‹ Recherches au sujet de l'influence de la température sur la marche, la duréeChapitre 4 sur 13 · DURÉB DE LA PHASE · texte numérisé non relu

DURÉB DE LA PHASE

figures 1 é. 4

figures 1 a. 5

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Un autre point qu'il est nécessaire d'étudier, c'est celui de savoir s'il y a proportionnalité entre les différentes durées exigées par deux phases à une température donnée, par rapport au temps global de caryocinèse, et les mêmes phases à une autre température.

Pour autant qu'il m'a été possible d'étudier cette question, je dois répondre négativement. La comparaison n'a pu être faite que pour trois phases. Pour la première des trois, on voit un résultat inverse à celui que l'on devrait

zcaoy G00gle

trouver, c'est-à-dire que, en augmentant la température jusqu'à 18", la durée entre la phase où le noyau se trouve gonflé et celle où il prend la forme d'un fuseau allongé, au lieu de présenter un optimum à 12", la présente entre 16"-I8 n . Ici donc l'optimum qui s'applique à la division totale ne coïncide pas avec celui des phases.

Il est possible que si les expériences pouvaient se continuer au delà de 18", sans entraîner l'a mort de la cellule, nous verrions la courbe remonter (voyez le graphique, tableau V, b et c), mais à 20° le noyau n'atteint plus la phase qui a servi de point de comparaison. II est possible aussi qu'une température aussi élevée soit favorable à la croissance de l'algue, aussi longtemps que celle-ci n'y est soumise que pendant quelques instants; si l'exposition devient trop longue, la chaleur influant sur d'autres portions de la cellule en entraîne probablement la mort.

Pour une autre phase, dont la durée est donnée dans le tableau III (phase figures 1 à 4), nous obtenons des valeurs qui, dans une portion de la courbe, suivent le tracé précédent, mais qui, dans les dernières portions, reviennent également vers le bas.

Pour une .troisième phase, qui comprend le passage de la forme figure 1 à l'état représenté par la figure 8, des expériences directes et quelques calculs m'ont conduit aux durées consignées dans le tableau suivant; ces résultats concordent avec les deux précédents.

"(*•) SnusBDtcnt. Vëher tin xu Demmurrnttan geeigneta zet lungs-Objekt, in Silzungsber. Jenaischen GeseiLschaft, 1879, p. 93.

Ce n'est qu'en 1880 que ce dernier, dans son remarquable travail sur la division cellulaire, a publié le résultat complet de ses études, tant sur le vivant que sur des matériaux fixés et colorés, et qu'il a figuré les stades de la caryocinèse chez cette plante (*},

En 1884, un de nos compatriotes, feu le docteur Bernimoulin a également publié une note sur la division dn noyau dans les cellules-mères des stomates et des grains de pollen et dans les poils staminaux du Tradescantia (**).

La culture se fait dans une solution sucrée à 5 p. 100 ; elle n'offre pas grande difficulté, pour autant que l'on expérimente sur des plantes normales et que l'on opère pendant la saison d'été. Des" essais faits pendant l'hiver sur des fleursde Tradescantia cultivésen serre, ne m'ont fourni aucun résultat.

Le Tradescantia que j'ai employé croissait en plein air; les plantes avaient une hauteur d'environ 50 centimètres; la tige était épaisse et les feuilles mesuraient environ 5 centimètres de large; les fleurs, assez grandes étaient rose violacé.

Pour l'observation, on prend les jeunes boulons, encore enfermés dans la base des feuilles, on enlève tes sépales et les pétales à l'aide d'une pince ; on sépare ensuite les étamines que l'on prive de leurs anthères- Les filets munis de leurs poils sont déposés, dans une gouttelette d'eau sucrée à 3 p. 100, sur une lamelle de verre que l'on renverse au-dessus d'une chambre humide.

