B. EXAMEN DU SANG APRÈS LA MORT
Les altérations signalées pendant la vie se rencontrent dans le sang à l'autopsie et dans des proportions plus fortes, parce que la circulation du liquide est arrêtée.
Nous avons fait l'examen du sang après la mort de deux manières:
Tantôt nous examinions purement et simplement , sans addition d'eau, le sang des différentes parties du corps;
Tantôt nous mettions dans un flacon, bouché à l'émeri, un peu de sang d'un animal infecté venant de mourir, et nous le remplissions avec de l'eau distillée surchauffée; comme contrôle, le sang d'un animal sain , sacrifié ad hoc, était préparé de même. Après vingt-quatre heures, nous procédions à l'examen microscopique, en ayant soin de ne prendre que la partie supérieure du liquide de chaque flacon. Le sang malade contenait un grand nombre de bâtonnets immobiles; le sang normal ne contenait rien.
Souvent, dans les autopsies, nous avons eu l'occasion de constater que le sang de fœtus, à différentes époques de la vie intra-utérine, contenait des infusoires semblables à ceux rencontrés dans le sang de la mère. Le professeur Brauel prétend n'en avoir point trouvé dans le sang de fœtus dans ses recherches sur le sang de rate.
Nous terminerons cette étude microscopique du
sang en disant que nos recherches dans ce* genre ont été très-multipliées et qu'en examinant tous les jours, l'un et l'autre, le sang de plusieurs animaux, nous avons acquis ainsi une grande habitude dans ces sortes de recherches, habitude d'autant plus nécessaire que ces infusoires échappent très-vite à la vue, en raison du fort grossissement, et qu'il faut beaucoup de patience pour arriver à les pêcher pour ainsi dire et les suivre dans la couche de liquide. Un observateur peu exercé aux recherches microscopiques aura beaucoup de peine à les découvrir.
Analyse chimique du sang.
Le sang altéré subit des modifications chimiques que Tanalyse peut constater.
Nous devons à deux habiles chimistes les recherches suivantes : M. Schlagdenhauffen, professeur à l'École de pharmacie, a bien voulu se charger d'analyser le sang de nos lapins infectés , et M. Ritter, agrégé à la Faculté de médecine et chef des travaux chimiques , a fait l'examen chimique du sang des chiens.
1° Sang de lapins infectés.
a) Dans une première analyse, faite sur le sang d'animaux malades sacrifiés, M. Schlagdenhauffen a obtenu les résultats suivants :
Pour 100 grammes de sang:
Eau
Albumine . . .
Sels inorganiques Glycose . . .
Urée . . . .
7?^oo o^s^o o^soe
Og%01
Matières extractives . . . 0^'",48
Principes contenus dans les cendres des sels inorganiques :
Potasse et soude. . . 41?'",00 «/o
Acide pliosphorique. . 8^^00 %
D sulfurique . . . 0&^80 «/o
» chlorhydrique . 32^,00 %
Les deux recherches qui suivent ont été faites surtout en vue des quantités d'urée et de glycose que le sang pouvait contenir.
M. Schlagdenhauffen opérait de la manière suivante :
Le sang mis en contact avec trois fois son volume d'alcool à 92°,G. est agité à diverses reprises ; ]a masse est filtrée sur toile et exprimée dans un nouet. La solution alcoolique est passée ensuite sur un filtre de papier et évaporée à siccité au bainmarie.
Le résidu est repris par l'alcool bouillant; la partie soluble dans ce véhicule est évaporée à son tour au bain-marie. Enfin le produit de cette évaporation, repris par l'eau , sert à déterminer à la fois le glycose et l'urée. Le glycose d'une part ne gêne pas la
détermination de l'urée au moyen de la méthode de Liebig; d'autre part on peut déceler le glycose par la méthode de Fromherz, sans que l'urée contenue dans les solutions change la nature des résultats.
Deux recherches chimiques ont été faites pour constater dans le sang d'animaux infectés les proportions d'urée et de glycose qui y sont contenues.
b) Sang de lapins injectés et tués.
Pour 100 grammes de sang :
Urée 0SS07
Glycose . 0^\M
c) Sang de lapins injectés et morts.
Pour 100 grammes de sang :
Urée O^SOS
Glycose . ... . . O^sO^
Si nous prenons la moyenne de l'urée et du glycose dans les trois analyses, nous obtenons les chiffres de :
Urée ....... 06%03
Glycose ......
