‹ Recherches bactériologiques sur la fièvre typhoïdeChapitre 1 sur 6 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis le grand travail de Gaiïky, clablissanl pour la première fois, par la méthode rigoureuse des cultures, la présence au sein des cadavres typhiques d'un bacille à caractères tout particuliers, l'étude bactériologique de la dolhicncnlérie a été l'objet d'un nombre de travaux lellement considérable, que leur seule énuméralion forme déjà un des plus vastes chapitres des traités de microbiologie.

La morphologie du microbe de Gaffky, sa topographie au sein des tissus, ses caractères de culture^ ses propriétés biologiques ont été tour à tour étudiés par de nombreux observateurs, et il serait injuste de méconnaître l'incomparable parti que la pathologie et l'hygiène ont su tirer de ces importantes données.

Cependant, malgré les nombreux points nouveaux dont l'étude de la fièvre typhoïde s'est enrichie, il reste un ensemble de queslions dont la solution est très loin d'être fournie.

Ces questions ne sont malheureusement pas, pour la théorie microbienne du typhus abdominal, d'ordre secondaire : il en est qui sont d'essence tout à fait doctrinale, au point qu'elles mettent en question la spécificité même du microbe découvert par Eberth et si bien décrit par Gaffky.

C'est qu'après avoir été longtemps admise, presque sans conteste peut-on dire, l'identité spécifique du bacille de Gaffky est aujourd'hui battue en brèche par des observateurs qui ont assez d'autorité en microbiologie pour que leur opinion mérite d'êire écoutée. Se basant sur les grnndos ressemblances que le microbe de Gaffky présente

INinODUCllON.

avec un parasite normal de l'intcslin, le « baclcrium coli commune » d'Esclicrich, deux savants lyonnais, Rodet et Roux, vont jusqu'à idenlifi(M- ces doux espèces, et ils mettent sur le compte de variations de milieu ou de virulence les diflerenees observées entre les deux micro organismes.

Celte théorie, on le conçoit, porte une grave atteinte à la spécificité du bacille considéré encore généralement comme l'agent de la fièvre typhoïde^ elle menace même son individualité.

Le débat introduit récemment à l'Académie de médecine de Paris, entre les partisans de la spécificité absolue du microbe de Gaiïky et les savants qui soutiennent la thèse opposée, a eu un grand retentissement dans le monde scientifique : malgré le grand nombre des faits produits et des arguments invoqués, on ne peut pas dire que la question soit sortie résolue des discussions auxquelles les communications des savants lyonnais ont donné naissance.

La discussion reste ouverte, et cette étude, en raison de la haute importance des questions en jeu et de l'autorité de ceux qui s'en occupent, forme un des chapitres les plus attrayants actuellement à l'ordre du jour des recherches bactériologiques.

C'est à la solution de quelques-uns des problèmes soulevés par la question de la spécificité du bacille de GaiTky que nous avons consacré les recherches exposées dans ce mémoire et effectuées en partie au laboratoire, en partie à la table d'autopsies.

L'ordre suivi dans l'exposé de nos résultats correspond à la série des questions que nous nous sommes successivements posées :

Quelles sont les propriétés biologiques du bacille de Gaffky?

INTIlOnUCTlON.

Quelles affinités présenle-l-il avec le « baclerium coU commune » 9

Est-il possible de supprimer, par l'un ou l'autre artifice, les caractères différentiels existant entre ces agents parasitaires?

Quels sont les microbes observés dans la fièvre typhoïde?

Peut-on rencontrer des organismes semblables ou plus ou moins voisins dans d'autres affections?

Quel est, d'après ces constatations, Vétat actuel de la théorie microbienne de la fièvre typhoïde?

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