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Recherches chimiques sur la respiration des animaux des diverses classes

La respiration des animaux a été étudiée par un grand nombre de physiologistes et de chimistes distingués. Les uns se sont occupés uniquement des altérations chimiques que l’air éprouve par le séjour des animaux ^ les autres ont cherché plus particulièrement cpiels étaient les organes et les liquides du corps animal qu4 opéraient ces altérations et qui remplissaient les principales fonctions de la respiration. Nos connaissances très-restreintes en physiologie ne nous permettaient pas d’aborder cette seconde partie de la question-, nous nous sommes bornés à la première.

Les altérations que le séjour des animaux produit dans l’air atmosphérique sont dues, non-seulement à la respiration pulmonaire, mais encore aux gaz qui s’exhalent de la peau et par le canal intestinal. Dans le travail que nous présentons aujourd’hui, nous n’avons pas d’abord distingué ces didérents eifets; nous avons déterminé l’altération totale, en un mot, nous avons étudié le phénomène que les physiologistes modernes ont désigné sous le nom de perspiration. Nous avons cherché ensuite, dans des expériences spéciales, à déterminer la part que la perspiration ( utanée et celle dn canal intestinal peuvent avoir dans le phénomène total.

Notre travail présenterait un

intérêt beaucoup plus

grand, si nous avions pu nous occuper, à la fois, de la respiration des anîmaiix eide leur nutrition, c’est-à-dire, si le phénomène de la respiration avait pu être étudié sur des animaux soumis à un régime alimentaire rigoureusement déterminé par l’analyse chimique, et si la quantité ainsi que la nature chimique des excrétions avaient pu être fixées avec la même précision. C’est sous ce point de vue d’ensemble que nous avions entrepris nos recherches en commun avec notre ami M. Millon , qui devait s’occuper plus particulièrement de la nutrition des animaux soumis à nos expériences; malheureusement, des occupations diverses et le départ de M. Millon de Paris se sont opposés à la réalisation de nos projets. M. Millon publiera de son côté les expériences qu’il a entreprises sur la nutrition.

Boyle, Haies , Cigna, Black et Priestley sont les premiers qui se soient aperçus que la respiration exerce une action marquée sur Pair de l’atmosphère, qu’elle en diminue le volume, qu elle en change la nature, et qu’en un assez court intervalle de temps, le fluide qui sert à cette fonction perd la faculté d’entretenir la vie des animaux.

Lavoisier [Mémoires de V Académie des Sciences^, années 1777, Ï7B9 et 1790) annonça en 1786 que, très-probablement, la respiration ne se borne pas à une combustion de carbone, mais qu’elle occasionne encore la combustion d’une partie de l’hydrogène contenu dans le sang; et, conséquemment, que la respiration opère non-seulement une formation de gaz acide carbonique, mais encore une formationd’eau. Ce célèbre chimiste s’occupa, à plusieurs reprises, de l’étude de cet important phénomène, tantôt seul, tantôt e?i compagnie de Laplace ou de Séguin. Il constata que l’azote ne changeait pas sensiblement pendant la respiration, que la production de l’acide carbonique et l’absorption de l’oxygène n’étaient pas constanles pour le même individu ; qu’elles étaient plus grandes pendant la digestion, et cju’elles augmentaient encore dans l’état de mouvement et d’agîta-

tloii. D’après Lavoisier, la machine animale est gouvernée par trois régulateurs principaux ; la respiration , qui consomme de l’hydrogène et du carbone, et qui fournit du calorique; la transpiration, qui augmente ou diminue suivant qu’il est nécessaire d’emporter plus ou moins de chaleur: enfin la digestion, qui rend au sang ce qu’il perd par la respiration et la transpiration. Les recherches modernes ont confirmé ces vues profondes de l’illustre savant. •

Lavoisier constata également que les animaux pouvaient vivre pendant plusieurs heures dans de l’oxygène pur, ou dans un mélange de gaz hydrogène et oxygène, et que la production de l’acide carbonique dans ces atmosphères artificielles ne paraissait pas être différente de celle qui a lieu dans l’air uormaL

