SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
Loin de profiter de cet embarras pour surcharger encore la nomenclature botanique de noms nouveaux et inutiles, je conserve :
1° Pour la forme Champignon , monili forme ou tubuleuse, le nom iI’Hygrocrocis : Tiliæ, Naphœ, Melissœ, Rosœ, Aristolochiœ, etc.
2° Pour la forme Algue : a. filamenteuse, le nom de Leptomitus, L. Rosæ, etc.; b. en cellules solitaires , le nom de Micraloa, M. Rosœ, Lactucœ , etc., tous ces noms provisoirement, bien entendu, et dans l’espoir de pouvoir bientôt apporter une nouvelle simplification, à laquelle m’a conduit, après de longues heures passées sur le microscope, une étude progressive de l’organisation intime de ces Cryptogames.
Je terminerai celte note en répétant que l’altération des eaux distillées est due à la présence des Champignons ou des Algues qui s’y développent aux dépens de leurs principes organiques, et j’espère appuyer celte affirmation dans mon mémoire, non seulement par 1 étude anatomique de ces organismes, mais encore par des considérations sur leur mode de reproduction.
M. Cornu présente, de la part de M. Boudier, une Pezize qui n’avait encore été signalée en France qu’à l’état de sclérote ( Sclerotium roseum Moug. et Not), le Peziza Curreyana Berk. (1).
Président
Société devant
dinairement à Antibes le 12 mai prochain suspendue jusqu’au 8 juin.
(I) Note communiquée par M. Boudier et ajoutée -pendant l'impression. — Cetle espèce, qui a toutes les apparences extérieures du Peziza Duriæuna Tul., en diffère principalement par ses spores linéaires souvent un peu llexueuses, par son sclérote multisillonné, cylindrique, tronqué carrément aux deux extrémités, et par son habitat. Elle vient en effet, non sur les Carex, mais sur les tiges mortes de Jonc dans les endroits humides.
Les échantillons présentés ont été recueillis dans les marais boisés d’Écoucn, le 1 i avril dernier. Ils se trouvaient en grand nombre sur quelques touffes de Juncus effusus dont les tiges chargées de ce poids insolite s’étaient inclinées sur la mousse humide du marais. Cette Pezize est très bien décrite et figurée dans les 1 er et 3” volumes du Selecla Fungorum Carpologia de MM. Tulasne ; mais j’ai pu me convaincre que la sculpture si remarquable de l’intérieur de la cupule n’était pas constante, et n’était au contraire qu’un effet de l'àge. Les échantillons frais ne la présentent que rarement, à moins qu’ils ne soient très avancés dans leur évolution. Des spécimens que j’ai reçus l’année dernière d’Angleterre, de M. William Phillips, et qui me sont arrivés en état parfait de fraîcheur, ne la présentaient pas non plus. Les côtes llexueuses de l'hyménium ne sont pas du reste particulières au P. Curreyana et sont fréquentes dans plusieurs espèces du môme groupe. Les P. tuberosa Hedw., Rapulum Bull., et d’autres encore, les présentent souvent dans les derniers temps de leur existence.