EXPÉRIENCE II
A l’hôpital de Bon-Secours, dans le mois de janvier 1851 et par un temps froid et humide, je plaçai dans un local éloigné delà salle des malades, quatre verres à pieds renfermant du liquide provenant d’une thoracentèse L
J’étudiai cette sérosité aussitôt qu’elle eut été recueillie. Le liquide était citrin et transparent. Après le refroidissement , il s’y était formé un léger nuage composé de matière fdDrineuse, coagulée spontanément, très-pâle et disposée sous forme fibrillaire (voy. pl. Il, fig. 1), renfermant dans ses mailles lâches quelques rares globules rouges du sang.
J’acidifiai avec dix gouttes d’acide acétique la sérosité contenue dans deux verres, et je laissai les autres sans y toucher. Tous les quatre restèrent à l’air libre de l’appartement.
Après plusieurs jours seulement, je vis apparaître dans l’intérieur des liquides acidulés une espèce de nuage ou de dépôt composé de mycélium de diverses formes. Je dessinai soigneusement les tubes filamenteux qui les constituaient (voy. pl. IV, fig. 1, 2 et 3).
Les liquides non acidulés ne présentèrent qu’une mince pellicule surnageant à la surface et composée de granulations moléculaires. Ces liquides exhalèrent bientôt une odeur ammoniacale; ils bleuissaient le papier rougi de
1 J’ai communiqué l’observation du malado auquel cette thoracentèse avait été faite à mon excellent ami Albert Dufour, qui l'a publiée dans sa thèse. (P. -A. Dufour, Thèses de Paris, 1 853 , n° 3, p. 23.)
tournesol, tandis que les liquides acidulés rougissaient le papier bleu.
La fibrine, examinée un mois après le commencement de l’expérience, était de toutes parts enveloppée pai des granulations moléculaires. Elle était néanmoins reconnaissable.