MM. Allen etPepys publièrent, en 1808 [Phîlos. Hans., 1808), un travail important sur la respiration pulmonaire de l’homme. Leur appareil se composait de deux petits gazomètres à mercure, dans lesquels se rendaient les produits gazeux de la respiration, et d’un troisième gazomèu\e à eau.

de dimensions beaucoup plus grandes , et qui tcîlirnissaiî l’air nécessaire à la respiration. La personne soumise à l’expérience appliquait la bouche sur une tubulure munie d’un pavillon ; le nez était pincé par un ressort : des robinets, placés à sa portée, lui permettaient de puiser, jiendant les inspirations, de l’air pur dans le gazomètre à eau ; et, pendant les expirations, de diriger l’air vicié dans l’un ou l’autre des gazomètres à mercure. Les principales conclusions du travail de MM. Allen et Pepys sont les suivantes :

La quantité d’acide carbonique exhalée est, volume pour volume, égale à la quantité d’oxygène consommée. Il rr’y a donc pas de raison de supposer qu’il y a for mation d’eau. Ce n’est (|ue dans des circonstances défavorables pour la r espiralioir , qu’on a remarqué une absorption Serrsible < l’oxygène.

Dans une atmos})hèie d’oxygène pur, riromme dégagr^ t>lus d’acide car'borrifpie qu(' dans une atrrrosjdrèr’e d’air.

La respiration ne paraît dégager ni îiydrogène, ni aucuir antre gaz.

Dans son ouvrage : De V influence des agents physiques sur la 'ine , Edwards cite un grand nombre d’expériences qu’il a faites sur la respiration des animaux appartenant aux diverses classes. Comme les appareils très-simples qu’il a employés n’avaient qu’une faible capacité, il a été obligé de choisir des animaux de petites dimensions, et de ne prendre, parmi les mammifères, que des individus trèsjeunes, tels que cabiais et chiens de i ou 2 jours. Edwards déduit de ses expériences les conclusions suivantes :

Le rapport entre l’oxygène que l’on retrouve dans l’acide carbonique respiré et l’oxygène total absorbé, varie depuis ~ jusqu’à l’unité.

Dans certains cas, l’azote de l’air n’a pas subi de changement sensible, et l’on peut admettre qu’il n’y a pas d’exhalation apparente d’azote -, les dihérences pouvant être attribuées aux erreurs de l’analyse. Mais, dans un grand nombre d’autres expériences faites pendant le printemps et l’été, recédant d’azote que l’on trouve dans l’air qui a servi à la respiration est tel, qu’on ne saurait nier l’exhalation de ce gaz. Cet excédant surpasse beaucoup le volum<‘ des poumons; il foi nie une partie considérable de celui de l’animal, et il s’est élevé quelquefois au | et au j du volume total de l’oxygène consommé. Les expériences faites pendant l’hiver sur de. petits oiseaux, ont donné un résultaf diamétralement contraire ; le défaut d’azote était aussi mar- (|ué que l’excès dans les expériences faites pendant l’été. Cependant, 011 n’a jamais observé d’absorption d’azote, soit en été, soit en hiver, sur les mammifères très-jeunes, tels que de petits cabiais.

D’après ces résultats, Edwards pense que lorsqu’un animal respire dans l’air atmosphérique, les fonctions d’absorption et de dégagement d’azote sont simultanées; que, d’une part, il absorbe de l’azote ; que, deraulre, il en exhale. Du rapport entre les quantités d’azote absorbées et exhalées,

peuvent provenir iiois résultats dillérents, suivant la constitution des individus et les circonstances on ils sont placés. Lorsque rexlialation prédomine sur l’absorption , on n’a pour résultat de l’expérience que de l’exhalation^ lorsque l’absorption prédomine, la différence est de l’absorption ^ lorsqii’enfin ces deux fonctions ont lieu dans la même proportion, on ne voit les effets ni de l’un ni de l’autre, et l’azote expiré est égal à l’azote inspiré.

