‹ Recherches chimiques sur les quinquinasChapitre 10 sur 10 · V . •». *»H ■ . .VS · texte numérisé non relu

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Tableau comparatif de quelques propriétés de la cinchonine et de la quinine 3 pour établir la différence entre ces deux bases .

Forme .

Saveur .

Fusibilité .

Poids de la molécule .

Action de l’alcool .

Action de l’éther . .

Sulfate , son aspect .

Sa constitution.

Hydrochlorate, aspect , etc,... .

Constitution.. ,

Phosphate. . . .

Arséniate .

Acétate .

Cinchonine.

En aiguilles prismatiques. j

Amère particulière

Infusible.

Est de 38,488.

Soluble dans l’alcool, y peut cristalliser.

Très-peu soluble dans l’éther, y cristallise.

Crislallisahle, forme déterminante , prisme à 4 pans. .

Base, ioo; acide, l3,0210.

Cristallisable , en aiguilles.

Base, ioo; acide, 9,o55.

Incristallisable , aspect gommeux.

Incristallisable.

Très-soluble , petits cristaux grenus.

Quinine»

En masse amorphe.

Amère , beaucoup plus désagréable.

Fusible , au moins à l’état d’hydrate.

Est de ^.5tyo6g»

Soluble dans l’alcool, n’y peut cristalliser.

Très-soluble dans l’éther, incristallisable,

Crislallisahle , en aiguilles soyeuses nacrées.

Base, ioo ; acide,

Facilement crista * Jble,houpessoyeu Base , 100 ; aci

Cristallise en ait les nacrées.

Cristallise en aiç les prismatiques.

Moins soluble, 1 taux soyeux se gi pant en étoiles .

\e$ , etc.

Examen particulier des principes constituans du

quinquina jaune .

§ 56. Nous ayons fait connaître les propriétés dp la quinine ; nous n’y reviendrons plus.

Le rouge cinclionique a toutes lqs propriétés que nous lui avons trouvées dans le quinquina gris.

La matière colorante rouge soluble (tannin ) ne diffère de celle du quinquina gris qu’en ce qu’elle précipite les sels de fer en brun, au lieu de les précipiter en vert, La matière colorante jaune est la même dans les dpux écorces.

La matière grasse , à la couleur près , est en tout semblable à celle du quinquina gris *: elle est d’un jaune orange^ elle parait aussi être plus odorante. Il ne serait pas étonnant qu’elle contint un principe odorant particulier, comme on en rencontre dans plusieurs matières grasses végétales et animales.

Le kinate de chaux est le même dans les deux écorces.

L’amidon est identique dans les deux quinquinas gris et jaune.

Nous n’avons pas trouvé de matière gommeuse véritablement bien caractérisée dans le quinquina jaune ; nous attribuons à son absence la facilité avec laquelle on obtient à l’état de pureté le kinate de magnésie dans le traitement du quinquina jaune , pour l’extraction de la quinine.

Examen chimique du quinquina rouge (cinchona

oblongifolia ).

§ 57. Le quinquina rouge que nous avons soumis à l’analyse était eu ecorces de moyenne grosseur, roulées

et recouvertes de lichen j des morceaux ont été spécia-

lement choisis un à un , et l’on a pris toutes les précaiw tions pour éloigner les échantillons dont on aurait pu douter. On ne peut donc supposer qu’on a employé du quinquina jaune coloré par une liqueur alcaline. On verra plus bas pourquoi nous avons tellement insisté sur le choix de ce quinquina. L’infusion de ce quinquina précipite abondamment j par la noix de galle, l’émétique et la gélatine.

Extraction de la base salijiable du quinquina

rouge .

