‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennesChapitre 2 sur 50 · II. CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. CÉPHALONIE

l'orthographe de oes noms est souvent douteuse. J'ai , de plus , retranché de ma carte les noms propres gui ne se rencontrent pas dans le mémoire lui-même.

§ 3. — DESCRIPTION PHYSIQUE DE l'ÎLE.

L'île de Géphalonie est formée par une chaîne de montagnes qui la traverse dans toute sa longueur, de son extrémité S.-E. jusqu'à son extrémité N., et qui envoie ses ramifications dans toutes les parties du pays.

Le point culminant de cette chaîne est la masse imposante de l'ancien ^nos, aujourd'hui a la montagne, la grande montagne, la montagne noire » (1) (IXaxou to ^ouvo dans une chanson populaire) (2), qui occupe l'extrémité S.-E. de l'île. La hauteur en a été évaluée de façons diverses ; M. Wiebel cite les chiffres suivants : selon Smyth 5,246 pieds, selon Slater 5,306, selon Mousson 4,400, selon Unger (mesure par l'hypsothermomètre) 4787 (à 200 p. au moins sous le sommet) , selon Ansted 5,400 , selon Mansell (mesure trigonométrique) 5,218 ^= 1,590'», selon Napier (mesure barométrique) 5,380 ; la carte de Grèce levée par l'état-major français donne 1,620m (3). Cette montagne s'élève d'une hauteur considérable

(1) Je n'ai point entendu ce dernier nom dans la bouche des paysans grecs-, mais le nom italien de la « montagne » de Géphalonie est a monte nero » et le nom anglais « black mountain » .

(2) AûSexa utol toù Aiyevyj Ttôcve va xwvYiifiiaouv • èTrijyav 'ç ràv Traxipa xouç va uàpouv xi^v eùxi^ tou.

« SupTÊ, itatStdc (JLOU, 'ç xb xaXo,

(TiipeTe 'ç Triv eùx^ (lou,

x^j ait' Toû èXaTOU ib ^ouvo,

èxetôe (a:^v irepàdÔe,

YidcTi eîvat ëva xax6 6ript6,

xai 6à ffâç çàei ôXouç. »

'Exetvoi èiiapàxouffav xà XoytaiTOÙ Ttaxépa xwv, x^i èêy^xe x6 xaxà 6r)pt6, x9) icpccyé xou; ôXou;.

Sur cette chanson populaire , que j'ai recueillie à Samos , cf. un article de M. Stamatelos (de Leucade), dans la Koptvva, 1876, p. 141 et suiv.

(3) Cette carte ne comprend pas les îles Ioniennes , qui ne faisaient point partie du royaume de Grèce à l'époque oîi la carte fut levée ; toutefois les

au-dessus du reste de la chaiiio ; le sommet, d'où l'on a un point de vue merveilleux, est une crôte rocheuse et escarpée , composée d'une série do pointes aiguës , de plus en plus hautes , sortant du milieu d'une foret de sapins, qui forme à la montagne une espèce ' de couronne. Quand on vient d'Argostoli et qu'après avoir gravi la pente blanche et nue qui s'élève au-dessus du monastère de Hayos Yerasimos on est arrivé à une hauteur de plus de 1,000 mètres, on entre brusquement, sans transition aucune, sous l'ombre épaisse de cette foret, aux grands arbres séculaii'es et aux frais tapis de mousse recouvrant les roches ; il semble que l'on marche dans une forêt suisse, et, au dire des botanistes, les plantes mêmes qu'on voit autour de soi appartiennent à la flore alpestre. Le sapin de la montagne deCéphalonie paraît former une variété particulière, qu'on ne rencontre qu'à cet endroit (i). En 1797, la forêt couvrait encore la plus grande partie des deux pentes ; en cette année ou l'année suivante un incendie terrible la dévora presque tout entière. Cet incendie dura plusieurs semaines; on raconte que les brandons enflammés allaient tomber jusque dans l'île de Zante, et qu'à Argostoli on y voyait clair pendant la nuit. Même depuis , on ne prend aucun soin pour conserver ce qui reste encore de cette forêt ; il y a des endroits où elle est déjà bien éclaircie, et il est à craindre qu'elle ne finisse par disparaître un jour complètement. L'incendie de 1797 paraît avoir modifié d'une façon sensible les conditions climatériques de l'île : depuis, dit M. Wiebel, l'été est plus chaud, l'hiver plus froid, les fièvres plus violentes. La neige reste quelquefois sur l'^nos depuis la fin d'octobre jusqu'au mois de mai ; Davy assure qu'avant l'incendie elle y restait jusque vers le mois d'août.

Au N.-O. de l'iEnos, au N. des villages de Pharaklata (2) et de Dhilinata (3) , la chaîne de montagnes qui est la continuation de l'yËnos forme un col , au delà duquel s'ouvre une vallée qui partage cette chaîne en deux massifs : au S.-E. le massif de l'Haya Dynati, qui s'étend jusqu'aux vallées de Pylaros et de Samos (hauteur : 1,133"» selon la carte de l'état-major , 3,132 pieds

!les de Leucade, Ithaque, Céphalonie et Zante y sont représentées, sans les détails de leur configuration physique , il est vrai , mais avec un certain nombre de noms, assez bien écrits en général, et avec quelques indications de hauteurs.

(1) Cf. toutefois Orphanidis, cité par Postolaka (v. § 18), p. 121,

(2) A Céphalonie, un grand nombre de noms de villages se terminent en -àtaet sont dérivés du nom d'une famille : Pharakias, Pharaklata ; Metaxas, Metaxata ; Phokas, Phokata ; Ilazis, Razata ; Zervos, Zervata ; Annino, Anninata, etc.

(3) 'ASeiXivàTa ou Aei).tvàTa, selon M. Tsitselis.

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