk ofpa aî KecpaXXYjvfôeç oô 7c(-

vouoriv fXYivGv IÇ. Valère-Maxime , 1 , 8 , 18 : « aut in Cephalenia insula , cum omnia ubique pecora haustu aquae cotidie recreentur , in ea pecudes majore ex parte anni ore aperto ex alto ventes recipientes sitim suam sedare. »

La même croyance est mentionnée aussi par Loverdos (v. également, p. 17, le passage de Bondelmonte). Les bergers de Céphalonie assurent encore aujourd'hui que , lorsque leurs chèvres ou leurs moutons ne passent pas tout l'hiver enfermés dans des étables et trouvent au dehors une nourriture humide , ils ne boi-

Kupiaxi^) et qu'il s'est laissé conter quelque fable. — Cette fable est répétée dans Vlsolario de Benedetto Bordone, Venise, 1534 : u ... et la parte che à l'ostro è posta è tutta montuosa et fra tutti uno ve ne altissimo, dove il tempio di Jove Enesio era, et appresso il detto monte è tanto bassa et stretta , che moite volte da l'una à l'altra parte il mar trappassa. »

(1) KefaXXiivCa est l'orthographe ordinaire, v. Rangabé, ArU. hell.j n° 381, ligne 6 (01. 100, 3), et cf. Ëustathe, Iliad. B. 631. Od. B, 105 ; Ke<paXY)vCa se rencontre dans des inscriptions d'une époque postérieure, C. L G., 340. 6190 b.

Page 1