INTRODUCTION
L'étude présente a pour objet la recherche de méthodes de dosages rapides permettant de suivre scientifiquement le travail d'élaboration de l’acier.
Nous nous permettons de rappeler que deux appareils sont employés pour cette fabrication, la cornue Bessemer, les fours à sole.
La composition chimique de l'acier Bessemer ne semble pas pouvoir être réglée d’une façon vraiment scientilique; les réactions sont trop rapides pour qu’on puisse les suivre pendant leur cours; on est contraint de s’en rapporter à des observations plus ou moins empiriques. Toutefois, dans le procédé Bessemer basique, il a été depuis longtemps reconnu indispensable d’avoir à sa disposition un procédé de dosage rapide du phosphore, considéré comme impureté principale, et permettant de déclasser les coulées trop riches en phosphore, avant le passage au blooming. Quant aux autres impuretés, les
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méthodes de dosage rapides permettent de les déterminer avant le laminage, mais non pendant le cours de l’opération; par suite il ne peut en résulter que des déclassements, et non des améliorations dans l’élaboration du métal. C’est une des raisons pour lesquelles l’acier Bessemer est rarement utilisé dans les fabrications délicates, où les conditions de réception sont difficiles.
Les fours à sole, au contraire (fours Martin, fours électriques), sont appelés de plus en plus à supplanter les fours à creuset, en fournissant, comme ces derniers, des aciers de qualité, aciers spéciaux et acièrs au 'earbône. :
Autrefois, on n’y fabriquait guère que des aciers doux ou extra-doux, les aciers spéciaux en particulier étaient tous obtenus dans les fours à creusets. Cette fabrication, terriblement coûteuse en raison de la pureté des matières premières, de l’énormité de la main-d'œuvre par rapport au tonnage obtenu, est destinée à disparaître. Par contre, dans lemploi du four à sole, la perfection exigée des qualités mécaniques de Pacier, qui est hée à la très faible teneur du métal en impuretés, telles que soufre, phos-
uène, les tolérances étroites des Cahiers des
phore, oxvuè
charges, la nécessité d’abaisser le prix de revient en diminuant le nombre des coulées déclassées, obligent à connaître d’une façon rigoureuse, scientifique, la, composition des bains.
Les observations purement émpiriques ne suflisent plus; si l’œil du contremaître peut apprécier 0,150 phosphore pour 100, sur éprouvettes spéciales, dans le cas des aciers doux, 1l est incapable d’aflirmer par exemple que la teneur en phosphore est inférieure à 0,630; sans doute, l'examen de la cassure de la plaquette, obtenue par forgeage de léprouvette d'essai, fournit des renseignements non négligeables, mais qui Sont incomplets, sinon imprécis: D'ailleurs, «en pratique les choses ne se passent pas ainsi; le contremaitre regarde d’abord, et avant tout, sa montre,
puis l'éclat de la voûte du four, l’aspect de la flamme, le bouillonnement de la scorie, l’état du ringard à sa sortie du bain d'acier, l'allure du métal pendant sa solidification dans la lingotière d’essai, l’aspect de la cassure de la galette, la direction du jvent, etc., en un mot, il regarde tout et rien, puis brusquement il dit.« Ça v est » et donne l’ordre de couler; s’il a un peu d’expérience il ne se trompe pas trop souvent, mais on ne comprend pas trop comment il y arrive (1). »
Il importe que le jeune ingénieur, appelé à diriger une fabrication, puisse surveiller la marche du four en connaissance de cause; il ne faut pas qu'il se trouve en état d’infériorité devant le contremaître où le vieil ouvrier qui a lhabitude du four; or la formation empirique, si elle est possible, est longue, et combien incertaine.
C’est afin de permettre de suivre d’une façon scientifique la décarburation, la déphosphoration, la désulfuration, etc., que nous avons mis au point les méthodes que nous présentons; le problème de la détermination rapide du soufre, par exemple, nous fut posé à une époque où les « entrées » de limailles étaient très sulfureuses; la désulfuration au four Martin étant une opération longue et très coûteuse, en raison de la température élevée à laquelle il faut maintenir le four, 1l importait de pouvoir sans retard connaître la composition du bain, de façon à déclasser où non la coulée, dès la fusion.
Le dosage rapide du manganèse et du chrome a permis de suivre toute une série de fabrications d’aciers au chrome.
Enfin, nous avons cherché à améliorer, et à accélérer en même temps, les procédés de dosage de certains métaux spéciaux, tels que molybdène et vanadium.
Nous avons fait précéder Pexposition de ces méthodes
H. Le Cnareuer, La Technique moderne, Septembre 1918,
d'un examen critique des procédés habituellement employés, ÿ Eure £
Ces études ont été faites au laboratoire des Établissements Schneider, au Creusot.
Nous tenons à remercier iei la Direction générale qui a
bien voulu en autoriser la publication.