‹ Recherches expérimentales, physiologiques et chimiques, sur la digestion, considérée dans les quatre classes d'animaux vertébrésChapitre 28 sur 57 · PORTION I . PORTION · texte numérisé non relu

PORTION I . PORTION

Caillot sec.. 0,17 1,00 o,a6 i,5o

Sérum sec.. 0,77 4>^9 1,01 5,07

Eau 16, 18 94, 5i i8,G8 g3,63

Rapport du caillot sec portion i. portion 2;

• au sérum sec — 18, i : 81,9 ao,5 : 79,5

Rapport du caillot sec

au .caillot frais = 3/, : 100 3o,z : ioo

Rapport du sérum sec

au sérum frais = 47 : 100 5,4 : 100 ,

Le caillot sec était d’un noir rougeâtre , transparent , cassant. Le sérum sec représentait une pellicule transparente, d’un brun rouge , et semblable à de la colle-forte.

On incinéra les caillots réunis des deux portions. La masse se boursoufla beaucoup. On obtint o,o4 grammes (9,07 pour cent du çaillot sec) d’une cendre meuble , d’un rouge brun., ayant conservé la forme du charbon d’où elle provenait. Au moyen de l’eau ou parvint à en extraire une petite quantité de carbonate ,de sulfate et de chlorure alcalins, avec un vestige de phosphate. L’acide hydro - chlorique chaud dissolvit le reste, en prenant une teinte très-jaune. La solution rougit fortement par le sulfo- cyanure de potassium. Elle donna, par l’ammoniaque, des flocons fort abondans, d’un brun pâle, qui, à en jugmr d’après la couleur, contenaient du péroxide de fer et du phosphate de chaux. La liqueur obtenue par la filtration donna un précipité modique par l’oxalate de potasse, mais n’en produisit plus lorsqu’on y versa ensuite de la potasse pure.

Le sérum de la portion 1 fut également incinéré. On obtint o,i7(grammes (22,1 pour cent du séruqjsec) de cendre, qui était fondue, cristallisée, blanchefjtransluride , et qui se dissolvait presque totalement dans l’eau. La dissolution colorait en bleu la teinture de tournesol rouge , faisait légèrement effervescence avec les acides, précipitait en abondance le chlorure de cajcium, avec l’acide hydro-cidorique et l'ammoniaque, précipitait de même le nitrate acide d’argent, et troublait faiblement le chlorure acide de barium. Là portion de * la cendre insoluble dans l’eau^ donna, par l'acide hydro— chlorique , une dissolution d’un, jaune ^ès-pàte , qui rougissait fortement le sulfo-cyanure de potasse , fournissait un précipité abondant par l’ammooiaque , et, après avoir été-

PE LA DIGESTION

filtrée , en redonnait ensuite un autre par l’oxalate de potasse.

Distillation du suc gastrique. — Cette opération fut faite dans une cornue de verre, au bain-marie, et continuée jusqu’à parfaite dessiccation du résidu. Le produit était incolore et troublé par des flocons. 11 avait l’odeur herbacée de J’eau distillée sur des plantes qui ne contiennent pas d’huile essentielle. 11 rougissait très-faiblement la teinture de tournesol, et ne troublait pas le nitrate d’argent.

On lit évaporer une partie* de ce produit avec de l’acide hvdro-chlorique. La liqueur se colora faiblement en jaune pendant l’évaporation , et laissa une grande quantité d’hydrochloralc d’ ammoniaque , reconnaissable tant à sa volatilité , qu’à la forte odeur ammoniacale qu’il dégageait qpa ml on versait dusus delà potasse.

