II. PALE
§ 10. — Le territoire de Paie devait comprendre la presqu'île actuelle de Paliki.
Ruines de Paie. — Ces ruines (appelées aujourd'hui Palaeokastro ou Douri) (1) sont à une demi-heure au N. de Lixouri, sur une toute petite éminence descendant vers TE. et vers le S. par une pente assez douce , mais tombant à pic du côté de TO. , où une partie de la colline s'est peut-être éboulée. Les restes antiques qu'on voit sur cette colline sont insignifiants. Loverdos explique que, comme il n'y a pas de carrières dans les environs, les pierres de la ville ancienne servirent à bâtir les maisons voisines et la ville de Lixouri. Ainsi, vers le sommet de la colline, du côté du S., j'ai vu une maison abandonnée, et, un peu plus haut, une petite église ruinée, qui ont peut-être été construites en partie avec des matériaux antiques. Dans les ruines de l'église il y a aussi des fragments d'architecture , entre autres le chapiteau d'un pilastre d'ordre ionique. Vers l'extrémité N. de la crête de la colline , on rencontre un roc où est creusée une fosse rectangulaire (2). Leake a aussi vu sur ce sommet une citerne taillée dans le roc ; elle est aujourd'hui comblée. — Sur la pente E. de la colline, on trouve un reste de muraille allant de TO. à l'E. ; hauteur , un peu plus de 2 mètres; épaisseur, environ ImSO. La partie conservée a une dizaine de mètres de long ; le mur est formé d'un mélange de pierres et de briques unies avec de la chaux; le revêtement extérieur n'existe plus. Un vieillard dit à Leake que c'était à cet endroit qu'avait été trouvée l'inscription qui est le u? 1929 du C. /. G, — Dans les vignes qui sont situées sur la même pente , on a découvert dçs tombes.
D'après le passage de Polybe (5 , 4, 2) cité plus haut, la ville ancienne couvrait cette pente et était protégée à l'E. par la mer, à rO. par l'escarpement de la colline ; une petite partie de la ville s'étendait dans la plaine, au S. ou au S.-E. de la colline.
Au N.-E. du Palaeokastro , on voit une petite langue de terre
(1) NTot3pY). sans doute de l'italien torre. M. Tsitselis paraît distinguer le Pa-^ liokastro de l'endroit appelé Douri, qui est situé, dit-il, près de l'ancienne Paie, et oU sont conservés des restes de fortifications romaines et vénitiennes (?).
(2) Selon la tradition populaire, c'est le tombeau du Vasilopoulos, == « fils de roi. » Cette fosse était, m'a-t-on dit, fermée par une plaque sur laquelle il y avait une inscription.
s'avançant dans la mer ; c'est l'endroit appelé Kapapocrrdttxiov. Loverdos rapporte qu'on y a trouvé des restes antiques ; on m'a aussi parlé de fers servant à attacher des bateaux qu'on y aurait découverts dans la terre.
» A mi-chemin entre le Palseokastro et Lixouri , dit Leake , on voit quelques fragments de colonnes doriques , de petites dimensions, et un morceau de corniche, trouvés en creusant les fondations d'une chapelle. Un peu plus près de la ville il y a une catacombe , et à côté trois fosses comme celle qui a été mentionnée précédemment , taillées dans le sommet d'un grand roc. « — Je n'ai point vu la chapelle dont parle Leake. En fait de tombeaux , j'ai remarqué , non loin de Lixouri , à l'E. de la route du Palaeokastro , un rocher isolé nommé Dhrakospilia , avec quatre fosses rectangulaires qui y sont creusées (1).
Inscriptions de Paie : C. I. 6r., 1929. 1930, 6. — M. Tsimaratos m'a montré une copie d'un fragment d'inscription provenant également, m'a-t-ildit, dé Paie :
^ TT^tç naXs((ov T7)ç KecpaXyiViac IXsuO^poeç
Toutefois ce fragment a bien l'air d'être emprunté à l'inscription d'Athènes publiée dans le C. L G., n** 340.
Le Jahresbericht de BuTsisin de 1878 (1" fasc, p. 70) signale une inscription funéraire archaïque , qui se trouve aujourd'hui à Athènes et qui , dit-il , « provient sans doute de Céphalonie » : AafjLatviTo(u) to(u) IlaXsoç (= éonç). Elle a été publiée par M. Kirchhoff , Studien zur Gesch. d, griech. Alphabets^ 3® éd., p. 156.
1 Aux environs de Paie , dit Loverdos , les laboureurs trouvent souvent des monnaies antiques; sous les Vénitiens, on y a découvert divers objets rares, qui ont été emportés par eux. Les tombeaux de Paie sont pour la plupart taillés dans le tuf; il s'en conserve encore beaucoup dans le district d'Anoï (2). «
(1) Selon M. Tsitselis (au mot Apaxo(77n)>Y)à) > il J aurait beaucoup d'autres tombes semblables dans les environs.
(2) Selon Beeskow et M. Tsitselis, qui renvoie à Grasset de Saint-Sauveur, t. III, p. 57, on trouva au siècle dernier, en nettoyant un puits situé en dehors de Lixouri, sur la route de Paie : » un vase de marbre dont le pied était endommagé; une inscription où il était question de la mort soudaine d'un jeune homme de dix-huit ans, ami de C. Antonius; la tète d'une statue de femme, de la meilleure époque de Tart grec (?) ; des monnaies ; des tables de bronze avec des