‹ Recherches Expérimentales & Cliniques sur les Atrophies des Membres dans les Affections Chirurgicales: Système Musculaire et Système OsseuxChapitre 10 sur 57 · Æ NO · texte numérisé non relu

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ments dans le résultat final ? impossible de le dire, le plus souvent, d’après les seules données cliniques. C’est ici qu’intervient l’expérimentation.

Chez les animaux on peut créer artificiellement des arthrites bénignes ou graves, des ostéites ; on peut immobiliser des membres, les comprimer, pratiquer au squelette des mutilations. C’est ce que nous avons fait. Et de plus, si les données cliniques peuvent, à cause des nombreuses causes d'erreurs, laisser une certaine incertitude, il n’en est plus de même dans l’expérimentation. Ici on a les pièces sous les yeux, on peut obtenir des mensurations,des pesées exactes. Aussi ajoutons-nous à cette partie de notre travail une importance capitale et lui donnons-nous la première place.

Ces expériences ont été faites pour la plupart dans le laboratoire de M. le professeur Ollier et sous sa direction. I] nous à aussi autorisé à nous servir d’un certain nombre qu’il avait pratiquées lui-même : nous n’avons pas cherché à refaire des arthrites chez les animaux. Il y a dans la thèse de Valtat un assez grand nombre de cas de ce genre : nous avons surtout fait des résections articulaires et des amputations. Dans les premières d’ailleurs, l’irritation inévitable qu’on produit sur les éléments de l'articulation détermine une inflammation qui, si elle ne se traduit pas toujours par une suppuration de longue durée n’en n’est pas moins réelle ; nous tombons ici forcément dans des faits complexes; mais comme en clinique, pareille chose se presente aussi, nous aurons néanmoins des faits comparables ; il suffit de savoir que l’arthrite produit l’atrophie du membre à elle seule.

Dans les opérations que nous avons pratiquées, nous avons en somme, toujours cherché à faire atrophier le membre, et nous y sommes toujours parvenu. Concuremment avec l’atrophie musculaire, toutes les fois que les sujets étaient dans des conditions favorables, nous avons constaté l'atrophie du squelette. — Nous avons cherché, à propos de cette dernière, à voir si, dans leur développement pathologique, les os suivaient les grandes lois de l’accroissement. !

Chez les animaux, l’immobilisation, à moins qu’on la recherche systématiquement, n'existe pas après les opérations, du moins l’immobilisation rigoureuse : chiens, chats, ou lapins, aussitôt sortis du sommeil anesthésique se mettent le plus souvent à courir, et quelque délabrement qu’on ait fait, il ne faut pas s'attendre à leur voir garder le repos: c’est même là une condition assez défavorable pour la guérison. [ls marchent en boîtant, et peuvent rester, quelque fois, quatre ou cinq jours sans se servir du membre. Mais bientôt la fonction s’exécute, au moins dans la totalité du membre; une articulation peut rester raide, bien que jamais nous m’ayons obtenu d’ankylose complète; mais les articulations voisines conservent {fout leur fonctionnement, les muscles continuent d'agir.

Ce que nous disons de l’immobilisation est vrai aussi pour la compression : tous les appareils sont enlevés dès le réveil de l’animal. Quand nous avons voulu comprimer, nous avons dù appliquer le bandage plâtré pendant le sommeil, et attendre qu’il fut entièrement sec pour laisser réveiller l’animal. Nous croyons pouvoir affirmer que l'immobilité vraie, telle qu’on peut la réaliser difficilement il est vrai, chez l’homme, n’a jamais été obtenue complè-

tement dans nos expériences. Aussi dirons-nous que l'inertie fonctionnelle et la compression, à moins que nous ne les ayons cherchées de parti pris n’entrent que pour fort peu dans les résultats obtenus.

Nous nous sommes servi de chiens, de chats et de lapins. La plupart de nos animaux étaient jeunes et n'avaient pas atteint leur entier développement. Nous le reprochera-t-on? les faits cliniques et des faits expérimentaux, déjà publiés par Valtat, devaient nous engager à rechercher surtout les modifications atrophiques chez les individus en pleine période de croissance. L’atrophie osseuse, la plus importante assurément au point de vue des déformations, qu peuvent être irrémédiables, se montre surtout pendant la période d’accroissement et les modifications survenues chez l'adulte, outre qu’elles sont moins profondes ont moins de gravité, D'ailleurs, c’est chez les jeunes sujets que l’intervention chirurgicale a à s'exercer dans la plupart des arthropathies et des ostéopathies ; c’est chez eux surtout qu'il est utile d’être fixé sur les suites éloignées des opérations.

Nous diviserons nos expériences de la façon suivante :

1° Compression et immobilisation.

2° Ostéites.

3° Résections articulaires.

4° Amputations.

o° Fractures.

6° Opérations diverses (résections diaphysaires — ablations totales d’os).

1° Irritations osseuses avec résection des nerfs du membre.

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