‹ Recherches archéologiques sur les îles ioniennesChapitre 34 sur 50 · II. — CÉPHALONIE · texte numérisé non relu

II. — CÉPHALONIE

le plateau se termine , on trouve , outre les ruines du mur qui suit le haut de la pente S. -O., les fondements d'un autre mur, de 3 pas 1/2 d'épaisseur, qui descendait du sommet du plateau. Ces traces de murs s'arrêtent à l'endroit où la pente de la colline , vers le S., devient escarpée (1).

M. Travlos , médecin à Asproyeraka , m'a parlé d'un endroit situé au delà d'Anninata , sur la pente qui regarde la mer , où il y a, m'a-t-il dit, plusieurs xaacreXXoTreTpaiç ; c'est le nom sous lequel les gens du pays désignent ces fosses rectangulaires taillées dans le roc qu'on rencontre si souvent à Céphalonie. L'une de ces xaaffsXXoTOTpae; avait pour couvercle une plaque de pierre si lourde que l'on n'avait pu l'emporter.

Près d'Anninata est aussi, dit-on, un endroit nommé 'OXufjwïouç, où l'on a trouvé des monnaies.

§ 17. D'autres ruines se voient du côté de Skala. Goodisson et d'autres en font mention.

Goodisson parle de fondements et de ruines éparses d'un temple, de tombes creusées dans le roc , de restes de bains romains , avec un petit temple adjacent , en briques.

» Les bains sont sur la rive gauche d'une petite rivière , maintenant à peu près desséchée, mais qui semble avoir été plus grande autrefois. La petite chapelle dépendait des bains ; on peut reconnaître les ruines d'environ huit de ces derniers. Tout autour on trouve des pavés en mosaïque ; celui de la petite chapelle est à peu près entier , car il a été protégé par les débris de la construction, qi^i l'avaient recouvert.. . A peu de distance des bains est une ancienne carrière de tuf , d'où proviennent les pierres du temple et d'autres constructions encore. Les ruines du temple sont à un endroit appelé S. Géorgie (2), près de la plage. Elles ressemblent à celles du temple d'Apollon à Leucade ; l'un et l'autre temple est au S. de l'île (3) ; l'un et l'autre est en tuf; dans l'un et l'autre on remarque la même disproportion entre la longueur et la largeur.

(1) Suivant la croyance populaire, toute cette forteresse a été bâtie par les Spàxovxe; (géants).

(2) Ce temple fut découvert à 6 pieds au-dessous de la surface du sol.

(3) Ceci est peu exact ; le temple de Skala n'est pas à l'extrémité S. de l'île , comme celui de Leucade. Pour ce qui est de ce dernier, qui était situé sur la pointe S. de Leucade, appelée aujourd'hui cap Doukato sur les cartes et 'ç TÔ xeçàXt par les gens des environs, il n'en restait en 1876 qu'un certain nombre de blocs de tuf rectangulaires, épars sur le sol.

Peut-être était-ce le temple de Zeus Enos {{)... A trois milles du rivage de Skala, dans la mer, on dit qu'il y a une ville engloutie sous l'eau. Des gens disent avoir passé sur l'écueil et avoir vu dans la mer, par un temps clair , des fondations de constructions on pierre de taille. L'écueil s'appelle xoxapw (2). Goodisson a été en barque à l'endroit eu question , par un temps où l'on distinguait très bien le fond de la mer ; il n'a vu que de longues bandes de rochers , qu'on a pu prendre , dit-il , pour des restes de constructions. «

Lover dos : » En 1812 , on a découvert dans la campagne de Gradou (district de Pronoi) un temple ancien , dont une partie fut transformée en église grecque. Les journaux de Malte de l'époque en ont donné la description (3). «

Bursian renvoie, pour le temple de Skala, à un article du major du Bosset , publié dans une revue de Zante et cité par Holland , p. 533 et suiv.

Le cap Saint-Georges est au N.-E. de Skala. Il y avait là, au dire des gens du pays, un temple antique bien conservé, avec son pavé et des colonnes en place ; il était un peu plus petit que l'église actuelle, qui peut avoir, je crois, environ 10 mètres de longueur. Ce temple fut détruit, me dit-on, par les Anglais vers 181 1 ou 1812 (4), parce qu'ils voulaient faire des fouilles au-dessous. L'église moderne fut construite à ce moment , et on y employa les grands blocs de tuf rectangulaires avec lesquels le temple était bâti. Aujourd'hui on voit seulement, près de l'église, des tambours de colonnes doriques, dont l'un a 0"'58-0'"60 de diamètre. Dans l'église, la table de l'autel est supportée par un morceau de colonne , sur lequel est posé un chapiteau dorique. Le morceau de colonne a In»! 0 de périmètre , mais les cannelures sont complètement usées (5) . Le chapiteau dorique a un abaque octogone ; le haut de l'échiné , sous l'abaque, a 2n»90 de périmètre; le gorgerin, seulement l«n30.

(1) Erreur évidente ; s'il y a eu un temple de Zeù; Alvi^dio;, il devait être sur la montagne.

(2) Lisez Kàxaêa.

(3) Je suppose que le temple mentionné par Loverdos est celui de Skala ; du moins je n'ai pas entendu parler d'un autre temple découvert dans cette région. L'indication que donne M. Tsitselis, « Tpaôcû • Oédi; èv KaTeXr,w ty); KpàvTiç, ÎTtou eOpsÔTio-av xô 1812 Xetij/ava àp^aiou vaoû, » doit être inexacte.

