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( TABLE II
incinération df.s Liqueurs filtrées des estomacs et du duodénum.
DES MAMMIFÈRES. 3g)
JExp. xxxix*. Sur une brebis. • — Voulant d’abord examiner les sucs digestifs chez un animal à jeun , nous enfermâmes pendant quarante-huit heures un bélier , qui avait mangé de l’herbe auparavant. Durant ce laps de temps , il rumina , et but quelquefois de l’eau , sans recevoir la moindre nourriture. On le mit à mort en coupant les artères carotides, et l’on ouvrit de suite la cavité abdominale. Les quatre estomacs furent séparés par des ligatures, afin qu’aucun liquide ne pût couler de l’ûn dans l’autre. On procéda de la même manière à l’égard des diverses portions du canal intestinal.
A. Le premier estomac contenait deux kilogrammes et demi d’une bouillie jaune-verdâtre , qui exhalait sensiblement l’odeur de l’acide hydro-sulfurique. En couvrant le vase avec une plaque de verre à laquelle adhérait un papier trempé dans une dissolution d’acétate de plomb neutre , ce dernier brunit faiblement, quoique d’une manière bien prononcée , dans l’espace d’une heure. La bouillie était un mélange de beaucoup de fibres vertes et tendres , et d’une petite quantité de liquide. On recueillit ce dernier par expression ; il était jaune-verdâtre et très-trouble. Une partie en fut distillée, et l’autre filtrée. La liqueur passa d’abord trouble , puis claire ; elle avait une teinte jaune-brunâtre foncée.
B. On retira du second estomac 62 grammes d’une bouillie semblable à la précédente ; seulement elle était tout-à-fait fluide ; les fibres y étaient plus déliées, et elle exhalait une odeur plus faible. La liqueur filtrée était claire et d’un jaunebrunâtre pâle , tirant un peu sur le rougeâtre.
C. Il y avait dans le troisième estomac ?5o grammes d’une pâte ferme , homogène , à grain très-fin , et d’un jaune verdâtre foncé, qui était disposée en minces lamelles entre les feuillets du viscère. Son odeur était plus faible que celle du contenu di$ premier estomac. On la délaya dans de l’eau , puis on l’exprima. Des fibres d’un jaune verdâtre restèrent dans le linge. La liqueur qui passa était d’un jaune verdâtre et fort trouble ; après avoir été filtrée , elle devint claire et d’un brun jaune-rougeâtre pâle.
D. Le contenu du quatrième estomac consistait en ^5
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sistant y adhéraient de distance en distance. On broya ces crotins dans de l’eau ; la liqueur filtrée ressemblait également à celle du premier estomac , si ce n!est seulement qu’elle était d’un brun un peu plus foncé.
L. Le chyle qui s’écoula par une ouverture faite au canal thoracique, préalablement lié , était incolore. Il se coagula très-imparfaitement. Le caillot surnageant était d’abord blanc , très-peu trouble et presque transpirent ; ce ne fut qu’ après s’être resserré beaucoup sur lui- même , qu’il parut d’un blanc rougeâtre et moins transparent. Le sérum était de même incolore et presque parfaitement clair.
On mit ce chyle dans un entonnoir , et, au bout d’un quart-d’heure , on détermina la proportion du caillot et du sérum , puis on dessécha l’un et l’autre au bain-marie.
dans 2,4a gr.
dans 100.
dans
2,42 gr.
dans 100.
Caillot frais* o,n5
Caillot
sec*
S6um frais,. a,3o5
Sérum
sec»
Eau. ••
Rapport du caillot sec au sérum sec. = i {,3 : 85,7
Rapport du caillot sec au caillot frais. = 1 7-, 4 : ioo.
Rapport du sérum sec au sérum frais. = 5,i : 100.
Le caillot sec était d’un jaune pâle et transparent. Le sérum sec représentait une pellicule d’un blanc jaunâtre et translucide.
