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OBSERVATION XXXIX

Onze mois ; symptômes de pneumonie à gauche et d’inflammation de l’estomac; vomissemens opiniâtres, détermines par deux vomitifs; agitation extrême; stupeur; insensibilité absolue j respiration suspirieuse ; extrémités froides; mort le r6e jour. — Gastrite très-intense y engorgement des ganglions mssente riqnes y œsophagite y méningite y quatre onces de sérosité épanchée ■sur la surface dit cerveau.

( Observation recueillie par M. Lespagnol. )

Un enfant , âgé de n mois, entra â l’hôpital avec plusieurs symptômes de pneumonie a gauche et d’inflammation de l’estomac , tels que chaleur vive, langue rouge , constipation, cris continuels ; il était au 8e ou au 10e jour de la maladie. Le sirop et la poudre d’ipecacuanha furent administrés. Il survint des vomissemens abondans.

Le ne jour : les vomissemeas continuent et ne permettent aucune injection d’aliment dans l’estomac.

Le 12e jour: calme dans îa journée; mais le soir exacerbation ; les vomissemeas reparaissent avec opiniâtreté.

Le 1 3e jour : nouvelle dose de sirop et de poudre d’ipécacuanha. Les vomissemeas redou- M eut et s’accompagnent d’évacuations alvines. Le soir, agitation extrême; stupeur et insensibilité presque complètes.

Le 14e jour: le mal fait des progrès ; insensibilité absolue ; yeux relevés sous la paupière supérieure ; respiration inégale , suspicieuse ; pouls presque insensible ; extrémités froides. — On applique des vésicatoires et des sinapismes qui font disparaître, en grande partie, les symptômes alarmans.

Le i5e jour : disparition complète de îa stupeur ; la sensibilité se rétablit ; le pouls se relève; il n’y a plus de vomissemeas. — Nouvelle dose d’ipécacuanha.

Le 16e jour: le petit malade n’a pas eu la force de vomir, mais Fipécacuanha a procuré beaucoup de selles involontaires ; tous les symptômes cérébraux qui avaient disparu sont revenus avec la plus grande intensité. Mort le matin.

Ouverture du cadavre.

Télé . Engorgement considérable de tous les vaisseaux cérébraux. — Epaississement et opacité de r arachnoïde ; elle contient entre ses deux feuillets à peu près quatre onces de sérosité roussâtre , répandue sur toute la superficie du cerveau , et de plus, plusieurs foyers purulens à la partie antérieure et supérieure de chaque hémisphère. — Ramollissement général de la pulpe cérébrale. — Point de sérosité dans les ventricules.

Poitrine. État normal.

Abdomen. Rétrécissement considérable de l’estomac qui n’est pas plus gros qu’un œuf d’oie.

— Epaississement de la muqueuse qui est fortement replissée et rouge dans tous les points ; cette rougeur s’étend meme dans l’œsophage , a deux travers de doigt au-dessus du cardia.

— Nulle altération des autres viscères, si ce n’est un engorgement de glandes mésentériques.

Réflexions. L’enfant qui vient de fixer notre attention présenta, lors de son entrée à l’hôpital ? des symptômes de pneumonie à gauche, et d’inflammation de l’estomac. Quelle était l’affection primitive , quelle était l’affection consécutive ? . Voilà toute la question. La solution en

paraît embarrassante au premier abord ; mais en examinant avec attention l’état du malade , la chaleur de la peau , la rougeur de la langue , la constipation , etc. , cet embarras disparaît ; et il est reconnu que la phlegmasie gastrique a eu l’initiative. Que dis-je ? La nécroscopie nous fait voir meme les organes thoraciques dans leur intégrité. Cette toux, dont nous avons parlé dans un autre endroit , n’aurait-elle pas donné lieu à cette méprise, qu’il eut été si facile d’éviter par l’usage du stéthoscope ? On doit donc sentir combien la chaleur et la sécheresse de la peau , la soif et la rougeur des orifices des muqueuses, méritent de fixer l’attention du praticien ; car , ne nous y trompons point , c’est toujours , mais spécialement dans l’enfance, que l’examen approfondi de ces symptômes nous conduit aux inductions les plus lumineuses et les plus fécondes en heureux résultats. Si l’on voit tant de médecins marcher en aveugles , c’est qu’ils ont perdu de vue cette importante considération. Ici, par exemple, on a prescrit deux vomitifs ; mais, où donc étaient les indications? Peut-être dans les vomissemons opiniâtres du malade , et l’on voulut mettre en pratique cet axiome : vomitus vomitu curai u t\ Qu’en résulta-t-il? Une gastro-entérite très-intense, qui donna naissance à une affection

cérébrale. Ici donc , comme dans plusieurs autres cas, nous prenons la nature sur le fait.

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