§ 58* En suivant toujours. la marche que nous nous étions tracée, nous avons cherché à extraire , par les divers procédés indiqués, da-cinchonine que le quinquina rouge pouvait contenir : nomseulement nous en avons obtenu de parfaitement cristallisé et en tout semblable à-celui du quinquina gris , mais elle était en quantité trois fois plus forte pour un poids donné des ;deux. écorces. Une chose qui nous a d’abord frappés et que nous avons ensuite expliquée, c’est que l’alcool qpi avait servi à traiter le précipité magnésien pour en extraire la cinchonine ne donnait de cristaux que dans, le cas* où l’on conduisait l’évaporation à un certain terme, et non. à siccité } car, daus. ce ças, on n’aurait qu’une masse grenue et colorée. Nous avions d’abord pensé que Ja cinebonine était seulement engagée dans une, matière colorante ; mais nous n’avons pas tardé a reconnaître que a matière qui s’opposait à la cristallisation de la cinftcniuc dans les liqueqrs trop rapprochées était de Ja

quinine (1). Nous sommes parvenus à séparer ces deux bases en employant la cristallisation , l’éther et l’acido acétique. Nous avons déjà parlé de ces procédés dans les paragraphes 43 et 44*

D’après notre analyse, le quinquina rouge est composé de :

Kinale de cinchonine :

Kinate de quinine j Kinate de chaux :

Rouge cinchonique j

Matière colorante rouge soluble ( tannin ) *,

Matière grasse j

Matière colorante jaune j

Ligneux j 4

Amidon.

Résultats comparés de V analyse des quinquinas gris ,

jaune et rouge. r

§ 5f). Nous avons déjà dit qu’il nous paraissait impossible de faire une analyse quantitative des matières végétales dont la composition était compliquée. Nous croyons cependant devoir établir quelques rapports proportionnels entre les principes constituans des trois es-

(i) Nous ferons cependant remarquer qu’il existe quelques différences entre la quinine du quinquina jaune et l’alcali incristallisable que nous signalons ici. Ces différences consistent dans la plus grande fusibilité de l’alcali incristallisable du quinquina rouge, et dans l’aspect de son sulfate : néanmoiys nous ne croyons pas à présent devoir considérer cette matière autrement que comme une variété de la précédente.

( 3Go )

pèces do quinquina ; ces rapports pourront donner lieu à quelques inductions qui ne feront pas sans utilité, Nous remarquerons d’abord que la base saliûablp existe, dans le quinquina gris , en moins grande quantité que dans le quinquina jaune, puisque nous n’avons pu retirer que 2 grammes de cinchonine par kilogramme d’ér* corce *, tandis que le quinquina jaiune nous a. donné 9 grammes de quinine (i); mais comme ces bases no sont pas absolument les mêmes , on ne peut rigoureuse^ ment établir par elles un point de comparaison entre les deux quinquinas.

Quant au quinquina rouge roulé , il réunit les deux bases salifiables et en quantité bien supérieure à celles que contiennent les quinquinas gris et jaune, puisque d’un kilogramme de quinquina rouge oit a retiré 8 gram- * mes de base saliliable cristallisable (cinchonine), quan-! tité quadruple.de celle fournie par le quinquina gris, et 17 grammes de base saliliable incristallisable (quinine),

c’est-à-dire, presque le double de celle retirée du quin-

quina jaune.

D’après ces considérations , si l’on parvient à établir que , dans les quinquinas, le principe actif réside dans la base salifiable , on expliquera comment il arrive que le quinquina gris et le quinquina jaunie présentent des nuances dans leur propriété médicale. Quant au quinquina rouge ( variété roulée ), il serait le quinquina par

(1) Nous croyons bien ifayoir pas retiré du quinquina gris toute la quantité de cinchonine qu’il peut contenir j, mais jl en a du être de même des autres quinquinas , et la perle a du êqe à-peu-près proportionnelle,

1^1’. (3Gi)

excellence , puisqu’il réunirait les deux principes, et

des contiendrait en grandes proportions,

Le rouge cinchouique existe dans les trois especes de quinquina. 11 paraît identique dans ces trois écorces. Le quinquina rouge en contient le plus , et le gris en contient le moins. *

| La matière tannante existe en moins grande quantité dans le quinquina jaune que dans les quinquinas gris et rouge } elle diffère un peu dans chaque espèce.