Ce dernier donna o,o5 grammes de cendre (=25 pour cent du sérum frais). La portion de cepte cendre soluble dans l’eau contenait beaucoup de chlorure , moins de carbonate et de phosphate, etjm peu de sulfate alcalin. La portion insoluble dans l’eau était blanche ; sa petite quantité ne permit pas d’en rechercher la composition.
Distillation des liqueurs du canal intestinal. — On soumit à la distillation les liqueurs exprimées du premier , du troisième et du quatrième estomacs , quatre heures après, la mort de l’animal , et celles du dernier tiers de l’intestin grêle, du cæcum et des deux moitiés du colon , un jour après cette même mort.
DE LA DIGESTION
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La liqueur du premier estomac se boursouffla beaucoup. Dès au - dessous du point de l’ébullition , elle sortit de la cornue , quoique cette dernière fût si grande qu’elle aurait pu contenir une quantilé quatre fois plus considérable de liquide. Il fallut donc recourir à un vase distilla toi re d’une capacité encore plus vaste. Les vapeurs qui se dégagèrent dans le principe troublaient fortement l’eau de chaux.
La liqueur du troisième estomac se boursouffla aussi , mais moins.
Celle du quatrième estomac ne se boursouffla pas du tout.
Tous les produits avaient une odeur désagréable. Ceux qui contenaient du carbonate d’ammoniaque , en exhalaient une très-fétide , et presque putride , quoiqu’on fût obligé d’écarter toute idée de putréfaction. La plupart étaient troublés par quelques flocons blanchâtres. Ceux de la liqueur provenant des deux moitiés du colon , Tétaient en outre par une matière oléo - résineuse d’un brun jaunâtre tirant sur le vert (bile ?) , qui surnageait sous la forme de minces pellicules.
De ces produits , le premier ramena fortement au bleu le tournesol rougi , le second le colora faiblement en bleu , le troisième médiocrement , le quatrième avec force , le cinquième médiocrement , le sixième faiblement ; le septième n’exerça aucune action sur lui. Aucun d’eux n’agit sur le nitrate acide d'argent , excepté le troisième , qui y fit naître un trouble considérable.
Une partie detouscesproduits fut sursaturée d’acide hydrochlorique et évaporée à siccité. Il n’y eut que ceux provenant des liqueurs du premier estomac et du cæcum qui rougirent. Tous les autres laissèrent du sel ammoniaque , mais en quantité différente , et dans la proportion suivante* ( en désignant la quantité la plus considérable par 5 et la plus faible par i ) : i er estomac 5 ; 5* estomac 3; 4 e estomac t ; 3* tiers de l’intestin grêle 3 ; cæcum 2 ; i r< moitié du colon 4 ! a' moitié du colon 2 .
Cependant cette proportion n’est pas rigoureuse , parce qu’on n’employa pas partout la même quantité de produit. Le sel ammoniac provenant de la seconde moitié du colon ,
DES MAMMIFÈRES. 3o3
était mêlé d’une résine brune-verdâtre , qui tirait sans doute son origine de la matière oléo-résineuse dont il a été parlé plus haut.
Une partie du produit de la distillation de la liqueur du quatrième estomac fut mise en digestion avec du carbonate de baryte , puis filtrée et évaporée à siccité. Il resta un résidu jaunâtre , qui répandit , lorsqu’on l’arrosa d’acide sulfurique , une odeur acide , médiocrement prononcée , et accompagnée d’une odeur animale , mais non de celle de l’acide butyrique.. La dissolution de ce résidu dans l’eau précipitait abondamment le nitrate d’argent , et rougissait avec force le perclilorure de fer.
En conséquence, les produits de la distillation des liqueurs du premier estomac, du troisième , du dernier tiers de l’intestin grêle , du cæcum et de la première moitié du colon , contenaient du carbonate d’ammoniaque ; celui de la liqueur du quatrième estomac , de l’acide liydro-chlorique et de l’acide acétique , combinés avec un peu d’ammoniaque seulement ; enfin celui de la seconde moitié du colon , un sel ammoniacal neutre, peut-être de l’acétate.
(TABLE I
RÉACTIONS DES LIQUEURS FILTRÉES DU CANAL INTESTINAL (i).
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