Onfit OTgércr une autre portion du produire la distillation avec du carbonate de baryte. On ajouta encore un peu d’eau de baryte à la liqueur, puis on la filtra et on la fit évaporer. Comme il se sépara un peu de carbonate de baryte pendant l’évaporation , on filtra de nouveau , après quoi l’on évapora àsiccité.-Il resta une masse d’un^aune très-pale, transparente , et semblable à de la gomme , qui imprégnait les doigts d’une odeur d’acide butyrique., et exhalait, quand on y versait de l’acide sulfurique affaibli, l’odeur fortement aigre de l’acide acétique, en même temps que l’odeur pénétrante de l’acide butyrique. La dissolution de cette matière dans une petite quantité d’eau était précipitée abondamment par l’acide sulfurique; elle rougissai|^avec force le per-chlocure de fei 'trèsétendu d’eau , mais p’ÇfcePçait aucune action sur le nitrate d’argent. # • vW-

En conséquence, le produit de la distillation du suc gastrique contenait de l'acide acétique et de l’acide butyrique , qui n’étaient saiurés^oii’en partie par l'ammoniaque. Tl n’y avait pas d’acide hyoro-chlorique. On n’alla point à la recherche de l’acide sulfurique.

Incinération éçf liquides! contenu s dans l’estomac et' le duodénum. — La gendre de celui que contenait l’estomac était blanche , non fondue ,’et ne se dissolvait qu’en partie dans l’eau. Cette dissolution ne colorait pas eu bleu la tein—

tare de tournesol rougie , ne précipitait point le chlorure de calcium , troublait faiblemen^ le chlorure de barium , et précipitait avec abondance le nitrate d’argent. La portion de la cendre insoluble dans l’eau se comporta comme du phosphate de chaux.

La cendre du liquide contenu dans le duodénum était fondue en partie . Elle se dissolvait presqu’entièrement dans l’eau. La dissolution colorait très-faiblement en bleu la teinture de tournesol rougie , donnait un précipité fort abondant par le chlorure de calcium , l'acide hydro-chlorique et l’ ammoniaque, coproduisait un fort dans le^nitrate acide d’argent, et en faisait naître un autre un peu plus faible dans le chlorure acide de barium. La portion de la cendre non soluble dans l’eau se composait presque uniquement de phosphate calcaire.

Exp. vin. Sur la nature des sucs digestifs chez les chevaux à jeun , apres ' qu on leur a fait'avaler des cailloux. — Le 6 avril 1824, vers six heures du matin, on fit avaler dix petits morceaux de quartz blanc à un cheval avancé en âge , mais bien portant , qui n’avait pas reçu de nourriture depuis trente-six heures. Le 7 avril , vers huit heures du matin , on lui en fit prendre encore huit autres. Pendant ce temps on lui donna chaque jour à boire. Vers onze heures, on l’assonuna. Le sang qui coula de la veine cave inférieure forma, en se coagulant, une couenne épaisse, que nous avions déjà plusieurs fois remarquée dans les chevaux et autres animaux auxquels on avait ôté la vie par un coup violent porté sur la tête .

L’estomac était resserré sur lui-même et rétréci. Il contenait 5 oo grammes d’un liquide trouble , brun pâle , exhalant une odeur acide très-désagréable.. On y’trouva , en outre, quatre cailloux , quelques brins de paille, et des flocons bruns d’une matière semblable à del’uhnine. Le liquide rougissait la teinture de tournesol. Une partie en fut distillée , et une autre filtrée. Les brins de paille restèrent sur le filtre, avec la poudre brunâtre. La liqueur qui avait traversé le papier était d’un jaune très- pâle et légèrement trouble. On en brûla une portion , tandis que l’autre fut essayée par les, réactifs.

DE i.A DIGESTION

On rencontra , dans le duodénum , deux cailloux , quelques brins de paille , et a5o grammes d’un liquide jaunebrunâtre , un peu trouble , légèrement écumeux , dans lequel nageaient un grand nombre de grands flocons muqueux blancs. En transvasant cette liqueur de la capsule dans laquelle elle avait été reçue dans une autre , on reconnut que plus de la moitié se composait d’une masse transparente , parfaitement cohérente , d’une consistance supérieure à celle du blanc d’œuf, qui s’allongeait en gros fils, et qui , sans le moindfe doute, était parfaitement semblable à la matière contenue dans la première moitié de l’intestin grêle , dont on fit l’examen complet. La partie fluide fut filtrée. La liqueur obtenue était d’un jaune orangé vif. Elle se troubla pendant la nuit. Une portion fut incinérée, et l’autre traitée par les réactifs.

