‹ Recherches archéologiques sur les îles Ioniennes (volume 3)Chapitre 70 sur 136 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

» Les tombes de Samos sont de forme rectangulaire ; six plaques en pierre dure ou en brique les ferment dans tous les sens ; quelques-unes portent sur le couvercle le nom du mort , qui est ordinairement une femme (sic). Dans beaucoup de tombeaux ouverts en présence de Loverdos on trouva : des monnaies grecques ou romaines ; des vases de terre rouges, jaunes et noirs, de forme et de dimensions diverses , et d'un travail élégant ; des lampes ; des vases lacrimatoires ; quelques miroirs ronds en métal, qui conservaient encore en partie leur poli. Dans une tombe on trouva trois squelettes : l'un avait sur la tête une couronne de myrte ; le cercle de la couronne, ainsi que les feuilles et les baies, étaient en terre cuite dorée, les fils qui soutenaient les baies et les feuilles, en cuivre doré ; la dorure était conservée en partie ; le travail était très fin. Le même squelette, qui était peut-être celui d'un vieux prêtre, portait une ceinture de fer rouillé à beaucoup de replis , et trois bagues d'argent. Les deux autres squelettes , qui étaient à droite et àgauche du précédent, paraissaient être des squelettes de jeunes gens. Près des mâchoires de ces trois squelettes on trouva trois monnaies grecques d'argent ; vers le ventre, il y avait deux grands vases de terre peints ; vers la tête , une boîte ronde d'albâtre et un joli vase de bronze , de dimensions moyennes , dont le pied était dessoudé. Les pierres de ces tombes servirent à paver le marché d'Argostoli (1).

» Sous les Vénitiens et plus tard on trouva à Samos beaucoup d'inscriptions, d'ornements d'or et d'argent, de camées et de pierres gravées d'un travail très fin , de bas-reliefs , de statuettes de bronze ou de pierre, belles et curieuses (?) [ôpaïa xal TcapaSoÇa].

» Au S. de Samos est le district de Pyryi, où l'on voit des restes de fortifications antiques. «

Beeskow : » Les ruines de la grande forteresse sont de construction cyclopéenne ; ce sont de grands blocs taillés, ajustés sans ciment ni crampons. Au contraire les murs de l'autre forteresse sont faits de grands blocs rectangulaires placés de niveau, qui semblent être d'une origine postérieure (2).

» Plus bas, vers le rivage, se trouvent d'anciennes tombes avec des niches taillées dans le roc (3).

(1) Goodisson dit môme avoir distingué des lettres sur quelques-unes des pierres qui forment le pavé de ce marché.

(2) Peu clair et peu exact.

(3) Beeskow renvoie à ce propos à l'ouvrage de Christ. MûUer sur les îles Ioniennes.

» Parmi les antiquités trouvées en cet endroit, les vases de marbre, de bronxe et de terre cuite sont une preuve de la perfection de Tanoien art samien. Plusieurs de ces vases, au dire de Grasset de Saint-Sauveur, exhalaient encore Une forte odeur de parfum , lorsqu'on les déterra. D'autres ressemblaient à la poterie Cretoise (1). Du temps de la domination anglaise on a découvert à Samos et dans les tombeaux beaucoup d'objets divers : des mon^ naies d'or, d'argent, de cuivre, des patères à libations, des bracelets, des collierSj des bagues, de petits vases. Mais tout ce qui était en métal fut fondu à nouveau. «

Yakovatos : » Il y avait quatre murs d'enceinte. Celui du N. , partant du mur occidental de la grande forteresse, allait en droite ligne jusqu'à la mer; à quelques pas seulement au-dessus d'elle il faisait un angle rentrant. Celui du S. allait de même de la petite forteresse jusqu'à la mer et formait sur toute son étendue trois angles. Deux autres murs, situés à l'E., partaient des deux forteresses et se rencontraient près du torrent qui existe encore (2) ; à cet endroit il devait y avoir une porte ou un pont. L'enceinte était de 4 milles à peu près.

» On voit encore des restes des quatre murs et des deux forteresses (3). La porte de la grande forteresse , placée vers le N. , est également conservée. A quelques pas en dedans vers l'O. était peut-être l'agora (4). La porte de la petite forteresse était vers le S. Il y avait deux sources ; l'une au N. de la petite forteresse, à quelques pas en dehors des murs, l'autre au N.-O. (irpoç dpY^<rTyjv) de la grande forteresse, en dedans des murs, vers le rivage. — La ville avait aussi des puits nombreux. Le principal, qui existe encore et qui a toujours de l'eau, est sur la hauteur, à l'E. de la grande forteresse, à peu de distance en dehors des murs. Il paraît que l'orifice en était couvert et qu'il communiquait par un souterrain avec la grande forteresse; lorsqu'on le découvrit, il y avait encore des traces de l'entrée de ce passage souterrain.

» Sur une colline au N. de la grande citadelle, on voit des restes antiques, qu'on croit être ceux d'un temple, peut-être d'Apollon.

» En dedans et en dehors de l'enceinte , on a trouvé des tombeaux en divers endroits.

(1) Ici il y a an renvoi à Grasset de Saint-Sauveur et à Christ. Millier.

(2) Dans le ravin entre les deux collines.

(3) Yakovatos ajoute que dans ces murs certains blocs ont plus de 30 pieds de longueur et 12 pieds de largeur (?).

(4) D'après ie passage de T.-Live , 38 , 29, 10, le « forum » était sur la petite colline.