Edwards se fait du phénomène de la respiration l’idée suivante : L’oxygène qui disparaît dans la respiration au milieu de l’air atmosphérique est absorbé en entier; il est ensuite porté, en tout ou en partie, dans le torrent de la circulation. Il est remplacé par une quantité plus ou moins semblable d’acide carbonique exhalé qui provient, en tout ou en partie, de celui qui est contenu dans la masse du sang. En outre, l’animal, respirant de l’air atmosphérique, absorbe de l’azote; cet azote est porté, en tout ou en partie, dans la masse du sang. L’azote absorbé est remplacé par une quantité plus ou moins équivalente d’azote exhalé, qui provient, en tout ou en partie, du sang.

Suivant cette vue, la respiration n’est plus un procédé purement chimique, une simple combustion dans les poumons, où l’oxygène de l’air inspiré s’unirait au carbone du sang pour former de l’acide carbonique qui serait expulsé aussitôt; mais une fonction composée de plusieurs actes ; 'd’une part, l’absorption et l’exhalation, attributs de tous les êtres vivants; d’autre part, l’intervention des deux parties constituantes de l’air atmosphérique, l’oxygène et l’azote.

I.avoisier et Laplace avaient cherché à démontrer, pai des expériences directes, que la quantité de chaleur dégagée par un cochon d’Inde pendant un temps donné, était due entièrement, ou presque entièrement à la combustion du carbone et de l’hydrogène qui a lieu dans la respiration. Ces expériences ne paraissant pas assez concluantes , l’Académie des Sciences provoqua un nouvel examen de la (juestion , en la proposant pour sujet d(‘ prix. MiM. Du-

loiigetDespretz s’en occupèrent siniultanénient, elobtinrent des résultats à peu près semblables. Nous ne rapporterons ici que ceux qui ont trait à l’altération que l’air atmosphérique subit par la perspiration des animaux.

D’après M, Desprelz [Annales de Chimie et de Physiquey 2® série, l. XXVII), outre l’oxygène employé à la formation de l’acide carbonique, une autre portion de ce gaz, quelquefois très-considérable relativement à la première, disparaît aussi-, elle est, en général, plus grande pour les jeunes animaux que pour les animaux adultes. Le rapport entre cette quantité d’oxygène disparu et la quantité totale d’oxygène consommé, a varié, dans ses expériences, de 0,22 à 0,38. Il y a exhalation d’azote dans la respiration des mammifères carnivores ou frugivores et dans celle des oiseaux ^ la quantité en est plus grande chez les frugivores que chez les carnivores. Dans les expériences de M. Despretz, le rapport entre le volume de l’azote exhalé et le volume total de l’oxygène consommé, a varié de 0,10 à o,33.

D’après Dulong [Annales de Chimie et de Physique, S** série, tome I), le volume total de l’oxygène consommé est également plus grand que celui de l’acide carbonique; il y a donc une portion de cet oxygène absorbée autrement que pour la formation de l’acide carbonique. L’excès du volume de l’oxygène absorbé sur celui de l’acide carbonique, fait, terme moyen, le de ce dernier, et ne s’élève jamais au Ÿ pour les lapins, les cabiais et les pigeons. Au contraire, pour les chiens, les chats et la crécerelle, ce meme rapport n’est jamais au-dessous de Il est presque toujours à peu près J, et quelquefois Les différentes époques de la digestion ne paraissent pas influer, d’une manière constante, sur ces variations^ mais l’absorption est toujours plus forte dans le jeune âge que dans la vieillesse.