Comparons maintenant la constitution chimique normale du sang de lapins aux chiffres obtenus par M. Schlagdenhauffen.
D'après Nasse , le sang contient :
Eau Sle^OO o/o
Albumine .... 17^^00 %
Sels inorganiques . . 08^57 °/o
CHAriTRE II.
Les quantités d'urée et de glycose, et surtout ces dernières , sont plus variables.
Une analyse de sang normal faite par M. Schlagdenhauffen donne pour l'urée du sang le chiffre de 0s%06 ^/o. Quant aux proportions de glycose, elles sont à discuter.
M. Schlagdenhauffen a trouvé O^^OS de glycose dans le sang normal. L'un de nous(*) a trouvé chez les animaux bien nourris 0s'",08 7o-
La nourriture a sur la quantité de glycose du sang une grande influence.
Becker(2) trouve, chez l'animal à jeun depuis 26 heures, 0^%04; chez l'animal nourri d'avoine Qgr^j4 0 le lapin nourri exclusivement de ca-
rottes Og%33
Le chiffre O^^OS nous donnerait une bonne moyenne; mais d'un autre côté les animaux malades mangent moins; on pourrait les comparer aux lapins à jeun depuis 26 heures.
Nous prendrons donc pour moyenne normale :
Il résulte donc de la comparaison des chiffres normaux et des chiffres d'animaux injectés que dans le sang malade il y a :
Une augmentation dans la proportion d'eau de
(i)Coze, Influence des médicaments sur la glycogénie, 1857. {^) Zeitschrift f. wiss. ZooL, p. 123 à 178.
Urée Glycose
0gr,04
Une diminution dans celle des éléments albumineux de 47 «/o à 7 ^/o.
Une diminution dans le chiffre des sels inorganiques de 0»"^57 «/o à 0^20
Une diminution de moitié dans la proportion d'urée de 0^06 à 0^"^03 «/o.
Le chiffre du glycose n'a pas ou peu varié.
Le sang infecté subit donc une altération notable. — La nutrition languit profondément. — L'oxygène du sang détermine moins d'oxydations des éléments protéiniques.
2° Sang des chiens infectés.
M. Ritter a opéré de la manière suivante : On ajoute au sang (sérum et caillot) de l'alcool et on chauffe à 100''; le liquide alcoolique est filtré et évaporé à siccité et repris par de l'alcool à 80^ ; on fait bouillir une seconde fois, ce qui sépare encore un peu d'albumine, et on précipite le liquide filtré par de l'acétate de plomb (C) ; le nouveau liquide filtré est précipité par le sous-acétate de plomb (B) ; on filtre, on se débarrasse de l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré et on évapore à siccité (A).
(A) On obtient une masse sirupeuse, qui, traitée par de l'alcool, donna un précipité cristallin et une matière amorphe.
Analyse de ce précipité: les cristaux sont formés par du chlorure de sodium ; le précipité amorphe est chauffé avec du nitrate mercurique , ce qui donne
un dépôt brunâtre, mais non rouge; par le bichromate de potasse et l'acide sulfurique, pas d'odeur d'acide valérianique ; ces caractères dénotent l'absence de leucine ; réaction de Piria pour la tyrosine, résultat également négatif. Une opération microscopique fait voir quelques formes de la créatine.
Le liquide alcoolique qui surnageait ce précipité est évaporé et donne avec l'acide azotique un précipité caractéristique de nitrate d'urée ; en versant dans une autre partie de la solution quelques gouttes d'une solution alcoolique de chlorure de zinc, on obtient, au bout de 2 jours, trois centres de cristallisation ; au microscope on voit la forme du chlorure double de créatinine et de zinc ; au fond quelques cristaux ayant la forme de créatine.
Recherche de l'acide cyanurénique : le restant du liquide alcoolique et de la partie insoluble dans Teau est traité par un peu de chaux et de chlorure de calcium; évaporation à consistance sirupeuse et addition d'acide azotique; il se forme un précipité très-peu abondant ayant la même forme que celui que l'on a retiré de l'urine de chien; il a été impossible de reconnaître également s'il y avait de l'acide hippurique.
