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V. — Conclusions

Nous résumerons dans un dernier Chapitre les divers résultats que nous avons obtenus.

19 Nous avons précisé les conditions opératoires dans lesquelles nous effectuons le dosage du carbone total par combustion, déjà décrit depuis plusieurs années et appliqué dans certaines usines. Nous avons montré que l’on pouvait obtenir en quelques minutes non seulement un dosage approximatif, mais des résultats très précis; nous recommandons en particulier, dans le dosage volumétrique, l’usage du tube absorbeur que nous utilisons, et qui permet un véritable lavage méthodique du gaz.

20 Nous avons décrit un dosage original du soufre dans les aciers, par combustion dans l’oxygène, à température voisine de 12009; le gaz sulfureux produit traverse un absorbeur à iode; l'excès d’iode est titré en présence

d’amidon soluble, par une liqueur équivalente d’hyposulfite.

Les résultats sont obtenus en quelques minutes ; ce procédé, particulièrement simple, se recommande dans le contrôle de la désulfuration du bain d’acier.

3° Nous avons repris la méthode de dosage du manganèse, au persulfate, en présence. de nitrate d’argent (oxydation à l’état de Mn O' H).

Nous avons d’abord précisé les conditions où cette méthode donne des résultats fidèles et exacts, quelle que soit la teneur en manganèse : à cet effet, nous ne détruisons pas l’excès de persulfate, l’ébullition entraînant une réduction partielle de l’acide permanganique; la concentration en nitrate d'argent employée croît avec la teneur en man-

ganèse; pour les teneurs supérieures à 3 pour 100, nous ajoutons 1° à 2°% d’acide fluorhydrique.

Nous avons étendu cette méthode à tous les produits sidérurgiques, en particulier aux aciers spéciaux. Ce procédé de dosage direct, sans séparation préalable du manganèse ou du chrome, présente un avantage très net sur les méthodes anciennement utilisées. Il est à la fois sensible, spécifique et rapide.

4° Nous avons cherché à rendre la méthode au phosphomolybdate aussi rapide que les précédentes, tout en lui conservant sa précision relative.

Les conditions opératoires que nous avons décrites découlent de l’étude critique que nous en avons faite. Pour obtenir, avec une seule précipitation, des résultats exacts, nous n’ajoutons pas d'autre nitrate d’ammoniaque que celui que renferme le réactif molybdique, nous effectuons la précipitation en milieu très nitrique, en la rendant immédiate par agitation.

Les résultats obtenus sont aussi précis que ceux que l’on obtient par la méthode gravimétrique; le procédé s'étend d’ailleurs avec succès aux fontes, aux fontes

Thomas, et fournit même un dosage approximatif des scories de déphosphoration.

59 La méthode au persulfate nous a permis un dosage original du chrome, à la suite du manganèse.

Par ce procédé, on obtient en quelques minutes, avec une précision qui atteint facilement # en valeur relative, les deux teneurs en manganèse et en chrome; il s’applique sans modification à tous les aciers, même aux aciers renfermant à la fois chrome et vanadium; sa simplicité, sa généralité, sa rapidité le rendent très intéressant.

69 Nous avons développé quelques exemples de l’application à la volumétrie d’un réducteur encore peu connu, et cependant plein d'intérêt, le chlorure titaneux.

Au point de vue qualitatif, il nous a permis de donner deux réactions caractéristiques très sensibles des deux métaux, tungstène et molybdène. F

Au point de vue quantitatif, nous l’avons appliqué au dosage dans les aciers de deux métaux spéciaux, molybdène, vanadium, dont l’analyse par les procédés habituels est longue et délicate. Après séparation de ces deux métaux par un excès d’alcali, la réduction s’effectue en milieu peu acide et donne des oxydes de formule bien définie, Mo? O5, V? 0".

Dans le cours de cette étude, nous avons signalé que l’ordre de réduction, en milieu faiblement acide, était le suivant :

Acide vanadique — chlorure ferrique + acide molybdique.

On peut penser que cette succession des réactions correspond à des phénomènes thermiques d’ordre de grandeur décroissant. La détermination des chaleurs d’oxydation des composés de réduction obtenus serait intéressante à déterminer.

Nous avons signalé d’autres applications possibles de ce réducteur; nous espérons pouvoir en faire une étude

systématique; les quelques conséquences heureuses, que nous en avons déduites, suflisent à en montrer tout l’intérêt.

Nous pensons que les méthodes que nous venons d'exposer pourront rendre des services non seulement aux chercheurs du laboratoire, mais aussi aux industriels soucieux de suivre leurs fabrications d’une façon plus scientifique.

Nous croyons devoir signaler que ces méthodes ont été soumises à l’épreuve d’un long usage dans un important laboratoire industriel et que nous en avons suivi de très près l’application. Nous serions heureux de les voir essayées dans d’autres laboratoires et désireux de recevoir les observations ou objections que leur application pourrait suggérer.

Vu et approuvé :

Paris, le 20 mars 1919.

Le Doyen DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, Pauz APPELL.

Vu et permis d'imprimer :

Paris, le 20 mars 1919.

Le Vice-RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PARIS, L. POINCARÉ.

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