IV. — CÉRIGO
de la ville , et l'on peut hésiter entre Dhiakophti et S.-Niccolo, à moins qu'on ne veuille supposer, avec Kiepert, que 4>otvixou(; était un autre nom du port de Scandée. 4>otvtxouç veut dire « un endroit où il y a beaucoup de palmiers ; » il n'existe point aujourd'hui à Cérigo d'endroit qui réponde à ce nom : on n'y rencontre que des palmiers isolés.
Reste le passage de Thucydide, qui, avec le texte traditionnel, se comprend difficilement. Chez Pausanias il n'est question que de deux villes : la ville de Cythère proprement dite ou la ville haute, et la ville basse ou ville maritime. Scandée ; dans le passage de Thucydide il serait question d'une troisième ville , « la ville maritime, » qui aurait été du côté de Dhiakophti, c'est-à-dire à une très grande distance de Paliokastro ; cette ville aurait donc été tout à fait distincte de l'autre, et Thucydide n'aurait guère pu les considérer comme deux parties d'une même ville , rJiv èià ôaXa(7<Tri itoXtv, T^ (Sfvw TtoXtv (1). De plus, la côte près de Dhiakophti tombe presqu'à pic dans la mer ; à part la petite plaine de Dhiakophti, qui aurait été occupée par t^v èià ôaXatrdTi ttoXiv, il n'y a, je crois, aucun endroit où des ttoupes eussent pu débarquer et où les habitants de l'île eussent pu établir un camp. Toutes ces difficultés disparaissent, si on lit avec Stahl (v. son éd. de Thucydide, Leipzig, Teubner, avec notes en latin) : t)|v à-nh ôaXadcr]? TtoXtv (=t^v avw TcoXtv) (2). Le sens est alors le suivant : une partie des Athéniens prend Scandée (la colline de Kastri, à Palseopoli); les autres vont débarquer à Dhiakophti et se dirigent vers la ville ( qui était à Paliokastro ) , en passant peut-être par le col qui est entre le mont Saint-Georges et le mont Haya Moni ; à peu de distance de la mer, ils trouvent les ennemis campés, les battent, les forcent à se réfugier sur les hauteurs où était la ville (Paliokastro) , et enfin les obligent à se rendre.
§ 6. — RESTES ACTUELS DE l'aNCIENNE VILLE DE CYTHÈRE.