(B) Le précipité par le sous-acétate de plomb peut renfermer del'inosite, de la xanlhine, de l'albumine non précipitée ou redissoute par un excès d'acétate de plomb. On décompose par l'hydrogène sulfuré; le liquide traité par la réaction de l'inosite donne une coloration douteuse d'un brun rosé. —
La présence de l'inosite doit donc être regardée comme douteuse; la matière ne suffisait pas pour la recherche de la xanthine.
(G) Le précipité par l'acétate de plomb est formé de sels de plomb à acide inorganique, d'albumine de matière colorante non coagulé par la chaleur et Talcool.
L'analyse faite par le procédé que nous venons d'indiquer a donné les chiffres qui suivent, en regard desquels nous mettrons les chiffres relatifs au sang normal de chien, obtenus par Nasse:
Sang malade. Sang normal.
Fibrine 3g^51°%o l^^OS
Globules liesses 126^^85
Albumine. . . ... . 66^' ,66 65^^19
Urée et matières précipi-
tables par le nitrate mer-
curique ls'',50 »
Glycose O^^IS »
Corps gras 0^^,23 2^'",25
Sels 9g^92 7g%22
Eau et perle 811g'-,42 790^^50
M. Ritter entend par matières précipitables par le nitrate de mercure, l'urée et les matières dites extractives.
Donc :
Présence d'urée . . . i
j , . certame.
» de creatmme .
Présence d'acide cyanurénique.
» » hippurique
)) de créatine . . .
» d'inosite. . . .
Absence de leucine.
» de tyrosine.
Dans le sang de chiens qui ont succombé à l'infection , M. Ritter a trouvé :
Urée et matières précipitables par:
Nitrate mercurique Ig^Oô
Glycose
Nous ferons remarquer que M. Ritter n'a pas isolé l'urée dans les analyses précédentes ; il a constaté que le précipité formé pa.r le nitrate mercurique n'était pas exclusivement de l'urée. En effet, le précipité blanc obtenu directement par le nitrate acide de mercure et celui obtenu par la neutralisation du Uquide acide, par le carbonate de soude, fut traité par l'hydrogène sulfuré ; le liquide filtré, débarrassé de l'excès d'hydrogène sulfuré, donna un précipité relativement abondant avec l'acétate de cuivre et le sous-acétate de plomb; ces caractères n'appartenaient pas à l'urée pure, et permettaient de supposer la présence de la xanthine, de l'hypoxanthine et d'une autre matière analogue. M. Ritter rechercha ces principes; mais le peu de matière et surtout la présence d'une substance brune, déliquescente , ne lui ont pas permis d'obtenir des cristaux et des réactions nettes.
douteuse.
Si nous n'avons pas, pour les raisons que nous venons d'exposer, le dosage exact de l'urée, nous pouvons, par les différences que présentent, pour les matières précipitables par le nitrate mercurique , les analyses de sang d'animal malade sacrifié, et celles de sang d'animal malade mort d'iijfection , nous rendre compte des altérations que le sang a subies dans ce sens.
Sang malade :
Urée et malières extractives . . 18*",50
Sang d'animal mort :
Urée et matières extractives . . lsr,06
Ces matières ont donc diminué dans la proportion de 0gs44 ««/oo.
Les intéressantes recherches de M. Ritter nous permettent donc de dire :
Que dans le sang des chiens infectés il y a augmentation de fibrine; nous avions constaté déjà ce fait au microscope.
Qu'il y a , au contraire , diminution du chiffre des globules, ce qui coïncide parfaitement avec l'altération que nous avons constatée au microscope et la présence des cristaux d'hématoïdine.
Que les proportions d'urée et de matières analogues ont diminué.
Que les proportions de glycose dans le sang malade ont augmenté, si nous nous en rapportons, pour les proportions normales du sang de chien, au chiffre 0,015 «°/oo, trouvé par G. Schmidt (^).
(i)Lehmann, Zoochemie, p. 195.
Les chiffres de M. Ritter, 0,13 et 0,65, dépassent de beaucoup celui de la normale et nous montrent aussi que les proportions de glycose augmentent avec l'altération du sang et le temps de l'infection.
Tels sont les faits chimiques concernant les altérations du sang chez les animaux infectés par des matières putrides.
Nous rencontrons les mêmes modifications chez les lapins et chez les chiens.
Cette considération nous paraît d'une grande importance, c'est la vérification même des faits.
Recherches du gaz du saug.
