PEAU
La peau de toute la surface du corps est composée, quel que soit son degré d'épaisseur ou de souplesse, de deux couches : épiderme et derme. Le corps muqueux n'y constitue pas plus qu'à la langue une couche ou membrane absolument distincte *.
Vépiderme est formé de cellules épithéliales d'autant plus molles qu'elles sont plus profondes, et d'autant plus dures et plus aplaties, qu'elles sont plus superficielles. Les cellules directement appliquées sur les papilles du derme renferment une quantité variable de granulations pigmentaires , qui peuvent, dans les races colorées, s'étendre jusqu'aux cellules aplaties et cornées. La couche uniforme de cellules colorées a été appelée souvent le pigment ou couche pigmentaire de la peau; les
* Plusieurs anatomistes d*un grand mérite admeltent la distinc- Uon de l'épiderme en corps muqueux et couche cornée. Tels sont entre autres M. Sappbt, loc. cit., t ii, p. 485 et suiv., 4853, et M. Kollikeb, loc, dt.y trad. Béclard et Sée, p. 423 et suiv., 4856.
U2 rechëbcues cliniques et anatomiques
cellules profondes, molles, superposées, ont reçu le nom (le couche muqueuse ou corps muqueux de Malpighi ; les cellules les plus superficielles et les plus aplaties, le nom de couche cornée ou épidermique.
Le derme offre, dans sa partie la plus superficielle, des papilles qui ne forment pas une couche distincte, et ne sont que de petites saillies coniques , composées d'uqe fine gangue amorphe, granuleuse, ayant dans leur ceptre quelques fibres lamineuses et d'autres fibres du tissu élastique. Ces papilles peuvent être, sur différents points de la peau, simples ou composées, nerveuses ou vasculaires; distinctions qui ne doivent pas m'occuper ici.
^.a trame du derme est composée de fibres entrecroisées du tissu lamineux ou cellulaire. Cei; fibriss sppt ^ccofnpagnées de capillaires et laissent passer les nerfs qui se rendent aux papilles nerveuses. Outre les faisceaux de fibres lamineuses, le fierme renferme des fibres de tissu élastique ou dartoique larges, isolées et non réunies en faisceaux; elles se ramifient, s'anaatomosçnt et forment un élégant réseau, qui donne à la peau sou élasticilé. flnfin, la trame dermique renferme eucore des fibres-cellules, qui lui donnent la contractilité dont elle est pourvue.
Les seules glapdes qui pxistent à la peau sonj les follicules glomérulés ou enroMlés^ fournissapt la sueur* Le copduit excréteur de ces glandules est contourné en spirale quand il traverse le derme et l'épiderme, il est presque recliligne dans le tissu cellulo-adipeux de la couche la plus profonde du derme. Le fond des glandules ou follicules de cette espèce est contourné, enroulé, gloméruléj^
StJR LES AFFECTIONS PSBUDO-MEMBRANEtJSES. kZ
placé dans le tissu adipeux sous-dermique. L'épithéjiura, inclus dans le tube folliculeux enroulé, est nucléaire. Dans le creux de l'aisselle et dans le conduit auditif, les follicules ou cryptes cutanées ont un épithélium pavimenteux.
Les glandes sébacées de la peau sont des glandes e;^ grappe (glandes de Taréole des mamelons, etc.); elle§ sont presque toujours annexées aux divers poils de la peau, qui sont pourvus de la sorte de glandes pileuses ej^ grappe simple, versant à côté du poil une humeur huileuse ou grasse *.
§2oAmimcm ■* GLAafltnoATioii dss faussu mmBAiris.
En cherchant à se rendre compte du sens qui doit être attaché au mot fausse membraney on éprouve un embarras auquel ce mot composé semblerait ne pas devoir donner lieu. Mais on sait qu'une bonne définition n'est point aisée à tracer, et, de plus, le sens du mot membrane a été compris de diverses manières. En parlant, dans le paragraphe précédent, du corps muqueux de Malpighiy j'en donnais une preuve ; car on peut décrire comme une membrane véritable une couche artificielle, n'ayant point d'éléments ni de structure spéciale au point de vue anatomique, n'ayant point d'usages physiologiques distincts.
Dans le langage médical actuel, on confQp4 souvent
* Sappbt, U>c, dU^ t. Il, p. 477, 4853.
SOUS le même nom les vraies et les fausses membranes. Il me suffira de citer, comme preuve, la dysménorrhée pseudo-membraneuse \ dems laquelle le produit expulsé n'est autre que la vraie muqueuse utérine, membrane très-réelle, et la stomatite ulcéreuse des soldats, si bien décrite par M. Bergeron, qui appelle cependant production pseudo-membraneuse , fausse m^embrane^y la couche mortifiée de la muqueuse buccale. Je pourrais ajouter d'autres exemples, tels que ceux des lambeaux de la muqueuse digestive, etc., appelés à tort fausses membranes par quelques observateurs; mais les deux que j'ai cités me paraissent suffisants, car MM. les docteurs Semelaigne et Bergeron savaient parfaitement qu'ils avaient sous les yeux de véritables membranes, organisées primitivement; et cependant ils les ont désignées sous le nom de fausses membranes, à cause de leur aspect merabraniforme '.
* Sbmklaigne , De la dysménorrhée membraneuse et de la membrane dysménorrhéale, Ihèses de Paris, 485<, n"* 232, p. 40, 30 et 34.
* E. J. Bkrgebon , De la stomatite ulcéreuse des soldats, etc., in-H**, p. 405 el noie, 4859.
' Il est même assez remarquable que M. Bretonneau ait démontré que la plupart des affections dites gangreneuses de la gorge étaient dos productions pseudo-membraneuses difficiles à reconnaître à cause do leur aspect de sphacèle, el que M. Bergeron ait appelé fausses membranes de véritables mortifications de la muqueuse buccale, ressemblant à des exsudations plastiques. Ceci ne prouve qu'une chose, c'est l'embarras du langage médical à ce sujet.