En comparant le volume de l’air expiré et celui de l’air inspiré, Dulong reconnut, dans certains cas, une diminution précisément égale à celle que l’analyse indiquait dans l’oxygène-, dans d’autres, et c’était le plus grand nombre, la diminution était moins grande (pie celle (jui aurait eu

Ii(3Li si l’azole restait constant^ (‘niiii, dans un petit nombre, le volume expiré était plus grand que le volume inspiré. Ce dernier cas ne fut observé que chez les animaux frugivores. L’augmentation dans le volume de l’azote étant très-souvent supérieure aux erreurs que ce genre d’observation comporte, Dulong en conclut que, dans l’acte de la respiration, il se dégage un volume d’azote toujours inférieur à l’oxygène absorbé parles carnivores, et quelquefois, mais rarement, supérieur dans les fi ugivores. Dans les expériences rapportées par Dulong, le dégagement d’azote , comparé au volume de l’oxygène total consommé, a varié depuis 0,00 jusqu’à 0,28; dans une seule expérience, on a reconnu une absorption d’azote qui équivalait à 0,06 du volume de l’oxygène consommé.

La différence essenti{dle, sous le point de vue qui nous occupe, entre les résultats obtenus par Dulong et ceux de M. Despretz, consiste en ce que, dans les premiers, le dégagement d’azote a été, en général, trouvé plus faible. Mais il est facile de reconnaître, par un raisonnement bien simple, que cette énorme exhalation d’azote qui aurait lieu dans la perspiration des animaux, est absolument impossible. En effet, la quantité d’azote exhalée pendant vingtquatre heures par la respiration d’un animal, serait nonseulement très-supérieure à celle qui existe dans les aliments que prend l’animal pendant le même temps, mais encore, ainsi que Fa fait observer M. Liebig Journal de Phariiiacie, t. VIII, page 24), elle serait telle, qu’eii négligeant meme la quantité considérable d’azote qui est évaj^çuée dans les excrétions, l’animal dégagerait, en quelques jours, plus d’azote qu’il n’en renferme dans tout son individu. Mais, si la quantité d’azote exhalée est inexacte dans ces expériences, il est très-probable que le rapport entre l’oxygène qui se trouve dans l’acide carbonique et l’oxygène total fourni par l’air, n’est pas exact non plus \ car les proportions des ga R. ‘ 2 '

qui constituent Fair vicié par Ja respiration, ont été déterminées dans une même analyse.

MM* Valentin et Brunner et M. Erlach [Physiologie de Valentin, 2® édition, tome I) ont publié récemment de nombreuses expériences, tant sur la respiration pulmonaire de l’homme que sur la perspiration des animaux. Ces expériences peuvent fournir des éléments précieux à l’étude physiologique de la respiration , mais elles ne donnent aucune solution certaine pour les diverses questions que nous nous sommes proposé de traiter^ la raison en est que, dans la méthode suivie par ces auteurs, on ne connaît exactement ni le volume initial de l’air pur, ni le volume final de l’air vicié.

Quoi qu’il en soit, MM. Valentin et Brunner ont fondé sur leurs expériences une nouvelle théorie de la respiration, cj[u’ils ramènent, en dernière analyse, à un phénomène de diffusion des gaz. Nous allons essayer d’en donner une idée; celle-ci sera probablement incomplète, car nous devons convenir que nous ne l’avons pas bien comprise.

Lorsque deux gaz, sans affinité chimique l’un pour l’autre, sont séparés par une membrane poreuse, et soumis à des pressions égales, il y a diffusion des deux gaz l’un dans l’autre, jusqu’à ce que les volumes échangés soient entre eux en raison inverse des racines carrées de leurs densités. Cette loi a été principalement établie par des expériences trèsprécises de M. Graham.

La densité de l’air atmosphérique à o degré, et sous la pression de o"^,y6o ,

étant 1 ,00000 dont la racine carrée est i ,0000 Celle de l’oxygène est. i,io563 » 1 ,o5i5

Celle de l’ac. carbon. . 1,52910 » i,2366

Celle de l’azote ......0,97137 » o ,9856

Si donc de l’oxygène et de l’azote , sous pressions égales , s’échangent ainsi par voie de diffusion à travers une paroi

poreuse, pour i volume d’oxygène qui entre, il doit sortir

— = o,9oyo d azote. 01 les gaz séparés par la mem¬

brane sont de l’oxygène et de l’acide carbonique , il devra I o5 1 5 .

passer ^ ’ 2866 ~ d’acide carbonique pour i volume

d’oxygène.