En présence des altérations profondes du sang, dont nous venons d'exposer les conditions microscopiques et chimiques , nous avons pensé que les Bactéries qui se rencontrent dans le sang avaient pu soustraire au hquide sanguin l'oxygène existant normalement dans ce liquide.
Nous n'avions qu'un moyen de vérifier cette hypothèse, en rapport, d'ailleurs, avec le rôle des Bactéries, c'était de faire la recherche des gaz du sang, et de mesurer, pour ainsi dire, les pertes ou les acquisitions de ce liquide, en oxygène et en acide carbonique.
Tout le monde connaît les belles recherches de Magnus sur les gaz du sang et le remarquable procédé de M. Cl. Bernard par l'oxyde de carbone.
Nous n'avons pas hésité à appliquer au sang malade le mode de recherches des gaz du sang, exposé par le savant professeur du Collège de France, dans ses Leçons sur les propriétés physiologiques des liquides de r organisme (^).
La recherche des gaz du sang présente de trèsgrandes difficultés expérimentales. Nous avons fait bien des écoles avant de nous familiariser avec cette étude, toute de minutie et de patience. Le talent et l'habileté de M. SchlagdenhaufFen ont rendu plus facile un travail dont la longueur n'a eu d'égale que l'obligeance de ce professeur.
Nous allons exposer les procédés expérimentaux auxquels nous nous sommes arrêtés, et qui ne diffèrent de ceux de M. Cl. Bernard que par la récolte du liquide sanguin.
M. Cl. Bernard va puiser dans les vaisseaux du chien, à l'aide d'une seringue, le sang artériel ou le sang veineux.
On évite ainsi le contact de l'air. Il nous a été impossible d'opérer de la même manière sur les lapins. Les vaisseaux de ces animaux ne sont pas d'un diamètre suffisant et le sang se coagule avec rapidité dans les instruments.
Comme, en définitive, nous ne rechercherions que des rapports de quantité entre le sang normal et le sang malade, nous avons reçu le sang artériel ou veineux directement dans les tubes gradués.
(i)Cl. Bernard, Leçons sur les propriétés physiologiques et les altérations pathologiques des liquides de V organisme, t. 1^^, p. 355 et sUiv.
Nous allons voir, d'ailleurs, que les résultats que nous avons obtenus se rapprochent beaucoup de ceux de M. Cl. Bernard.
L'opération se pratiquait de la manière suivante:
L'ouverture béante d'un vaisseau donnait une certaine quantité de sang, que l'on recevait dans un tube gradué rempli de mercure, de manière à laisser vide un espace de 15 à 20 centimètres cubes destiné au sang; le tube rempli par le sang, au-dessus du mercure, était obturé avec le pouce renversé et placé rapidement sur la cuve à mercure. Le sang avait gagné la partie supérieure du tube, et on lisait le nombre de divisions, qui indiquait exactement la quantité en centimètres cubes de sang employé.
Gela fait, on mesurait dans un autre tube gradué une quantité double à peu près de gaz oxyde de carbone très-pur. Ce gaz, bien mesuré, était introduit avec précaution dans le tube contenant le sang; on agitait un peu ce mélange et on l'abandonnait pendant vingt-quatre heures à une température douce, au bain-marie.
Dans ces vingt-quatre heures l'oxyde de carbone avait déplacé l'oxygène et l'acide carbonique contenus dans le sang.
Alors on mesurait dans un autre tube gradué une quantité quelconque de ce mélange gazeux, où on faisait la lecture exacte, soit par exemple 24*^^80.
Pour absorber l'acide carbonique du mélange, on introduisait une petite quantité de potasse pure, toujours sous le mercure, et on Hsait: après le con-
tact de la potasse les 24^^,80 s'étaient réduits à ^S'^^SO. Cette différence perniettait de calculer l'acide carbonique; puis on traitait le mélange gazeux par l'acide pyrogallique pour absorber l'oxygène, on lisait et l'on trouvait que les 23^^50 étaient réduits à leur tour à 21^^05.
Nous avions donc ainsi la quantité d'oxygène contenue dans le mélange gazeux.
Nous avons ramené par le calcul les résultats de nos opérations à 100 centimètres cub'es de sang.
Nous allons donner ces calculs sous forme de tableaux, en commençant par le sang à l'état normal.
Tableau des opérations de recherche des gaz du sang à l'état normal chez le lapin.
