III.® OBSERVATIOÎS
Ee nommé Nicolas Barret, âgé de 3 i ans, robuste, scieur de bois et employé comme tel à la construction des gabarres, éprouve, pendant qu’il s’occupe à son ouvrage , un sentiment de torpeur dans le pied , qui le force à rentrer dans son domicile où il se traîne avec difficulté ; il passe une partie de cette journée assis auprès du feu, sans éprouver d’autre sentiment que celui qui vient d’être rapporté, et un sentiment de froid dans les pieds qu’aucun moyen ne peut détruire. Vers les 8 heures du soir , cet individu ressent quelques, frissons vagues qui parcourent le dos et les membres inférieurs par où ils se terminent, et sont enfin suivis dans la nuit d’un léger lumbago ; le malade, qui n’àvait point fermé l’œil pendant la nuit, s’endort tranquillement à 4 heures du matin, et fait un sommeil de plusieurs heures.
2. ® jour. Le malade en s’éveillant n’éprouve qu’une très*légère douleur dans tout le trajet de la colonne vertébrale; il veut se lever pour vaquer à tous ses travaux ordinaires, mais difficulté extrême pour porter ses jambes d’une place à l’autre; insensibilité absolue et perte des mouvemens des pieds, gêne dans les mouvc'mens du tronc , paralysie des jambes dans le courant delà journée, sentiment de froid aux cuisses pendant la nuit, douleur de la colonne épinière sensible seulement lorsqu’elle cesse d’être dans une position horizontale.
3 . ® jour» Commencement de paralysie des cuisses ; perte absolue de la sensibilité , de la chaleur et du mouvement des pieds et des jambes, diminution très-considérable de ces trois étals par rapport aux cuisses, chaleur modérée du tronc et des membres thorachîques , pâleur de la face , . langue belle , peau souple, appétit, pouls grêle et ne donnant que 6i pulsations par minute, faculté de l’entendement, organes de la parole, de la vue, de l’ouïe et de l’odorat libres et sains.
(Infus. de chardon-bénit, aiguisée avec l’eau de mélisse alcoolique,, pour boisson : potion avec sirop f ij, eau distillée | iv, acétite am-
monia.cal 3 iij , à prendre par cuillerées de demi-Iieure en demi* lieure ; friction avec l'alcool camphré tout le long de la colonne vertébrale ; application de deux ventouses scarifiées sur les régions dorsale et lombaire ; vésicatoire à chaque cuisse ; sinapisme sous la plante des pieds î friction avec la teinture de cantharides sur les jambes.
3. jour f à midi. Le pouls donnait 70 pulsations par minute , legere alteration. Le soir, 5 y pulsations se faisaient seulement sentir. A dix heures, les cuisses étaient entièrement paralysées, le basventie froid et affaisse ne conservait que très-peu de sensibilité’.
Les vésicatoires des cuisses n’ayant pas même rougi la peau , on en appliqua un fort large sur le dos et embrassât, dans soni espace, les scarifications qui avaient été pratiquées peur l’une de» ventouses. (Moxa .entre les épaules.) La nuit ne présenta aucune circonstance digne de remarque.
4. ® four. Le vésicatoire appliqué la veille sur le dos avait produit son effet; le pouls néanmoins ne donnait que 48 pulsations par minute et était irrégulier ; insensibilité absolue des hypocondres , déjection involontaire des urinés et de quelques matières fécales , légers sentimens de pression à l’épigastre. ( Potion-avec le musc et la liqueur éthérée d’Hofifmann.)
A une heure après-midi. Légère oppression, tiraillement brusque et de courte durée des muscles du cou, renouvelé très-fréquemment, sur-tout par la position de la tête en avant; facultés intellectuelle» libres. Le soir, l’oppression augmente, refroidissement et torpeur des membres thorachiques ; gros orteil du pied gauche livide; pouf» très-petit, tremblant et irrégulier. (Pot. cordiale à cuillerées ; foment. avec l’alcool camphré sur le pied gauche.)
5 .« jour. Paralysie extrême, pouls vermiculaire, conservation de‘ la mémoire et de la parole , yeux proéminens, larmoiement, et mort sans agonie à neuf heures du matin (i).
(i) Ces observations m’ont été communiquées par M. le docteur Niel ;; le mérite de ce médecin distingué est un titre dont je me félicite de pouvoirdécorer çette thè&e..^ .
On trouve dans les recueils d’observations des (idls de spinills On les trouve tous réunis dans le travail précieux d’Abercrombie sur les maladies de.la moelle épinière , inséré dans le journal de mëdecme d’Edimbourg, n° 4 iii, cahier de janvier i8i8. On se convaincra que la maladie est beaucoup plus connue qu’on ne pense, puisqu’elle a été observée par Charles Bell, Bréra, Portai , Lieutaud, Lælius à Fonte.