(4) Cette date doit être inexacte, v. le passage de Loverdos cité plus haut.

(5) Selon Goodisson , qui en donne un dessin , ce serait un morceau de colonne ionique. Goodisson donne également un dessin du chapiteau dorique.

A l'E. de Skala , près de la mer, sont les ruines de l'église byzantine de Saint-Athanase. A l'intérieur de cette église, il y a, paraît-il, un pavé en mosaïque (avec dessins d'ornement) , maintenant caché sous les décombres. Dans les environs , on voit des restes de murs faits à la chaux ; on a aussi trouvé, dans le terrain situé au-dessus de l'église , des tombes avec des os et des monnaies. Ces sépultures se composaient toutes de deux tuiles (de 4 pieds de longueur sur 2 pieds de largeur , en moyenne) inclinées l'une contre l'autre. Le mort était couché au-dessous , avec une pierre sous la tête (1).

Au S.-O. de cette église, on rencontre un endroit appelé Palseokastro. Ce sont des carrières de tuf, qui ont été, dit-on, exploitées par les anciens , et dont les grandes masses , taillées à angles droits, ont , en effet, quelque ressemblance avec les ruines d'une forteresse.

Sur le même plateau, on montre un Xyivo; ancien ; c'est une masse carrée, bâtie avec de la brique, des pierres et de la chaux ; c'est là qu'on aurait écrasé le raisin ; auprès, on voit les traces de deux cavités creusées dans le sol, qui auraient servi à recueillir le jus.

Plus au S. est un petit ravin, sur la pente N. duquel on voit les restes d'un fourneau antique, des traces de murs romains, de très grands vases enterrés; dans l'un d'eux j'ai vu des ossements. Il semble qu'il y ait eu là une fabrique de tuiles et de vases grossiers ; on trouve de la terre à tuiles dans les environs. L'endroit s'appelle Xourpaxt; les gOQS du pays s'imaginent que les grands vases servaient à prendre des bains.

Les restes d'un autre fourneau antique se voient à quelque distance au S.-O., à l'entrée du plateau que forme le cap Mouda.

Près du cap Mouda s'étend dans la mer , jusqu'à une distance de six milles, dit-on, l'écueil de Kakava; c'est là que la tradition populaire veut qu'il y ait une ville engloutie (2). Mais Napier, Colonies^ etc., p. 335 , dit que pendant plusieurs semaines une de ses canonnières fut occupée dans ces parages pour placer une bouée et examina le fond de la mer par un temps tout à fait calme ; qu'il croit pouvoir assurer qu'il n'y a là que des rochers et absolument aucune trace de constructions.

(1) D'après la description de Goodisson , ce serait là qu'il aurait cru voir des ruines de bains.

(2) Sur cette tradition, v. encore Porcacchi et Grasset de Saint-Sauveur.

De mon côté , je puis dire qu'on m'a montré au cap Mouda de prétendus restes d'un môle antique , qui n'étaient certainement que des bandes de roches naturelles.

Sur la pente O. d'une colline qui est à l'E. de Kateleo (1), près de la mer, à l'endroit appelé SpaxovToijLVTi(xa ou 'ç rà 'EXXrjvixa, on voit des xa(7ffeXXoTr6Tpatç (fosses rectangulaires) taillées dans le roc et dirigées les unes de l'E. à l'O., les autres du N. au S. ; une rigole, également creusée dans le roc, qui est en pente , servait peut-être à l'écoulement de l'eau de pluie.

En bas, j'ai remarqué des traces de murs, de construction romaine, et dans un champ voisin les restes d'un grand sarcophage (2 pas 1/2 de long, 1 pas 1/2 de large).

Non loin de là , derrière l'église ruinée de Saint-Constantin , on a trouvé, sous le niveau actuel de cette église, des restes d'une construction romaine , et un fragment de pavé en mosaïque , qu'on a transporté devant l'entrée de l'église. A côté de l'église on montre un grand sarcophage antique.

L'iEnos paraît avoir fait partie du territoire de Pronnoi. Certaines monnaies de cette ville portent une tête de Zeus couronnée de lauriers, et, au revers, une pomme de sapin, de l'espèce qui est particulière à la montagne de Céphalonie. Si l'on fait l'ascension de cette montagne , on s'assure facilement que l'Upov de Zeùç A'ivT^dtoç dont parle Strabon ne pouvait pas être un temple , mais que ce devait être simplement un endroit consacré avec un autel. Le sommet de la montagne est une crête étroite formant cinq ou six pointes aiguës ; sur aucune il n'y a de place pour un temple, sans compter qu'il eût été fort incommode de transporter à une pareille hauteur les matériaux nécessaires. Les deux sommets les plus élevés sont vers l'extrémité S.-E. de la crête; sur celui qui est , je crois , le moins élevé des deux et qui est au S.-E. de l'autre (2) (la crête de toute la montagne se termine , au S.-E. de ces deux sommets , par une dernière pointe moins haute) , les pierres qui couvrent le sol sont mêlées d'une quantité de petits fragments d'os pétrifiés , où les naturalistes ont cru reconnaître

(1) Ou Katelio, Katoleo.

(2) Ce dernier, c'est-à-dire le point culminant de toute la montagne, s'appelle 'ç xà <Twp6, '; TÔ (léy* '^^P^ (sans doute parce qu'il est surmonté d'une pyramide de pierres).

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