QUANTITÉ DE SANG et
d'oxyde de carbone en centimètres cubes.
QUANTITÉ
en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le contact de la potasse et de l'acide pyrogallique.
GAZ
pour 100 centim. cubes de sang.
Oxyde de carb. 22,10
nng a**tét*iet no**m
Mélange gaz. . 20.00 Après KO . . . 19.45 Après Py. . . . 17.00
ni.
Oxygène . . . 20.67 Acide Carbon, 4.61
Sang. 13.75
Oxyde de carb. 23.80
Mélange gaz. . 20.70 Après KO . . . 20.40 Après Py . . . 18.30
Oxygène . . , 17,51
Oxyde de carb. 23.60
Mélange .... 20.20 Après KO . . . 19.55 Après Py . . . 17.35
Oxygène . . . 18.89 Acide Carbon. 5,51
Oxyde de carb. 24.30
Mélange .... 20.80 Après KO . . . 20.50 Après Py . . . 17.90
Oxygène . . . 19.54 Acide Carbon. 2.25
Les moyennes d'oxygène et d'acide carbonique pour 100 centimètres cubes de sang artériel normal sont donc:
Oxygène 19.15
( Acide carbonique 3.71
QUANTITÉ DE SANG fit
d'oxyde de carbone en centimètres cubes.
QUANTITÉ
en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après je contact de la potasse ot-de l'acide pyrogallique.
GAZ
pour 100 centim. cubes 4 do sang.
Sang 15.50
Oxyde de carb. 25.00
ang veineux nowtn
Mélange . . . . 21.40 Après KO . . . 21.00 Après Py . . . 19.60
Oxygène . . . 10.51 Acide Carbon. 2.97
Sang 16.75
Oxyde de carb. 24.30
Mélange . . . . 21.20 Après KO . . . 20.60 Après Py . . . 18.85
Oxygène . . . 12.00 Acide Carbon. 4.06
Sang 14.75
Oxyde de carb. 21.40
Mélange .... 20.80 Après KO . . . 20.00 Après Py . . . 18.50
Oxygène . . . 10.44 Acide Carbon. 5.50
Sang 14.00
Après KO . . . 21.00 Après Py . . . 19.80
Oxygène . , . 9.65 Acide Carbon. 4.00
Sang 15.33
Oxyde de carb. 24.80
Mélange .... 24.00 Après KO . . . 23.60 Après Py ... 21.60
Oxygène . . . 13.37 Acide Carbon. 2.67
Les moyennes d'oxygène et d'acide carbonique pour 100 centimètres cubes de sang veineux normal sont donc :
Acide carbonique 3.94
QUANTITÉ DE SANG et
d'oxyde de carbone en centimètres cubes.
QUANTITÉ
en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le contact de la potasse et de l'acide pyrogallique.
GAZ
pour 100 centim. cubes de sang.
3° San
Sang 15.25
Oxyde de carb. 23.40
tg de tapins sain» t
Mélange .... 20.05 Après KO . . . 19.02 Après Py . . . 18.90
uéa»
Oxygène . . . 12.36 Acide Carbon. 7.86
Sang 12.60
Oxyde de carb. 22.90
Mélange .... 18.90 Après KO . . . 17.40 Après Py . . . 15.80
Oxygène . . . 19.04 Acide Carbon. 11.60
Les moyennes d'oxygène et d'acide carbonique pour 100 centimètres cubes de sang normal d'animaux tués sont:
QUANTITÉ DE SANG et
d'oxyde de carbone en centimètres cubes.
QUANTITÉ
en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le contact de la potasse et de I acide pyrogallique.
GAZ
pour -fOO centim. cubes de sang.
Le sang des anima après la mort, et aul période de maximum
Sang 14.00
Oxyde de carb. 24.20
ux malades a été étuc ;ant que possible pour de température et ve
ianff tnatade aviét*i
Mélange .... 16.50 Après KO. . . . 15.80 Après Py . . . . 14,75
Lié pendant la vie et le sang vivant à la rs la fin de la vie.
