‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennes (volume 4)Chapitre 15 sur 43 · IV. — CÉRIGO · texte numérisé non relu

IV. — CÉRIGO

d'hui Paleocora , où l'on trouve des restes de mosaïque , des médailles , des pierres gravées , que les paysans vendent aux étrangers... »

A la fin de la lettre 2, Castellan parle aussi des bains de Vénus ou d'Hélène, une excavation où les vagues s'engouffrent , et d'un tombeau ouvert, taillé à la sommité d'un roc , « qui est, dit-on , l'endroit d'où la mère de l'Amour se lançait sur son char traîné par des moineaux. »

Voyage de Dimo et Nicolo Stephanopoli en Grèce ^ Paris , an VIII. — Mentionnons seulement à titre de curiosité la description que cet ouvrage donne des ruines du temple de Vénus , sur la colline Aplunori. Le caractère romanesque du récit et les inscriptions ridicules que l'auteur prétend avoir trouvées près du temple d'Aphrodite (xapSiàSv 6epa7ria, vao; 'Açpo3iT7)ç 6eaç xupta KuOiipwv xai Trav- Toç )coff{xou , <7u[xiov àyfx.\t.i(TZ(à(;] prouvent que toute cette description est de pure fantaisie , comme le reste de l'ouvrage.

Stai , 1. 1. (1) :

» L'ancienne ville de Gythère devait être à l'endroit appelé aujourd'hui Paliocastro, et non à Avlemona. Scandea était à l'endroit appelé aujourd'hui Gastri ou Paliopoli. La distance est juste de 10 stades de Gastri à Paliocastro. L'espace de terre situé entre Gastri et Paliocastro devait être autrefois occupé par la mer et former un golfe , qui aura été comblé peu à peu par les matières que les eaux de pluie auront détachées des pentes voisines. Le port devait être sous Scandea (= Gastri). Aujourd'hui , par suite du changement physique des lieux , il n'y en a plus de traces. Il ne reste qu'une plage ouverte et sablonneuse. Dans cette plage on a fait des fouilles et l'on a trouvé enfouis des morceaux de tuf taillés, de la grandeur d'un pas et d'un pas et demi. On croit qu'il y a eu là , dans l'antiquité, quelque môle (2). A Paliocastro , l'on voit des traces de murailles et d'autres constructions ; en fouillant , Ton trouve des ustensiles , comme aussi quelquefois à Gastri. «

Mémoire manuscrit, rédigé en 1844 par M. Emmanuel Mormori, à qui le gouvernement avait demandé des détails sur l'état des ruines du temple d'Aphrodite :

(1) Ici encore, ainsi que dans les pages suivantes, nous ne faisons que résumer, nous ne citons pas textuellement.

(2) M. Georges Mormori m'a également parlé de ces restes d'un môle antique.

» M. Mormori, étant allé à Paliokastro, a pris des renseignements auprès des propriétaires des terrains qui y sont situés ; ils lui ont raconté beaucoup de fables, qu'ils tiennent de leurs ancêtres, sur le prétendu palais de Ménélas (les restes des murs de l'ancienne ville, qu'on voit à Paliokastro) ; mais ils se souviennent aussi de s'être assis plus d'une fois , en surveillant leurs troupeaux, sur deux colonnes brisées (1). Aujourd'hui (en 1844) il ne reste plus que la moitié d'une, haute de trois pieds , qui fait partie du mur d'enceinte du terrain de Demetrio Viaro Malaco ; ce terrain s'appelle '; toT? xoXowatç, et il a toujours porté ce nom, comme le prouvent les documents que possède le propriétaire actuel. Ce terrain se trouve sur l'éminence qui domine Paliopoli, dont il est éloigné d'environ 1 mille 1/2 (= 10 stades). Le mur d'enceinte, comme d'autres murs voisins, est encore presque entièrement construit avec des fragments de tuf et d'autres pierres qui appartenaient probablement au temple ; il faut en dire autant des matériaux avec lesquels ont été bâties trois églises qui se trouvent autour, à 1/2 mille de distance, particulièrement celle de Saint-Cosme, construite avec d'énormes masses de tuf, carrées ou rondes , et celle de Saint-Basile et Saint-Nicolas , où l'on voit, en certaines parties du mur, des fragments de marbre et de tuf. Dans le terrain même de Demetrio Viaro Malaco , on voit encore sur place les fondements de cinq colonnes carrées, qui formaient le portique du temple (cf. Nicolas de Nicolaï). Ces colonnes étaient formées de grands morceaux de tuf triangulaires , taillés avec beaucoup de soin ; on voit les trous creusés pour introduire le métal qui servait à les assujettir. Ces restes du portique furent trouvés il y a seulement deux ans (2).

» Dans un terrain voisin de celui-là, M. Mormori a aperçu les restes d'un pavé revêtu d'un enduit noir et rouge , semblable à celui des vases étrusques ; la terre était trop dure pour qu'on pût faire des fouilles en cet endroit.

» A Paliopoli, M. Mormori a vu des ruines de petites constructions et, çà et là, des tombes, pour la plupart ouvertes. «

Une grande partie des tombes de Paliopoli , que décrit Castellan, n'existe plus aujourd'hui. Le rocher où elles étaient a été

(1) M. Emm. Mormori m'a dit qu'il se rappelait avoir encore vu lui-môme à cet endroit deux tambours de colonnes , sans cannelures.

(2) M. Emm. Mormori m'a dit avoir aussi remarqué autrefois dans les environs un fragment de statue , une épaule, qui, vu ses dimensions, pouvait avoir fait partie de la statue dont parlent Nicolas de Nicolaï et Castellan.

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