On trouva également , dans la première moitié de l’intestin grêle , quelques cailloux et 5oo grammes d’une matière dont un tiers consistait en un liquide jaune-brunâtre , semblable à celui du duodénum , quoique plus écumeux , et le reste en un mucus opaque et blanc, qui occupait le fond du vase. Ce dernier resta sur le filtre. La liqueur qui traversa le papier était d’un jaune orangé brunâtre. Elle se troubla pendant la nuit. Elle fut en partie incinérée , et en partie essayée par les réactifs.

La seconde moitié de l’intestin grêle contenait i5oo grammes d’une matière dont les cinq sixièmes consistaient en un liquide trouble , brun-jaunâtre , écumeux , et le reste en paille, avec d’épais grumeaux muqueux, opaques, d’un blanc jaunâtre, qui se déposèrent au fond du vase. Eu décantant, on reconnut qu’il n’y avait qu’envirou un cinquième du liquide qui fùtbien coulait, ctque les quatre autres cinquièmes se composaient d’une matière albumineuse, transparente, très— visqueuse, et semblable à celle que l’on avait rencontrée dans le duodénum. On trouvera plus loin la description de cette matière. La portion fluide ayant été filtrée, elle donna une liqueur d’un brun jaunâtre , qui conserva sa limpidité pendant la nuit, mais se couvrit cependant d’une pellicule chatoyante. Une partie de cette liqueur fut incinérés, ell’autie pprouvée par les réactifs.

DES MAMMIFERES.

Le cæcum contenait 25oo grammes d’un liquide brun-grisâtre , très-trouble, très-peu écumeux, et répandant l’odeur du gaz acide hydro-sulfurique . Ce liquide était mêlé avec quelques masses brunâtres et des brins de paille. On trouva aussi quelques cailloux daus le cæcum. La liqueur filtrée était clairefet d’un brun foncé , qui le devint encore davantage par l’exposition à l’air. Une partie fut incinérée, et l’autre traitée par les réactifs.

Distillation du suc gastrique. — On distilla environ i8<* grammes de suc gastrique au bain-marie. Lorsque la liqueur commença à s’échauffer, il s’en dégagea beaucoup de bulles, dues probablement à de l’acide carbonique. Vers le milieu de • l’opération, à-peu-près, on changea le récipient, de manière à obtenir deux produits séparés. 11 resta, dans la cornue , une matière extractive brune , avec des cubes de chlorure de sodium.

Le premier produit rougit faiblement la teinture de tournesol , et ne précipita point le nitrate d’argent. Le second produit rougissait le tournesol avec force , et faisait naître un précipité abondant dans la solution d’argent , phénomènes, bien sensibles surtout dans les dernières gouttes qui avaient passé à la distillation. Les deux produits furent mis en digestion avec du carbonate de baryte , puis filtrés et évaporés. Le sel du premier consistait en une couche mince, étendue sur la capsule , et qui n’était pas sensiblement cristalline. Pressé entre les doigts, il répandait une odeur assez prononcée d’acide butyrique. Il rougissait Irès-notablement le per-chlorure de fer étendu d’eau , et donnait quelques flocons parle nitrate d’argent. C’était, par conséquent, un mélange d’acides butinque, acétique et liydro-chlorique. Le sel du secopd produit, dissous dans un peu d’eaft chaude, cristallisa, par le refroidissement, en longues aiguilles et eu lamelles. Pressé entre les doigts, il exhalait une odeur très-prononcée d’acide butyrique. Il rougissait très-fortement le per- chlorure de fer, et produisait un précipité fort abondant dans le nitrate d’argent. Après qu’on eut précipité , par l’acide sulfurique, la baryte qu’il contenait, et filtré la liqueur, celle-ci rougit très-peu le pçr-çbloi'urc de fer. Par conséquent l'acide qui.