Oxygène. . . . 10.92 Acide Carbon, 7.28
Sang 15.00
Après KO. . . . 23.50 Apies 1 y . . . . isi.uo
Oxygène. . . . 16.45 Acide Carbon. 8.73
Oxyde de carb. 23.85
Mélange .... 18.00 Après KO ... 17.10 Apres 1 y .... lo.oO
Oxygène. . . . 11.66 Acide Carbon. 8.07
Sang 11.95
Oxyde de carb. 22.05
Mélange .... 21.25 Après KO ... 20.15 Apies iy. . . . lo.yu
Oxygène. . . . 10.81 Acide Carbon. 9.54
Sang 11.15
Oxyde de carb. 20.65
Mélange . . . . 16.10 Après KO. . . . 15.00 Après Py. . . . 13.60
Oxygène. . . . 16.08 Acide Carbon. 12.64
Les moyennes d'oxygène et d'acide carbonique pour 100 centimètres cubes de sang artériel de lapin infecté sont :
Acide carbonique . . . 9.25
iOO CHAPITRE II.
QUAMITÉ DE SAXG et
d'oxyde de carbone en centimètres cubes.
QUANTITÉ
en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le contact de la potasse et de l'acide pyrogallique.
GAZ
pour iOO centim. cubes de sang.
Sang 15.50
Oxyde de carb. 24.85
Sattg rehiettop mata
Me'lange . . . . 21.10 Après KO. . . . 20.00 Après Py. . . . 18.85
de. 1
Oxygène. . . . 8.69 Acide Carbon . . 8.32
Sang 12.00
Oxyde de carb. 20.25
Mélange .... 18.60
Oxygène. . . . 14.22 Acide Carbon. 9.00
Sang 8.00
Oxyde de carb. 17.85
Mélange .... 16.60 Après KO. . . . 15.10 Après Py . . . . 14.75
Oxygène. . . . 4.69 Acide Carbon. 20.12
Oxyde de carb. 22.45
Mélange .... 16.60 Après KO. . . . 15.30 Après Py . . . . 14.30
Oxygène. . . . 16.08 Acide Carbon. 12.64
Sang 14.85
Oxyde de carb. 26.00
Mélange .... 19.50 Après KO. . . . 18.45 Après Py. . . . 17.45
Oxygène. . . . 8.92 Acide Carbon. 9.38
Les moyennes d'oxygène et d'acide carbonique pour 100 centimètres cubes de sang veineux malade sont:
Oxygène 10.52
Acide carbonique . . . 11.89
QUANTITÉ DE SANG et
d'oxyde de carbone en centimètres cubes.
QUANTITÉ en centimètres cubes du mélange gazeux avant et après le contact de la potasse et de l'acide pyrogallique.
GAZ
pour 100 centim. cubes de sang.
30 San
Sang 14.00
Oxyde de carb. 26.00
gr de tapins tnatadet
Après KO . . . 23.60 Après Py. . . . 22.55
Oxygène. . . . 7.76 Acide Carbon. 8.50
Sang 14.50
Oxyde de cart». 25.00 *
Mélange .... 23.10 Après KO . . . 22.15 Après Py. . . . 21.15
Oxygène. ... 7.40 Acide Carbon. 7.03
Acide carbonique. . . . 7.76
40 Sang de ïap
Sang 9.60
Oxyde de carb. 22.50
ins ayant succotnht
Mélange .... 20.65 Après KO . . . 19.60 Après Py. . . . 18.55
; à Vinfectionm
Oxygène. . . . 13.15 Acide Carbon. 13.15
Oxyde de carb. 24.75
Mélange .... 23.25 Après KO. . . . 22.25 Après Py. . . . 21.25
Oxygène. . . . 11.15 Acide carbon. 11.15
Acide carbonique. . . . 12.60
Résultats de ces recherches de gnz dans le sang:
Dans le sang artériel, une diminution d'oxygène de 19,15 à 13,19, soit 5,96, et une augmentation d'acide carbonique de 3,71 à 9,25, soit 5,54.
Dans le sang veineux, une très-légère diminution d oxygène de 11,19 à 10,52, soit 0,67, et une augmentation notable d'acide carbonique de 3,94 à 11,89, soit 7,95.
Dans le sang des animaux tués, une diminution d'oxygène de 15,70 à 7,58, soit 8,12, et une légère diminution d'acide carbonique de 9,73 à 7,76, soit 1,97.
Dans le sang des animaux qui ont succombé, équilibre complet entre l'oxygène et l'acide carbonique.
Les chiffres disent nettement que le sang des animaux malades contient moins d'oxygène.