La gomme n’existe que dans le quinquina gris.

Le kinate de chaux et les autres principes mentionnés sont identiques dans les trois espèces de quinquina.

Du Principe actif du quinquina,

§ 6o. Quel est le principe actif des quinquinas ; quelle est , dans ces écorces , la substance qui agjt dans Je traitement des lièvres , et qui combat si énergiquement l'intermittence ? Ce ne serait peut-être pa§ a nous qu’il conviendrait de chercher la solution de ce problème. Cependant, comme nous sommes convaincus que ce principe est la base saliüable, la cinchoninc, dans le quinquina gris, la quinine dans le quinquina jaune, et ces deux substances dans le quinquina rouge peutêtre avec des nuances et des degrés divers d intensité , nous croyons devoir établir sur quoi nous fondons notre opinion.

On reconnaît les quinquinas de bonne qualité , et on les distingue des écorces inertes ou étrangères, nonseulement à l’aspect extérieur , mais encore par la réumon de plusieurs propriétés physiques et chimiques, Ou

sait que les bons quinquinas ont une saveur amère , styp* tique, comme aromatique toute particulière , et telle qu’on ne peut la confondre avec celles des autres écorces exotiques ou indigènes : or, de tous les principes contenus. dans le quinquina gris que nous prendrons pour exemple, la cinchonine seule a une amertume , et même une saveur prononcée. Cette savent est exactement celle du quinquina *, le quinquina dépouillé de cinchonine est presque insipide. Les autres principes du quinquina gris n’ont presque pas de saveur , si on en excepte la matière colorante rouge soluble : encore la saveur de ce principe est-elle très-faible et simplement un peu astringente.

Les travaux de M. Yauquelin ont fait connaître que les quinquinas généralement recopius comme fébrifuges précipitaient par la noix de galle. Or, dans le quinquina, le seul principe précipitable par la noix de galle est la cinchonine.

A quelle autre substance attribuerait-on les propriétés médicales du quinquina ? Ce ne serait pas, sans doute , à l’amidon, à la gomme. Serait-ce au tannin ? Mais il est beaucoup de substances tannantes , et ces substances sont peu fébrifuges , et les médecins leur refusent la propriété anti-intermittente. Serait-ce au kinate de chaux ? Mais ce sel pur n’a ni amertume , ni stypticité, ni aucune des propriétés qu’on signale dans le quinquina et qui se

retrouvent dans la cinchonine } 1 on sait d ailleurs que

M. Vauquqlin a dit qu’il ne croyait pas le kinate de chaux fébrifuge , parce qu’il était insoluble dans 1 alcool ^tandis que les préparations alcooliques de quinquina étaient celles qui étaient douées de plus de vertus.

Les praticiens savent d’ailleurs que le sel essentiel du

juuiquîna préparé par macération dans l’eau froide est peur i fébrifuge : or, ce sel contient beaucoup de kinate de chaux i et peu de kinate de ciuchouihe» Qn ne peut tirer une* inductiort contraire à notre manière de voir de la différence d’opinion des divers chimistes qui ont analysé le quinquina , concernant le principe fébrifuge, puisqu en consultant ces analyses., on trouve généralement que les*

différentes matières auxquelles ils ont. attribué 1 eilica^

cité du qqj|uquiua étaient dçs composés plus ou moins complexes, dans lesquels entre la einchowiue masquée

parles substances qui y sont combinées. Ainsi, par exemple, nous voyons Reuss attribuer les propriétés actives du quinquina à ce qu’il nomme a/nftV cinclionujue. Or, on peut démontrer maintenant que cette matière est un mélange de cin clionine , de kinate de chauxetde matière colorante. La matière jaune amère de M. Laubcr , qnon a

regardée aussi comme le principe fébrifuge du quinquina, est du kinate de cinclionine et de la matière colorante.

