‹ Recherches et observations sur l'hystéro-épilepsieChapitre 16 sur 27 · CARACTÈRES DES CONVULSIONS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES CONVULSIONS

Épilepsie. — Tous les .membres sont agités par un tremblement affreux. Le malade se meut dans un espace fort circonscrit; la flexion s’observe constamment pour un des pouces ou pour les deux, et ils sont enveloppés par les autres doigts. Le malade ne porte jamais sa main vers l’épigastre et surtout vers la région du larynx (Margue). — La figure, les membres, tout le corps, ont des convulsions rapides, brusques, saccadées, plus prononcées d’un côté du corps que de rautre(Sandras).—Le tronc, renversé brusquement, se soulève pour retomber encore ; il se lord en divers sens, se recourbe, se roule sur le pavé, ou bien reste dans un véritable tétanos. Tous les. accès ne sont pas aussi terribles, les convulsions ne sont pas toujours générales, les malades ne sont pas toujours renversés (Esquirol). —Dans l’épilepsie, les symptômes sont plus cérébraux; les secousses convulsives elles-mêmes semblent provenir du cerveau; elles sont automatiques, involontaires, en quelque sorte fatales (Delasiauve).

Hystérie. —Convulsions ordinairement violentes, avec secousses ou retours brusques analogues à ceux de l’épilepsie, mais moins brusques, moins roides, plus moelleuses, quoique plus intenses, déplaçant le corps (Brachel).—Les convulsions sont commandées par la douleur, déterminées par la volonté (Georget).— Dans l’hystérie, les convulsions ne sont plus automatiques ; il semble que la volonté à demi vaincue s’efforce, dans un effort l^suprême, de coordonner ces mouvements vers un but déterminé (Delasiauve).

Conclusion .—Ni la force, ni l’étendue, ni l’inégalité des convulsions, ni la position des pouces ne sont des signes pathognomoniques de l’épilepsie. Georget et M. Delasiauve ont indiqué un caractère différentiel beaucoup plus important et plus constant, lorsqu’ils ont dit que les convulsions hystériques sont en partie soumises à une influence de la volonté, et que' celles de l’épilepsie lui sont absolument soustraites. Nous croyons avec ces auteurs que le véritable caractère différentiel entre les crises convulsives des deux affections ne peut être trouvé que dans la part qu’elles laissent à l’intervention cérébrale, c’est-à-dire à la perception et à la volonté du malade, et nous disons :

Les crises convulsives sont épileptiques lorsque les convulsions sont fatales, tétaniques, entièrement soustraites à une action quelconque de la volonté du malade, lorsqu’elles s’accompagnent de perte subite et complète de toute sensibilité, de toute intelligence, de toute perception tant interne qu’externe.

Elles sont hystériques quand les convulsions ne sont pas entièrement soustraites à la volonté du malade, quand elles ont un certain rapport avec les cris qu’il pousse et avec l’idée ou la passion qui paraît le dominer; quand, par conséquent, il reste au moins la perception des sensations internes et parfois des sensations externes, bien que le malade puisse n’en conserver aucun souvenir quand la crise est passée.

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