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COLORATION DU NOYAU

a) Cas de coloration vitale des chromosomes du noyau, au moyen du rouge neutre. — Il s’agit d'expériences de colorations vitales réalisées dans les grains de pollen du Gingko biloba au moment où se produisent les divisions de maturation.

Le pollen, au début du mois d'avril, subit les deux divisions réductrices. Ces deux mitoses se succèdent rapidement et le cloisonnement qui intervient pour donner les tétrades, ne se produit qu'une fois les deux divisions nucléaires achevées.

Lorsque par conséquent, on cherche à observer vitalement du pollen de Gingko au début d'avril, on trouve dans les préparations, soit des diades, soit des létrades en nombre élevé. I

suffit pour cela d’écraser avec précaution un sac pollinique et de l’examiner immédiatement après, dans une goutte de solution de glucose à 2,5 0/0 colorée légèrement au moyen de rouge neutre.

Nous avons constaté dans ces conditions que les noyaux en division se colorent vitalement ; ce sont les chromosomes qui fixent le rouge neutre, ce qui permet de les observer à des stades divers de la division : la teinte prise est rouge orangé ou brique. On sait que le nombre des chromosomes chez le Gingko est de 12, ce qui correspond sensiblement aux résultats de l'observation vitale (fig. 15 et 16, pl. IX).

Il s’agit là d’une coloration vitale, car le reste de la cellule ne prend aucune coloration, du moins au début de l’observation, tandis que les chromosomes sont intensément colorés. Plus tard, le cytoplasme peut prendre une légère teinte rose diffuse. |

Le grain de pollen ne paraît pas souffrir du traitement auquel il est soumis pendant les quelques minutes de l’examen au microscope : son cytoplasme présente une apparence homogène, sans trace de vacuoles discernables, mais il contient des granules nombreux, dont les plus gros un peu anguleux et réfringents, correspondent à des plastes porteurs d’amidon.

b) Coloration vitale des noyaux au repos par le violet dahlia et le violet de méthyle. — Nous avons employé le violet dahlia sur des objets que nous connaissions déjà ; d’abord sur l’albumen de Ricin. Il s’est comporté comme un bon colorant vital et il a pénétré dans les cellules, donnant au bout de quelques heures une belle teinte bleue à la couche externe de l’albumen.

Par contre, l'observation microscopique des cellules périphériques de l’albumen, nous à montré que les noyaux étaient les seuls éléments colorés de la cellule et que c'était à eux que l’albumen devait sa coloration d'ensemble.

Malgré cette coloration des noyaux, les cellules paraissaient vivantes ; aussi nous avons essayé d’en avoir la preuve, autre-

ment que par la seule impression de bon état qu'elles nous donnaient. Nous avons pour cela tenté de superposer à la coloration précédente une deuxième, en employant cette fois le rouge neure.

L'expérience a parfaitement réussi, et nous avons obtenu de doubles colorations très nettes, de cellules dont le noyau se trouvait teint en violet et les vacuoles en orangé. Cette double coloration n'est pas restée stable, car au bout de quelques minutes les noyaux se sont complètement décolorés, le violet dahlia émigrant dans les cellules profondes, quant aux vacuoles elles sont demeurées colorées par le rouge neutre.

Cette expérience prouve selon nous que la coloration du noyau peut être réalisée dans la cellule vivante. En effet, lorsque la coloration au rouge neutre du vacuome est possible, on peut affirmer que la cellule n’est pas morte, par conséquent les cellules d’albumen de Ricin dont le noyau est coloré par le violet dahlia étant capables de fixer en surplus le rouge neutre sur leur vacuome, il en résulte qu’elles sont encore vivantes.

Nous avons opéré à une autre reprise sur un albumen de Ricin germé, au stade où la racine pointe en dehors de la graine. Le violet dahlia en solution à 1/40000 est resté quinze heures en contact avec l’albumen qui a pris une coloration bleu intense. Nous avons constaté que les noyaux de la couche périphérique étaient colorés en bleu violet, mais les cellules n'étaient pas mortes comme nous l’avons vérifié en employant le rouge neutre de la même façon que précédemment.

Un essai sur une très jeune plantule de Pin maritime provenant d’une graine à coque non éclatée nous a permis de confirmer les résultats précédents. La plantule, immergée dans une solution de violet dahlia au 1/40000, prend une teinte violet pâle au bout de quelques heures.

L'observation au microscope montre que les noyaux de l’épiderme des cotylédons sont bien colorés en violet bleu, tandis que le reste de la cellule ne présente qu’une légère coloration diffuse. Nous avons employé ensuite le rouge neutre

qui a donné une double coloration très nette, les noyaux restant colorés en bleu et les vacuoles prenant avec le rouge neutre une teinte orangée.

Le violet de méthyle employé au lieu de violet dahlia, s’est comporté exactement de même. ,

Il est possible de conclure de ces faits que la coloration vitale du noyau est réalisable au moyen de certains colorants, tels que le violet dahlia et le violet de méthyle, dans des cellules dont l’activité vitale est ralentie (graines). Le noyau dans ces conditions se colore d’une façon homogène et sans qu'au-

cune différenciation soit visible à son intérieur.

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