MM. Brunner et Valentin admettent que , dans la respiration des animaux , il se passe un phénomène semblable de diffusion. Le sang qui revient aux poumons , après avoir traversé l’appareil circulatoire, renfermant une grande proportion d’acide carbonique en dissolution, il s’établirait, à travers la membrane du poumon , entre ce gaz et l’oxygène de l’air atmosphérique remplissant la cavité pulmonaire, une diffusion assujettie à la loi que nous venons de rappeler. Le sang perdrait à travers la membrane une portion de son acide carbonique, et absorberait une quantité correspondante d’oxygène : pour i volume d’oxygène ab-* sorbé, il y aurait o,85 d’acide carbonique exhalé. Quant à l’azote atmosphérique , il n’interviendrait pas dans le phénomène à cause de son insolubilité dans le sang.

Nous ne comprenons pas comment le phénomène de la respiration, ainsi envisagé , peut être assimilé à celui de la diffusion de deux gaz, à pressions égales , séparés par une membrane. Nous admettrons volontiers que les forces, en vertu desquelles s’effectue le mélange des deux gaz dans cette dernière circonstance, interviennent dans le phénomène de,la respiration^ mais les conditions nous semblent totalement différentes. Les gaz ne sont pas, tous deux, à l’état élastique-, l’un d’eux, l’acide carbonique, est en dissolution dans un liquide, dont l’action doit modifier considérablement le phénomène de diffusion. Le second gaz, qui se trouve de l’autre côté de la paroi perméable, n’est pas de l’oxygène pur; c’est un mélange d’oxygène et d’azote, dans lequel l’oxygène seul n’exerce que le ^ de la force élastique totale. Or, la loi de Graham, lors meme quelle serait appli-

cable au pbénoniène qui nous occupe, exigerait au moins que l’oxygène fût pur, et qu’il exerçât, à lui seul, une pression égale à celle que l’acide carbonique produit sur l’autre face de la paroi.

Quoi qu’il en soit, comme MM. Brunner et \alenlin déclarent eux-mêmes que l’explication qu’ils proposent du phénomène de la respiration n’a pas été déduite de spéculations théoriques, mais qu’ils la regardent comme l’expression exacte des faits, il est facile de la soumettre à une épreuve rigoureuse. Cette théorie suppose, en effet, qu’ii existe un rapport constant entre l’acide carbonique dégagé et l’oxygène consommé, et que ce rapport est égal à o,85.

Pour compléter l’analyse des travaux qui ont été publiés sur les changements chimiques que l’air atmosphérique éprouve par la respiration des animaux , il nous reste à parler des recherches exécutées récemment par M. Marchand , bien que le Mémoire de ce chimiste [Journal fur praktische Chemie, tome XLIV, page i) ait paru longtemps après que nos propres expériences fussent complètement terminées. M. Marchand s’est proposé de décider si , dans l’acte de la respiration, il y avait de l’azote dégagé ou de l’azote absorbé. Il reconnut que, dans toutes ses expériences, il y avait de l’azote exhalé, mais que la proportion en était toujours très-minime. Ainsi, dans dix expériences sur des cochons d’Inde, en désignant par loo le volume de l’acide carbonique dégagé, les volumes de l’azote exhalé ont été

Moyenne. 0,94

Trois expériences iailes sur un pigeon ont donné, pour l’azote exhalé,

Moyenne. o,85

Nous n’avons pas parlé, dans ce (jui précède , des recherches indirectes qui ont été tentées pour résoudre quelquesuns des problèmes de la respiration, notamment le dégagenieiit ou l’absorption de l’azote.

