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COLORATION VITALE DES MICROSOMES

Un autre mode de fixation de ces colorants vitaux est plus remarquable que le précédent ; il s’agit de la coloration élective, dans certains cas, de très petits éléments granuleux que nous croyons devoir rattacher au sphérome (microsomes de M. P.-A. Dangeard).

Laissons séjourner en effet quelques heures dans une solution faible de violet dahlia de jeunes feuilles d’Abies du mois d'août, ou bien même le sommet du point végétatif. On constate au bout de quelque temps (trois ou quatre heures), que le colorant pénètre par les endroits lésés et donne aux tissus une teinte violet pâle. Si nous examinons une portion de la zone dans laquelle s’est introduit le colorant, nous voyons que de nombreuses cellules épidermiques contiennent de très petits grains colorés en violet. Il s’agit certainement là d’une coloration vitale car le novau et les plastes sont restés complètement incolores.

Les petits éléments colorés en violet sont de forme arrondie

en général, mais il existe aussi des apparences de très petits bâtonnets : ils sont très nombreux et paraissent atteindre le chiffre d'une centaine par cellule. Ils sont très distincts des plastes, lesquels sont beaucoup plus gros, ovoïdes, réfrin- ‘gents et sont demeurés complètement incolores. Par l’ensemble de leurs caractères, nous croyons donc que les petits éléments colorés vitalement par le violet dahlia sont des microsomes (sphérosomes). Les très petits bâtonnets qu'on observe et qui ne se voient pas sur le vivant, seraient dus à des déformations des éléments primitivement sphériques.

Elle s’observe chez Abies, non seulement avec le violet dahlia, mais encore avec le violet de méthyle. Si l’on emploie une solution faible de vert Janus, on réussit à colorer les mêmes éléments microsomiques, en vert. Ces microsomes peuvent être colorés vitalement aussi bien dans les cellules embryonnaires dont le vacuome n’est pas réfringent (fig. 19, pl. 1) que dans les cellules tannifères à vacuome volumineux et très distinct : dans ce dernier cas, il est possible d'observer des cellules montrant une double coloration, les microsomes étant verts et les vacuoles rosées (coloration au vert Janus seul) (fig. 18, pl. D).

Dans cette dernière circonstance, il y a donc avec un même colorant, coloration métachromatique des vacuoles (rose) et coloration non métachromatique des microsomes (verte) dans une même cellule au moyen du vert Janus. Je ne sais si le nom de ce colorant est dû à cette propriété de virage de teinte qui en fait un colorant à double face, ce qui est certain c'est que l’on peut ainsi mettre en évidence deux systèmes d'éléments de la cellule vivante et les distinguer par leure propriétés chromatiques différentes.

Nous avons encore réussi à colorer les microsomes dans les objets suivants |

Chez un Iris (fig. 17, pl. D), les très jeunes feuiles dont la longueur ne dépasse pas cinq millimètres, peuvent être colo-

rées par un séjour d’une heure dans une solution diluée de violet de méthyle. Nous avons mis ainsi en évidence, à l’intérieur du cytoplasme des cellules épidermiques, une quantité de petits granules colorés vitalement en violet; il en existe une cinquantaine par cellule. Ce sont évidemment des microsomes, bien que dans les très jeunes cellules dont il s’agit, la distinction d'avec les plastes ne soit pas toujours nette dans une préparation vitale.

Au contraire chez le Gingko biloba, nous avons obtenu des colorations analogues aux précédentes, mais comme elles se sont produites dans des cellules où la distinction des systèmes d'éléments est facile, in vivo, nous avons eu la certitude que notre interprétation sur la coloration vitale des microsomes était exacte.

Il s'agissait d'une plantule âgée de Gingko biloba dont la tigelle avait environ trois centimètres de longueur ; les cotylédons à ce moment sont encore engagés à l’intérieur de l’endosperme et ils ont encore certainement une fonction absorbante au contact des réserves.

En plaçant ces cotylédons entiers dans une solution de violet dahlia, on observe qu'ils prennent au bout de quelque temps une teinte violette surtout à leur extrémité. Il s’agit là d’une pénétration du colorant à l’intérieur des cellules épidermiques vivantes.

Celles-ci, examinées au microscope, montrent un vacuome réfringent en réseau, disposé autour du noyau arrondi (fig. 16, pl. D). Les plastes sont également très distincts, allongés et réfringents. En dehors du vacuome et du plastidome, qui ne sont nullement colorés, il y a dans le cytoplasme des cellules de peties granulations assez nombreuses colorées électivement en violet. Il s’agit là certainement des microsomes qui ont fixé le violet dahlia (fig. 16, pl. D).

Dans l'orge, nous avons coloré de la même façon des microsomes dans l’épiderme des jeunes feuilles (plantules très

jeunes ayant 24 heures de germination à 22°), au moyen de violet dahlia.

Chez Pinus maritima, dans l’épiderme des cotylédons d’une plantule très jeune, on peut obtenir de même une coloration de très petits éléments distincts du vacuome et de gouttelettes d'huile au moyen de violet dahlia.

Ces petits éléments doivent correspondre aux microsomes bien qu'il soit évidemment difficile dans ces cellules de Pin, d'affirmer que les plastes ne sont pas colorés eux aussi. Cependant, si nous nous reportons aux figures que nous avons données de ces cellules vivantes (fig. 1, pl. II) nous voyons qu'il n’a été figuré au dehors du noyau que deux sortes d’éléments inclus dans le cytoplasme : l’aleurone, c’est-à-dire le vacuome et les gouttelettes d'huile. En réalité, il est possible de voir, mais avec une certaine difficulté, en dehors du vacuome et de l’huile de petites granulations du cytoplasme qui correspondent soit à des microsomes, soit à des plastes.

Sur les préparations fixées par la méthode de Regaud, nous les avons toujours indiquées sur les trabécules du cytoplasme. Il est absolument certain que les colorations vitales au violet dahlia portent sur une partie de ces granules et d’après ce que nous avons vu chez Gingko où les plastes ne sont pas teintés par le diahla, il faut conclure que ce sont les microsomes seuls et non les plastes qui fixent le colorant vital chez Pinus maritima.

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