INTRODUCTION
Dans un travail récent sur lPanatomie des Gentianées, Pauteur (*) disait avec juste raison: « Nous pensons, avec beaucoup de botanistes, que le nombre des monographies anatomiques est encore {rop restreint, pour qu’il soit possible d'émettre, au sujet des discussions soulevées par les deux écoles morphologiste et anatomiste, une opinion suffisamment fondée. Il est nécessaire d'établir une sorte de monographie anatomique comparée des différentes parties constitutives de la plante. »
Les recherches, dont les résultats vont être consignés ici, ont été faites dans le but d’étudier, chez quelques espèces appartenant aux genres Impatiens et Tropæolu », les caractères anatomiques des embryons contenus dans les graines à la maturité et, par suite, d'étudier aussi le développement de ces embryons et des appareils végétatifs auxquels ils donnent naissance.
Les différences très sensibles qui ont été constatées au cours de ces recherches prouvent nettement qu'il y a, entre
(1) Perror, Anatomie comparée des Gentianées. Thèse. Paris, 1899.
% CAMILLE BRUNOTLIE.
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diverses espèces appartenant à un même genre, des modifications profondes de structure, et, plus que jamais, on doit désirer voir faire des études monographiques, non seulement de genres voisins appartenant à une même famille, mais d'espèces voisines d’un même genre. Je suis persuadé que tel travail montrerait des modifications profondes, ainsi que celles qui seront signalées ici : 1° chez diverses espèces de Balsamines, où parfois on trouve un embryon sans racine principale et où d’autres fois on constate la présence de racines adventives dans le jeune embryon, et 2° chez des espèces de 7’ropæolum, où 1l se forme dans le jeune embryon une double coiffe à la racine principale.
Au début de ces recherches, entreprises sur les conseils de notre excellent ami, le D' Lemaire, mon but avait été d'étudier l’origine de la racine principale et des racines adventives chez un certain nombre de Monocotylédones et de Dicotylédones, et de rechercher l’origine des formations de la coiffe double chez certains genres signalés par M. Flahault; mais au cours de ce travail, J'ai pu constater une telle différenciation de structure dans des organes semblables appartenant à des espèces si voisines, que j'ai résolu de limiter ces recherches aux seules espèces des genres /mpatiens et Tropæolum, en examinant attentivement quelques types voisins depuis leur jeune âge jusqu’à leur complet développement.
Il est bien certain qu’une étude de quelques espèces appartenant à un même genre ne fournira pas des résultats aussi brillants et aussi généraux que l’étude d’ensemble d’un organe dans un groupe de plantes où même dans une famille, mais cependant il est incontestable que les recherches de ce genre sont utiles. Des travaux ainsi faits peuvent seuls donner les renseignements nécessaires pour permettre des comparaisons entre différents individus d’un même groupe qui, apparemment, sont semblables et qui, étudiés de près, présentent des différenciations souvent importantes.
4 , Re.
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IMPATIENS ET TROPÆOLUM. 3
Au point de vue biologique, des études de ce genre paraissent de plus en plus s'imposer.
Chez les deux genres désignés ci-dessus, les caractères de la fleur pour chacun d’eux sont très nets et restent identiques chez toutes les espèces examinées, au point de vue morphologique.
Il en est ainsi du fruit qui, comme on sait, est élastique chez les Balsamines ; aussi cette étude de la fleur resterat-elle complètement en dehors de ces recherches; ses caractères ont été décrits et sont parfaitement connus. Mais, au sujet des graines, il existe parfois des modifications importantes intéressant la graine entière, les téquments, l’embryon qu’elle contient. L'appareil végétatif développé subit aussi des modifications dans Ja structure de la racine, de la üge et des feuilles. En ce qui concerne ces dernières, leurs formes générales, leur disposition sur l'axe, leur structure histologique et leurs appendices latéraux présentent des caractères spécifiques.
C’est tout cet ensemble qu’il m'a paru intéressant d’étudier, d'autant plus que plusieurs des espèces examinées ici n'ont jusqu'alors fait l’objet d’aucunes recherches anatomiques spéciales.
En présentant ce travail comme thèse pour le doctorat ès sciences naturelles À la Faculté des sciences de Paris, qu'il me soit permis de rappeler la respectueuse reconnaissance que j'ai toujours eue pour mes maîtres de la Faculté des sciences de l’Université de Nancy : M. le professeur Le Monnier et son ancien préparateur, M. le D' Lemaire, qui m'a donné l’idée première d'entreprendre ce travail.
Je tiens à remercier vivement ici M. Guignard, directeur de l’École de pharmacie de Paris, membre de Plnstitut, qui ma toujours encouragé par ses bons conseils, et M. le professeur Bonnier, de la Sorbonne, membre de lInstütut, qui à bien voulu examiner ce modeste travail et qui na accueilli dans son laboratoire avec tant de bienveillance.
4 CAMILLE BRUNOTTE.
Toutes ces recherches ont été faites dans les laboratoires mis à ma disposition à l'École supérieure de pharmacie de l'Université de Nancy. Je ne saurais oublier aujourd’hui l'accueil qui m'a été fait par tous les professeurs, mes anciens maîtres, et en particulier par M. le professeur Bleicher, lors de mon agrégation d'histoire naturelle ; et je les prie d’agréer, avec mes remerciements, l’assurance de tout mon dévouement.
Je remercie tout particulièrement MM. les professeurs Godfrin, Delcominète et Held qui mont fait. quelques-unes des photographies qui accompagnent ce travail.
Ordre suivi dans l'exposé des faits.
1° Liste des plantes examinées ; leur diagnose, leurs synonymies.
A) /mpatiens ; B) Tropæolum.
2° Technique. Méthodes nouvelles de recherches pour l'examen facile des divers organes à étudier par transparence : courses de faisceaux, nervations des feuilles, histologie de ces feuilles, nectaires extra-floraux.
3° Bibliographie. L'historique bibliographique des travaux publiés sur les deux genres étudiés devrait trouver place ici; il sera fait au début de chacun des chapitres qui suivront, Car les travaux antérieurs devant être rappelés pour chacun des organes étudiés, et discutés s'il y a lieu, il y aurait double emploi en publiant un historique d'ensemble. (Les indications des ouvrages cités seront en note.)
4° Étude de la graine müre chez les espèces du genre Impatiens.
a) Caractères morphologiques externes et internes de la grame et de l'embryon qu’elle contient à la maturité et au moment de la germination. Caractères particuliers de quelques germinalions.
b) Etude histologique des téquments des graines.