M. Boussingaull soumit , pendant plusieurs jours, une vache et un cheval à une alimentation réglée dont il connaissait rigoureusement la quantité et la composition chimique*, il recueillit, pesa et analysa, avec le plus grand soin, toutes les déjections solides et liquides. Il reconnut ainsi qu’une portion notable de l’azote des aliments ne se retrouvait plus dans les déjections , et qu’elle avait dû être évacuée par la perspiration, puisque les animaux étaient soumis seulement à la ration d’entretien , et n’avaient pas augmenté sensiblement de poids. Une expérience faite sur une tourterelle lui donna un résultat semblable. L’azote exhalé ne formait, dans tous les cas, qu’une très-petite fraction du volume de l’acide carbonique dégagé-

Enfin, dans ces derniers temps, M. Baral {^Annales de Chimie et de Physique, 3^ série, tome XXV, page 129) a appliqué la même méthode d’expérimentation à l’homme : il a également reconnu un dégagement d’azote qui s’élevait environ à du volume de l’acide carbonique produit.

On voit , par riiistorique que nous venons de développer, <[ue les expérimentateurs sont loin de s’accorder sur les principaux points du phénomène de la respiration, et que souvent même leurs conclusions sont contradictoires. Nous ne nous arrêterons pas à discuter les procédés qu’ils ont suivis, bien qu’il soit souvent facile d’y indiquer des causes d’erreur qui expliquent la difléreuce des résultats obtenus^

nous nous bornerons à présenter une remarque générale qui s’applique à la plupart de ces procédés.

Dans les expériences qui ont été faites jusqu’ici sur la perspiration, on plaçait les animaux dans un espace limité rempli d’air atmosphérique, et l’on déterminait l’altération que subissait cet air par leur séjour plus ou moins prolongé. D’autres fois , l’animal était placé dans un espace plus rétréci et en communication avec deux gazomètres. L’un des gazomètres renfermait de l’air normal , que l’on faisait passer lentement à travers l’espace dans lequel se trouvait l’animal , et l’on recueillait l’air vicié dans le second gazomètre.

Dans ces deux manières d’opérer, il est essentiel que l’air ne subisse pas une altération notable; car, autrement, la respiration de l’animal aurait lieu dans une atmosphère trop différente de notre atmosphère terrestre ; mais si l’air destiné à entretenir la respiration de l’animal ne subit que de petites variations , il est évident que celles-ci deviennent très-difficiles à déterminer exactement, et qu’elles sont trop fortement altérées par les erreurs de l’analyse.

Nos expériences ont été faites par une méthode totalement différente. Nous nous sommes imposé la condition de faire séjourner les animaux pendant très-longtemps, souvent plusieurs jours , dans un volume d’air limité , mais dans des conditions telles, que cet air fût constamment ramené à la composition de l’air normal par le jeu même des appareils. Ainsi, d’un côté, la respiration consommait une quantité considérable d’oxygène et dégageait une grande quantité d’acide carbonique; de l’autre, l’absorption ou le dégagement d’azote se manifestaient par des variations notables de composition que subissait un volume limité d’air, pendant un séjour prolongé de l’animal.

Nous allons décrire succinctement nos appareils.

Notre appareil se compose de trois parties essentielles :

1*’. De l’espace dans lequfd est renfermé l’animal ;•

respiration ;

3^. Ü’iiii appaieil qui remplace constamment l’oxygène absorbé.

L’espace qui contient l’animal est formé par une cloche de verre tubulée A, P/. III, fig. i, de 4^ litres environ de capacité, et dont l’ouverture inférieure est mastiquée sur un disque en fonte DD', muni de deux rainures. Ce disque, dont la fig, 2 représente une section transversale, présente une ouverture centrale ah assez grande pour que l’on puisse introduire l’animal, et qui se ferme hermétiquement au moyen d’un couvercle boulonné e/*, avec interposition de mastic au minium. L’animal pose sur un petit plancher à claire-voie , formé par une plaque de tôle mn percée d’un grand nombre de trous , et couverte de petites tringles de bois, ahii que l’animal ne soit pas en contact immédiat avec le métal qui pourrait le refroidir d’une manière fâcheuse. Ce plancher ayant un diamètre un peu plus petit que l’ouverture, peut y entrer facilement après que l’animal a été lui-même introduit : on le maintient ensuite à l’aide de trois loquets s\ s".