II, — GÉPHALONIE. 39

» Sur la portion du rivage comprise dans Tenceinte , la ville avait deux ports, dont une partie est maintenant réunie à la terre ferme, pendant que d'autres débris se voient encore dans la mer.

» Entre Samos et Pyryi, sur une colline au bord de la mer, on montre des restes antiques , qui marquent la place d'un temple , peut-être de Poséidon, L'endroit se nomme Palaeokastritsa. — On trouve des restes semblables en d'autres endroits du district de Samos.

» La côte située en face du village de Samos, de l'autre côté du golfe, s'appelle encore aujourd'hui 'EXXiivoca; il y a là aujourd'hui des carrières qui existaient peut-être déjà dans l'antiquité.

» Dans les tombes découvertes à Samos on a trouvé : des monnaies, des inscriptions, des ornements d'or et d'argent , des pier* res gravées, des bagues, des fragments de poterie, des couronnes d'or, des statuettes de bronze et de marbre.

» En certains endroits on a découvert des puits , auprès d'eux des pavés de mosaïque commune, et, au-dessous, des espaces souterrains dont de petites colonnes en terre cuite supportaient le plafond. C'étaient , à ce qu'il semble, des bains, «

Voici maintenant les restes antiques que j'ai pu voir moimême :

Sur la pente N.-O. de la petite colline, on rencontre en différents endroits et à dififérentes hauteurs des traces de divers murs : les uns montent, les autres courent dans une direction horizontale le long de la colline ; il y en a qui sont faits de blocs rectangulaires , d'autres sont en appareil polygonal. Ce fait s'explique peut-être par un détail du récit de T.-Liye : il dit en effet que, lors du siège de Samé, les habitants de la ville , à mesure que les Romains détruisaient un mur , en construisaient un autre par derrière. Un de ces murs peut être suivi sur toute la pente de la colline ; il monte d'abord du N.-O. au S.-E. , puis il tourne vers le S.-O., puis, près du monastère des ''Ayioe ^av^vreç, on le retrouve montant du N.-O, au S.-E. et faisant un angle vers l'E., de façon à arriver perpendiculairement à l'un des côtés du monastère. Dans la partie du mur qui est située vers le bas de la pente, l'appareil est rectangulaire (j'ai mesuré un bloc qui avait environ l'-SO de longueur, in>05 de hauteur, 0m65 d'épaisseur) ; près du monastère , l'appareil est polygonal.

L'enceinte du monastère est construite sur des fondements anciens , de même qu'une tour qui se trouve à l'intérieur. Dans la partie inférieure des murs l'appareil hellénique est encore conservé :

ce sont de beaux blocs rectangulaires (l'un d'eux a 1 "^28 de longueur, 0°>70 de hauteur), généralement bosselés, très bien taillés et ajustés avec le plus grand soin. Par-dessus vient un autre système de construction : les blocs sont moins bien taillés, les joints moins exacts ; de petites pierres sont intercalées entre les grandes , ou bien celles-ci sont unies au moyen de chaux ; en certains endroits des restes de Tancienne construction mêlés à la nouvelle montrent que celle-ci a été employée pour restaurer le mur grec , ruiné en partie , ce qui pourrait donner à croire que cette réparation a été faite à la suite du siège (1). La partie supérieure des murs est d'un troisième système de construction et date du moyen âge.

D'après le passage de T.-Live , l'agora devait être sur le petit plateau qui est au S.-E. du monastère.

Dans le prolongement du côté S.-E. du monastère, on trouve un mur qui va du S.-O. au N.-E., vers le ravin ; c'est le commencement du mur qui unissait les deux forteresses. L'appareil est rectangulaire, mais les joints ne sont pas tous verticaux ; la grosseur des blocs et le caractère massif du travail contrastent avec l'élégance du mur grec conservé dans le mur d'enceinte du monastère et indiquent une époque beaucoup plus ancienne. Ce mur descendait dans le ravin, puis suivait celui-ci du N.-O. au S.-E., jusqu'à l'angle S.-E. de la grande colline, où l'on rencontre les restes d'un autre mur, qui va rejoindre la forteresse du N. Ce dernier mur est fait de très grands blocs rectangulaires, de forme allongée , superposés en assises horizontales. Un bloc , qui n'est pas , je crois, l'un des plus grands, a 2"»90 de longueur, 0°85 de hauteur, 0^65 d'épaisseur. Ces blocs ne forment d'ailleurs que le revêtement de la muraille du côté de l'E. ; du côté de l'O. on ne voit que les restes du blocage intérieur, c'est-à-dire une grande quantité de pierres plus ou moins grosses , mais aucune trace d'un revêtement en maçonnerie régulière (2).

Vers le haut de la colline , sous un mur plus moderne fait à la chaux, qui va du S.-E. au N.-O. en longeant le sommet, on voit des restes d'un mur hellénique ; il y a même un endroit où ce mur est en appareil polygonal. A peu près vis-à-vis des "Aytoe ^av^vreç.

(1) Oa montre, dans le mur d'enceinte du monastère , des marques que les gens du pays croient avoir été faites par des boulets de canon ; ce sont peutêtre des marques des béliers romains.

(2) C'est dans ce mur qu'on montre le bloc dont parle Loverdos et qui aurait été enfoncé , selon lui , par un coup de bélier. Le déplacement de ce bloc peut aussi bien être attribué à un tremblement de terre.

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