DE I,A DIGESTION

colorait ce dernier en rouge n’était pas de l’acide stllfo-cya*nique, mais de l’acide acétique.

Examen de la matière semblable à du blanc d’œuf, qui se trouvait dans le liquide de la seconde moitié de l’intestin grêle. — Cette matière était tellement visqueuse, qu’en la versant d’un vase dans un autre „ ses parties ne se séparaient point , et qu’elle se retirait dans le premier vase , ou qu’elle glissait toute entière dans le second , même lorsqu’on tournait l’ouverture de l’autre tout-à-fait en haut , quelques efforts que l’on fît pour s’opposer à ce résultat. Du reste , elle était d’un jaune pâle et transparente. Le blanc djjpeuf trèsépais était la substance qui lui ressemblait le plus. On l’agita avec de l’eau, dans laquelle elle se dissolvit d’une manière si complète qu’on put la passer à travers un filtre de papier joseph. La liqueur filtrée était d’un jaune pâle, claire et peu filante. Traitée par les réactifs , elle donna lieu aux phénomènes suivans , qui prouvent qu’elle ne contenait pas d’albumine , mais plutôt une matière analogue à la matière salivaire.

L’ébullition ne produisit ni coagulation pi trouble. — L’iode , le chlore , l’acide hydro-chlorique , l’acide nitrique , le cyanure de fer et de potassium et l’alcool demeurèrent sans action sur elle , ou ne firent naître qu’un trouble très—

’ léger. — Eau de baryte : une très-grande quantité de trèsgrands flocons blancs. — Eau de chaux : une grande quantité de grands flocons blancs. — Chlorures de barium et de calcium : trouble médiocre. — Alun , sulfate de fer, per-chlo— rure de fer et sulfate de cuivre : une quantité médiocre de flocons d’une médiocre grandeur , un peu brunâtres par le per-clilorure de fer , et légèrement bleuâtres par le sulfate de cuivre. — Chlorure d’étain et acétate de plomb neutre : une très-grande quantité de très-grands flocons un peu épais et blancs. — Proto-nitrate de mercure : une très-grande quantité de très-grands flocons caséeux blancs. — Nitrate d’argent : une très-grande quantité de très-grands flocons caséeux blancs. La liqueur se colora, à la lumière, d’abord en bleuverdâtre , puis en bleu , en violet et en rouge. — Pcr-clilorure de mercure : trouble médiocre. — Per-chlorurc de platine ;

une quantité médiocre de flocons d’une médiocre grandeur et d’un blanc jaunâtre. — La teinture de noix de galle ne produisit d’abord aucun effet; mais, au bout d’un certain lapS de temps, elle occasiona un trouble. — Le vinaigre distillé ne détermina qu’au bout de quelque temps la formation de grands flocons blancs et peu consistons.

( TABLE

RÉACTfON DES LIQUEURS FIL-

• RÉACTIFS

ESTOMAC

Trouble très-léger.

Trouble léger.

Dégagement considérable d’ammoniaque.

Petite quantité de petits flocons blancs.

Idem.

Grande quantité de flocons médiocres , caséeux ,

blancs.

Acétate de plomb neutre. • • Sous-acétate de plomb. • • • . ,

P roto- nitrate de mercure • * < Per-chlorure de mercure •• •

Très - grande quantité de médioqrcs flocons caséeux, blancs.

Trouble très-léger.

Très - grande quantité de 1 très - grands flocous caséeux, blancs.

•rès-grande quantité de pc- ' tits flocous d’un jaune brunâtre.

Coloration très -forte en < rouge.

Teinture de noix de galle * * Teinture de tournesol ■ . .

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