Le couvercle, la plaque de tôle du plancher et la partie intérieure du disque de fonte sont peints au minium pour éviter une absorption de l’oxygène par suite de l’oxydation du métal.

La cloche A est enveloppée d’un manchon en verre BB'DD', de O™, 5o de diamètre, qui est mastiqué dans la seconde rainure du disque de fonte. Ce manchon est rempli d’eau , que l’on peut maintenir à une température constante. Tout l’appareil est supporté par un bâti en charpente.

La tubulure supérieure de la cloche porte une monture métallique, traversée par plusieurs petites tubulures.

Par la première tubulure fe , la cloche communique avec un manomètre à mercure abc qui donne, â chaque instant, la tension du gaz intérieur.

Par les deux tubulures i\ la cloche communique avec l’appareil condenseur de l’acide carbonique.

Enfin 5 la quatrième tubulure r sert à l’introduction du gaz oxygène necessaire à la respiration.

2^. L’appareil condenseur de l’acide carbonique consiste en deux vases C , C^, à deux tubulures , de 3 litres de capacité, et qui communiquent entre eux par leurs tubulures inférieures au moyen d’un long tube de caoutchouc qq"q' ^ recouvert extérieurement de toile, et de 20 millimètres environ de diamètre intérieur. Les tubulures supérieures portent des montures métalliques m , ni' ^ qui communiquent avec les deux tubulures i'V delà cloche, par l’intermédiaire de longs tubes en caoutchouc lin^ V ni' . Ces tubes, de même que le gros tube qq"q' -, sont fabriqués avec cette préparation particulière de caoutchouc que l’on appelle dans le commerce caoutchouc vulcanisé ^ et qui est remarquable par sa grande flexibilité.

On met dans les vases C, C', 3 litres environ d’une dissolution de potasse caustique dont on connaît rigoureusement la composition et le poids.

Les deux pipettes C , sont placées sur des supports mobiles , formés par les cadres en fer jjost , p'o's't' qui sont mis en mouvement par le balancier aêOa'ê', et guidés dans leur marche par les tringles verticales ziP' , ziv , zz'p*', z'w'. Le balancier reçoit un mouvement d’oscillation par la bielle articulée ydA, d’une petite machine mue ])ar un poids de 200 kilogrammes, et qui marche dix-huit heures sans avoir besoin d’être remontée. Le mouvement de la machine est réglé par un volant à ailettes qui permet d’obtenir la vitesse convenable à l’absorption la plus efficace de l’acide carbonique.

Les pipettes C, reçoivent ainsi, dans le sens vertical, un mouvement d’oscillation dont il est facile de comprendre Fcflet. Supposons la pipette C' au point le plus bas de sa course, et, par suite, la pipette C au point le plus élevé. La pipette sera alors entièrement remplie par la dissolu-

lion de potasse, tandis que la pipette C sera remplie d’air, lequel communique librement avec celui de la cloche par l’intermédiaire du tube ikhn. Donnons maintenant le mouvement inverse : amenons la pipette C au point le plus bas de sa course, et la pipette C' au point le plus élevé. La potasse passera de C' en C, et renverra dans la cloche l’air qui remplissait C, et qui a été^ débarrassé d’acide carbonique par son contact avec la potasse. Une autre portion de Lair de la cloche se rendra dans la pipette C^, et y déposera son acide carbonique. Alin que l’absorption de l’acide carbonique par la potasse se fasse d’une manière plus efficace, on a rempli les deux pipettes de tubes de verre ouverts aux deux bouts ^ les parois de ces tubes restent mouillées de potasse lorsque les pipettes se vident de la dissolution alcaline , et présentent , par conséquent , une large surface absorbante.

La pipette C' prend l’air au sommet de la cloche 5 l’autre C, le prend, au contraire, dans la région inférieure, par le tube jj' : de sorte que le jeu de l’appareil détermine non-seulement l’absorption de l’acide carbonique à mesure qu’il se forme par la respiration , mais il produit encore une agitation continuelle de cet air, et tend à lui donner une composition uniforme dans les diverses parties de l’espace A.