Les poils les plus propices à l'observation de la divi-

(') Stkasburger. Zellbild. und ZelltiieUung, pi. VIII. (") Noie sur la division des noyaux, dons le Tradescantia virginica, in Bull, de la Soc. royale de bol. de Belgique, 1884,1" p., p. 7.

sion nucléaire sont ceux qui sont formés de filaments à parois parallèles et dont le suc cellulaire n'est pas encore coloré. Les meilleures cellules sont généralement celles qui terminent les filaments. La chambre humide à l'aide de laquelle j'ai fait mes expériences est formée par un morceau de carton humecté, percé d'une ouverture circulaire ou rectangulaire, que l'on place sur un porteobjet ordinaire.

Le tout a été préalablement stérilisé, par un séjour dequelques minutes dans l'eau bouillante; on peut alors continuer les expériences pendant plusieurs jours sans voir apparaître trop de bactéries ou de mycéliums de champignons.

Pour obtenir une température basse ou élevée, j'ai fait usage de l'appareil décrit et figuré par Sachs (*) (Wârmekasten). Il consiste en une caisse de zinc à double paroi; à l'intérieur, on place le microscope, et sur la platine de celui-ci, on fixe la préparation que l'on veut étudier. La caisse est munie d'un couvercle en zinc au travers duquel passe le tube et la vis de rappel du microscope. La partie antérieure de !a caisse est munie d'une ouverture rectangulaire fermée par une plaque de verre qui permet l'éclairage. Par le couvercle passe encore un thermomètre qui donne la température intérieure de la caisse.

La forme que j'ai donnée à l'appareil qui m'a servi diffère peu de celle que lui donne Sachs, les changements introduits ne sont que des variations de détail.

Pour les températures élevées on peut chauffer l'appareil en enlier par une veilleuse, comme le recommande M. Sachs, ou bien entretenir la chaleur en ajoutant de

(') Sachs. Vorlesunçeii iiber p/lanzmptiysiotogie.

temps en temps à l'eau contenue entre la double paroi, de l'eau bouillante. A cet effet l'on ménage dans le couvercle deux ouvertures communiquant avec le réservoir interne. Pour les températures basses, au lieu d'eau chaude, il suffit de placer de la glace ou un mélange réfrigérant.

Dans son travail relatif à l'action de la chaleur sur le mouvement protoplasmique, M. Sachs nous donne le résultat d'expériences faites sur des poils de Tradescantia virginica; à -49° C, le protoplasme ne se meut plus. Entre 46° et 48", le même phénomène se reproduit au bout d'un court séjour à cette température, mais si l'on enlève le bouton de ce milieu pour le placer dans un milieu plus propice, le mouvement ! reprend.

Dans les expériences que j'ai faites, j'arrive à un résultat un peu différent; à la température de 45°-46\ que ces poils ont supportée très bien, j'ai au contraire vu un mouvement très accusé du protoplasme et, comme nous le verrons plus loin, une activité très grande du contenu cellulaire, puisque en trente minutes de temps j'ai pu observer la division complète du noyau et de la cellule.

Pour le Tradescantia, nous ne trouvons pas, comme dans les autres cas où la loi de l'optimum peut s'appliquer, un optimum suivi d'une série de températures différentes pour lesquelles le phénomène peut encore s'effectuer, mais d'une manière moins rapide; mais nous voyons presque immédiatement après l'optimum se présenter le maximum.

La première phase de division est caractérisée par la disparition du nucléole, et par la visibilité de la substance chromatique qui se '.présente sous l'aspect de

granules passant ensuiteàla forme d'anses. On peut considérer une division comme terminée quand, une fois la membrane nouvelle rattachée aux deux parois, on voit apparaître, dans la masse proloplasmique qui la recouvre, des vacuoles ne laissant plus qu'une légère couche de protoplasme. C'est cette phase qui m'a servi de point de comparaison final (fig. 19). Si l'on prend des cellules de Tradescantia, qu'on les place dans une atmosphère dont la température oscille entre 8° et 9°, on ne peut suivre jusqu'à la fin la division ; si l'on a eu soin de bien fixer sous le microscope le noyau qui se trouvait dans une des prophases, l'on remarque quelquefois un commencement de division, mais on voit immédiatement, que la température basse occasionne un retard dans l'apparition' des phases. Au bout de quelques heures, toute la structure cellulaire est désorganisée, il se forme dans l'intérieur un grand nombre de vacuoles et le noyau se

Si l'on expose un noyau, en^re 10° et 11", on peut observer la division complète en 2 heures 15 minutes, chiffre moyen de quelques expériences faites généralement le même jour. Comme je l'ai dit pour \eSpirogyra, l'on observe ici fréquemment des noyaux qui, dans les mêmes conditions, parfois dans une même culture côte à côte, offrent des différences de durée pouvant aller jusqu'à 50 minutes. Ces différences notables pourraient également provenir du fait que dans ces noyaux, surtout à l'état vivant, les premiers stades de division sont très difficiles à différencier les uns des autres; il est malaisé de juger de la disparition du nucléole et de la formation des anses.

