II. — CÉPHALONIE
§ 11. Entre Dhematora (au N.-O. de Lixouri) et Monopolata, il y a, paraît-il, des ruines, appelées, au dire de M. Georges Foresti, par les gens du pays t^ç <7uptôEç to xaaTpo (1). Selon M. Antoine Migliaressi, ces ruines , que je n'ai pas eu le temps d'aller voir, seraient de l'époque byzantine.
Le lexique de M. Tsitselis mentionne encore les noms de localités suivants, qui annoncent peut-être l'existence de restes antiques : 'EXXrjvtxa (dans le district d' Anoï) ; Aouxpo' , à Typaldhata (près de Lixouri, au N.-O.).
Sur la côte S.-O. de la presqu'île de Paliki, près du cap Tt^6' yofATTo (2), au S.-O. du monastère de Kr)7toupia , sur une hauteur qui domine la mer, est un endroit appelé ri pTipiaTa, quoiqu'on n'y ait point, paraît-il, découvert de tombeaux. Le sol y est couvert d'une quantité de petits fragments de vases communs ; en creusant un peu on rencontre encore de ces vases ou de petites figurines en terre cuite. On pourrait croire qu'il y a eu là une fabrique ou un dépôt de ces objets. Les moines de Kipouria se servent de la terre de cet endroit pour faire des tuiles ; un peu plus haut, il y a aussi de la terre à vases blanche ; toutefois on ne rencontre pas d'eau dans le voisinage immédiat.
Au N.-E. de Kipouria est le monastère de Taphio. Près de ce monastère on voit un rocher dans lequel sont creusées des fosses rectangulaires; ces tombes furent découvertes, à ce qu'on médit, par des Anglais, qui y trouvèrent des os, des bagues, des boucles d'oreilles (3).
En montant derrière le monastère de Taphio , on arrive au creux en forme de cercueil qui a peut-être donné son nom à l'endroit. C'est aussi près de là qu'on montre les restes antiques qui seraient ceux de la ville de Taphos. Ces restes sont tout à fait insignifiants , et l'existence de cette ville ne me semble pas démontrée. Mon guide me fit voir, dans le creux même, à un endroit nommé AafAouToa (4), une pierre qui aurait servi, dans des temps
inscriptions grecques illisibles, « — M. Tsitselis ajoute que l'inscription funéraire, la tête de femme et divers autres objets antiques furent emportés par le provéditeur Gradenigo.
(1) Ce nom se retrouve en différents endroits de Céphalonie. Les gens du pays ne le comprennent plus , mais t7)ç aupiàç paraît être une corruption de -rijç (bpaîa; OU wpïià;. V. plus loin, § 15.
(2) repoYojjLuoç selon M. Tsitselis.
(3) Leake mentionne ces tombeaux.
(4) Ta AaaoùTffa selon M. Tsitselis.
anciens (?) , à presser le raisin , avec une rigole destinée à laisser écouler le jus; puis, sur la pente de la colline située à gauche du creux (en montant), à l'endroit nommé TpuXXouç, une citerne; enfin ailleurs des traces de murs faits de pierres taillées , do dimensions très ordinaires et de forme irrégulière, juxtaposées sans ciment , restes qui sont trop peu considérables pour qu'on puisse affirmer s'ils sont antiques ou non. Sur le sommet de la colline, à un endroit nommé repaxapto (1), on a trouvé des tombes ; là il y avait aussi, m'a dit mon guide, les ruines d'un -Kolaih x««>pto (?) , savoir des restes de murs faits à la chaux, qui furent détruits il y a une vingtaine d'années. La description de mon guide était trop vague pour me permettre de reconnaître s'il s'agissait de ruines antiques ou non. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui l'on ne voit plus rien. M. Antoine Migliaressi, qui pense que c'était là l'emplacement de la ville de Taphos , dit y avoir vu des restes plus considérables que ceux que j'ai trouvés ; il ajoute que les gens du pays appellent cette colline /.wpa, = « la ville. »