‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 56 sur 136 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

en présence des paysans qui se sont attroupés pour voir « Pétranger », il exprime ses opinions sur les antiquités du pays, sur le nom ancien de Tendroit, etc. ; toutes ses paroles sont recueillies et deviennent un article de foi pour ces gens ignorants, pleins de respect pour un homme qui a lu tout ce qu'il dit a dans les livres »; qu'un autre voyageur passe dix ans plus tard au même endroit, il rencontrera une « tradition populaire » très bien établie, et il aura peut-être la naïveté de la prendre pour un souvenir des temps antiques.

Dû reste l'imagination des Grecs est prompte à voir des restes de constructions submergées là où il n'y a que des bandes d'écueils à fleur d'eau. Peut-être le Dulichium de Pouqueville est-il tout simplement le banc d'écueils de Kakava, sur la côte S.-E. de Céphalonie, dont nous aurons occasion de parler plus loin.

Bondelmonte, Liber insularum Archipelagi^ p. 58 :

« ... cujus in medio mons elatus erigitur, hodie Léo (1), sine flumineque scaturiginibus aquarum dicitur. In quo multitude fagorumque pinorum per circuitum insurgunt, et, quod plus est, silvestria non pauca errantia sine potu et nusquam aquam invenientia ore aperto auram e montibus recipiunt in potum aestate

illa Ad occiduum ergo Viscardus portus, a Roberto Viscardo,

domino Apuliae, dictus, apparet. In qua olim Petilia, ubi Ghilon , Lacedaemonius philosophus , aliquibus annis stetit , ut dicit Epiphanius Cypricus, et tantse exstitit auctoritatis industriaeque quod in templo ApoUinis aureis litteris haec scribi fecit : Nosce te ipsum Contra vero Ithacam Samus est. »

Cette prétendue ville de Pétille est aussi nommée par Porcacchi, p. 96 : '

« Al capo di Guiscardo ch' è nella pertinentia d'Erisso vedesi à marina che similmente vi fu una città chiamata anticamente Petilia ed al présente v' ha in esser moite ruine d'edificii. »

Je ne sais pas quelle est l'origine de cette croyance (2).

(1) L'Atlas de Bory de Saint- Vincent appelle également l'^Enos monte Leone, Selon M. Wiebel, lequel, il est vrai, ne cite pas ses autorités, ce nom aurait été en usage à Tépoque vénitienne. Si le fait est vrai , ce nom de monte Leone provient peut-être d'une traduction inexacte du nom de Eleo (ou Léo, v. Goronelli), que porte un district situé à l'extrémité S.-E. de la montagne, sur la pente S.-O., vers la mer (v. plus haut, note (2) de la page 6).

(2) Selon Beeskow. Grasset de Saint-Sauveur (t. III, p. 67) appellerait Petulia la ville qu'avait fondée C. Antonius (?).

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