3^. L’appareil destiné à fournir constamment l’oxygène nécessaire à la respiration, consiste en trois grands vases de verre N, N^, ayant la forme de ballons compris entre deux tubulures. Les tubulures supérieures portent des montures métalliques à deux petites tubulures munies des robinets r" et dont l’une peut communiquer avec la grande cloche où se trouve l’animal , et dont l’autre sert à l’introduction du gaz oxygène. Les tubulures inférieures des ballons sont mastiquées dans des pièces en cuivre à deux branches. L’une de ces branches est verticale 5 elle porte un robinet R', et sert à faire écouler le liquide du ballon lorscju'on veut rcnq)lir celui-ci d’oxygèiu*. La seconde

branche est horizontale 5 elle se termine par une tubulure verticale dans laquelle est mastiqué un long tube de verre C’est par ce tube que l’on introduit le liquide destiné à chasser le gaz, du ballon.

Les ballons N , N', que nous appellerons à l’avenir pipettes à oxygène, ne communiquent pas directement avec la cloche : un petit flacon laveur M, rempli à moitié d’une dissolution de potasse, est interposé. On peut juger, par le passage des bulles de gaz à travers ce flacon , de la manière dont marche la respiration de l’animal^ souvent même on peut s’en servir pour compter ses pulsations.

Les pipettes à oxygène sont préalablement remplies d’une dissolution concentrée de chlorure de calcium qui n’exerce, ainsi que nous nous en sommes assurés, qu’un pouvoir dissolvant très-faible, soit sur l’oxygène pur, soit sur l’air atmosphérique. Pour introduire l’oxygène, on met l’appareil qui dégage ce gaz en communication avec la tubulure de la pipette 5 à mesure que le gaz pénètre dans le ballon , on fait couler la dissolution de chlorure de calcium par le robinet R'. On remplit la pipette sous une pression un peu plus forte que celle de l’atmosphère extérieure *, on laisse ensuite le gaz se mettre en équilibre de température avec l’air ambiant^ on affleure le liquide à un trait de repère a/ marqué sur la tubulure inférieure de la pipette, après avoir fait sortir une petite portion du gaz pour le mettre en équilibre de force élastique avec l’atmosphère. On note la température du thermomètre dont le réservoir se trouve en contact avec la paroi de la pipette, et la hauteur H du baromètre.

Chaque pipette porte un second repère tracé sur la tubulure supérieure ^ sa capacité comprise entre les repères w, 0)' a été déterminée rigoureusement par plusieurs jaugeages.

L’oxygène était préparé en chaulfant dans une cornue de verre un mélange de parties égales de chlorate de potasse et

Je bioxyde de manganèse; le gaz traversait deux flacons laveurs renfermant une dissolution concentrée de potasse, puis deux longs tubes en U remplis de pierre ponce imbibée de la meme dissolution. Avant de recueillir le gaz dans les pipettes, on en laissait dégager environ lo litres pour chasser l’air atmosphérique de l’appareil. On a reconnu d’ailleurs, par plusieurs expériences faites avec le plus grand soin, que l’oxygène, ainsi préparé, ne renfermait pas de traces de gaz étranger.

A côté de la grande cloche se trouve disposé un appareil manoraétrique a'U c' d' que l’on peut mettre en communication avec elle au moyen du tube latéral r' hg embranché sur la tubulure i : des robinets /■', v'' permettent d’établir et d’intercepter la communication. A l’aide de ce manomètre on peut, à un moment cjuelconque de l’expérience, puiser dans la cloche un volume déterminé d’air pour le soumettre à l’analyse.

Après cette description sommaire de notre appareil , il est facile de comprendre notre manière d’opérer.

Les trois pipettes sont préalablement remplies d’oxygène, sous la pression atmosphérique H et k la température 9. Si V représente la capacité en centimètres cubes de l’une de ces pipettes entre les repères o), o)', le poids de l’oxygène qu’elle fournira à la cloche pendant l’expérience sera :

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