Cette diminution d'oxygène est-elle due à la soustraction de ce gaz par les Bactéries dans l'appareil pulmonaire ou à une absorption moindre'? Les deux hypothèses sont peut-être vraies.
Nous ferons observer, toutefois, en faveur de la première, que la diminution d'oxygène dans le sang n'augmente pas avec la maladie , puisque chez les animaux qui succombent infectés on trouve encore 12,60 d'oxygène.
D'un autre côté, l'excès d'acide carbonique que l'on trouve chez les animaux malades ne provient pas de combustions intra-organiques, puisque l'analyse chimique nous montre ces combustions entra-
vées; l'élévation de température indique ici un autre facteur de calorification, qui n'est autre que la fermentation.
Âltérations anatomiqaes.
Lorsqu'on pratique l'autopsie d'animaux qui ont succombé à l'infection par des matières putrides, on remarque qu'en général les tissus sont infiltrés, que les muscles et le système nerveux sont pâles et que quelques organes présentent des altérations intéressantes.
1° Les poumons sont toujours le siège d'un état congestifj qui peut aller jusqu'à l'hépatisation ; des lobes entiers sont malades et l'on aperçoit quelquefois à la surface de l'organe des taches comme ecchymoliques (infarctus).
2® Le foie et la rate sont ordinairement tuméfiés et d'une couleur foncée; à l'examen microscopique on remarque une dégénérescence graisseuse.
Dans les reins on observe la même dégénérescence de l'épithélium; nous avons rencontré dans les urines des manchons épithéliaux et des cylindres fibrineux hyalins.
4*" L'estomac est ordinairement rétracté et Tintestin largement distendu par des gaz fétides. Chez les chiens nous avons rencontré quelquefois de l'hémorrhagie intestinale et de l'infiltration séreuse dans le péritoine.
Résumé général des faits relatifs à l'infection par matières putrides.
1*^ Les liquides putréfiés déterminent la mort dans un temps plus ou moins rapproché; rapidement, c'est-à-dire en 30 à 40 heures, si l'infection a été reproduite sur plusieurs animaux successivement.
2^ Contre toute prévision, la voie pulmonaire se montre plus réfractaire à l'absorption.
3** Ce sont les éléments moléculaires des liquides putrides, et non les liquides, qui sont toxiques.
4^ Le symptôme le plus saillant est une élévation de température.
5^ On rencontre, dans le sang, des Bactéries. Le sang est profondément altéré, surtout dans les globules.
6° L'analyse chimique nous indique une diminution dans l'oxydation des éléments protéiniques et une légère diminution dans les combustions intraorganiques. Le sang renferme moins d'oxygène et plus d'acide carbonique.
7° Les Bactéries que l'on rencontre ont un aspect et une grandeur déterminés. Elles paraissent se détruire dans le sang assez facilement. Le foyer de cette destruction paraît être l'appareil pulmonaire.
8^ Le sang, après transmissions successives, est plus toxique.
9** Le sang pris sur un aolmal infecté, après plu-
RECHERCHES EXPÉRlMElNTALES. 105
sieurs générations d'infusoires, et desséché, peut reproduire Tinfection, ce qui n'arrive pas pour des des matières putrides simples.
Nous sommes tentés d'admettre, de par tous ces faits, qu'il y a un rapport direct entre les accidents de l'infection et les petits organismes étrangers qui viennent jouer dans le sang le rôle de ferments et se reproduire. Le sang, d'ailleurs, est un milieu parfaitement préparé pour un acte fermentatif: réaction alcaline, température, matières fermenlescibles.
La fermentation, toutefois, ne nous paraît pas complète: l'absence d'odeur putride très-prononcée, la nature des ferments, Bactéries, qui ont pour mission de récolter l'oxygène, la rapidité de la mort et la facilité avec laquelle le sang préparé ainsi à la putréfaction se putréfie après la mort, sont autant de faits qui nous font penser qu'il ne se produit dans l'organisme que le travail tout initial de la fermentation dévolu aux Bactéries, et que l'organisme, brusquement envahi, succombe rapidement à ces désordres, avant d'arriver à la fermentation putride complète. En d'autres termes, les substances qui entrent en putréfaction nous paraissent plus nuisibles que les matières putréfiées proprement dites
Lorsque l'organisme est robuste, que le développement des accidents est moins soudain, l'animal peut résister et échapper parfaitement à une intoxication mortelle dans d'autres conditions.
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