‹ Recherches expérimentales et cliniques sur la sensibilitéChapitre 113 sur 132 · DES SENSATIONS DOULOUREUSES · texte numérisé non relu

DES SENSATIONS DOULOUREUSES

Tant étant unique ne produit pas de douleur ; la douleur est produite peut-être par la seconde secousse suivant de près très la première,peut-être par la troisième; à coup sûr ce n’est pas par la première, puisque celle-ci, lorsque elle est isolée, ne produit aucun effet douloureux.

Toutefois, si l’excitation unique est très-intense, il n’y a pour ainsi dire pas de retard dans la douleur ; il en est comme de la sensibilité perceptive, l’intensité supplée à la durée. Cela estvrai pour les secousses d’induction isolées très fortes. Cela est vrai pour les brûlures, et aussi pour la pression. Il est possible qu’il y ait un retard réel sur la sensation, mais cette différence va en diminuant à mesure que l’excitation nerveuse est plus forte.

De même, quand il y a par suite d’une inflammation intense et d’une névrite radiculaire concomitante, comme dans les panaris et les anthrax, une hypéresthésie extrême, la douleur survient bien plus rapidement, et il n’est pas besoin, pour qu’elle se produise, du temps nécessaire à la perception de la douleur quand on incise des tissus sains.

Pour résumer cette discussion, nous pouvons regarder comme démontré que pour la douleur, comme pour la sensibilité, il faut un temps appréciable, que la perception sensitive est en avance sur la perception douloureuse, et qu’à mesure que l’eXcitation va en croissant, le retard de la perception douloureuse va en diminuant.

Un autre caractère de la douleur, c’est le retentissement douloureux qui la suit, et qui, selon moi, la constitue presque tout entière. Voyez un malade à qui Ion fait une incision. Il crie au moment de l’opération, mais cette opération a duré à peine une seconde, et le malade au moment où il se plaint devrait avoir cessé de souffrir. Il n’en est

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