Entre 15° et 14°, la durée totale de la division prend

2 heures 20minutes; si nous continuons, entre 16'etl7% les résultats varient de 2 heures à 1 heure 30 minutes, ce qui nous donne une valeur approximative de 1 heure 45 minutes. A 19°-20", la durée n'est plus que de 1 heure 20 à 1 heure 25 minutes.

Ici viennent se placer quelques expériences dont le résultat n'est plus tout à fait en rapport avec la série descendante que nous avions obtenue jusqu'à présent. Plusieurs observations faites le même jour à une température variant de 20" à 21°. m'ont demandé de 1 heures 40 minutes à 2 heures 50 minutes ; il y aurait donc ici, comme pour le Spirogyra, un premier optimum. Il est probable que cette différence assez considérable provient de l'individu même sur lequel l'expérience a été faite, ou que la température subie par la plante la nuit précédente lui a été pernicieuse et a retardé la division.

En examinant en effet la température qui a régné la nuit quia précédé ces observations, nous la trouvons descendue entre 8" et 9°, c'est-à-dire vers le point minimum; ce qui pourrait expliquer le retard de la caryocinèse.

Si nous examinons les résultats obtenus à une température supérieure, nous trouvons entre 24° et 25° une diirée de 1 h. 15 m. environ pour la division totale.

Entre 26° et 27", le temps demandé pour l'ensemble des phénomènes caryocinétiques n'est plus que de 55 m., entre 30" et 31°, nous trouvons encore une fois un accroissement de même qu'entre 20° et 21". J'ai obtenu à cette température une durée de 2 h. à 2 h. 15 m.; la différence doit 'provenir de l'individu même, car elle ne peutplus s'expliquericiquepar une différence calorifique des nuits précédentes, la moyenne ayant été la même que celles des nuits suivantes.

Entre 59" et 40", nous ne trouvons plus que 50 à 35 minutes; mais une seule expérience faite à 43° nous fait à nouveau remontera une durée de 1 h.; mais à 45°, la diminution s'accentue encore : nous obtenons un optimum de 30 m. pour la durée totale de division. Les expériences faites à 43° ont été observées l'après-midi; cette dernière circonstance peut-elle influer sur la caryocinèse ou est-ce un cas accidentel? Je n'ai pu étudier ce point, mais ce que j'ai remarqué, c'est la fréquence des divisions nucléaires le matin, le nombre allant en diminuant jusqu'au soir.

A une température favorable, telle que 45° à 46°, le nombre de noyaux entrant en division devient assez grand; c'est ainsi que des noyaux paraissant au repos et exposés peu de temps à cette température, sont entrés rapidement dans les propbases. La fréquence de la division serait donc en rapport avec la température.

Si nous continuons les expériences à 50° et au delà, nous n'obtenons absolument plus aucun résultat; la cel- ■ Iule exposée quelque temps à cette température se désorganise et ne reprend plus même à 20" sa structure normale. Pendant les premiers moments de son exposition, il peut cependant se faire un commencement de caryocinèse, mais généralement, lorsque le noyau arrive à la formation du fuseau, il s'arrêle et le phragmoplaste n'apparaît pas; il ne se forme par conséquent pas de cloison. Les deux noyaux filles dégénèrent alorsipetit à petit. Dans la division normale, le phragmoplaste s'attache généralement à l'une des parois et gagne alors la paroi opposée à laquelle il se soude- La figure 16 nous montre un phragmoplaste attaché d'un côté seulement à la membrane cellulaire.

Tableau VI.

Résumé des observations.

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