IJnün , la matière blanche que ce chimiste en. a séparée par l’eau potassée , et qu’il a regardée comme une- résinepure , est la cinclionine elle-même , peutcèlro seulement unie à un peu de matière grasse, l£nlin M. le IV Oomès y qui, le premier, a obtenu la cinclionine, quoiqu il n ait pas connu sa nature alcaline et scs principales. propriétés chimiques , n’hésite pas à. regarder la. cinehonine* comme* le principe actifidu quinquina. '

Si nous raisonnons ensuite par analogie, nous* voyons que toutes les bases salitiabl|M> organiques ont des- propriétés spéciales très-énergiques. La morphine représente l’action calmante de l’opium ; la strychnine produit unhorrible tétanos j lu picrotoxiue agit sur le cerveau^ h

vorairine est, dans l’hellébore blanc et dans la. cévadille , le principe sternutajoire : il existe dans le quinquina un alcali végétal , et on lui refuserait sans examen une action spéciale (i) ! ... L

Nous sommes loin, cependant, de soutenir qu’il ne faut plus employer le quinquina en nature : quand noire opinion sur le principe actif du quinquina serait basée sur les observations médicales les plus nombreuses et les plus avérées, nous ne tiendrions pas ce langage» Nous ne nions pas que les autres principes qui accompagnent la cinchonine dans le quinquina ne puissent modifier sonaction d’une maijdèrp utile et physiologiquement inconnue ; mais1 des modifications à une propriété entraînent l’existence spéciale de cette propriété même.

Dira-t-on que c’est uniquement dans la réunion des principes du quinquina et dans leur combinaison intime que reposent les vertus de ce médicament ( loco cita to) ? Mais alors il faudrait bannir toute composition qui pourrait troubler cette union intime ,* il faudrait dire aussi que la noix vomique , la coque du ' Levant n’agissent pas en vertu de la strychnine , de la pi- Cxo toxine qu'elles recèlent , mais bien par la réunion intime de leur principe. Il faudrait dire aussi que ce n’est pas le mercure rendu soluble qui agit dans quelques maladies , mais une certaine réunion intime 5 en un mot, il faudrait prendre les médicamens tels que la nature nous les offre , eft bannir les sciences chimiques du sanctuaire de la Médecine. Mais en admettant un principe actif dans un médicament, il nous semble

()) Voyez Dictionnaire des Sciences médicales y t. xly.

qu'il est utile de l’obtenir et d’établir ses propriétés. 11 est telle circonstance où l’on sera heureux de pouvoir l’administrer pur pour l’avoir dans toute son énergie. 11 est des cas où un malade ne, peut prcndre une once de poudre ou un vçrre de liquide ; d’ailleurs, cette connaissance du principe actif éclaire sur les préparations pharmaceutiques des médicamens, fait connaître les formules raisonnées , et les distingue de celles qui soù* empyriques , absnrdcs et souvent dangereuses.

Du reste, espérons que quelque praticien habile , joignant la prudence, à la/ sagacité , fera des recherches thé~* rapeutiques sur les alcalis du quinquina, et donnera, ainsi à notre travail une utilité médicale.

Extrait de l’ouvrage intitulé : Rechercl

rimentales sur les chaux de construction > les bétons et les mortiers ordinaires ; et du Suppléa ment inédit relatif à la fabrication des pouzw la/ tes artificielles.

Pau M. Vicat,

Ingénieur des Ponts et Chaussées.

E’aut de fabriquer les cimens calcaires ou mortiers se réduisait encore , il y a peu d années , à quelques; règ| es-pratiques. déduites , il est vrai , d’une assez longue expérience , mais insuffisantes , en ce qu’elles n’embrassaient qu’un petit nombre de cas hors, desquels on était réduit à marcher au hasard , et à faire dépendre de. chances fort inceruqinqs le succès des constructions le»

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