II. — CÉPHALONIE
vers l'E. (irpo; eSpov), dans la partie S., on voit l'angle des murs qui entouraient l'acropole. Quelques-uns de ces restes de murs sont de travail cyclopéen (1). «
Unger : » Le mur polygonal commence au fond de la baie , à une faible élévation au-dessus de la mer. On peut le suivre presque sans interruption. Tantôt il va en ligne droite, traversant des hauteurs rocheuses ou des ravins, tantôt il suit une ligne plus ou moins brisée; enfin il monte en droite lignejusqu'au sommet d'une montagne (2), qui s'élève au delà de la baie, à l'E. d'Argostoli. Là le mur disparaît, et on ne peut plus retrouver la ligne qu'il devait former pour rejoindre la mer. L'étendue de toute l'enceinte peut bien être de plusieurs heures (3). A l'intérieur de cette enceinte on en peut reconnaître une autre beaucoup plus petite, qui servait sans doute d'acropole (4). Dans les murailles, il n'y a aucune trace de galeries, de cavités creusées dans la pierre, etc.. Les deux faces de la muraille sont faites de blocs polygonaux , polis en dehors ; l'intérieur est formé de pierres plus petites empilées au hasard. L'épaisseur de la muraille est de 10 pieds au moins ; les plus grands blocs ont 12 pieds de long et 11 de haut; il n'y en a pas qui aient moins de la moitié de ces deux dimensions. En certaines parties, le mur a encore une hauteur de 2 toises, et, à en juger par la quantité des blocs qu'on voit à terre, la hauteur ancienne pouvait être de 4 toises. 11 y a des endroits où les blocs semblent avoir été un peu disjoints par les tremblements de terre. A des intervalles en général réguliers , de 20 à 30 toises , on rencontre de petites redoutes carrées en saillie, qui sont reliées au mur polygonal , mais qui sont construites avec des blocs en forme de cube ou de parallélépipède et doivent être par conséquent d'une époque postérieure (5). On peut aussi reconnaître , à des intervalles réguliers, des endroits où l'appareil polygonal du mur est interrompu par des blocs rectangulaires ; c'étaient sans doute des portes qu'on murait en cas de danger (6). «
§ 7. — Pour la question des constructions à appareil polygonal
(1) Description inexacte et peu intelligible.
(2) La colline A.
(3) Exagéré.
(4) Je n'ai point remarqué ceci.
(5) Je n'ai point vérifié si toutes les tours sont construites en appareil rectangulaire. D'autre part , dans la partie de l'enceinte qui est vers B , le mur aussi bien que les tours est fait de blocs rectangulaires.
(6) Je n'ai point remarqué ceci.
24 RECHERCHES ARCHÉOLOCtIQUES 8UR LES ILES IONIENNES.
connues sous le nom de constructions pélasgiques ou cyclopéennes , nous renvoyons aux travaux suivants : Petit-Radel, flficherches sur les monuments cyclopéens et description de la collection des modèles en relief composant la galerie pélasgique de la bibliothèque Mazarine , Paris, 1841. Gell , Probestûcke von Stàdtemauern des alten Griechenlands (mit 47 Abbildungen) , Mtinchen u. Stuttgart, 1831. Dodwell, Views and descriptions of cyclopian or pelasgic remains in Greece and Ilaly , London and Paris, 1834. Forchhammer, Ueber die kyklopischen Mauern Griechenlands u. die Schleswig- Holsleinischen Felsmauern^ Kiel, 1847. — Voyez aussi Goodisson, et Unger, qui renvoie à Braun, Gesch. d. Kunst, t. II , p. 53.
Dans l'histoire de la construction polygonale, on peut distinguer 4 époques :
r De grands blocs non travaillés sont entassés les uns sur les autres, avec de petites pierres intercalées dans les joints, pour boucher les vides ; c'est la forme de construction décrite par Pausa-
nias, 2, 25, 7 : TCEiroirjxai Bï àpywv Xi6a)v. .. Xiôta 8k evi^pfxoorat TràXai , wç {/.dtXierra aÔTÔiv éfxaffTov ap[jLoviav toT; [xeYaXoi; XiOoiç eïvat.
2o Les blocs sont travaillés , et même travaillés avec beaucoup de soin ; ils ont reçu une forme polygonale (le plus souvent pentagonale) et ils sont ajustés très exactement les uns aux autres, sans qu'il y ait le moindre vide. C'est à ce mode de construction que semble se rapporter le passage d'Aristote, 'H6. Ntxofx., 5, 14 (éd. de Berlin, t. II, p. 1137, B , 1. 29) : toïï yàp àopfoTou àopKjToç xal ô
xavo'jv IffTiv, wffTïep xal T^ç Aeaêta; oixo5o(/.îiç ô (/.oXtéStvoç xavojv • Tipoç Y«P TO ffx^jxa TOÏÏ Xi6ou {xetaxivetTai xal où jxévei ô xavcov. Forchham-
mer, l. l. , explique comme il suit le procédé auquel Aristote fait allusion :
» Alix époques et aux endroits où l'on a exploité des carrières, on a dû être amené de bonne heure à se servir de blocs rectangulaires , avec lesquels la construction est plus facile ; on n'a sans doute eu recours à la construction polygonale que là où l'on a employé comme matériaux des blocs de forme tout à fait irrégulière trouvés à la surface du sol. Après avoir commencé par empiler ces blocs les uns sur les autres, sans les tailler, on fut conduit à les façonner et à leur donner une forme polygonale, pour avoir des joints exacts. Voici le procédé qu'on semble avoir employé à cet effet. Le mur une fois commencé et plusieurs blocs polygonaux ayant été placés l'un à côté de l'autre , on appliquait sur la partie sui)érieure des blocs restée libre une plaque de plomb llexiblc , de façon à prejidre exactement les angles que ces